Présentations par affiche
Adaptation du cadre de la collaboration EVIDEM pour soutenir l’élaboration de lignes directrices de pratique clinique fondées sur des données probantes : étude de cas sur le traitement du syndrome de Prader-Willi par l’hormone de croissance
Auteure-conférencière : Dre Mireille Goetghebeur, vice-présidente, Opérations, Les Consultants BioMedCom Inc.
Co-auteurs : Mme Michèle Tony, associée principale en application de la recherche et Dre Monika Wagner, directrice de l’application de la recherche, Les Consultants BioMedCom Inc.; Dre Cheri L. Deal, professeure de pédiatrie et directrice de programme, Endocrinologie pédiatrique et diabète, et Dr Renaldo Battista, professeur titulaire, Centre de recherche, Université de Montréal/CHU Sainte-Justine
Généralités : Le syndrome de Prader-Willi (SPW) est un trouble polyviscéral rare et complexe dont les conséquences à long terme sont graves. L’utilisation et le remboursement de l’hormone de croissance (GH) chez les patients atteints du SPW varient beaucoup au Canada et il faut en clarifier les avantages.
Objectif : Évaluer un cadre pragmatique (EVIDEM) pour : 1) clarifier l’état des connaissances sur le traitement du SPW par la GH 2) faciliter le respect des recommandations de la collaboration AGREE pour l’élaboration de lignes directrices de pratique clinique (LDPC) fondées sur des données probantes.
Méthodes : Une analyse documentaire poussée a été effectuée pour cerner et synthétiser les données probantes sur l’administration de la GH contre le SPW pour chaque critère du cadre de la collaboration EVIDEM. Le cadre a été adapté de façon à inclure le module sur les LDPC, conformément aux exigences de la collaboration AGREE, afin de pouvoir cerner des questions en vue de l’élaboration de LDPC. On a eu recours à des experts pour la validation du processus.
Résultats : Les données probantes ont été synthétisées et validées pour 13 critères scientifiques relatifs aux répercussions de la maladie, au contexte thérapeutique, aux résultats du traitement (efficacité potentielle/réelle, innocuité, résultats selon les patients), au type d’avantages et à l’incidence économique. Le critère « efficacité potentielle » a été partagé en sous-critères pour chaque type de résultat évalué, dont la croissance, la composition corporelle, la tolérance à l’effort, les effets métaboliques, la santé osseuse, la santé cardiovasculaire, le développement psychomoteur et le comportement. La pertinence et la validité des données probantes ont été évaluées. Les données pour six critères contextuels ont été synthétisées, y compris pour les considérations éthiques. Les questions cernées en vue de l’élaboration des LDPC ont été alignées sur chaque critère décisionnel à l’aide du module sur les LDPC et seront utilisées pour élaborer des LDPC internationales au cours d’un atelier consensuel.
Conclusion: Le cadre est une méthode pragmatique qui permet de faire une évaluation méthodique des données probantes et de cerner les questions pour orienter la pratique clinique.
Aller de l’avant grâce à la rétroaction – Un aperçu du processus dynamique de l’ACMTS recourant aux données pertinentes pour la prise de décision éclairée
Auteur-conférencier : M. Tarun Ahuja, responsable de thèmes, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Coauteurs : Mme Samantha Verbrugghe (assistante de recherche clinique), M. Changhua Yu (agent de recherche clinique), M. Sumeet Singh (chef, Recherche clinique) et Mme Sandy Pagotto (directrice, Développement de programmes), Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
La mission de l’ACMTS est d’aider les décideurs du secteur de la santé, les patients et les professionnels de la santé à prendre des décisions éclairées fondées sur des données probantes. L’un des moyens qu’utilise l’ACMTS pour ce faire est de diriger des projets sur l’utilisation optimale et des évaluations des technologies de la santé (ETS). Il était d’usage que ces projets se déroulent en assumant la tâche ardue d’assimiler et d’évaluer les données disponibles avec peu de rétroaction. Cette méthode présentait certaines limites, notamment les ressources et le temps considérables nécessaires pour mener le projet à terme avec toute la rigueur méthodologique escomptée. Le long processus d’examen ne prenait pas nécessairement en compte la perpétuelle transformation du paysage des données probantes. Récemment, l’ACMTS a créé des thèmes prioritaires au sein de son organisation en y associant un responsable de thèmes qui se tient au courant des problèmes émergents, surveille les initiatives internes et externes et reste bien au fait de l’ensemble des données en constante évolution. Elle a également enrichi son processus d’un Comité du portefeuille (CP) qui examine les écarts par rapport au protocole de recherche original. La mise en place de responsables de thèmes et d’un CP a donné une plus grande capacité d’adaptation au processus de révision grâce à la rétroaction que ces nouveaux éléments apportent. De cette manière, il est possible de modifier l’orientation et la portée des projets en fonction des changements dans les besoins de la clientèle, de l’examen initial des données probantes, des changements dégagés dans le thème prioritaire et des liens aux nouveaux projets internes ou externes relatifs à ce même thème.
Cette présentation reposera sur un projet d’utilisation optimale en santé mentale en cours à l’ACMTS qui s’intitule Combination and High Dose Use of Atypical Antipsychotics for Schizophrenia (Association d’antipsychotiques atypiques et utilisation de doses élevées de ces agents dans le traitement de la schizophrénie); ce projet servira d’étude de cas pour faire ressortir comment la rétroaction des responsables de thèmes et du CP confère à l’ACMTS la possibilité de repérer les lacunes dans les données probantes et de mieux les combler.
Analyse canadienne de la rentabilité du vaccin intranasal à virus vivant atténué comparativement au vaccin injectable inactivé contre la grippe chez les enfants et les adolescents
Auteur-conférencier : Dr Jean-Éric Tarride, professeur agrégé, PATH Research Institute, Université McMaster
Coauteurs : Mme Natasha Burke (agrégée de recherche), Mme Camilla Von Keyserkingk (agrégée de recherche) et M. Ron Goeree (professeur agrégé), PATH Research Institute, Université McMaster
Contexte : Bien que la grippe touche tous les groupes d’âge, elle est fréquente chez les enfants. En effet, de 15 % à 42 % des enfants d’âge préscolaire et scolaire contractent la grippe chaque année. Récemment, l’emploi d’un vaccin intranasal à virus vivant atténué (VIVVA) a été approuvé au Canada chez les personnes âgées de 2 à 59 ans.
Objectif : Déterminer le rapport coût-efficacité du VIVVA comparativement au vaccin injectable inactivé (VII) chez les enfants et les adolescents selon la perspective d’un ministère de la Santé (MS) et une perspective sociale.
Méthode : Un modèle d’analyse de rentabilité déjà publié aux États-Unis dans le cadre duquel on a utilisé des données sur les patients pour comparer le VIVVA et le VII a été complété par des données secondaires (p. ex., publications) et primaires (soit, un sondage auprès de 144 médecins canadiens). Une analyse coût-utilité a servi à comparer les coûts et les bienfaits du VIVVA et du VII. Le paramètre d’incertitude a été pris en compte au moyen d’une analyse de sensibilité probabiliste (ASP).
Résultats : Bien que le prix du VIVVA soit plus élevé que celui du VII, le VIVVA a réduit le nombre de cas de grippe, ainsi que le nombre d’hospitalisations, de consultations dans des salles d’urgence, de consultations externes et de jours de travail perdus par les parents. L’estimation des économies de coûts directs s’est chiffrée à 4,19 $ par enfant âgé de 2 à 17 ans vacciné. Les économies pour la société ont atteint 35,33 $ par enfant vacciné. En tenant compte des coûts et de l’issue du traitement, le VIVVA s’est révélé la stratégie dominante comparativement au VII. Lorsqu’on présumait une propension à payer de 50 000 $/QALY gagnée, les résultats de l’ASP indiquaient que la probabilité que le VIVVA soit rentable était presque de 1.
Conclusion : Le VIVVA diminue le fardeau que représente la grippe chez les enfants et les adolescents. Comme l’ont montré les résultats obtenus aux États-Unis, la vaccination des enfants par le VIVVA plutôt que par le VII est la stratégie dominante de la perspective d’un MS et d’une perspective sociale.
Analyse de la rentabilité de l’utilisation de bandes de contention pour les ulcères veineux de la jambe : résultats d’un essai clinique comparatif et randomisé
Auteur-conférencier : M. Ba’ Pham, associé de recherche, Toronto Health Economics And Technology Assessment Collaborative
Co-auteures : Dre Margaret Harrison, professeure, et Mme Meg Carley, gestionnaire de données, École des sciences infirmières, Université Queen’s; Mme Maggie Chen, étudiante au doctorat, École de santé publique, Université de Toronto
Généralités : Les ulcères de la jambe surviennent en général chez les patients d’un certain âge, qui forment un groupe grandissant chez qui les besoins en soins de santé augmentent. Deux types de bandes de contention sont souvent utilisés pour le traitement de ces ulcères et des études internationales démontrent qu’une de ces bandes est supérieure des points de vue du délai de guérison et des années de vie pondérées par la qualité (QALY), et qu’elle permet de faire des économies. Nous avons cherché à déterminer si les résultats de ces études s’appliquaient au traitement en milieu communautaire des ulcères de la jambe au Canada.
Méthodes : Nous avons effectué une analyse de rentabilité fondée sur des données cliniques et économiques recueillies au cours d’un essai clinique comparatif et randomisé mené en milieu communautaire sur l’efficacité réelle de deux bandes de contention, soit la bande de contention à quatre couches (n = 215) et la bande de contention de faible extensibilité (n = 209). Nous avons estimé les coûts de la perspective sociétale et utilisé un horizon correspondant à la première année de l’essai. Nous avons calculé le nombre de QALY au moyen du questionnaire EQ-5D, que les participants ont rempli à plusieurs reprises.
Résultats : Le délai de guérison médian a été plus court avec la bande à quatre couches, bien que l’intervalle de confiance de 95 % ait franchi le zéro (15, -21 à 32 jours). La bande à quatre couches est plus coûteuse que la bande de faible extensibilité (420 $ et 235 $ à 739 $) et a produit un nombre moyen de QALY légèrement plus élevé (0,009, -0,019 à 0,037), ce qui a donné un coût différentiel par QALY gagnée de 46 667 $. Selon que décideurs sont disposés à payer de 50 000 $ ou 100 000 $ pour une QALY supplémentaire, la probabilité de rentabilité de la bande à quatre couches est respectivement de 51 % et 63 %. Les résultats ont varié légèrement en fonction du prix des bandes et de la perspective.
Interprétation : Les résultats des études internationales ne s’appliquent pas au traitement en milieu communautaire des ulcères de la jambe au Canada. Aucune donnée probante clinique ou économique ne démontre la supériorité nette d’un type de bande de contention sur l’autre, la bande à quatre couches et la bande de faible extensibilité produisant toutes deux des taux de guérison élevés.
Analyse prospective : anticipation stratégique dans les politiques de santé
Auteures-conférencières : Mme Andra Morrison (agente d’analyse prospective) et Mme Lisa Farrell (agente de liaison), Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Le Service d’analyse prospective de l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) tient les autorités canadiennes au courant des derniers développements en matière de soins de santé. Il signale de façon proactive aux décideurs les technologies de la santé nouvelles et émergentes, les priorités et les besoins du système.
Méthode : Afin de mieux répondre aux besoins de ses clients, l’ACMTS offre des réponses adaptées aux demandes d’information sur des sujets importants pour les décideurs. Après avoir ciblé les questions névralgiques, elle dégage les tendances et les moteurs de changements qui interviennent dans ces questions.
Résultats : Les analyses prospectives sont reconnues comme un outil précieux par les décideurs agissant dans le secteur des soins de santé. Elles proposent une synthèse des connaissances sur les processus, structures et pratiques partout au pays, aussi bien à l’échelle locale que régionale, provinciale ou territoriale. Grâce à cette information, les décideurs peuvent prendre des décisions quant aux options thérapeutiques et aux choix à faire dans le système de santé qui sont éclairées par une riche information contextuelle.
Le Service d’analyse prospective peut compter sur un réseau pancanadien d’agents de liaison qui travaillent en collaboration avec les ministères de la Santé, les autorités sanitaires régionales, les directeurs d’hôpitaux, les associations de professionnels de la santé, les chercheurs et les spécialistes des établissements d’enseignement en médecine, en sciences infirmières et en pharmacie.
Prochaines étapes : Nos comptes rendus d’analyse prospective ont été conçus expressément pour répondre aux besoins de notre clientèle. Nous continuerons à faire participer nos clients pour vérifier que nous leur apportons des renseignements à valeur ajoutée qu’ils peuvent utiliser pour prendre les meilleures décisions possible au sujet de la prestation des soins de santé
Augmentation des coûts des médicaments : innovation et investissement au Canada
Auteure-conférencière : Mme Tennielle Loo, étudiante, Université de la Colombie-Britannique
Co-auteurs : Dr Paul Grootendorst, Directeur de la Division de pharmacie clinique, sociale et administrative, Université de Toronto
Introduction : Il y un grand contraste entre, d’une part, la hausse exponentielle des coûts de la recherche sur les produits pharmaceutiques et du développement de ces produits et, d’autre part, la stagnation du nombre de nouveaux médicaments présentés à la FDA. Cette tendance est alarmante et soulève la question suivante : comment le Canada peut-il soutenir et encourager l’innovation pour que les investissements dans son industrie pharmaceutique et son secteur des soins de santé se maintiennent ? La présente analyse pharmaco-économique de l’état du secteur canadien de la recherche et du développement pharmaceutiques aidera les décideurs canadiens à relever les défis auxquels ils font face.
Objectif : Élaborer une nouvelle méthode d’estimation de la répartition des sources de financement (gouvernement et industrie) et de l’affectation des ressources (recherche clinique et fondamentale) dans le domaine de la recherche et du développement pharmaceutiques, et évaluer les principaux paramètres qui influent sur les tendances en matière de dépenses et de financement. D’autres facteurs qui influent sur les investissements dans l’industrie pharmaceutique et le secteur des soins de santé au Canada seront aussi examinés, soit la nature des partenariats scientifiques public/privé, les lois américaines sur la propriété intellectuelle et le concept d’innovation.
Méthodes de modélisation : Les données de la base de sondage ont été tirées de la base de données de l’OCDE, qui établit la parité des pouvoirs d’achat et uniformise la valeur en dollars pour les pays pris en considération de 1991 à 1996 et de 2001 à 2006. Le Canada sera comparé aux trois principaux pays producteurs de produits pharmaceutiques, soit les États-Unis, l’Europe et le Japon.
Résultats : À l’échelle mondiale, les États-Unis dépassent l’Europe quant aux dépenses totales; aux États-Unis, le financement de la recherche et du développement est plus l’affaire de l’industrie que du gouvernement (c’est le contraire en Europe). Dans l’ensemble, tous les pays dépensent plus en recherche clinique qu’en recherche fondamentale. Au Canada, par rapport aux autres pays, il y a un retard important de tous les points de vue et la croissance est faible. Toutefois, pour parer à cette situation, le Canada a adopté des politiques pour encourager les investissements dans le domaine.
Conclusions : Au Canada, les initiatives de transfert de technologie, la promotion de l’innovation et les partenariats privé/public sont en train de créer un environnement propice à la croissance. Toutefois, le Canada doit mettre en place des politiques claires sur la commercialisation, la propriété et les droits. L’augmentation du financement public pourrait s’ajouter aux investissements de l’industrie, comme c’est le cas en Europe, ce qui permettrait au Canada d’adopter des stratégies d’augmentation de l’efficience et de la compétitivité.
Avantages monétaires pour la société de l’innovation dans le domaine pharmaceutique : le cas du ramipril pour le traitement de l’hypertension au Canada
Auteur-conférencier : Dr Thanh Nguyen, économiste de la santé, Institute of Health Economics
Co-auteurs : Dr Anderson Chuck, économiste de la santé et chef, Unité de modélisation analytique décisionnelle, et Dr Arto Ohinmaa, économiste de la santé principal, Institute of Health Economics
Objectif : Estimer les avantages monétaires du ramipril pour trois groupes distincts : 1) le fabricant qui a développé le médicament (FDM), 2) le fabricant du produit générique (FPG) et 3) la société.
Méthodes : Pour estimer les avantages monétaires pour le FDM et le FPG, on a calculé les revenus annuels selon les données d’IMS sur les ventes de 2000 à 2009. Nous avons utilisé un modèle de Markov dynamique pour estimer les avantages monétaires pour la société pendant la même période, c’est-à-dire l’évitement des coûts associés à la prévention d’événements indésirables comme l’accident vasculaire cérébral, l’insuffisance cardiaque, l’infarctus du myocarde, et la perte de productivité attribuable à l’invalidité et au décès prématuré dans la population active. Les estimations des événements indésirables prévenus et des coûts évités ont dans la mesure du possible été tirées d’examens méthodiques et de méta-analyses. Les estimations de la réduction de l’utilisation des ressources en santé et du nombre de jours d’invalidité ont été obtenues au moyen de régressions multivariées sur les données de 2003 de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2003. Tous les coûts et avantages ont été exprimés en dollars canadiens de 2010.
