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Programme

Le programme est disponible:

Le programme définitif

Présentations par affiche

Séance 1 : le 28 avril, 11 h – 12 h 30

Susciter un réel changement et optimiser la pharmacothérapie — L’expérience de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail de l’Ontario

  • La Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) offre une assurance contre les accidents du travail sans égard à la faute et elle traite chaque année près de 350 000 demandes d’indemnisation. Les prestations pour soins de santé versées en 2006 s’élèvent à 494 millions de dollars, alors qu’elles étaient de 459 millions de dollars l’année précédente. En 2007, les dépenses au chapitre des médicaments prescrits aux travailleurs malades ou blessés ont frisé les 80 millions de dollars. Le régime d’assurance médicaments a vu ses dépenses augmenter constamment dans les 10 dernières années, leur taux de croissance moyen dépassant celui des dépenses de médicaments dans l’ensemble du Canada (~9 % par an, ICIS 2007). Les analyses approfondies font ressortir les faits suivants : l’adoption à grande échelle de nouveaux médicaments relativement coûteux, l’emploi de médicaments connus dans de nouvelles indications, la polypharmacie à la hausse et de plus en plus de préoccupations à l’égard de l’innocuité et de l’usage à bon escient de certaines classes de médicaments. L’exposé se concentrera sur certaines innovations bénéfiques pour le régime d’assurance médicaments de la CSPAAT, dont la mise sur pied d’un comité consultatif sur les médicaments, la modification de la structure et de la gestion de la liste des médicaments assurés, des plans analytiques précis de classes de médicaments, l’amélioration de la prise en charge pharmacologique et non pharmacologique de problèmes de santé courants (p. ex., la douleur), une plate-forme d’information d’une grande souplesse qui offrira des données actuelles sur les schémas d’utilisation et, enfin, la volonté de mener des études observationnelles ou interventionnelles — des mesures qui contribueront toutes à optimiser l’utilisation des médicaments et à améliorer l’état de santé des malades.

[Séance 1, le 28 avril, 11 h – 12 h 30, Paul Oh, Donna Bain]

Améliorer l’accès au traitement médicamenteux optimal en étendant les fonctions du pharmacien

  • Au 1er avril 2007, la législation albertaine a autorisé les pharmaciens à prescrire des médicaments.
  • Le Collège des pharmaciens de l’Alberta a conçu un modèle unique qui délimite le champ de prescription du pharmacien, modèle adopté par le cadre réglementaire. Le pouvoir de prescrire dévolu au pharmacien est encadré par les six critères de qualité définis par le Health Quality Council de l’Alberta dans ses lignes directrices Health Quality Matrix. Dans la plupart des cas, la prescription relèvera d’une collaboration entre les professionnels de la santé ; la réglementation souligne toutefois l’avantage pour certains patients de pouvoir se faire prescrire le médicament nécessaire par le pharmacien au « premier point de contact » dans leur quête de soins ou de services de santé. Des pharmaciens se prévaudront de ce privilège de prescrire pour régler des problèmes ayant trait à la consommation de médicaments dans certaines situations. Des droits de prescrire élémentaires ont été accordés à tous les pharmaciens inscrits au registre des praticiens cliniciens du Collège des pharmaciens. Des droits étendus sont accordés aux pharmaciens qui réussissent l’examen d’évaluation du Collège. L’exposé décrira le modèle de prescription et la stratégie de mise en oeuvre du Collège des pharmaciens, dont l’évaluation préalable à l’octroi des droits de prescription étendus, et il se conclura par des observations sur l’expérience du Collège dans ce domaine.
  • [Séance 1, le 28 avril, 11 h – 12 h 30, Greg Eberhart]

La base de données du Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits (SNIUMP) : de l’information pour éclairer l’élaboration des politiques et soutenir la mesure de l’impact