Résultats : Les résultats provisoires indiquent qu’il y a des avantages considérables tant pour la société que pour l’industrie. Les résultats détaillés seront présentés au symposium, dont les résultats par année, par élément de coût et par groupe d’analyse.
Conclusion : Il sera question des conséquences pour les politiques des systèmes de soins de santé et de l’industrie
CARESS : le registre canadien sur le palivizumab (Synagis) (2005-2010)
Auteurs-conférenciers : Dr Ian Mitchell, professeur, Département de pédiatrie, Université de Calgary; Mme Abby Li, assistante à la recherche, Medical Outcomes and Research in Economics (MORE) Research Group
Coauteurs : Dre Krista Lanctot, directrice principale, Medical Outcomes and Research in Economics (MORE) Research Group; Dr Bosco Paes, professeur, Départment de pédiatrie, Université McMaster
Objectif : Évaluer la prise en charge actuelle des enfants exposés à un risque élevé d’infection au virus respiratoire syncytial (VRS) recevant un traitement prophylactique par le palivizumab dans des centres de soins tertiaires et dans un contexte de soins communautaires au moyen d’une base de données d’un registre canadien.
Plan de l’étude/méthode : Une étude d’observation au moyen d’un registre prospectif de nourrissons ayant reçu au moins une dose de palivizumab au cours des saisons 2005-2010 de VRS dans 29 établissements. Les données sur l’utilisation du palivizumab, ainsi que sur l’observance et sur l’issue du traitement, en raison d’une infection respiratoire ont été recueillies mensuellement jusqu’à la fin du traitement par le palivizumab.
Résultats : Au total, 7 699 nourrissons ont été recrutés et leur âge moyen était de 5,4 ± 6,0 mois. Les participants étaient généralement des garçons (56,4 %), de race blanche (71,5 %), dont la moyenne d’âge gestationnel (AG) se chiffrait à 32,2 semaines complètes (É.-T. de 6,0). De ce nombre, 5 237 (68,0 %) nourrissons ont reçu du palivizumab en raison de leur prématurité (AG
35 semaines complètes) seulement, 766 (9,9 %) en raison d’une cardiopathie congénitale, 646 (8,4 %) en raison d’une pneumopathie chronique et 1 050 (13,6 %) en raison d’autres facteurs de risque (p. ex., troubles du SNC, anomalies des voies respiratoires et fibrose kystique). Les patients ont reçu en moyenne 3,9 injections (É.-T. de 1,6) pour un total de 30 040 doses. Le taux de retrait de patients de l’étude a été de 5,5 %. Aucun effet indésirable grave lié directement au médicament n’a été observé. On a compté 541 hospitalisations parmi 460 nourrissons pour diverses affections des voies respiratoires, soit un taux d’hospitalisation de 6,0 %. Le taux global d’hospitalisation pour une infection au VRS confirmée a été de 1,47 % sans mortalité. On a pu établir que la cohabitation avec les frères et sœurs raccourcissait de façon significative le délai avant la première hospitalisation en raison d’une infection au VRS confirmée (B = 0,615, df =1, p = 0,046).
Conclusion : Le taux d’hospitalisation en raison d’une infection au VRS observé au cours des saisons 2005-2010 a été semblable à celui signalé dans plusieurs rapports publiés relativement à des nourrissons ayant reçu un traitement prophylactique (variation : 1,3 %-5,3 %).
Les cliniciens devraient-ils privilégier la vancomycine dans le traitement des infections à Clostridium difficile ?
Auteures-conférencières : Mme Christine Perras, agente de recherche clinique, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; Mme Eva Tsakonas, consultante
Coauteurs : Dr John Conley, Université de Calgary; Dr Louis Valiquette, Université de Sherbrooke; Mme Kelly Farrah, spécialiste de l’information, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Introduction : L’infection à Clostridium difficile (ICD) est la cause la plus fréquente de la diarrhée infectieuse nosocomiale chez l’adulte. Récemment, la propagation d’une souche hypervirulente de C. difficile a provoqué des éclosions d’ICD. Les auteurs ont donc procédé à un examen systématique des études comparant l’emploi du métronidazole et de la vancomycine chez des patients ayant présenté un premier épisode ou un épisode récurrent d’ICD modérée ou grave.
Méthode : Les auteurs ont répertorié les examens systématiques, les évaluations des technologies de la santé, les essais cliniques comparatifs et randomisés (ECR) et les études d’observation portant sur le sujet. Ils ont lancé une recherche dans des bases de données (p. ex., Medline et Embase) à l’aide de l’interface Ovid. Les mots-clés de la recherche étaient les suivants : vancomycine, métronidazole et C. difficile. La recherche n’a pas été limitée par la date de publication, mais l’a été aux publications en anglais et en français. Deux examinateurs ont sélectionné de façon indépendante les études répertoriées et les données qui ont été extraites. Le risque relatif (RR) et l’intervalle de confiance à 95 % ont été calculés. Les résultats ont été résumés de façon narrative et interprétés en tenant compte de l’hétérogénéité des études et de leur qualité.
Résultats : Cinq ECR et 13 études d’observation ont été relevés. À l’exception d’une étude d’observation, tous ont été réalisés auprès de patients qui avaient présenté au moins un épisode d’ICD. Peu de ces études classaient les patients en fonction de la gravité de la maladie. Un ECR et une étude d’observation comprenaient l’analyse d’un sous-groupe de patients ayant contracté une ICD modérée; deux ECR comportaient une analyse d’un sous-groupe de patients atteints de colite pseudomembraneuse (un marqueur de la gravité); deux ECR et une étude d’observation incluaient un sous-groupe de patients atteints d’une ICD grave.
Un des ECR ayant porté sur des patients atteints d’une ICD modérée n’a fait ressortir aucune différence dans les taux de guérison associés aux deux agents. Lors de deux ECR comportant des patients atteints d’une ICD grave, le taux de guérison a été plus élevé dans le groupe de la vancomycine que dans celui du métronidazole (RR : 1,27 [IC à 95 % : 1,05, 1,53] et RR : 1,31 [IC à 95 % : 1,03, 1,66]). Pour les autres études, les résultats n’ont pas été concluants ou les paramètres d’évaluation des effets n’ont pas été calculés en raison du nombre trop limité de manifestations pour établir une comparaison.
Conclusion : Comparativement au métronidazole, la vancomycine donne lieu à un taux de guérison plus élevé chez les patients atteints d’une ICD grave; par contre, chez les patients atteints d’une ICD modérée, les taux de guérison sont semblables pour les deux agents.
Comparaison de l’efficacité clinique de la varénicline, du bupropion et du traitement de remplacement de la nicotine chez des fumeurs « sains » : examen systématique et méta-analyse
Auteur-conférencier : M. Khai Tran, agent de recherche clinique, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Coauteurs : Mme Karen Cimon (assistante de recherche clinique) et M. David Kaunelis (spécialiste de l’information), Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; Dr Andrew Pipe, Centre de prévention et de réadaptation Minto, Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa; Dr Peter Selby, Départements de médecine familiale et communautaire et de psychiatrie, Faculté de médecine et école Dalla Lana
Contexte : Nous avons procédé à un examen systématique et à une méta-analyse afin de comparer les effets thérapeutiques de la varénicline, du bupropion et de six traitements de remplacement de la nicotine (timbre, gomme à mâcher, pastille, inhalateur, comprimé sublingual et vaporisateur nasal) dans le renoncement au tabac chez une population générale de fumeurs ne présentant aucun trouble de santé manifeste (relativement « sains »).
Méthode : Une recherche documentaire a été entreprise pour trouver les essais cliniques comparatifs avec répartition aléatoire qui comportaient une confirmation biochimique de l’abstinence et un suivi d’au moins six mois après le début du traitement. Les analyses ont été réalisées à l’aide d’un modèle bayésien à effets aléatoires pour la méta-analyse des traitements mixtes. Elles comportaient également le calcul du rapport de cote (RC) et de l’intervalle de crédibilité (ICr).
Résultats : Quatre-vingt-un essais (d’août 1982 à juin 2009) ont été relevés, lesquels représentaient 40 986 participants au total. La varénicline, le bupropion et les six traitements de remplacement de la nicotine se sont révélés plus efficaces que le placebo. Le traitement par la varénicline s’est avéré plus efficace que le timbre de nicotine (RC : 1,54; ICr à 95 % : 1,15-2,06), la gomme à mâcher à la nicotine (RC : 1,63; ICr à 95 % : 1,11-2,38) ou le bupropion (RC : 1,41; ICr à 95 % : 1,06-1,89) pour une année continue d’abstinence. Des résultats semblables ont été obtenus pour une abstinence continue de six mois et une abstinence dont la prévalence a été mesurée à un moment donné sur une période de six mois. Les comparaisons de l’efficacité relative du bupropion et du traitement de remplacement de la nicotine ou entre les diverses formes de traitement de remplacement de la nicotine ont été pour la plupart non concluantes.
Conclusion : Les huit traitements pharmacologiques étudiés peuvent servir d’auxiliaires dans le renoncement au tabac chez des fumeurs adultes relativement « sains », la varénicline se montrant plus efficace que le timbre de nicotine, la gomme à mâcher à la nicotine et le bupropion.
Le coût de la fibrillation et du flutter auriculaires : analyse rétrospective d’une base de données d’un hôpital d’enseignement universitaire ontarien
Auteur-conférencier : M. Wesley Tong, analyste de recherche sur l’économie de la santé, Population Health Research Institute
Co-auteurs : M. Luc Sauriol, Sanofi-aventis; Dr André Lamy, Population Health Research Institute
Objectif : La fibrillation et le flutter auriculaires (FFA) surviennent en association chez environ le quart de la population canadienne et causent 15 % de tous les accidents vasculaires cérébraux (AVC). La présente étude visait à recueillir des renseignements auprès d’un hôpital d’enseignement universitaire ontarien pour déterminer le coût du traitement de la FAA par patient se présentant au service des urgences et par patient hospitalisé.
Méthode : Les données ont été extraites au moyen des codes de la CIM-10 relatifs aux patients chez qui la FFA avait été le diagnostic principal (critère principal) ou aux patients chez l’insuffisance cardiaque congestive, le syndrome coronarien aigu , la syncope, l’accident ischémique transitoire ou l’AVC avait été le diagnostic principal et la FFA, le diagnostic secondaire (critère secondaire) pendant une période de deux ans. Une méthode du coût par cas a été utilisée pour déterminer le coût moyen par patient hospitalisé ou admis au service des urgences.
Résultats : Mille cent quatre-vingt-six patients qui se sont présentés au service des urgences répondaient à notre critère principal et 251 autres répondaient à notre critère secondaire; chez eux le coût moyen par visite était respectivement de 650 $ et 780 $. Parmi les patients hospitalisés pendant la période de deux ans, 925 répondaient à notre critère principal et 843 répondaient à notre critère secondaire; chez eux, le coût moyen par visite était respectivement de 6380 $ et 9660 $. La durée moyenne du séjour à l’hôpital était plus courte chez les patients qui répondaient à notre critère principal que chez ceux qui répondaient à notre critère secondaire (5,4 jours par rapport à 6,4 jours).
Conclusion : Les hospitalisations attribuables à la FFA sont très coûteuses, mais l’administration rapide d’un traitement convenable, par exemple pharmaceutique, réduirait la fréquence des complications coûteuses, telles que l’AVC, ainsi que le fardeau pour le système de soins de santé.
Coûts du traitement du cancer gastrique : examen méthodique des données probantes
Auteure-conférencière : Mme Alyson Mahar, étudiante de troisième cycle, Université Queen’s
Co-auteure : Dre Ana Johnson, professeure adjointe, Université Queen’s
Généralités : Au Canada, le cancer gastrique est une maladie rare, mais très souvent mortelle. Bien que la chirurgie curative demeure la norme, de nouvelles techniques et de nouveaux traitements d’appoint font leur apparition et commencent à être intégrés au système de soins de santé canadien. On a effectué un examen qualitatif méthodique de la littérature pour connaître les coûts du traitement du cancer gastrique.
Méthodes : On a fait une recherche dans les bases de données EMBASE (à partir de 1947), MEDLINE (à partir de 1950) et HealthStar (à partir de 1966) en utilisant des termes relatifs au cancer gastrique et à l’économie de la santé, ainsi qu’une recherche manuelle d’exposés de synthèse publiés jusqu’au 1er juin 2010. La recherche a été limitée aux données primaires et aux articles publiés en anglais. Un formulaire d’extraction des données standard a été utilisé.
Résultats : Huit cent onze comptes rendus uniques ont été repérés. Un article a été trouvé par recherche manuelle dans des références. Vingt-deux articles ont été retenus : 20 articles sur la détermination des coûts et deux évaluations économiques. Dix venaient du Japon et un du Canada (publié en 1987). Seules deux études précisaient la perspective, six l’horizon et sept l’année d’évaluation des coûts. Seules 12 études donnaient au moins partiellement les sources des données sur les coûts. La majorité (17/22) précisait les coûts liés à la chirurgie. Des analyses de sensibilité avaient été effectuées au cours d’une étude et deux études avaient appliqué un taux d’actualisation.
Conclusion : Il n’existe pas de données canadiennes contemporaines sur le fardeau économique que représente le cancer gastrique pour le système de soins de santé. Les études menées dans d’autres pays sont de piètre qualité méthodologique et difficiles à appliquer au système de soins de santé canadien. Dans le domaine du cancer gastrique, des recherches rigoureuses sur les coûts des pratiques actuelles devront être menées avant que les décideurs puissent s’appuyer sur des données probantes pour l’élaboration des politiques ou la planification des soins de santé.
Création d’une banque de lait maternel au Québec : des données probantes à la pratique
Auteure-conférencière : Dre Nathalie Dourdin, associée principale en application de la recherche, Les Consultants BioMedCom Inc.
Co-auteurs : Dr Etienne Richer (associé principal en application de la recherche) et Dre Mireille Goetghebeur (vice-présidente, Opérations), Les Consultants BioMedCom Inc.
Généralités : Les banques de lait maternel, qui distribuent sur prescription médicale du lait destiné surtout aux enfants prématurés et malades, sont bien établies partout dans le monde. Au Canada, il n’y a actuellement qu’une banque de lait maternel, à Vancouver, et on est en train d’en mettre une autre sur pied à Toronto. Les deux banques sont en milieu hospitalier.
Objectif : Appuyer la prise de décisions fondées sur des données probantes sur la mise en place d’une banque de lait maternel gérée par une banque de sang au Québec.
Méthodes : On a effectué un examen méthodique de la documentation pour repérer des données probantes (cliniques, économiques et épidémiologiques) sur le lait donné mis en banque. À ces données se sont ajoutées des données contextuelles recueillies au cours d’entrevues avec une vaste gamme d’intervenants québécois.
Résultats : L’utilisation de lait donné mis en banque réduit la fréquence de l’entérocolite nécrosante néonatale (ENN), le facteur de risque allant de 0,21 à 0,4 par rapport à l’utilisation de préparations pour les nourrissons. Vu le fardeau associé à l’EEN et à ses coûts (les 70 cas survenus parmi les enfants de très faible poids à la naissance en 2008-2009 ont coûté 5 426 128 $ CAN [dollars de 2010]) et l’augmentation du nombre de naissances avant terme au Québec, l’utilisation de lait donné pourrait avoir des effets cliniques et économiques positifs. Selon les données provisoires d’une enquête menée au Québec auprès de pédiatres, de néonatologistes, de consultantes en lactation, de sages-femmes, de représentants de la santé publique et de femmes qui allaitent, de nombreux intervenants appuieraient la création d’une banque de lait maternel gérée par une banque de sang.
Conclusion : Selon les données probantes, la création d’une banque de lait maternel au Québec pourrait avoir des avantages cliniques et économiques et recevrait l’appui d’une vaste gamme d’intervenants, mais devra être davantage validée avant qu’une recommandation finale puisse être établie.
Différences méthodologiques entre les systèmes de cotation du questionnaire EQ-5D : examen méthodique et analyse
Auteur-conférencier : M. Kuhan Perampaladas, étudiant de troisième cycle, Institut de recherche PATH, Université McMaster
Co-auteurs : Dr Xie Feng (professeur adjoint) et M. Brett Doble (étudiant de troisième cycle), Institut de recherche PATH, Université McMaster
Généralités : Le questionnaire EQ-5D est un des instruments les plus largement utilisés pour estimer les valeurs d’utilité. Les systèmes de cotation du questionnaire EQ-5D ont été développés à partir d’études ayant évalué le système de cotation pour tous les états de santé du questionnaire EQ-5D selon la préférence de la population générale pour un sous-ensemble d’états de santé. Comme le questionnaire EQ-5D est très largement utilisé, des systèmes de cotation distincts ont été développés dans divers pays.
Objectif : L’objectif de cette étude était de repérer et de comparer toutes les études d’évaluation du questionnaire EQ-5D et tous les systèmes de cotation propres à un pays.
Méthode : Une recherche électronique dans les bases de données MEDLINE, EMBASE, NHS EED et HEED et une recherche dans les actes du groupe Euroqol de jusqu’à septembre 2010 ont été effectuées pour repérer toutes les études sur les préférences selon le questionnaire EQ-5D. L’examen comprenait un résumé et une comparaison du plan des études, de l’estimation du modèle, des données démographiques et du système de cotation.
Résultats : Après avoir examiné les 2940 citations repérées par la recherche documentaire, nous avons retenu, pour l’examen final, 31 études visant à cerner les préférences et contenant un système de cotation unique. Les principales divergences entre les études étaient les suivantes : différences de méthodologie pour l’évaluation directe des états de santé (pari standard, arbitrage temporel, etc.), nombre d’états de santé ayant été directement évalués, transformation des états de santé directement évalués, méthodes statistiques employées pour obtenir le système de cotation et variables du modèle incluses dans le système de cotation.
Conclusion : Toutes les populations n’ont pas été étudiées selon la même méthodologie. Il sera utile de savoir dans quelle mesure les différences méthodologiques peuvent expliquer la variation pour déterminer s’il y a une préférence internationale pour la santé.
Effet sur les coûts pour le système de santé de la prise en charge de l’hypertension par les pharmaciens : évaluation de l’amélioration de la maîtrise de la tension artérielle chez les patients diabétiques (étude SCRIP-HTN)
Auteure-conférencière : Mme Sherilyn Houle, étudiante de troisième cycle, Centre EPICORE, Université de l’Alberta
Co-auteurs : Dr Anderson Chuck (économiste de la santé), Institute of Health Economics; Dr Finlay McAlister (professeur agrégé de médecine) et Dr Ross Tsuyuki (professeur de médecine et directeur du Centre EPICORE), Université de l’Alberta
Généralités : L’hypertension est un facteur de risque connu d’événements cardiovasculaires (CV) majeurs. Une étude sur l’amélioration de la maîtrise de la tension artérielle chez les patients diabétiques (étude SCRIP-HTN) a révélé que l’intervention de pharmaciens communautaires auprès des patients diabétiques hypertendus réduisait la tension artérielle systolique d’en moyenne 5,6 mm Hg de plus que les soins habituels. L’objectif de l’étude était de quantifier les économies pour le système de santé qui pourraient résulter d’un tel programme d’intervention.
Méthodes : Deux modèles économiques ont été élaborés : le premier permettait l’estimation des économies découlant de la réduction du nombre d’événements CV (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, hospitalisation pour une insuffisance cardiaque) et le second permettait l’intégration des économies découlant de la réduction de l’utilisation des ressources en santé (nuits passées à l’hôpital, consultations médicales). On a calculé les réductions du risque absolu d’événements CV au moyen des résultats de méta-analyses publiées et on a utilisé l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes pour quantifier l’utilisation des ressources en santé. Les données administratives ont permis de déterminer le coût par événement et on a effectué des analyses de sensibilité probabilistes poussées pour évaluer la robustesse des résultats.
Résultats : On a estimé que les économies annuelles seraient, en dollars canadiens de 2010, d’environ 255 $ (IC de 95 % : 230 à 279 $) par patient selon le premier modèle et de 4 002 $ (IC de 95 % : 3353 à 4651 $) par patient selon le second modèle. La variable qui a le plus influé sur les économies moyennes a été le coût du traitement de l’accident vasculaire cérébral chez un patient hospitalisé selon le premier modèle et le coût par nuit passée à l’hôpital selon le second modèle.
Conclusions : L’intervention de pharmaciens communautaires auprès des patients souffrant d’hypertension et de diabète peut se traduire par des économies annuelles de jusqu’à 4 002 $ par patient en raison de la réduction du nombre d’événements CV et de la moindre utilisation des ressources en santé. Un tel programme permettrait donc de faire des économies s’il pouvait être élaboré et mis en œuvre pour moins de 4 002 $ par patient et par année
Efficacité d’une éponge de collagène imbibée de gentamicine pour la prophylaxie des infections du site opératoire après une chirurgie cardiaque ou colorectale
Auteure-conférencière : Dre Nandini Dendukuri, directrice, Unité d’évaluation des technologies de la santé, Centre universitaire de santé McGill
Co-auteure : Mme Irene Pan, épidémiologiste, Unité d’évaluation des technologies de la santé, Centre universitaire de santé McGill
Malgré l’utilisation systématique d’antibiotiques à action systémique, l’incidence élevée des infections du site opératoire (ISO) demeure source d’inquiétude dans les hôpitaux canadiens. Ces infections sont associées à des maladies graves et à une hausse des coûts des soins de santé. L’utilisation d’une éponge de collagène à la gentamicine (ECG) comme traitement d’appoint est une solution novatrice qui a été mise de l’avant pour résoudre le problème. Pour aider le Centre universitaire de santé McGill à élaborer une politique sur l’utilisation de cette technologie, nous avons effectué une évaluation des technologies de la santé sur l’utilisation de l’ECG pour la prévention des ISO après une chirurgie cardiaque ou colorectale.
Un examen méthodique de la littérature médicale publiée jusqu’en novembre 2010 a permis de repérer des essais cliniques comparatifs et randomisés (ECR) sur l’utilisation de l’ECG, soit trois sur la prévention des infections des plaies sternales et douze sur la prévention des ISO après une chirurgie colorectale. Deux importantes études (3452 patients) ont donné des résultats carrément différents sur l’efficacité de l’ECG pour la prévention des infections des plaies sternales, ce qui a donné un large intervalle de confiance global (risque relatif [RR] = 0,52; IC de 95 % : 0,15 à 1,79). Dans le cas de la chirurgie colorectale, trois ECR de qualité moyenne ont aussi donné des résultats contradictoires sur l’avantage de l’utilisation de l’ECG, allant de l’avantage significatif à l’absence d’avantage (RR global = 0,85; IC de 95 % : 0,33 à 2,21). Toutefois, au cours de deux ECR, l’ECG a favorisé la guérison de la plaie après une chirurgie colorectale (RR = 0,27; IC de 95 % : 0,10 à 0,69). Nous avons conclu que compte tenu de l’incertitude entourant l’efficacité de l’ECG, il était trop tôt pour élaborer une politique permanente sur son utilisation. Les mesures suivantes ont été recommandées :
· assurer le respect rigoureux du protocole actuel sur l’administration d’antibiotiques par voies orale et intraveineuse aux patients qui subissent une chirurgie colorectale
· examiner les dossiers médicaux pour déterminer le profil des facteurs de risque d’infection des plaies sternales dans notre établissement.
Élaboration et application de politiques fondées sur des données probantes à WorkSafeBC : exemple de la politique no 15.50 sur l’hernie
Auteurs-conférenciers : Dr Kukuh Noertjojo (analyste médical), Dr Craig Martin (conseiller médical principal) et Dre Celina Dunn (chef, Services médicaux), WorkSafeBC
Co-auteurs : Dr Peter Rothfels (médecin-chef et directeur, Services cliniques) et Mme Gayle Pelman (spécialiste de l’information), WorkSafeBC
Généralités : Les politiques nos 15.50 et 15.51 sur l’hernie du manuel des services de réadaptation et des réclamations de WorkSafeBC ont été élaborées au milieu des années 1980. Ces politiques, fondées sur un consensus d’experts, décrivent divers aspects de l’hernie inguinale, dont le délai de retour au travail, et guident le personnel des points de service sur la façon de traiter les réclamations relatives aux hernies.
Au début des années 2000, on a constaté que les résultats d’un examen de la base de données Cochrane sur l’hernie différaient beaucoup de la politique no 15.50, surtout en ce qui avait trait à l’absence du travail après la chirurgie.
Objectifs : Décrire l’application de la médecine fondée sur des données probantes à WorkSafeBC – par l’entremise du Groupe d’exercice fondé sur des données probantes et des Services cliniques – à l’élaboration des politiques, ainsi que la diffusion de la médecine fondée sur des données probantes par WorkSafeBC; mettre à jour l’examen méthodique effectué en 2003 par WorkSafeBC sur l’hernie inguinale en faisant porter l’accent sur le délai de retour au travail; étudier les répercussions des modifications apportées depuis 2004 aux politiques nos 15.50 et 15.51 sur les résultats des réclamations relatives aux hernies inguinales, les coûts et le délai de retour au travail après la chirurgie.
Méthodes : L’examen méthodique effectué en 2003 par WorkSafeBC sur la réparation de l’hernie inguinale sera mis à jour et on fera porter l’accent sur le délai de reprise des activités après la chirurgie. On effectuera une analyse des résultats des réclamations relatives aux hernies avant (de 1999 à 2003) et après (2004 à 2008) les modifications apportées aux politiques en tenant compte de divers facteurs.
Résultats : On présentera une mise à jour sur l’examen méthodique du délai de retour au travail après une chirurgie pour une hernie inguinale et sur l’évaluation des résultats des réclamations relatives aux hernies.
Évaluation de la valeur pronostique du technétium-99m pour le dépistage de la coronaropathie par l’imagerie de perfusion myocardique chez les patients asymptomatiques atteints de diabète de type 2 : examen méthodique et analyse économique
Auteur-conférencier : M. Azim Kasmani, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé et étudiant à la maîtrise, Université d’Ottawa
Co-auteurs : Dre Tammy Clifford, experte scientifique en chef, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; Dr Doug Coyle (professeur et directeur des études supérieures) et Mme Shannon Kelly (étudiante à la maîtrise), Université d’Ottawa
Généralités : L’approvisionnement continu en isotopes médicaux, y compris le technétium-99m (99mTc), est devenu problématique par suite de la fermeture d’un réacteur nucléaire canadien. La coronaropathie, principale cause de décès chez les patients atteints de diabète de type 2 (DT2), est couramment recherchée au moyen de l’imagerie de perfusion myocardique (IPM).
Objectifs : Évaluer la valeur pronostique de l’utilisation du 99mTc pour le dépistage de la coronaropathie par l’IPM chez les patients asymptomatiques atteints de DT2 en effectuant un examen méthodique de la documentation et une analyse économique.
Méthodes : Des recherches ont été faites dans les publications à comité de lecture d’une vaste gamme de bases de données bibliographiques ; la littérature grise a été repérée au moyen de l’outil de recherche Grey Matters de l’ACMTS. Les critères d’inclusion étaient les suivants : adultes atteints de DT2 ne présentant pas de symptômes de coronaropathie ; utilisation du 99mTc pour le dépistage de la coronaropathie par l’IPM ; décès d’origine cardiaque, infarctus du myocarde ou revascularisation comme résultats. Deux examinateurs indépendants ont évalué les essais cliniques comparatifs et randomisés (ECR) et les études par observation pour déterminer s’ils devaient être inclus. Un modèle de transition de Markov pertinent a été élaboré et alimenté par des données provenant de l’examen ; les coûts et les valeurs de l’utilité ont été tirés de la documentation. L’incertitude a été analysée au moyen de simulations de Monte-Carlo.
Résultats : L’analyse est en cours. Huit études par observation et deux ECR ont été retenus. L’intervention comporte certains avantages selon les études par observation, mais n’a aucun avantage significatif selon les ECR. L’analyse coût-utilité du dépistage de la perspective d’un système de soins de santé canadien sera présentée.
Conclusions : Les conclusions sur l’efficacité clinique et le rapport coût-utilité de l’utilisation du 99mTc comme outil pronostique pour le dépistage de la coronaropathie par l’IPM chez les patients asymptomatiques atteints de DT2 seront présentées.
Évaluation économique du tuteur à élution d’everolimus par rapport au tuteur à élution de paclitaxel chez des patients subissant une intervention coronarienne percutanée : analyse de la rentabilité et de la valeur de l’information
Auteure-conférencière : Mme Simone Sutherland, agrégée de recherche, Programs For Assessment In Technology (PATH) In Health Research Institute, St. Joseph's Healthcare Hamilton
Coauteurs : Dr Matthias Bischof (boursier postdoctoral), M. Gord Blackhouse (professeur adjoint), M. Ron Goeree (professeur adjoint), Dr Feng Xie (professeur adjoint) et Dr Jean-Éric Tarride (professeur agrégé), PATH Research Institute, Université McMaster, St. Joseph's Healthcare Hamilton
Contexte : Les interventions en raison d’une coronaropathie comprennent notamment le pontage aortocoronarien, un traitement médicamenteux ou une intervention coronarienne percutanée (ICP). Le tuteur à élution d’everolimus (TEE) est un nouveau tuteur médicamenté dont les bienfaits cliniques se révèlent supérieurs à ceux du tuteur à élution de paclitaxel (TEP), toutefois, la rentabilité de ce tuteur n’a pas encore été établie.
Méthode : Les auteurs ont conçu un modèle markovien pour comparer la rentabilité du TEE à celle du TEP chez des patients subissant une ICP de la perspective d’un ministère de la Santé. La population ayant servi au modèle avait un âge moyen de 62 ans. L’horizon prévisionnel était de trois ans et comportait une durée de cycle de trois mois. Les résultats ont été calculés en coûts et en QALY. Les états de santé pris en compte ont été les suivants : bonne santé (aucune manifestation), interventions de revascularisation, infarctus du myocarde et mort. Les chercheurs ont procédé à des analyses de sensibilité univariée et probabiliste, ainsi qu’à une analyse de la valeur de l’information.
Résultats : Le rapport coût-efficacité différentiel (RCED) du TEE comparativement à celui du TEP pour l’analyse du scénario de référence a été de 72 770 $/QALY. Selon des seuils de propension à payer de 50 000 $/QALY et de 100 000 $/QALY, la probabilité que le TEE offre un rapport coût-efficacité avantageux a été de 0,4 et de 0,65, respectivement. Les résultats de l’analyse de sensibilité probabiliste ont indiqué que le coût du tuteur avait l’incidence la plus importante sur le rapport coût-efficacité. La valeur espérée de l’information parfaite (VEIP) à des seuils de propension à payer de 50 000 $/QALY et de 100 000 $/QALY s’élevait à 249,12 $ et à 599,60 $ par patient, respectivement.
Conclusion : Le TEE serait considéré comme offrant un rapport coût-efficacité avantageux si la propension à payer de la société se chiffrait à 72 770 $/QALY ou plus. L’analyse de sensibilité probabiliste et l’analyse de la valeur de l’information ont fait ressortir un degré élevé d’incertitude compte tenu de la propension à payer actuelle et il pourrait être justifié d’entreprendre d’autres recherches.
Examen des tendances en matière de prescription des associations acétaminophène-opiacé à partir des données du Programme de surveillance des ordonnances de la Nouvelle-Écosse
Auteur-conférencier : M. Roderick Clark, étudiant de troisième cycle, Université Dalhousie
Co-auteures : Dre Judith Fisher (boursière de recherches postdoctorales), Dre Ingrid Sketris (professeure) et Dre Grace Johnston (professeure), Université Dalhousie
Introduction : Les associations acétaminophène/opiacé sont parmi les analgésiques les plus souvent prescrits au Canada. Parmi les médecins prescripteurs et les membres du public, la perception générale est que ces médicaments sont sans danger. Toutefois, l’acétaminophène est associé à une hépatotoxicité aiguë et chronique à des doses supérieures à la dose quotidienne maximale recommandée de 4,0 mg et à une insuffisance hépatique dans certaines populations à des doses inférieures à la dose quotidienne maximale recommandée.
Méthodes : On a extrait les données du Programme de surveillance des ordonnances de la Nouvelle-Écosse sur la prescription de tous les analgésiques opioïdes contenant de l’acétaminophène en Nouvelle-Écosse de 2005 à 2010. Les doses quotidiennes et les taux de prescription des comprimés ont été analysés pour faire ressortir les tendances dans le temps et ont été stratifiés en fonction de l’âge, du sexe et du diagnostic de cancer. Le test de Cochran-Armitage a été utilisé pour examiner les tendances dans le temps. Les taux standardisés pour la population ont été calculés pour faire ressortir des résultats donnés.