  • La base de données du Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits (SNIUMP) offre de l’information exhaustive et comparative sur les demandes de remboursement des frais de médicaments acheminées aux régimes d’assurance médicaments publics. Lancée en 2006, la base de données renferme des données sur les médicaments prescrits, qui font fait l’objet de demandes de remboursement, dans six provinces, ainsi que sur les médicaments assurés partout au pays. Elle offre de la documentation analytique à l’appui des politiques de programme à l’échelon supérieur. Les principaux destinataires de l’information du SNIUMP ont été jusqu’à maintenant les régimes d’assurance médicaments publics et des organismes de services de santé ou de recherche sur les services de santé. Les données du SNIUMP se prêtent à plusieurs types d’analyses. Les gestionnaires des régimes d’assurance médicaments examinent l’information comparative pour déceler les tendances d’utilisation de médicaments, et pour éclairer les changements de politiques de programme et les décisions quant à la structure de la liste des médicaments assurés. D’autres analyses permettront de circonscrire l’observance thérapeutique, de même que l’incidence de nouvelles données probantes, de lignes directrices de pratique clinique ou d’initiatives de promotion de la prescription optimale (p. ex., formation continue sur la pharmacothérapie) sur les schémas d’utilisation des médicaments. Le premier rapport analytique publié des données du SNIUMP par l’Institut canadien d’information sur la santé ICIS) examine la consommation des médicaments de la liste Beers par les aînés d’après les demandes de remboursement ; cette liste internationale compile les médicaments potentiellement contre-indiqués chez les personnes âgées. Dans des rapports futurs, l’ICIS abordera des sujets d’intérêt pour les régimes d’assurance médicaments publics du pays et fera le point sur l’état de santé des Canadiens. [Séance 1, le 28 avril, 11 h – 12 h 30, Mike Gaucher]

Séance 2 : le 28 avril, 11 h – 12 h 30

La réutilisation des matériels médicaux à usage unique au Canada : les données probantes au service de l’établissement des politiques

  • La réutilisation des matériels médicaux à usage unique (MMUU) après leur retraitement est devenue pratique courante dans certains hôpitaux canadiens en raison des avantages économiques perçus. Néanmoins, la réutilisation prête à la controverse étant donné les préoccupations concernant les risques potentiels pour les patients, la rentabilité du retraitement des MMUU et l’incidence sur les politiques. Cette séance abordera ces problèmes grâce à un panel multidisciplinaire qui fournira ses commentaires sur les pratiques actuelles, les données probantes cliniques, les questions économiques ainsi que les répercussions sur les hôpitaux et la politique de la santé. [Séance 2, le 28 avril, 11 h – 12 h 30, Hussein Noorani et Julie Polisena, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé ; Philip Jacobs, Département de médecine, Université de l’Alberta ; Sudha Kutty, Association des hôpitaux de l’Ontario ; Philip Neufeld, Bureau des matériels médicaux, Santé Canada]

Séance 3 : le 28 avril, 11 h – 12 h 30

Un monde, une base de données probantes, de nombreuses décisions à prendre : le bévacizumab dans le traitement du cancer colorectal métastatique

  • Nous avançons à petits pas dans le traitement du cancer et n’obtenons souvent que des gains de survie modestes. Le coût de ces traitements peut représenter un défi de taille pour les bailleurs de fonds. Le bévacizumab dans le traitement du cancer colorectal métastatique illustre à merveille le défi que doivent affronter les décideurs dans le financement des médicaments anticancéreux. Le bévacizumab prolonge la survie de deux à cinq mois. L’analyse coût-efficacité indique que le médicament dépasse les seuils de rentabilité généralement admis. En outre, il aura fort probablement un impact budgétaire majeur étant donné que le cancer du côlon est relativement fréquent. Selon les estimations, 100 patients par tranche d’un million de personnes de la population devront être traités à un coût allant de trois à quatre millions de dollars. Au vu des avantages sous l’angle de la survie et des résultats de l’analyse économique de la rentabilité et de l’impact budgétaire, les décideurs ont effectivement un choix difficile à effectuer.
  • L’exposé présentera les différentes décisions prises à cet égard au Canada, et l’attitude des États-Unis et du Royaume-Uni dans ce domaine. De la pleine couverture par le public à l’absence de couverture, en passant par une couverture plafonnée ou une assurance privée auprès d’un tiers, le financement du bévacizumab fait l’objet de décisions difficiles et délicates sur le plan politique pour tous les bailleurs de fonds du monde. Ère palpitante que celle où des choix difficiles reposent sur l’équilibre entre les besoins de patients et ceux de la société, établi à la lumière de données probantes, de faits économiques et du principe éthique de l’équité. [Séance 3, le 28 avril, 11 h – 12 h 30, Shawn Budgen]

Investissements hospitaliers en technologie de l’information et de la communication (TIC) : un choix rationnel ou aléatoire ?