Résultats : En 2009-2010, 59 197 personnes (soit 7,7 % de la population de la Nouvelle-Écosse) ont fait exécuter des ordonnances pour plus de 13 millions de comprimés contenant une association acétaminophène/opiacé (moyenne de 223 comprimés par ordonnance). Dans environ 6 % des cas, la dose prescrite dépassait la dose quotidienne maximale recommandée (4,0 g) d’acétaminophène et dans 18 % des cas, plus de 3,23 g/jour avaient été prescrits. Les taux bruts stratifiés, les taux standardisés pour la population et les résultats du test de Cochran-Armitage pour la tendance seront présentés.
Conclusions : Compte tenu du grand nombre de personnes à qui on prescrit une dose d’acétaminophène supérieure à la dose quotidienne maximale recommandée, d’autres recherches devront être menées pour cerner les schémas d’utilisation dans les populations les plus à risque, les raisons de la prescription de doses supérieures à la dose recommandée et les répercussions sur les résultats obtenus chez les patients.
Examen et méta-analyse des utilités relatives au cancer colorectal
Auteurs-conférenciers : Dr Sandjar Djalalov (études postdoctorales) et Dr Jeffrey Hoch (scientifique), Institut du savoir Li Ka Shing, Hôpital St. Michael's
Co-auteur : Dr George Tomlinson (scientifique associé), Hôpital Toronto General
Objectifs : Effectuer un examen méthodique de la documentation sur le poids des utilités relatives au cancer colorectal et déterminer les effets sur les valeurs des utilités des caractéristiques des études ainsi que du délai de mise en route du traitement/du temps écoulé depuis la mise en route du traitement.
Méthodes : L’examen méthodique a permis de repérer 22 articles en anglais, ce qui a donné 171 utilités relatives au cancer colorectal chez 3574 répondants. Les données ont été analysées au moyen d’effets mixtes linéaires avec comme variables indépendantes le type de cancer colorectal, l’état, le stade, le délai de mise en route du traitement/le temps écoulé depuis la mise en route du traitement, l’instrument, l’administration et le plan de l’étude.
Résultats : Dans le modèle de base, l’utilité estimative du scénario de référence pour un patient au stade I-II du cancer colorectal recevant des soins continus et chez qui la chirurgie remonte à plus d’un an, déterminée au moyen du questionnaire EQ-5D ou HUI3, a été de 0,75. Le type de cancer, l’état, le stade, le délai de mise en route du traitement/le temps écoulé depuis la mise en route du traitement, l’instrument de mesure de l’utilité et le plan de l’étude ont été associés à des différences d’utilité de 0,06 à 0,13 (p < 0,05). Les utilités mesurées au moyen du questionnaire EQ-5D ou HUI3 étaient 0,07 plus faibles que celles mesurées au moyen du questionnaire EQ5Dvas et 0,12 plus faibles que celles mesurées au moyen du questionnaire SF-36 (p < 0,05) dans le modèle de base. Les utilités correspondant au stade I-II étaient 0,13 (p < 0,05) plus élevées que celles correspondant au stade VI et 0,13 (p = 0,05) plus faibles que celles correspondant aux stades de Dukes. Les utilités déterminées plus d’un an après la chirurgie étaient 0,08 (p < 0,05) plus faibles que celles déterminées avant la chirurgie et 0,06 (p < 0,05) plus faibles que celles déterminées trois mois après la chirurgie dans le modèle de base.
Conclusions : Les utilités dépendent de facteurs comme le type de cancer, le délai de mise en route du traitement/le temps écoulé depuis la mise en route du traitement et les instruments utilisés pour les déterminer. Il faudra mener d’autres recherches pour savoir pourquoi des patients en apparence semblables n’ont pas la même qualité de vie.
Un examen méthodique : interventions d’amélioration de la qualité de la prise en charge du diabète
Auteure-conférencière : Mme S. Carolyn Wayne, assistante de projet, Cochrane Effective Practice and Organisation of Care (EPOC) Review Group
Co-auteurs : Mme Rachel Bennett, analyste de la prévention et de la recherche, Agence de la santé publique du Canada; Dr Jeremy Grimshaw, scientifique principal, Institut de recherche en santé d’Ottawa; Mme Julia Worswick (chef de projet), M. Alain Mayhew (rédacteur en chef), Mme Michelle Fiander (spécialiste de l’information) et Mme Michelle Weir (assistante de projet), Cochrane Effective Practice and Organisation of Care (EPOC) Review Group
Objectifs : Donner un aperçu global des examens méthodiques visant à évaluer les effets des initiatives en matière d’amélioration de la qualité de la prise en charge du diabète.
Méthodes : Une importante recherche documentaire couvrant la période de janvier 1976 à octobre 2009 a été faite dans les bases de données MEDLINE, Embase, HealthSTAR (OVID), AgeLine (Ebsco), Health Systems Evidence et Rx for Change 2009. Le triage a été effectué suivant la méthodologie standard des examens méthodiques et en utilisant des critères d’inclusion a priori. Les données ont été extraites selon un format structuré pour que la présentation des résultats soit uniforme.
Résultats : Trente-six examens ont été retenus pour l’analyse. Les interventions les plus souvent signalées étaient celles touchant l’éducation des patients. Venaient ensuite les modifications du mélange des compétences pour les professionnels de la santé, la télémédecine, les modifications de l’organisation ou de la structure du système de soins de santé et les interventions à facettes multiples. Les résultats relatifs au contrôle de la glycémie et à la maîtrise des facteurs de risque vasculaire prédominaient dans tous les examens, peu d’entre eux ayant mentionné d’autres importantes mesures des processus de soins. L’éducation des patients et les modifications du mélange des compétences (utilisation d’équipes multidisciplinaires) étaient associées à l’amélioration du contrôle de la glycémie. Certaines interventions ont semblé prometteuses pour ce qui est de l’amélioration d’autres paramètres d’intérêt, mais il faudra d’autres données probantes pour le confirmer.
Conclusions : Les initiatives actuelles doivent tenir compte de ces données probantes et de préférence comporter une éducation des patients et l’utilisation d’équipes de soins de santé multidisciplinaires. Les auteurs des examens à venir devraient se concentrer sur l’étude de l’efficacité d’autres interventions ou sur le démêlement des effets de composantes particulières des interventions.
Extraction méthodique de la recherche qualitative pour l’ETS : évaluation des stratégies publiées et des bases de données électroniques
Auteure-conférencière : Mme Deirdre DeJean, candidate au doctorat, Université McMaster
Co-auteures : Mme Mita Giacomini (professeure) et Mme Dorina Simeonov (étudiante à la maîtrise en sciences), Université McMaster
Objectif : La recherche qualitative peut permettre d’obtenir de précieux renseignements sur les contextes sociaux pertinents pour des technologies et maladies particulières et peut éclairer l’évaluation des technologies de la santé. Toutefois, les méthodes d’extraction méthodique de la recherche qualitative ne sont pas suffisamment développées. Nous présentons une évaluation de l’efficacité des stratégies publiées de repérage de la recherche qualitative dans trois bases de données bibliographiques dans les domaines des tests pharmacogénomiques et du cancer du sein peu avancé.
Méthodes : On a fait une recherche méthodique dans trois bases de données (MEDLINE, CINAHL et SSCI [Social Sciences Citation Index]) au moyen de filtres de recherche publiés pour repérer les études de recherche qualitative pertinentes. Les recherches ont été comparées des points de vue de la sensibilité (études potentiellement pertinentes repérées) et de la précision (études effectivement pertinentes repérées).
Résultats : La base de données SSCI contenait davantage de recherches qualitatives tant sur les tests pharmacogénomiques que sur le cancer du sein peu avancé. Pour les tests pharmacogénomiques, la recherche dans la base de données CINAHL a été la plus sensible de toutes (100 %), mais sa précision a été très médiocre (0,5 %), tandis que la recherche dans la base de données MEDLINE a été la plus précise de toutes (17 %), mais aux dépens de la sensibilité (5 %). Pour le cancer du sein peu avancé, la base de données CINAHL a aussi été la plus sensible de toutes (88 %), mais sa précision a été de 15 %, tandis que la sensibilité de la recherche dans la base de données SSCI n’a été que de 59 %, mais a eu une plus grande précision (23 %).
Conclusion : Les compromis entre la précision et la sensibilité sont inévitables. Ils dépendent de la stratégie de recherche employée, de la base de données dépouillée et du sujet de la recherche. Comme la recherche qualitative comporte des termes divers de disciplines différentes, les stratégies de recherche qui tentent de porter la sensibilité au maximum peuvent repérer un très grand nombre de comptes rendus non pertinents. Bien qu’il y ait davantage de recherches qualitatives dans la base de données SSCI, les index analogiques des bases de données MEDLINE et CINAHL se prêtent mieux au repérage méthodique.
Fardeau économique et humain des verrues génitales
Auteur-conférencier : M. Adam Raymakers, économiste de la santé, Université de la Colombie-Britannique /Collaboration For Outcomes Research And Evaluation (CORE)
Co-auteurs : Dr Carlo Marra, directeur (CORE) et professeur agrégé, et M. Mohsen Sadatsifavi, étudiant au doctorat, Université de la Colombie-Britannique/Collaboration For Outcomes Research And Evaluation (CORE); DreFawziah Marra, directrice et professeure agrégée, British Columbia Center for Disease Control
Les verrues génitales (VG) sont des infections transmissibles sexuellement causées par diverses souches du papillomavirus. Plusieurs études ont décrit les coûts directs et indirects des VG et d’autres ont porté sur leurs répercussions sur la qualité de vie. Comme il existe maintenant un vaccin quadrivalent contre le papillomavirus qui confère une protection contre le cancer du col de l’utérus et les VG, il convient de cerner les effets de la vaccination sur les coûts et la qualité de vie. Au moyen de termes de recherche et de critères d’inclusion/d’exclusion définis au préalable, nous avons effectué un examen méthodique sur le fardeau humain et économique des VG. Nous avons mis l’accent sur les coûts directs et indirects des VG par épisode de soins ou par année, ainsi que sur les répercussions des VG sur des mesures de la qualité de vie propres à la maladie, génériques ou fondées sur les préférences. Nous avons aussi examiné la documentation sur le fardeau des VG dans divers pays et exploré d’autres aspects de la prise en charge des VG pouvant être utiles pour les études de modélisation, tels que la durée des épisodes de soins, le nombre de consultations médicales et les coûts indirects. Notre examen jette la lumière sur le lourd fardeau humain et économique des VG, sur les importantes différences de coûts entre les hommes et les femmes, ainsi que sur les différences d’un pays à l’autre pour ce qui est de l’utilisation des ressources en santé et des coûts. Notre étude démontre aussi qu’il y a très peu de renseignements sur les répercussions des VG sur la qualité de vie.
L’imagerie par résonance magnétique est-elle nécessaire pour le diagnostic ou la prise en charge et modifie-t-elle les résultats cliniques ?
Auteure-conférencière : Mme Tamryn Law, étudiante en médecine, Université de la Colombie-Britannique
Co-auteurs : M. Ross Petersen, coordonnateur de la recherche, et Dr Douglas Courtemanche, investigateur principal, Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique
Les hamartomes fibrolipomateux sont des tumeurs nerveuses bénignes qui sont en général associées à la macrodactylie. Ils sont diagnostiqués et traités par suite d’une altération fonctionnelle, d’une croissance disproportionnée manifeste ou de symptômes de compression des nerfs. Les traitements comprennent la libération du canal carpien et, dans les cas graves, l’amputation. Comme la maladie est rare, les connaissances sur la nature et le moment de la mise en route du traitement sont fragmentaires et controversées. Un diagnostic et un traitement précoces pourraient avoir d’importants effets sur le traitement et le fardeau de la maladie et réduire de beaucoup les coûts associés à la maladie. De plus, bien que le diagnostic puisse être clinique, selon certaines études, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) peut être utilisée pour la détermination des caractéristiques pathognomoniques de la maladie. Les hamartomes fibrolipomateux se distinguent d’autres tumeurs nerveuses des points de vue de la pathologie, du tableau clinique et des caractéristiques pathognomoniques mises en évidence par l’IRM. Il est donc utile de comparer le diagnostic clinique au diagnostic selon l’IRM pour améliorer l’affectation des ressources en santé.
Nous avons effectué un examen rétrospectif du dossier médical de tous les enfants ayant subi une chirurgie plastique en raison d’un hamartome fibrolipomateux de 1993 à 2010. Nous avons ainsi repéré dix patients chez qui un hamartome fibrolipomateux avait été diagnostiqué et avons déterminé les caractéristiques cliniques, le traitement et les résultats cliniques et examiné la nécessité de l’IRM pour le diagnostic, le pronostic et la prise en charge. Notre étude est la plus importante série de cas de cette documentation.
Nous avons conclu que la classification clinique des hamartomes fibrolipomateux comme étant évolutifs ou non était possible sans IRM. La classification est importante pour prévoir l’évolution de la maladie et est un aspect essentiel de la prise en charge des patients. Il est donc possible de faire des économies importantes et de réaffecter les fonds à d’autres domaines des soins de santé. Dans chaque cas, le traitement chirurgical dépendait du tableau clinique et fonctionnel. Il faudra faire un suivi pour connaître les résultats à long terme et en savoir davantage sur l’économie des ressources.
Incidence économique du retard des décisions des régimes provinciaux d’assurance médicaments en ce qui a trait à l’inscription des médicaments après une recommandation positive du Programme commun d’évaluation des médicaments : cas d’un médicament pour la désaccoutumance au tabac (varénicline)
Auteur-conférencier : M. Pierre Emmanuel Paradis, économiste principal, Groupe d’analyse Ltée
Co-auteurs : Mme Valérie Carter (économiste) et Mme Natalia Mishagina (économiste), Groupe d’analyse Ltée; M. Vincent Raymond (chef, Recherche sur l’économie de la santé et les résultats cliniques), Pfizer Canada Inc.
Fondement : L’accès différé à des médicaments efficaces peut entraîner des coûts importants pour la société. En 2007, le Programme commun d’évaluation des médicaments (PCEM) recommandait l’inscription de la varénicline (Champix®), un médicament pour la désaccoutumance au tabac, aux listes de médicaments, mais, fin 2010, aucun des régimes provinciaux d’assurance médicaments participant au PCEM ne s’était encore conformé à cette recommandation.
Objectif : Estimer l’incidence économique du retard de l’inscription de la varénicline aux listes des régimes publics canadiens d’assurance médicaments.
Méthodes : Pour estimer l’incidence économique nette du remboursement de la varénicline de la perspective de la société, on a élaboré un modèle coûts-avantages au moyen des données sur la prévalence du tabagisme, sur l’utilisation des médicaments pour la désaccoutumance au tabac et sur la recherche jugée par les pairs. Les tentatives de désaccoutumance au tabac, les cas de désaccoutumance au tabac et les taux de rechute ont été projetés pour une période de cinq ans pour les scénarios suivants : inscription immédiate de la varénicline (2007, hypothèse de base), inscription retardée d’un an à cinq ans (2008-2012) et pas de remboursement. Les avantages et les coûts des retards ont été calculés à partir des différences entre les scénarios pour ce qui est des personnes réussissant à cesser de fumer.
Résultats : Les avantages du remboursement de la varénicline par les régimes publics auraient été plus grands au cours de la première année (299 000 000 $ CAN), puis auraient baissé en raison de la réduction de la prévalence du tabagisme. Le fait que le médicament ne soit toujours pas inscrit aux listes de médicaments trois ans plus tard a empêché 17 811 fumeurs canadiens de cesser de fumer, ce qui se traduit par un fardeau à vie prévu pour la société de 700 millions de dollars canadiens de plus. Si le médicament était remboursé, il y aurait un certain rattrapage, mais les coûts associés au retard initial ne seraient jamais entièrement recouvrés.
Conclusions : Le retard du remboursement a une incidence économique négative permanente au Canada. Les résultats ci-dessus ont trait à la varénicline, mais le remboursement d’autres médicaments pour la désaccoutumance au tabac aurait d’autres avantages des points de vue de la santé et de l’économie.
Investissement et désinvestissement dans les technologies de la santé : raisons pour lesquelles l’ACMTS devrait adopter deux seuils de rentabilité
Auteur-conférencier : M. Mike Paulden, associé de recherche, Université de Toronto
Le concept de « seuil de rentabilité » a été explicitement ou implicitement adopté par les décideurs du domaine des soins de santé de nombreuses provinces.
Le présent compte rendu démontre que quand les hypothèses sont très fragiles – ce qui s’applique à tous les systèmes de soins de santé provinciaux canadiens –, il y a en fait deux seuils de rentabilité. Les hypothèses sont les suivantes : (a) l’ensemble des technologies adoptées est relativement fixe à court terme et (b) la technologie, la productivité et/ou les prix changent avec le temps et/ou les renseignements dont disposent les décideurs s’améliorent avec le temps.
Dans les provinces où ces hypothèses sont valides, il faudrait adopter un seul seuil de rentabilité quand on évalue des technologies dont les coûts différentiels sont positifs (décision d’investir) et un autre seuil de rentabilité quand les coûts différentiels sont négatifs (décision de désinvestir), même si les technologies évaluées sont marginales.
Cette constatation a de profondes répercussions sur les analyses coût-efficacité, sur les recherches empiriques actuelles et à venir sur la nature du seuil et sur l’élaboration des politiques en matière de soins de santé. Elle influe en outre sur l’interprétation des rapports coût-efficacité différentiels (RCED), sur le calcul convenable de l’avantage net (sur le plan de la santé), ainsi que sur l’estimation de la valeur de l’information (parfaite), et constitue une assise théorique pour les observations voulant que les RCED des technologies dans lesquelles on a désinvesti à la marge soient différents des RCED des technologies qui ont été adoptées à la marge. Cette constatation a aussi des conséquences au chapitre de l’élaboration des politiques, surtout pour les décideurs qui utilisent à l’heure actuelle un seul seuil et veulent s’assurer que les décisions soient conformes aux valeurs et objectifs énoncés.
Lien de la quote-part avec la fidélité au traitement et le nombre de jours de maladie/l’invalidité de courte durée : étude ACCESS
Auteure-conférencière : Dre Laureen Rance, directrice principale, Centre d’excellence, TELUS Solutions en santé
Co-auteur : Dr Pieway Hwang, consultant, TELUS Solutions en santé
Généralités : En raison de la hausse du coût des médicaments, les payeurs privés adoptent de plus en plus des démarches comme l’augmentation de la quote-part des bénéficiaires, mais selon des données probantes, il y aurait une relation inverse entre le montant de la quote-part et l’observance thérapeutique, ce qui produit des résultats négatifs. Compte tenu de cet état de fait, de l’importance de l’observance thérapeutique et de la médiocrité actuelle de l’observance, il faut d’autres données pour éclairer les politiques en matière de quote-part. L’étude ACCESS vise à évaluer si l’élimination de la quote-part pour certains médicaments est associée à une amélioration de l’observance thérapeutique. Ses objectifs secondaires sont la mesure de l’effet sur la poursuite du traitement, le nombre de jours de maladie et les demandes de prestations d’invalidité de courte durée. La raison d’être, le plan et le déroulement de l’étude seront décrits.
Auditoire cible : Décideurs/responsables des politiques en matière de santé, gestionnaires de régimes d’assurance médicaments
Méthodes : Du 12 juillet 2010 au 11 juillet 2011, les bénéficiaires (n = 33 435 : 12 675 employés, 8005 conjoints et 12 755 personnes à charge) du régime d’assurance médicaments de TELUS Corporation n’auront pas de quote-part à payer quand ils demanderont le remboursement des ordonnances de certains médicaments. Les résultats obtenus au cours des 12 mois d’absence de quote-part seront comparés à ceux obtenus au cours des 12 mois précédents. Les critères examinés seront les suivants : observance thérapeutique (selon le rapport de possession du médicament), mesures de la poursuite du traitement (soit délai d’abandon, taux d’abandon après six mois et taux de poursuite du traitement [pas d’abandon ni d’interruptions du traitement pendant plus de 30 jours]), jours de maladie et demandes de prestations d’invalidité de courte durée. L’analyse portera sur les données sur le règlement des demandes de remboursement des ordonnances, ainsi que sur les données sur les absences occasionnelles/l’invalidité de courte durée qui sont actuellement recueillies par TELUS.
Discussion : Pour autant qu’on sache, il s’agit du premier essai comparatif mené au Canada sur la réduction de la quote-part. Cet essai pourrait permettre d’obtenir des données probantes pour l’élaboration des politiques, ainsi que pour la conception et l’administration novatrices des régimes d’assurance médicaments.
Liste de l’ACMTS pour l’examen par des pairs : amélioration de l’examen et de l’évaluation de la qualité des stratégies de recherche
Auteure-conférencière : Mme Monika Mierzwinski-Urban, spécialiste de l’information, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Coauteures : Mme Amanda Hodgson (chef, Services d’information) et MmeMelissa Severn (spécialiste de l’information), Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
But : L’examen par les pairs des stratégies de recherche documentaire électronique a toujours été une pratique courante et une partie intégrante des processus de recherche des spécialistes de l’information de l’ACMTS. Le but de ce projet était d’évaluer et de revoir l’outil d’évaluation servant à cet examen (Sampson et coll., 2008) en fonction des besoins des spécialistes de l’information de l’ACMTS afin de l’intégrer à leurs processus de révision par les pairs.
Méthode : Les recherches présentées dans le rapport de Sampson sur l’évaluation par les pairs des stratégies de recherche documentaire électronique ont été actualisées afin de trouver des données probantes supplémentaires et d’autres listes de vérification qui évaluent ou valident la qualité des stratégies de recherche documentaire électronique. Un sondage Web a été réalisé auprès des spécialistes de l’information de l’ACMTS afin d’obtenir leur rétroaction sur l’importance des éléments de la liste figurant au rapport de Sampson et de ses collaborateurs et de trouver d’autres éléments déterminants de la validité des stratégies de recherche documentaire électronique.
Résultats : Suivant la mise à jour des recherches sur l’examen systématique de la recherche documentaire électronique et la rétroaction des spécialistes de l’information de l’ACMTS lors du sondage, nous avons créé la liste de vérification de l’ACMTS pour l’examen par les pairs des stratégies de recherche documentaire électronique et le nombre définitif de questions servant à évaluer les erreurs possibles dans ces stratégies de recherche est passé de sept à dix.
Conclusion : La mise en œuvre d’un outil de vérification validé pour l’examen par les pairs des stratégies de recherche documentaire électronique améliorera l’obtention d’information pertinente. Le but de cet outil est de normaliser les processus d’examen par les pairs à l’ACMTS et d’améliorer la qualité des stratégies de recherche documentaire électronique. Un outil normalisé et validé rendra ces processus plus transparents et plus rigoureux, d’où une qualité et une exhaustivité accrues dans les stratégies de recherche documentaire des spécialistes de l’information de l’ACMTS.
Lorsque tout c’est trop : mise au point d’un filtre économique spécifique pour l’ACMTS
Auteur-conférencier : M. David Kaunelis, spécialiste de l’information, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Introduction : Les filtres de recherche sont des stratégies prétestées utilisées par les spécialistes de l’information pour circonscrire les résultats d’une demande lancée dans une base de données. Dans un rapport récent sur l’évaluation de filtres de recherche économiques existants, l’ACMTS a déterminé que, bien que ces filtres permettent de trouver près de 100 % des mentions d’articles de nature économique pertinentes, ils retiennent aussi un nombre anormalement élevé de mentions non pertinentes.
Méthode : Dans le cadre du rapport de l’ACMTS, des filtres supplémentaires ont été mis au point pour arriver à des recherches plus ciblées, tout en continuant à obtenir les mentions les plus pertinentes. Ces filtres ont été testés en utilisant un ensemble de mentions étalons validées tirées d’évaluations économiques. Les spécialistes de l’information de l’ACMTS ont ensuite défini un filtre à rendement élevé à partir de ce projet en ajoutant des mots-clés de recherche, en fonction des suggestions des économistes de la santé de l’ACMTS. Le filtre révisé a ensuite été testé dans l’ensemble des mentions étalons.
Résultats : Ce nouveau filtre, le filtre économique spécifique de l’ACMTS, s’est révélé efficace dans les mentions étalons, retenant environ 76 % des articles. Les résultats initiaux montrent que ce filtre réduit notablement la taille des recherches comparativement aux filtres économiques exhaustifs actuels. Des versions ont été créées pour PubMed et pour Ovid Medline/Embase.
Conclusion : Le filtre économique spécifique de l’ACMTS fonctionne bien lorsqu’une recherche économique exhaustive n’est pas nécessaire, comme dans le cas d’évaluations rapides ou de recommandations pour des listes de médicaments lorsque le modèle en place est critiqué. L’emploi de ce filtre permettra des gains de temps considérables pour les chercheurs qui effectuent des évaluations des technologies de la santé et les spécialistes de l’information.
Mise à jour de la base de données Rx for Change : un aperçu des examens méthodiques pour changer les comportements des professionnels
Auteurs-conférenciers : M. Alain Mayhew (rédacteur en chef), Mme Julia Worswick (chef de projet) et Mme Carolyn Wayne (assistante de projet), Cochrane Effective Practice And Organisation Of Care (EPOC) Review Group
Co-auteurs : Mme Michelle Fiander, spécialiste de l’information, Cochrane Effective Practice And Organisation Of Care (EPOC) Review Group; Mme Rachel Bennett, analyste de la prévention et de la recherche, Agence de la santé publique du Canada; Dr Jeremy Grimshaw, Institut de recherche en santé d’Ottawa
Généralités : On a une abondance de données probantes démontrant que les stratégies ciblant les professionnels, les systèmes de soins de santé et les consommateurs améliorent les comportements des professionnels. Depuis 2007, le Cochrane Effective Practice and Organisation of Care Research Group collabore avec l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé et avec le Cochrane Consumers and Communication Review Group pour résumer ces données probantes à l’intention des décideurs. Depuis sa création, la base de données Rx for Change a été mise à jour cinq fois, dont en novembre 2010.
Objectifs : Tirer de la base de données Rx for Change les plus récentes données probantes sur les interventions efficaces pour changer les comportements des professionnels.
Méthodes : Des examens méthodiques publiés entre 1966 et mai 2010 ont été repérés par des recherches dans les bases de données Medline, Cochrane Library, EMBASE et DARE. Le triage a été effectué suivant la méthodologie standard des examens méthodiques et en utilisant des critères d’inclusion a priori. Le comptage des votes a été utilisé pour la synthèse des données ; les interventions étaient considérées efficaces si plus des deux tiers des études retenues pour l’examen en démontraient l’avantage.
Résultats : Plus de 35 000 examens méthodiques ont été repérés et l’analyse a porté sur environ 180 d’entre eux. Certaines des interventions professionnelles qui se sont en général révélées efficaces pour l’amélioration du processus des soins et la prescription sont la distribution de matériel éducatif imprimé, les visites éducatives, la mise à contribution de leaders d’opinion locaux et la vérification avec rétroaction.
Modélisation de l’épidémiologie de l’infection pneumococcique et de la rentabilité des vaccins antipneumococciques conjugués au Canada
Auteur-conférencier : Dr Mohsen Sadatsafavi, étudiant, Université de la Colombie-Britannique
Co-auteure : Dre Fawziah Marra, professeure, Université de la Colombie-Britannique
Généralités : En raison de la grande efficacité potentielle des vaccins antipneumococciques conjugués (VAC), la vaccination universelle des enfants est une option attrayante. Il faut toutefois évaluer avec soin le coût et l’efficacité réelle des divers programmes de vaccination pour que l’utilisation des ressources en santé soit optimale.
Méthodes : Nous avons créé un modèle dynamique pour la transmission de l’infection pneumococcique et l’effet de l’administration du vaccin 7-valent (VAC7, norme actuelle), 10-valent (VAC10) ou 13-valent (VAC13) au Canada. Le modèle simulait l’évolution dynamique de la population ainsi que l’incidence et les conséquences de l’infection pneumococcique, telles que l’otite moyenne (OM), la pneumonie (PN), la méningite (MN) et la bactériémie (BM). Le modèle avait un horizon de 20 ans et était étalonné en fonction du bilan des infections pneumococciques avant et après la vaccination aux États-Unis.
Résultats : Selon la comparaison du VAC10 au VAC7 au moyen du modèle, l’incidence annuelle de l’OM, de la PN, de la MN et de la BM baisserait de 11,5 %, 5,0 %, 7,7 % et 5,8 %, respectivement; les chiffres correspondants pour la comparaison entre le VAC13 et le VAC7 sont de 46,2 % (OM), 40,3 % (PN), 46,2 % (MN) et 42,3 % (BM). Le VAC10 et le VAC13 réduisent les coûts annuels directs par personne de 17,6 $ et 32,3 $, respectivement. Ils produisent aussi une augmentation du nombre d’années de vie pondérées par la qualité (QALY) de 0,001 et 0,006, respectivement. Le VAC10 et le VAC13 sont donc plus économiques que le VAC7 et le VAC13 est plus économique que le VAC10.
Conclusion : Notre étude est la première analyse coût-efficacité des VAC fondée sur un modèle dynamique de l’infection pneumococcique spécifique au sérotype. Selon une vaste gamme de suppositions, il semblerait que l’utilisation du VAC13 soit la meilleure stratégie vaccinale au Canada.
Optimisation de la pratique en collaboration pour un avenir viable
Auteures-conférencières : Mme Ann Vosilla, agente de liaison, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; Mme Susan Chunick, directrice, ministère des Services d’évaluation et de recherche, Autorités sanitaires du Fraser, Colombie-Britannique
Des solutions novatrices s’appuyant sur l’établissement de collaborations sont essentielles pour orienter la pratique dans le contexte de difficultés financières actuel dans le secteur de la santé. Les liens entre les organismes qui travaillent ensemble à présenter des données probantes en matière de santé aux fournisseurs de soins et aux décideurs constituent une étape déterminante pour créer des services de santé axés sur le patient viables. Des relations qui s’éloignent de la culture de la concurrence et tirent avantage des collaborations interorganisationnelles doivent être établies.
Les autorités sanitaires du Fraser en Colombie-Britannique et l’ACMTS ont uni leurs forces pour créer un partenariat de collaboration qui multiplie les ressources existantes en vue d’améliorer les résultats d’apprentissage pour les fournisseurs et les décideurs de la santé. Ce modèle de collaboration a amélioré l’intégration des données probantes en clarifiant les méthodes utilisées pour la sélection de données de la meilleure qualité et les plus pertinentes possible et a augmenté l’échange des connaissances avec d’autres organismes provinciaux en trouvant des sources appropriées et fiables pour l’obtention de données probantes.
Cette collaboration entre des organisations ayant des rôles uniques et différents a commencé par la clarification de la façon dont chacune participe à la transmission de données probantes. Le partage et la définition des différences et des similitudes ont permis de trouver des possibilités de collaboration entre les organismes. Un dialogue ouvert et l’échange d’information ont augmenté les ressources existantes au fur à mesure qu’on découvrait de nouvelles voies de transmission des données probantes, par exemple, en intégrant les documentalistes des bibliothèques dans le courtage de connaissances. L’un des fruits de cette collaboration est que d’autres organismes de transmission de données probantes dans le domaine de la santé se sont alliés à l’ACMTS pour adopter le même modèle de collaboration dans leur propre milieu. Le soutien synergique par la collaboration constitue un moyen efficace de transférer le savoir en matière de données probantes à l’échelle locale et régionale. La duplication des services s’en trouve ainsi réduite au minimum et a pour effet en fin de compte de permettre des économies.
Partenariat entre une source d’information électronique sur la pharmacothérapie et un service d’alerte médicale fondé sur des données probantes pour donner aux professionnels de la santé des renseignements pertinents et à jour sur le soin des patients
Auteur-conférencier : M. Geoff Lewis, rédacteur en chef clinique, Association des pharmaciens du Canada
Co-auteurs : Dr Brian Haynes (chef) et Mme Jennifer Lawson (bibliothécaire de recherche), Unité de recherche d’information sur la santé, Université McMaster; Mme Carol Repchinsky (rédactrice en chef), Association des pharmaciens du Canada
Le portail e-Therapeutics est une source d’information fondée sur des données probantes sur la pharmacothérapie. Peuvent s’y abonner les pharmaciens, les médecins et d’autres professionnels de la santé. L’Unité de recherche d’information sur la santé (URIS) de l’Université McMaster a créé le système MacPLUS, qui repère des articles de grande qualité sur la recherche sur la santé. Ces articles sont évalués par du personnel de recherche, qui en détermine la valeur scientifique, et cotés par des cliniciens en fonction de leur pertinence clinique et de leur intérêt pour les médias. Pour prendre des décisions sur les soins à prodiguer à leurs patients, les praticiens peuvent se fonder sur les articles auxquels une cote élevée a été attribuée.
Objectifs : Relier le portail e-Therapeutics au système MacPLUS pour repérer les nouveaux articles pertinents dans le contenu du portail e-Therapeutics et pour aider et encourager les auteurs et les rédacteurs en chef à mettre ce contenu à jour.