  • Les investissements hospitaliers dans la technologie : un choix rationnel ou aléatoire ? Les dépenses en santé au Canada se sont élevées à 148 milliards de dollars en 2006. Les technologies médicales (comprenant les appareils médicaux et les technologies de l’information) sont un élément vital de ces dépenses, car ces investissements contribuent directement à l’amélioration des résultats, au chapitre de la sécurité du patient ou de la qualité des soins, par exemple. Dans un contexte où les méthodes d’évaluation, fondées sur des données probantes, des mérites de nombre de technologies médicales et où la réflexion « voyons voir les données » sont devenues monnaie courante, l’on s’attendrait à ce que la prise de décision en matière d’investissement soit tout aussi rigoureuse. Fait curieux, alors que des mécanismes de haute technicité en matière de décision d’investissement existent, ils ne sont pas d’usage répandu quand vient le moment de prendre des décisions vitales sur l’investissement dans les technologies médicales. De plus, tandis que l’on répond volontiers à la question de savoir si la technologie fonctionne, nous ne facilitons pas la tâche des gestionnaires de répondre à la question de savoir si, compte tenu des ressources limitées, c’est là un bon choix pour nous ? L’exposé se penche sur cette dichotomie et examine des pratiques décisionnelles en matière d’investissement tout en réfléchissant sur l’utilité de l’expérience acquise dans l’évaluation des mérites des appareils médicaux dans l’évaluation des mérites d’autres technologies médicales comme la technologie de l’information.
  • [Séance 3, le 28 avril, 11 h – 12 h 30, Josephine McMurray, Ian McKillop]

Comparaison des demandes d’examen de présentations pharmacoéconomiques entre trois pays

  • Contexte : Le Programme commun d’évaluation des médicaments (PCEM) a été établi au Canada dans le but précis de formuler des recommandations sur le contenu de la liste des médicaments assurés à l’intention des régimes d’assurance médicaments publics participants. Même si leur mandat est différent, le National Institute for Clinical and Health Excellence (NICE) au Royaume-Uni et le Pharmaceutical Benefits Advisory Committee (PBAC) en Australie exercent également cette fonction.
  • Objectif : Comparer les demandes d’examen transmises à chacun des comités pour relever les similarités et les différences entre les pays sur les plans du processus d’examen et des recommandations formulées.
  • Méthode : La liste des demandes d’examen à comparer a été dressée en consultant le site Web public de chacun des comités. Les données collectées couvrent la période qui s’étend du début de la diffusion publique de l’information (NICE — fév. 2001, PCEM — jan. 2003, PBAC — juill. 2005) au 31 décembre 2007. La présentation d’un médicament dans une indication en particulier est ce qui a été considérée comme une demande d’examen.
  • Résultats : NICE a examiné 145 présentations distinctes d’un médicament-indication, tandis que le PCEM et le PBAC en ont examiné respectivement 80 et 157. Dix présentations d’un même médicament dans la même indication ont été évaluées par les trois groupes, alors que six ont été évaluées à la fois par le PCEM et par NICE, 25 par NICE et le PBAC et 24 par le PCEM et le PBAC. Les motifs de ces différences ont été étudiés.
  • Conclusion : Il n’y a pratiquement pas de recoupement entre les présentations de médicaments examinées par les trois groupes ; cette situation tiendrait au mandat différent des comités. [Séance 3, le 28 avril, 11 h – 12 h 30, Fiona Clement]
  • Séance 4, le 28 avril, 11 h – 12 h 30

Réseaux pour la production et l’utilisation d’ETS

  • Cette séance vous mettra au courant des dernières nouvelles du Forum des politiques et l’Échange de l’STS et du nouveau réseau d’ETS de l’Alberta.
  • [Séance 4, le 28 avril, 11 h - 12 h 30]