Méthodes : Chaque sujet a été codé au moyen des concepts SNOMED. Des articles ainsi codés sont constamment ajoutés à la base de données de l’URIS et les rédacteurs en chef et auteurs pour qui ils sont pertinents en sont informés par courriel. Quand des articles sont transférés par service Web de la base de données de l’URIS à celle de l’APhC, des liens vers ces articles apparaissent dans les chapitres pertinents pour que les abonnés aient accès aux nouvelles données probantes.
Résultats : Les auteurs et rédacteurs en chef reçoivent régulièrement des mises à jour par courriel pour les aider à mettre à jour le contenu du portail e-Therapeutics. Les abonnés peuvent lire le résumé des articles dans le chapitre pertinent du portail e-Therapeutics. On est en train de perfectionner le codage au moyen des concepts SNOMED pour améliorer la pertinence des articles appariés avec les sujets.
Conclusions : Comme les données probantes sont constamment mises à jour, les professionnels de la santé disposent des meilleurs renseignements qui soient sur le soin des patients. Il se pourrait que la présentation des articles aux abonnés soit un jour perfectionnée.
Partenariat pour la santé des employés : un programme de santé au travail de l’Agence de la fonction publique de la Colombie-Britannique
Auteurs-conférenciers : Dr Jean-Eric Tarride, professeur agrégé, Université McMaster; M. Kevin Harrington, gestionnaire principal, Soins de santé privés et affaires gouvernementales, Abbott; Mme Ruth Balfour, chef, Application externe, Service du développement des groupes clients, Croix Bleue du Pacifique
Co-auteurs : M. Peter Simpson, gestionnaire principal, Affaires gouvernementales, GlaxoSmithKline; Mme Leslie Foord, gestionnaire principale, Relations extérieures, AstraZeneca; Dr William Lakey, directeur médical des services d’hygiène au travail, et Mme Lisa Anderson, gestionnaire de programme, Programmes collectifs de santé et d’avantages sociaux, Agence de la fonction publique de la Colombie-Britannique
Objectif : Évaluer le programme My Health Matters! (MHM), intervention en milieu de travail à facettes multiples qui s’appuie sur l’éducation et la conscientisation, le dépistage précoce et la gestion de la maladie et qui met l’accent sur les facteurs de risque de syndrome métabolique.
Participants : Le programme MHM a été offert à 2000 fonctionnaires dans plus de 30 milieux de travail en Colombie-Britannique, au Canada.
Méthodes : Le programme MHM associait une évaluation des risques pour la santé à la possibilité de profiter d’un dépistage sur place, d’un suivi face à face et de programmes d’éducation connexes offerts sur place. Au cours de cette étude prospective d’un an, on a noté les résultats cliniques et économiques et recueilli des données administratives et d’enquête.
Résultats : Quarante-trois pour cent des employés (N = 857) ont rempli l’évaluation des risques pour la santé en ligne et 23 p. 100 (N = 447) ont rencontré une infirmière pour une première fois. Des facteurs de risque de syndrome métabolique ont été retrouvés chez plus de la moitié des personnes qui ont rencontré une infirmière. Le nombre de facteurs de risque avait baissé de façon significative, soit de 15 p. 100, après six mois (N = 141). Le coût par employé ayant rempli l’évaluation des risques pour la santé a été de 205 $ et le coût par employé de la rencontre initiale avec une infirmière a été de 394 $. Quatre-vingt-deux pour cent des employés ont dit qu’ils recommanderaient le programme à d’autres employés.
Conclusions : Cette étude démontre que les interventions en milieu de travail sont possibles, viables et appréciées des employés. Elle donne donc un nouveau cadre pour la mise en application et l’évaluation d’interventions en milieu de travail qui mettent l’accent sur les troubles métaboliques.
Le processus d’aide à la mise en œuvre
Auteurs-conférenciers : M. Jocelyn Chisamore, agente de programmes, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; Mme Kelly Wilson, coordonnatrice à la sécurité des patients, Interior Health Authority
Coauteurs : M. Allan Brown (économiste de la santé), Mme Kirsten Gartenburg (agente d’échange des connaissances) et Mme Ann Vosilla (agente de liaison), Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Les fractures de la hanche constituent un risque considérable pour les personnes âgées. Dans les centres de soins de longue durée, environ la moitié des résidents feront au moins une chute. Parmi les personnes âgées qui subiront une fracture de la hanche, 20 % mourront dans l’année et 7 % mourront dans les 30 jours qui suivent. Les protecteurs de hanche sont des vêtements ou des sous-vêtements qui peuvent protéger les hanches en cas de chute.
Projet : Compte tenu des conséquences des fractures de la hanche sur la santé du patient, l’ACMTS a sélectionné des protecteurs de hanche dans le cadre d’un projet pilote en 2010 afin d’aider l’utilisateur final à interpréter et à appliquer les analyses préparées à partir des évaluations des technologies non pharmacologiques de l’ACMTS.
L’ACMTS a réuni un groupe d’experts composés de chercheurs, de médecins et de décideurs qui ont évalué les données probantes, puis préparé un guide de mise en œuvre relatif aux protecteurs de hanche. L’exercice a donné lieu à des lignes directrices, de même qu’à un aide-mémoire à l’intention des fournisseurs de soins comportant des renseignements et des observations cruciaux.
Résultats : Le projet a favorisé l’acceptation et l’application de ces données probantes tant à l’échelle régionale que nationale. Les leçons relatives à l’exploitation des données probantes ont été tirées au moyen de stratégies de collaboration communes, notamment la combinaison de l’expertise des diverses compétences, l’échange de connaissances par l’entremise d’agents de liaison et la clarté des principaux messages pratiques.
Produits de l’ACMTS à la hauteur des attentes de ses clients : travail rapide et pertinent à retombées maximales
Auteure-conférencière : Mme Rhonda Boudreau, responsable de thèmes, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Coauteurs : Mme Nancy Robertson (agente d’échange des connaissances), Mme Sandy Pagotto (directrice, Développement de programmes) et M. Michel Boucher (responsable de thèmes), Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
But : Présenter la nouvelle approche par thème de l’ACMTS visant à mieux répondre aux besoins de sa clientèle du système de santé canadien. La présentation expliquera les rôles des responsables de thèmes de l’ACMTS, lesquels doivent veiller à ce que les besoins de la clientèle demeurent le point central pendant tout le cycle de vie du projet afin de livrer des produits et services pertinents et en temps opportun qui auront des retombées.
Auditoire : Cette présentation intéressera les participants au symposium qui cherchent à en savoir plus sur les améliorations récentes centrées sur le client apportées à l’approche de l’ACMTS dans l’élaboration et la prestation de ses programmes, produits et services.
Aperçu : Au cours de la dernière année, l’ACMTS a procédé à des changements stratégiques à son organisation dans un effort concerté pour offrir plus rapidement des produits et services plus pertinents et ayant de plus grandes retombées pour les clients de l’ACMTS. Un des changements importants a été la création de quatre postes centrés sur la clientèle, de l’élaboration des sujets à l’échange des connaissances. Il s’agit des responsables de thèmes.
Un champ thématique a été assigné à chacun des responsables de thèmes pour que les besoins du client et du système de santé demeurent à l’avant-plan pendant toute la durée des projets de l’ACMTS. En travaillant en collaboration avec d’autres organismes pancanadiens afin d’éviter le dédoublement des efforts et optimiser les résultats, l’ACMTS a déterminé six grands champs thématiques pour 2010-2011 : la cardiologie, le diabète, les problèmes émergents, les maladies infectieuses, la santé mentale et la chirurgie thoracique.
En se tenant au fait des changements se produisant dans le système et des contextes à l’intérieur desquels les clients évoluent relativement à ces grands champs thématiques, les responsables de thèmes contribueront à favoriser l’approche de l’ACMTS, car ils feront en sorte que les produits comblent les lacunes entre les données probantes et la pratique et que les produits soient adaptés de façon à procurer le meilleur soutien possible à la prise de décisions éclairées en matière de soins de santé.
Prophylaxie de l’infection par le virus respiratoire syncytial (VRS) dans des populations particulières
Auteurs-conférenciers : Mme Abby Li, adjointe à la recherche, Groupe de recherche MORE (Medical Outcomes And Research In Economics); Dr Ian Mitchell, professeur, Département de pédiatrie, Université de Calgary
Co-auteurs : Dr Bosco Paes, professeur, Département de pédiatrie, Université McMaster;
Dre Krista Lanctôt, directrice générale, Groupe de recherche MORE (Medical Outcomes And Research In Economics)
Objectif : À partir de la base de données d’un registre canadien (CARESS), comparer l’utilisation du palivizumab, la fidélité au traitement par le palivizumab et les issues cliniques des infections respiratoires (IR) dans un sous-groupe de bébés à haut risque d’infection par le VRS.
Plan/méthodes : On a tenu un registre observationnel prospectif du suivi de bébés à qui on avait administré au moins une dose de palivizumab dans 29 établissements au cours des saisons des infections par le VRS de 2006 à 2009. Les données sur l’utilisation du palivizumab et les issues cliniques des IR ont été recueillies une fois par mois pendant toute la durée du traitement par le palivizumab. On a comparé les bébés nés à un âge gestationnel maximal de 35 semaines qui ne présentaient pas de troubles médicaux et répondaient à des critères d’approbation standard (groupe 1) à ceux à haut risque d’IR en raison de maladies sous-jacentes (groupe 2).
Résultats : Il y avait plus de bébés dans le groupe 1 (n = 4880, 84 %) que dans le groupe 2 (n = 952, 16 %). Dans le groupe 2, les maladies étaient les suivantes : syndrome de Down (20,2 %), anomalies des voies respiratoires supérieures (18,5 %), troubles pulmonaires (13,3 %), fibrose kystique (12,3 %), altération neuromusculaire (8,2 %), troubles multisystémiques (6,1 %), troubles cardiaques (2,7 %), immunodéficience (1,8 %) et troubles divers (16,9 %). De 2006 à 2010, la proportion de bébés dans le groupe 2 a quadruplé, passant de 5,6 % (69/1224) à 19,1 % (462/2413). Dans le groupe 2, les bébés étaient plus vieux au moment de l’inscription (10,2 ± 9,2 mois par rapport à 3,5 ± 3,1 mois, p < 0,005) et étaient nés à un âge gestationnel plus avancé (35,9 ± 6,0 semaines par rapport à 30,9 ± 5,4 semaines, p< 0,005), et les IR étaient plus fréquentes (9,0 % par rapport à 4,2 %, p < 0,0005) et les taux d’hospitalisation en raison d’une infection par le VRS étaient plus élevés (2,35 % par rapport à 1,32 %, p = 0,003). Chez les bébés du groupe 2, la fidélité au traitement avait tendance à être moindre (69,4 % par rapport à 72,8 %, p = 0,048). Le groupe (p = 0,015) était un meilleur prédicteur indépendant de l’hospitalisation en raison d’une infection par le VRS que la fidélité au traitement (p = 0,951; modèle : χ2 = 5,273, fd = 1, p = 0,022).
Conclusion : Les résultats indiquent que les bébés qui présentent des troubles sous-jacents, chez qui la prophylaxie n’est pas approuvée, sont plus susceptibles de présenter une IR et d’être hospitalisés en raison d’une infection par le VRS.
Questionnaire ICECAP-O et questionnaire EQ-5D en prévention des chutes : compléments ou substituts ?
Auteure-conférencière : Dre Jennifer Davis, boursière postdoctorale, Centre For Clinical Epidemiology And Evaluation
Coauteurs : Dre Teresa Liu-Ambrose (professeure adjointe), M. Karim Khan (professeur) et M. Stirling Bryan (professeur), Université de la Colombie-Britannique
Raison d’être : Le questionnaire ICECAP-O est un nouvel outil de mesure de la capacité des personnes âgées qui vise à obtenir des résultats allant au-delà la qualité de vie liée à la santé (QVLS). Le questionnaire EQ-5D est quant à lui un outil de mesure de la QVLS bien établi et largement utilisé auprès des personnes âgées. Pour vérifier si le questionnaire ICECAP-O peut remplacer le questionnaire EQ-5D dans les évaluations économiques, nous avons cherché à déterminer le degré d’association entre les deux outils et la validité de construit de chacun en lien avec des indicateurs connus de fragilité.
Méthode : Pour une cohorte de patients consécutifs fréquentant le service de prévention des chutes au Vancouver General Hospital, nous avons recueilli des données à l’aide des questionnaires EQ-5D et ICECAP-O au début de l’évaluation, à 6 mois et à 12 mois. Au début de l’évaluation, nous avons réuni une série d’autres variables, y compris l’évaluation du profil physiologique (EPP), un indicateur reconnu de la fragilité du patient. L’association entre les aspects du questionnaire ICECAP-O et les cotes de valeur du questionnaire EQ-5D a été déterminée à l’aide d’une analyse de variance unidirectionnelle. Nous avons comparé la validité de construit du EQ-5D et celle du ICECAP-O en appliquant divers paramètres cliniques, y compris l’EPP.
Résultats : Entre janvier 2009 et mai 2010, 271 personnes âgées dont l’âge moyen était de 78,9 ± 6,6 ans et l’EPP moyenne était de 1,7 ± 1,2 ont été recrutées. Le taux de réponse aux questionnaires EQ-5D et ICECAP-O a été de 90 % et le taux de réponse à chacune des questions, presque de 100 %. Trois des aspects évalués par le questionnaire ICECAP-O (regard sur l’avenir, plaisir et autonomie) ont été associés de façon significative à la variation dans la cote de valeur du questionnaire EQ-5D (p < 0,05). La variation de la cote de l’EPP était reflétée de façon significative par trois aspects du questionnaire EQ-5D (mobilité, autonomie de la personne et activités courantes). Pour le questionnaire ICECAP-O, seule la question sur l’autonomie a expliqué une importante variation de la cote de l’EPP.
Conclusion : Les questionnaires EQ-5D et ICECAP-O peuvent tous deux être utilisés auprès de ce groupe de patients. Toutefois, nos données laissent penser qu’une certaine variabilité dans le EQ-5D n’est pas représentée par le ICECAP-O, ce qui indique que les questionnaires sont complémentaires. La portée de nos résultats quant à l’utilisation des deux outils dans le contexte d’analyses économiques appelle d’autres études.
Régulation des activités des représentants de commerce en produits pharmaceutiques au Canada, en France et aux États-Unis : opinions d’intervenants clés sur l’efficacité des méthodes de réglementation actuelles
Auteures-conférencières : Dre Line Guénette (boursière de recherches postdoctorales) et Dre Barbara Mintzes (professeure adjointe), Université de la Colombie-Britannique
Introduction : Le contact avec les représentants de commerce en produits pharmaceutiques (RCPP) a des effets sur la qualité et le coût de la prescription, mais on sait peu de choses sur l’efficacité de diverses méthodes de réglementation.
Objectifs : Comparer la réglementation des activités des RCPP au Canada, en France et aux États-Unis, ainsi que les opinions d’intervenants clés sur l’efficacité des méthodes de réglementation actuelles.
Méthodes : On a fait une analyse documentaire et une synthèse des documents pour déterminer qui étaient les intervenants clés des gouvernements et des secteurs concernés et pour décrire la réglementation des trois pays. On a mené des entrevues semi-structurées et non directives et fait une analyse qualitative pour comparer les méthodes de réglementation des trois pays ainsi que les obstacles et les catalyseurs contribuant à l’efficacité perçue.
Résultats : Au Canada, la réglementation des RCPP est dans une grande mesure déléguée à l’industrie, qui a un Code de déontologie et fait volontairement approuver au préalable son matériel de promotion des ventes. L’approbation préalable est considérée comme un catalyseur de l’efficacité, tandis que les obstacles cernés sont l’absence de surveillance formelle, la conformité volontaire, la faiblesse des mesures d’application et le manque de transparence. En France, la réglementation est en partie déléguée à l’industrie par le biais de l’agrément des compagnies qui respectent une charte qui gouverne les visites des représentants de commerce. En France, l’organisme de réglementation approuve aussi a posteriori le matériel de promotion des ventes. Les catalyseurs comprennent la publication des infractions et les pénalités financières et les obstacles sont notamment l’absence de critères d’agrément concernant la qualité de l’information. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration exige aussi que le matériel soit approuvé a posteriori et encourage l’industrie à se conformer volontairement à la réglementation. Les catalyseurs comprennent la surveillance et l’application proactives et les obstacles sont les difficultés de surveillance et le temps que le personnel doit consacrer à la publicité qui s’adresse directement aux consommateurs.
Conclusion : Les trois pays encouragent l’industrie à se conformer volontairement à la réglementation. On considère toutefois que la surveillance proactive et les mesures d’application énergiques sont essentielles pour la protection efficace de la santé.