Séance 5, le 28 avril, 11 h – 12 h 30

Rapport coût-efficacité des associations d’un bronchodilatateur à action prolongée et d’un corticostéroïde en inhalation pour le traitement de la MPOC : une évaluation économique de l’étude OPTIMAL

  • Contexte : On sait peu de choses sur l’association de diverses classes de médicaments en présence de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). On suppose que des médicaments ayant différents modes d’action pourraient avoir des effets additifs, voire synergiques. Cette étude a évalué le rapport coût-efficacité de l’ajout de salmétérol (S) ou de fluticasone/salmétérol (FS) au tiotropium (T) en présence de MPOC.
  • Méthode : Cette analyse économique prospective simultanée était basée sur les données (coûts et résultats sur la santé) d’une étude randomisée contre placebo comparant trois traitements : 1) tiotropium+placebo (groupe TP); 2) tiotropium+salmétérol (groupe TS); et 3) tiotropium+fluticasone/salmétérol (groupe TFS). Les patients ont été randomisés pour recevoir un des traitements pendant 52 semaines. Les coûts différentiels par exacerbation évitée et par année de vie pondérée par la qualité (QALY) gagnée étaient les critères d’évaluation des résultats.
  • Résultats : La stratégie TS a été dominée par les stratégies TP et TFS. En comparaison au TP, le TFS a produit un rapport coût-efficacité différentiel (RCED) de 6 510 $ par exacerbation évitée et de 243 180 $ par QALY gagnée.
  • Conclusion : Les patients traités par le TFS ont eu une qualité de vie nettement meilleure et ont été hospitalisés moins souvent que les patients traités par le TP; toutefois, les améliorations des résultats sur la santé ont été associées à un hausse des coûts. Ni le TFS ni le TS ne sont des solutions de rechange favorables à la monothérapie par le T d’un point de vue coût-efficacité. [Séance 5, le 28 avril , 11 h – 12 h 30, Mohsen Sadatsafavi]
  • Rapport sommaire sur les tendances des prix des médicaments, 2005-2006, du Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits (SNIUMP)
  • Depuis le milieu des années 1990, les dépenses en médicaments au Canada ont grimpé en flèche pour divers motifs complexes dont l’utilisation accrue, l’abandon de médicaments connus au profit de nouveaux médicaments plus coûteux dans quelques classes de médicaments et le vieillissement de la population. Au vu de cette conjoncture, les ministres de la Santé des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont annoncé la création du Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits (SNIUMP) en 2001. Comme l’ont défini les ministres, le mandat du SNIUMP consiste à offrir des études analytiques critiques et exhaustives des tendances en matière de médicaments à partir des données provenant des régimes d’assurance médicaments publics du pays. Le Rapport sommaire sur les tendances des prix des médicaments, 2005-2006 est l’un des principaux produits du SNIUMP. Il présente les grandes tendances des dépenses en médicaments et les caractéristiques des groupes de la population visés par les demandes de remboursement, ainsi que d’autres aspects des courbes de dépenses, notamment les segments du marché (médicaments brevetés, médicaments non brevetés et médicaments génériques), les classes thérapeutiques, le prix, l’utilisation, les inducteurs de coût et des données statistiques comparatives sur les listes de médicaments assurés. L’un des points saillants du rapport est la hausse des dépenses de 8,9 % en 2005-2006 — pour la cinquième année, l’augmentation se maintient à un niveau inférieur au sommet de 13,6 % en 2001-2002. Le rapport analyse les données de 10 régimes d’assurance médicaments publics ; ces régimes ont dépensé ensemble 5,85 milliards de dollars en 2005-2006, contre 5,37 milliards l’année précédente et 3,93 milliards en 2001-2001. (Ces dépenses représentent la part du gouvernement. Dans la plupart des provinces ou territoires, les patients s’acquittent d’une partie des frais à titre de quote-part ou de franchise.)
  • [Séance 5, le 28 avril, 11 h – 12 h 30, Greg McComb]

Rigueur et pertinence dans une évaluation technologique (ETS) de l’endoscopie à double ballon