Rentabilité au Canada de l’azacitidine pour le traitement des syndromes myélodysplasiques à risque élevé et de la leucémie aiguë myéloblastique
Auteure-conférencière : Mme Nancy Risebrough, économiste de la santé principale, Oxford Outcomes
Co-auteurs : Mme Denise Zou, économiste de la santé, Oxford Outcomes; Dre Rena Buckstein, hématologue, Odette Cancer Center; M. Tony Kim, directeur, Celgene Canada; Dr Adrian Levy, professeur, Université Dalhousie
Objectifs : Estimer le rapport coût-utilité différentiel au Canada de l’azacitidine par rapport aux traitements classiques (TC), dont les meilleurs soins de soutien (MSS) et la chimiothérapie à faible dose ou à dose standard (CFD/CDS) associée aux MSS pour le traitement des syndromes myélodysplasiques (SMD) à risque élevé et de la leucémie aiguë myéloblastique (LAM) avec 20 à 30 % de cellules blastiques.
Méthodes : On a utilisé un modèle probabiliste de Markov correspondant à la durée de la vie et un cycle de 35 jours comprenant trois états de santé : SMD, transformation en LAM avec plus de 30 % de cellules blastiques et décès. La perspective choisie a été celle d’un tiers payeur public. Les durées de survie globale ont été extrapolées au-delà de l’horizon de l’essai comparatif direct AZA-001. L’utilisation des ressources a été déterminée au moyen d’un questionnaire rempli par des experts cliniciens canadiens. Les valeurs d’utilité ont été dérivées des études ayant déterminé les valeurs d’utilité du questionnaire EQ-5D à partir des scores des questionnaires EORTC (essai mené auprès de 191 patients) et SF-12 (essai mené auprès de 43 patients). Les coûts (en dollars canadiens de 2009) et les résultats ont été actualisés à un taux annuel de 5 %.
Résultats : L’analyse de l’hypothèse de base a révélé que le rapport coût-efficacité différentiel (RCED) de l’azacitidine était de 78 963 $/année de vie pondérée par la qualité (QALY) (IC de 95 % : 63 432 $ à 98 999 $) par rapport aux TC. Les RCED étaient de 84 395 $/QALY, 88 786 $/QALY et 28 501 $/QALY quand on comparait l’azacitidine aux MSS, à l’association CFD-MSS et à l’association CDS-MSS, respectivement. Les résultats sont plus sensibles aux estimations de l’utilité de l’azacitidine après six mois de traitement et des durées de survie globale.
Conclusion : L’augmentation de neuf mois de la durée de survie produite par l’azacitidine répond à un besoin médical non comblé des patients qui présentent un SMD à risque élevé ou une LAM avec 20 à 30 % de cellules blastiques. Les valeurs économiques des avantages de l’azacitidine sont inférieures aux seuils de disposition à payer des tiers payeurs publics pour les traitements anticancéreux au Canada.
Rentabilité de l’adoption d’une politique de remboursement des médicaments pour la désaccoutumance au tabac au Canada : analyse économique de l’étude ACCESSATION
Auteur-conférencier : Dr Paul Oh, directeur médical, Toronto Rehab – Programme de réadaptation cardiaque
Co-auteurs : Dr Peter Selby, chef de clinique, Programme de traitement de la toxicomanie, Centre de toxicomanie et de santé mentale; Dr Gerald Brosky, professeur agrégé, Département de médecine familiale, Université Dalhousie; Mme Carmen Arteaga, chef de la statistique, Projet Chantix/Champix, Pfizer Inc.; DreSuzanne Ranger, conseillère médicale, Affaires médicales, et Mr Vincent Raymond, chef, Recherche sur l’économie de la santé et les résultats cliniques, Pfizer Canada Inc.
Introduction : Le remboursement des médicaments efficaces pour la désaccoutumance au tabac pourrait augmenter les taux d’abandon du tabac. Ces médicaments sont plus rentables que d’autres interventions thérapeutiques remboursées, mais ne sont à l’heure actuelle pas remboursés par la plupart des régimes canadiens d’assurance médicaments.
Objectifs : Évaluer la rentabilité de l’adoption d’une politique de remboursement des médicaments pour la désaccoutumance au tabac au Canada.
Méthodes : Une récente étude pragmatique et randomisée menée au Canada (étude ACCESSATION) a révélé que le remboursement des médicaments pour la désaccoutumance au tabac avait produit un taux d’abandon du tabac supérieur à celui observé en l’absence de remboursement (20,8 % et 13,9 %, respectivement [rapport de cotes (RC) : 1,64; IC de 95 % : 1,23 à 2,18]). Pour comparer les politiques de remboursement du point de vue des avantages pour la santé et économiques à vie, on a utilisé un modèle de Markov publié, le modèle BENESCO (Benefits of Smoking Cessation on Outcomes). Les données démographiques sur la population et celles sur les taux d’abstinence et les coûts des médicaments pour la désaccoutumance au tabac par sujet admissible ont été directement tirés de l’étude. Les taux de rechute, la mortalité et les données sur la prévalence, l’incidence et l’utilité des troubles comorbides liés au tabac ont été tirés de la littérature.
Résultats : Le coût moyen par fumeur du groupe « remboursement des médicaments pour la désaccoutumance au tabac » a été de 338 $. Le coût différentiel par personne supplémentaire cessant de fumer entre les groupes a été de 4863 $ de la perspective d’un régime d’assurance médicaments. De la perspective d’un ministère de la Santé, le remboursement des médicaments pour la désaccoutumance au tabac est une stratégie très rentable, les rapports coût-utilité différentiels actualisés étant de 19 366 $/QALY pour un horizon de 20 ans et de 5448 $/QALY pour un horizon correspondant à la durée de la vie. L’analyse de sensibilité a montré que les deux rapports étaient robustes, mais qu’ils étaient relativement sensibles aux variations des taux d’abstinence et des coûts.
Conclusion : Cette évaluation économique démontre que l’adoption d’une politique de remboursement des médicaments pour la désaccoutumance au tabac est une intervention rentable à long terme. Les gouvernements doivent en tenir compte au moment de revoir leurs stratégies et politiques en matière de désaccoutumance au tabac.
Rentabilité de trois stratégies posologiques de vaccination antigrippale chez les porteurs du virus de l’immunodéficience humaine
Auteur-conférencier : Dre Huiying Sun, statisticienne, Réseau canadien des essais VIH des IRSC
Co-auteurs : Dr Bohdan Nosyk (boursier de recherches postdoctorales) et Dr Aslam Anis (codirecteur national), Réseau canadien des essais VIH des IRSC; M. Behnam Sharif (adjoint à la recherche), Centre de recherche sur l’arthrite du Canada; DrCurtis Cooper (professeur agrégé de médecine), Université d’Ottawa
Objectif : Chez les patients atteints du VIH/SIDA, l’immunogénicité du vaccin antigrippal est moindre. Nous avons évalué la rentabilité de trois stratégies posologiques de vaccination antigrippale visant à accroître l’immunogénicité chez ces patients.
Plan : Analyse coût-efficacité effectuée de concert avec un essai clinique comparatif et randomisé (ECR).
Méthodes : Un ECR a été mené pour évaluer l’immunogénicité et l’efficacité de trois stratégies posologiques de vaccination antigrippale chez des patients séropositifs pour le VIH : une seule dose standard et une seule dose de rappel (stratégie A), une double dose et une double dose de rappel (stratégie B) et une seule dose standard et pas de dose de rappel (stratégie C). Ces stratégies ont été comparées à celle de l’année précédente (stratégie D), selon laquelle 82,8 % des porteurs du VIH/SIDA avaient reçu une dose standard du vaccin. Un modèle de cohorte de Markov a été élaboré pour estimer la probabilité mensuelle de syndrome grippal (SG) en fonction de la suppression du VIH (≤ 50 copies/mL), du taux d’anticorps inhibant l’hémagglutination et des taux d’attaque de la grippe au cours d’une saison grippale. La probabilité de SG, la mortalité par SG, les coûts et les années de vie pondérées par la qualité (QALY) ont été utilisés pour calculer les rapports coûts-efficacité différentiels (RCED).
Résultats : La randomisation a porté sur 298 patients, chez qui le nombre médian de cellules CD4 était de 470/μL et la suppression de la charge virale était de 76 %. La stratégie B a eu le coût estimatif le plus élevé et la probabilité estimative de SG la plus faible. La stratégie C a dominé la stratégie D dans la plupart des formulations du modèle, tandis que les stratégies A (RCED : 5261 $; IC de 95 % : dominant à 238 680 $) et B (RCED : 13 675 $; IC de 95 % : 5030 $ à 55 557 $) étaient des stratégies rentables en l’absence de suppression.
Conclusion : La vaccination antigrippale est une stratégie rentable chez tous les porteurs du VIH/SIDA et l’administration d’une double dose du vaccin (stratégies A et B) est rentable en l’absence de suppression de la virémie VIH, aux seuils de disposition à payer typiquement cités.
Rentabilité du febuxostat pour la prise en charge de l’hyperuricémie chez les patients canadiens qui souffrent de la goutte
Auteure-conférencière : Mme Laurene Redding, directrice, Affaires gouvernementales et économiques, Takeda Canada
Co-auteurs : M. John Hornberger (président-directeur général), M. Wayne Cowens (conseiller médical) et Mme Rebecca Chien (analyste de la recherche), Cedar Associates LLC; M. Mike Wang, directeur, Seminar Pro
Généralités : Le febuxostat est un inhibiteur de la xanthine oxydase indiqué pour la réduction du taux d’acide urique sérique (AUs) chez les patients qui souffrent de la goutte. Selon certaines études, il y aurait une corrélation positive entre un taux d’AUs élevé et les conséquences de la maladie, telles que les poussées de goutte et la baisse de la qualité de vie.
Méthodes : Un modèle de Markov a été élaboré pour comparer la rentabilité du febuxostat à 80 mg à celle de l’allopurinol de la perspective d’un payeur public canadien. Les données sur l’efficacité du febuxostat et de l’allopurinol pour la réduction du taux d’AUs ont été tirées des essais de phase III sur le febuxostat. Les résultats obtenus chez les patients ont été ventilés selon la fonction rénale. Le risque de poussée de goutte selon le taux d’AUs a été tiré de la littérature. Les coûts des médicaments et de la prise en charge de la goutte ont été tirés du Formulaire du Programme de médicaments de l’Ontario et d’une base de données canadienne sur les dossiers médicaux. Pour l’analyse de l’hypothèse de base, on a utilisé un taux d’actualisation de 5 % et un horizon de 30 ans. Le modèle permet de prédire les coûts et le nombre d’années de vie pondérées par la qualité (QALY) gagnées pour un patient représentatif qui souffre de la goutte.
Résultats : L’analyse de l’hypothèse de base a révélé que le febuxostat était rentable par rapport à l’allopurinol, le rapport coût-efficacité différentiel (RCED) ayant été de 18 395 $ par QALY gagnée chez les patients ayant une fonction rénale normale. Le modèle a révélé que le febuxostat était modérément plus rentable en présence d’une altération de la fonction rénale (RCED de 15 468 $ par QALY gagnée). Les analyses de sensibilité probabilistes ont montré que le febuxostat était rentable dans diverses conditions chez les patients ayant une fonction rénale normale, la probabilité que le RCED dépasse 33 000 $ par QALY gagnée ayant été de moins de 5 %.
Conclusions : Les résultats donnent à penser que le febuxostat est un médicament rentable dans le milieu canadien des soins de santé pour la prise en charge de l’hyperuricémie chez les patients qui souffrent de la goutte.
Repérage et description des programmes de prise en charge de l’insuffisance cardiaque en Ontario
Auteure-conférencière : Dre Gina Trubiani, associée de recherche, Toronto Health Economics and Technology Assessment (THETA) Collaborative
Co-auteurs : Dr Harindra Wijeysundera (cardiologue interventionniste), M. William Witteman (concepteur de systèmes d’information), Dr Nicholas Mitsakakis (biostatisticien), Dr Murray Krahn (directeur), THETA Collaborative
Généralités : Malgré les données probantes provenant d’essais cliniques comparatifs et randomisés (ECR) qui démontrent la rentabilité des cliniques multidisciplinaires spécialisées en insuffisance cardiaque (IC), ces cliniques ne reçoivent pas de financement public en Ontario. On s’inquiète notamment de ce que les cliniques actuelles spécialisées en IC pourraient ne pas refléter le modèle de soins évalué au cours des ECR. Nos objectifs étaient de repérer toutes les cliniques ontariennes spécialisées en IC et de décrire les composantes et l’intensité de leurs programmes.
Méthodes : Les cliniques ont été repérées par la méthode de l’échantillonnage déterminé selon les répondants, à partir d’un groupe initial de 15 cliniques. Chaque clinique repérait d’autres cliniques pour la génération d’échantillonnage suivante. La méthode d’échantillonnage en boule de neige a été répétée jusqu’à saturation, puis une entrevue structurée a été menée. Nous avons utilisé un questionnaire validé pour mesurer l’intensité et la complexité du programme de chaque clinique dans dix catégories, dont l’éducation et la gestion de la médication.
Résultats : La saturation de l’échantillon a été atteinte en trois générations (34 clinques spécialisées en IC). L’intensité du traitement variait beaucoup d’une clinique à l’autre, surtout pour ce qui est de l’éducation : dans certaines cliniques, l’éducation ne portait que sur la fidélité au traitement, tandis que dans d’autres, l’accent était mis sur l’importance de la surveillance, de la prise en charge et du traitement des symptômes. Un certain nombre de cliniques offraient une surveillance à distance. Il y avait aussi des différences entre les cliniques pour ce qui est de l’accès à une équipe multidisciplinaire composée de pharmaciens et de diététistes. Par contre, le type de clinique, la durée de l’intervention et le type de prise en charge médicale variaient peu.
Conclusion : Nous avons constaté que malgré l’absence de financement, il y a un grand nombre de cliniques spécialisées en IC dans toutes les régions de l’Ontario, chacune offrant des services très divers aux patients. Cette étude est la première phase d’une évaluation globale sur le terrain visant à cerner les éléments les plus efficaces et les plus rentables des programmes de prise en charge de l’IC.
Une ressource en ligne pour le transfert des connaissances et la promotion de la santé
Auteur-conférencier : Dr Siavash Jafari, étudiant en médecine communautaire, Université de la Colombie-Britannique
Co-auteur : Dr Baharlou Souzan, adjoint à la recherche, Université de la Colombie-Britannique
Généralités : Le principal objectif de tout projet de recherche est de générer des connaissances susceptibles de contribuer à améliorer la santé et le bien-être de la population. Malheureusement, le processus de production des connaissances au cours des trois dernières décennies a été si rapide que le système de soins de santé n’a pu transférer la plupart des connaissances à la population.
Objectifs : Les principaux objectifs de ce projet étaient de cerner les besoins du public en matière d’information, de recueillir et de traiter l’information et de transférer des connaissances crédibles à la population.
Méthodes : Dans le cadre de l’évaluation des besoins d’information, nous avons utilisé des logiciels d’analyse en ligne pour cerner les problèmes de santé ayant fait l’objet du plus grand nombre de recherches. Des renseignements crédibles sur la santé sur des sujets pertinents ont été créés et affichés dans un dépôt de connaissances en ligne.
Résultats : Vingt-trois thèmes ont été fusionnés à partir des bases de données dépouillées. Pour chacun de ces 23 thèmes, nous avons cerné les 50 troubles de santé ayant fait l’objet du plus grand nombre de recherches. La douleur, l’alimentation et la nutrition, l’abus d’alcool ou d’autres drogues, les soins de la peau et les troubles de santé mentale ont été les sujets qui ont fait l’objet du plus grand nombre de recherches au Canada et à l’échelle internationale. Un dépôt de connaissances en ligne dont la consultation est gratuite a été créé et est continuellement développé. Il met à la disposition du public, en formats audiovisuel et texte, les renseignements les plus souvent demandés.
Discussion : La détermination des besoins des communautés en matière de littératie en santé favoriserait l’affectation la plus efficace possible des ressources du secteur académique et du système de soins de santé. Nos résultats provisoires indiquent que l’accès à un système d’information sur la santé gratuit, convivial, fiable et simple favorise l’utilisation de l’information et contribue à la promotion de la santé dans la société.
Les tests de la fonction plaquettaire donnent des résultats très variables pour la recherche de la résistance au clopidogrel
Auteure-conférencière : Mme Anna Liovas, gestionnaire principale, Remboursement, AstraZeneca Canada Inc.
Co-auteures : Mme Christine Folia, vice-présidente, et Dre Kristin Beard, consultante, Agro Health Associates Inc.
Objectif : Le clopidogrel est administré avec l’aspirine pour la prévention de la thrombose, mais jusqu’à 33 % des patients ne répondent pas au clopidogrel. Une méta-analyse a révélé que la résistance au clopidogrel était associée à un risque 3,5 fois plus élevé d’événements ischémiques. Plusieurs tests de la fonction plaquettaire (TFP) peuvent être utilisés pour évaluer la résistance au clopidogrel, le test de référence étant l’agrégométrie par transmission lumineuse (ATL). La phosphorylation de la phosphoprotéine stimulée par un vasodilatateur (PPSV) et le test VerifyNow®(VN) sont d’autres exemples de TFP. Les TFP ne sont pas souvent utilisés dans un contexte clinique parce qu’ils sont coûteux, chronophages et exigeants en main-d’œuvre. Il est intéressant de comparer la fiabilité de divers TFP pour le dépistage de la résistance au clopidogrel.
Méthodes : Une recherche dans la base de données MEDLINE a été menée (de 1966 à 2010) au moyen des termes MeSH suivants : clopidogrel, résistance et test de la fonction plaquettaire. On a extrait les études menées auprès de patients pour comparer la fréquence de la résistance au clopidogrel selon le TFP utilisé.
Résultats : Quatre études ont été extraites. Selon trois d’entre elles, il y avait une grande hétérogénéité entre les TFP pour ce qui est de la reconnaissance de la résistance au clopidogrel. Selon les quatre études, la fréquence de la résistance au clopidogrel allait de 13 à 39 %, de 44 à 69 %, de 35 à 90 % et de 69 à 70 %.
Conclusion : La capacité de reconnaître la résistance au clopidogrel varie beaucoup d’un TFP à l’autre. En outre, l’ATL et la PPSV sont associées à un piètre contrôle de la qualité, à des coûts élevés et à de longs délais d’obtention des résultats, et ne sont en général utilisées que par les laboratoires spécialisés des hôpitaux de recherche. Comme les TFP ne peuvent évaluer avec exactitude la résistance au clopidogrel, les patients chez qui la résistance au clopidogrel n’est pas reconnue pourraient être plus exposés aux événements ischémiques. Les difficultés et les coûts associés aux TFP pourraient être éliminés par de nouveaux traitements auxquels la réponse varie moins que la réponse au clopidogrel.
Le traitement des plaies par pression négative est-il efficace ?
Auteure-conférencière : Dre Nandini Dendukuri, directrice, Unité d’évaluation des technologies de la santé, Centre universitaire de santé McGill
Co-auteurs : Pr Maurice McGregor (chaire) et M. Xuanqian Xie (biostatisticien), Unité d’évaluation des technologies de la santé, Centre universitaire de santé McGill
Généralités : Huit examens méthodiques et huit évaluations de technologies de la santé (ETS) ont récemment été effectués sur la question. Selon tous ces examens et évaluations, faute de données probantes suffisantes, on ne pouvait conclure que l’efficacité clinique du traitement des plaies par pression négative (TPPN) était plus grande que celle des autres traitements possibles. (Selon deux d’entre eux, il y avait des données probantes positives de « très mauvaise qualité » sur l’efficacité réelle du TPPN contre les plaies du pied diabétique.) Néanmoins, la technologie est de plus en plus souvent utilisée. Pour examiner la possibilité que les utilisateurs aient raison, nous avons supposé que l’utilisation de mauvais critères de qualité pourrait avoir entraîné l’exclusion de données probantes positives valides.
Méthodes : Nous avons effectué une recherche méthodique pour repérer les essais cliniques comparatifs et randomisés (ECR) pertinents et leur avons attribué une cote de crédibilité (A,B,C) au moyen d’un instrument que nous avons jugé plus convenable que ceux couramment employés pour l’évaluation d’interventions non pharmacologiques.
Résultats : Nous avons repéré 17 ECR, dont cinq qui n’avaient pas été inclus dans les examens ou ETS antérieurs. Dans sept ECR sur les ulcères du pied diabétique (580 patients; 2A, 2B, 3C), des données probantes démontrant les avantages du TPPN sur les traitements témoins ont systématiquement été obtenues. Trois essais ont été repérés sur les plaies de pression (68 patients) : un essai (B) a conclu à la supériorité du TPPN, mais pas les deux autres (deux C). Cinq essais ont été repérés sur le traitement des plaies d’origine mixte (267 patients) : au cours d’un essai (B), des données probantes statistiquement significatives sur les avantages du TPPN ont été obtenues, mais pas au cours des quatre autres (un B et trois C). Rien ne donnait à penser qu’il y avait une hausse de la fréquence des complications.
Conclusions : Il y a maintenant assez de données probantes pour conclure que le TPPN est sans danger et accélère la guérison des plaies chroniques de la jambe associées au diabète, mais il faudra obtenir d’autres données probantes pour en démontrer l’efficacité théorique contre d’autres types de plaies.
Trouver et évaluer des sources relatives aux ressources humaines en santé dans la littérature grise
Coauteures : Mme Jessie Cunningham (spécialiste de l’information) et Mme Caitlin Ford (spécialiste de l’information), Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Contexte : L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) offre un service d’examen rapide qui transmet aux professionnels de la santé canadiens des données probantes leur permettant de prendre des décisions éclairées. Ce service reçoit un nombre croissant de demandes de renseignements sur des sujets liés aux ressources humaines du secteur de la santé et à la sécurité du travail des professionnels de la santé. Pour répondre à ce besoin, des spécialistes de l’information de l’ACMTS ont élaboré une liste d’évaluation de la littérature grise qui comportait des sites Web traitant de sujets liés aux ressources humaines dans le domaine de la santé.
But : Trouver des sites Web (plus particulièrement en sciences infirmières) et déterminer ceux qui génèrent du matériel traitant de sujets liés aux ressources humaines et à la sécurité du travail dans le secteur de la santé. Le but est de créer une base de ressources documentaires parallèles dont la fiabilité, l’autorité et la pertinence ont été évaluées et pouvant servir aux rapports de réponse rapide.
Méthode : Deux spécialistes de l’information ont procédé à une recherche ciblée dans Internet sur les ressources humaines dans le domaine de la santé à l’aide de la base de données Cumulative index of nursing and allied health literature (CINAHL), ainsi que de ressources Web. En outre, elles ont eu recours à des gestionnaires de liste de diffusion pour solliciter des suggestions d’autres professionnels de l’information du domaine de la santé en Amérique du Nord.
Résultats : Les ressources ainsi produites ont été compilées et évaluées à l’aide de critères déterminés au préalable et définis par les spécialistes de l’information de l’ACMTS. Les résultats préliminaires comprenaient des sources d’associations professionnelles et de bibliothèques universitaires de la santé, ainsi que d’autres sites de ressources humaines. Le contenu de chacune des ressources a été évalué, puis celles-ci ont été divisées par sujet.
Conclusion : Le Service de réponse rapide de l’ACMTS a élargi ses pratiques de recherche de la littérature grise pour y inclure des sources ou des sites Web spécialisés fournissant de l’information pertinente et faisant autorité sur des sujets liés aux ressources humaines et à la sécurité au travail dans le domaine de la santé.
Utilisation de données probantes pour la Politique d’examen pour l’accès compassionnel du Programme d’accès exceptionnel de l’Ontario
Auteur-conférencier : M. Glenn McAuley, pharmacien principal, programmes publics de médicaments de l’Ontario; Dre Mona Sabharwal, directrice générale, Pan-Canadian Oncology Drug Review
Le Programme d’accès exceptionnel de l’Ontario (PAE) permet à des patients d’obtenir des médicaments qui ne figurent pas au Formulaire des médicaments de l’Ontario. Les demandes adressées au PAE sont évaluées au cas par cas en fonction de certains critères cliniques, comme le recommande le Comité d’évaluation des médicaments (CEM), et l’approbation du financement dépend de l’administrateur des programmes publics de médicaments de l’Ontario. Dans le cas des indications approuvées par Santé Canada, c’est au fabricant qu’il incombe de déposer une présentation officielle pour appuyer l’examen d’un médicament. Le CEM peut aussi procéder à un examen et faire une recommandation de remboursement sans qu’un fabricant ait déposé de présentation, uniquement aux fins de l’examen d’une demande adressée au PAE (p. ex. pour des indications non approuvées). Règle générale, le remboursement n’est envisagé que si un médicament ou une indication a fait l’objet d’un examen.
En vertu de la nouvelle Politique d’examen pour l’accès compassionnel du PAE, une demande peut aussi être prise en considération en l’absence de présentation d’un fabricant ou d’examen du CEM dans des situations cliniques rares, soit quand un trouble menace la vie, un membre ou un organe. Des critères ont été élaborés pour que la politique soit claire et appliquée de façon uniforme. Les demandes doivent s’appuyer sur des données probantes publiées dont la qualité ne doit pas être inférieure à un certain seuil; les comptes rendus portant sur des séries de cas sont acceptés.
Nous présenterons des renseignements sur la première année d’application de la Politique d’examen pour l’accès compassionnel. Des 250 demandes évaluées, 142 (57 %) ont été approuvées, ce qui s’est traduit par des dépenses totales en médicaments d’environ 1,3 million de dollars. Par suite de demandes multiples concernant des médicaments et des indications semblables, le CEM a procédé à plusieurs examens officiels fondés sur des données probantes.
La Politique d’examen pour l’accès compassionnel permet à des patients d’obtenir des médicaments dans des situations véritablement exceptionnelles tout en générant des renseignements utiles pour les examens fondés sur des données probantes de plusieurs indications non approuvées.
Utilisation de lactobacilles probiotiques pour la prévention de la diarrhée à Clostridium difficile chez les adultes hospitalisés recevant une antibiothérapie
Auteure-conférencière : Dre Alison Sinclair, chercheuse scientifique, Unité d’évaluation des technologies de la santé, Centre universitaire de santé McGill
Co-auteurs : M. Xuanqian Xie, biostatisticien, et Dre Nandini Dendukuri, directrice, Unité d’évaluation des technologies de la santé, Centre universitaire de santé McGill
Généralités : En 2005 et 2009, nous avons examiné l’utilisation de probiotiques pour la prévention de la diarrhée associée à Clostridium difficile (DACD) provoquée par l’antibiothérapie, et conclu que les données probantes ne justifiaient pas leur utilisation systématique. En raison de certains articles publiés depuis, nous avons décidé de réexaminer la question.
Méthodes : Nous avons procédé à une analyse documentaire méthodique et à une méta-analyse pour estimer le risque relatif de DACD en fonction du traitement préventif par des probiotiques contenant des bactéries du genre Lactobacillus. Nous avons analysé des sous-groupes pour connaître les effets des biais au sein de chaque étude. Nous avons aussi mené une analyse de crédibilité bayésienne pour évaluer la robustesse des données probantes.
Résultats : Nous avons repéré huit essais cliniques comparatifs et randomisés (ECR) à double insu qui répondaient à nos critères d’inclusion. Les études différaient les unes des autres pour ce qui est du plan et de la posologie. En effectuant une méta-analyse au moyen d’un modèle hiérarchique bayésien (distribution a priori introduisant peu d’information), nous avons conclu que le RR combiné médian de DACD (intervalle de confiance de 95 %) associé aux bactéries du genre Lactobacillus était de 0,22 (intervalle de crédibilité de 95 % : 0,08 à 0,44) par rapport au placebo. Les analyses de sensibilité ont donné des résultats semblables. L’analyse de crédibilité bayésienne a toutefois donné à penser qu’un test d’hypothèse nulle sur à peine 60 cas suffirait à produire un intervalle crédible sur le plan méta-analytique comprenant le 1. Aucune des études n’a donné à penser que les bactéries du genre Lactobacillus étaient associées à des effets indésirables excessifs.
Conclusion : Selon une méta-analyse standard, les bactéries du genre Lactobacillus seraient associées à une réduction du risque de DACD chez les patients hospitalisés recevant une antibiothérapie. Nous ne croyons toutefois pas pour l’instant que les données probantes soient suffisamment robustes pour justifier une modification des mesures préventives. Des ECR bien conçus devront être menés pour valider ces résultats, surtout dans les populations dans lesquelles les mesures de prévention des infections sont bonnes et l’incidence de la DACD est faible.
Valeur ajoutée des données probantes pour l’examen rapide des incidents critiques
Auteures-conférencières : Mme Michelle Clark (adjointe à la recherche clinique) et Mme Brendalynn Ens (agente de liaison), Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Des données probantes ont été demandées par suite de la survenue dans un hôpital de soins tertiaires de trois incidents inexpliqués d’arrêt respiratoire pendant un geste anesthésique chez des patients subissant une chirurgie de la cataracte. Il s’est écoulé moins de dix jours entre la survenue des effets indésirables et la présentation des données au cours d’une séance d’examen par les pairs.
Les services cliniques en milieu hospitalier doivent analyser et signaler rapidement les incidents à haut risque. Quand un incident survient, la discussion doit s’articuler sur ses circonstances, mais aussi sur les améliorations qu’on peut apporter en se fondant sur les pratiques exemplaires actuelles, lesquelles doivent être documentées. Des équipes multidisciplinaires doivent élaborer des plans de modification ou de prévention fondés sur des données probantes. L’examen rapide des données probantes (liste de références) a été d’une grande utilité pour l’équipe multidisciplinaire de la salle d’opération, lui ayant permis de rapidement aligner la pratique courante sur la recherche disponible. En raison de l’information qu’il donne, le service d’examen rapide est largement accepté et grandement apprécié.
Les équipes multidisciplinaires ont utilisé l’information pour élaborer des pratiques exemplaires. Le document issu de l’examen rapide a été partagé avec tous les membres de l’équipe pour jeter la lumière sur la question et appuyer l’éducation collaborative, les initiatives d’apprentissage et la standardisation de la pratique. Des données probantes ont été repérées sur les pratiques actuelles et les autres démarches possibles afin d’améliorer la sécurité des patients.
Le présent rapport illustre à quel point un rapport peut être préparé et peaufiné de façon efficiente en cas de besoin clinique immédiat. Les incidents critiques peuvent être déconcertants pour les services cliniques et on a démontré que la communication rapide de l’information était d’une grande utilité pour les groupes cliniques concernés.
La vancomycine est-elle moins chère que le métronidazole dans le traitement de cas d’infection grave à Clostridium difficile ?
Auteures-conférencières : Mme Eva Tsakonas, consultante; Mme Christine Perras, agente de recherche clinique, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
Coauteurs : Mme Sarah Ndegwa, consultante; Dr John Conley, Université de Calgary; Dr Louis Valiquette, Université de Sherbrooke; Mme Kelly Farrah, spécialiste de l’information, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé
L’infection à Clostridium difficile (ICD) est la cause la plus fréquente de la diarrhée infectieuse nosocomiale chez l’adulte. Récemment, la propagation d’une souche hypervirulente de C. difficile a provoqué une éclosion d’ICD. Nous avons donc réalisé une évaluation économique primaire afin de comparer l’utilisation de la vancomycine et à celle du métronidazole chez des patients ayant présenté un premier épisode ou un épisode récurrent d’ICD modérée ou grave afin de réunir de l’information à l’appui des politiques de remboursement au Canada.
Une analyse économique primaire fondée sur les données relatives à l’efficacité tirées d’un essai clinique comparatif et randomisé a permis de comparer le rapport coût-efficacité des traitements par la vancomycine et le métronidazole employés en première intention chez des patients ayant contracté une ICD grave. Nous avons présumé qu’il n’y avait aucune différence entre la vancomycine et le métronidazole quant à la fréquence des complications graves. L’évaluation économique a estimé que chaque nouvelle guérison clinique obtenue grâce à l’emploi de la vancomycine en première intention représenterait un coût supplémentaire de 1 161 $ pour le système de santé.
Des analyses de sensibilité déterministes ont montré que le coût différentiel par guérison clinique augmentait en cas d’éclosion d’une souche hypervirulente de C. difficile en raison des doses élevées de vancomycine prescrites à une proportion élevée de patients. Une autre analyse de sensibilité a indiqué que le remplacement des capsules de vancomycine administrée par voie orale par une solution intraveineuse générique moins chère administrée par voie orale pouvait réduire significativement le rapport coût-efficacité différentiel (RCED). De plus, de légères réductions de la durée d’hospitalisation des patients chez lesquels le traitement réussit pourraient rendre la vancomycine plus avantageuse. Enfin, en cas de complications graves à des taux égaux chez les patients pour lesquels le traitement ne fonctionne pas, le traitement initial par la vancomycine serait avantageux pour le système de santé en raison des économies en frais d’hospitalisation.
L’emploi de la vancomycine administrée par voie orale chez des patients atteints d’une ICD grave entraînera un coût différentiel de 1 161 $ par guérison clinique, mais la vancomycine permettrait de réaliser des économies si elle a une incidence sur les taux de complications et réduit les frais d’hospitalisation.