  • L’endoscopie ou l’entéroscopie à double ballon (EDB) est une technique d’accès à l’intérieur de l’intestin grêle aux fins d’examen visuel, de biopsie et de traitement. Cette nouvelle technique médicale offre plus de possibilités que toutes les modalités non chirurgicales actuelles. Néanmoins, le doute persiste quant à la supériorité présumée de l’EDB. Pour le moment, la recherche sur l’état de santé des malades soumis à cette intervention se limite à des séries de cas non comparatives dont les données probantes sont caractérisées par un faible niveau de certitude selon la classification généralement admise, d’où le grand risque de biais. L’essai clinique comparatif définitif, d’importance fondamentale, pourrait ne jamais avoir lieu en raison notamment de la disparité des indications, des diagnostics et des manœuvres thérapeutiques. Identifier les candidats, pour qui l’EDB serait la plus utile et la plus avantageuse, par l’examen d’ensembles de données administratives est une entreprise risquée quoique essentielle si l’on veut estimer avec exactitude l’impact financier. L’étude méthodique centrée sur une seule question très précise, bien que préférable des points de vue de la validité scientifique et du caractère applicable des résultats, peut passer outre des données probantes sur les effets ou l’utilisation des ressources, ou en minimiser l’importance. Il est probable que l’EDB serait utilisée à pleine capacité si la technique était financée par le régime public de l’Alberta. L’étude est donc d’une vaste portée, englobant 19 questions de recherché interreliées dans le cadre d’une ETS conçue pour examiner toutes les données probantes disponibles sur le retentissement social, financier ou économique de l’EDB.
  • [Séance 5 le 28 avril, 11 h – 12 h 30 Carolyn Green]

Séance 6, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h

Prise de décisions fondées sur des données probantes pour les listes de médicaments des établissements de soins personnels

  • L’analyse des données probantes sur les médicaments est un élément essentiel de la prise de décisions concernant les listes de médicaments. Cette analyse des données probantes a joué un rôle important dans la prise de décisions concernant le remboursement et l’administration des inhibiteurs de la cholinestérase pour le traitement de la maladie d’Alzheimer chez les pensionnaires des établissements de soins personnel (ESP) du Manitoba. Cette initiative est rendue possible grâce à la collaboration de l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS), qui effectue des analyses systématiques et tient des ateliers régionaux axés sur l’utilisation des ces outils.
  • Les données semblent indiquer que l’efficacité des inhibiteurs de la cholinestérase est effectivement limitée. L’analyse clinique et l’analyse économique laissent entendre qu’il faudrait effectuer une évaluation clinique minutieuse pour s’assurer que ces médicaments soient réservés aux patients chez qui les bienfaits ont été démontrés. Cette présentation passe ces données en revue et donne le fondement du mode d’approche actuel pour l’administration des inhibiteurs de la cholinestérase dans les ESP du Manitoba.
  • Une analyse clinique fondée sur des données probantes n’est toutefois pas l’objectif ultime de la médecine factuelle. La mise en application et les questions d’éthique et de justice peuvent présenter un défi pour les décideurs. La présentation touchera aux zones grises de l’éthique qui dépassent le cadre d’une évaluation clinique de l’administration des inhibiteurs de la cholinestérase dans les ESP du Manitoba.
  • [Séance 6, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h, Shawn Budgen, Donna Champagne et Penny Murray]

Séance 7, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h

Le problème méthodologique de l’adaptation des lignes directrices : comment aligner la qualité des données probantes et les recommandations

  • La force et la qualité des données probantes utilisées pour formuler des lignes directrices de pratique clinique sont habituellement définies par des termes formels tels que bonnes, assez bonnes, médiocres, insuffisantes ou contradictoires, ce qui détermine la force et le type de recommandations (oui, non, incertitude, sans effet, conflit/insuffisance). Toutefois, lorsqu’on adapte des lignes directrices de départ existantes, on n’évalue pas la qualité des données probantes empiriques sous-jacentes, et ces termes ne peuvent être définis formellement, ce qui aboutit à un important problème méthodologique. Le programme ambassadeur D’ETS de l’Alberta dans le domaine de la douleur chronique s’est servi de la collaboration AGREE pour repérer les lignes directrices de la meilleure qualité sur le traitement de la douleur lombaire, à partir desquelles un comité multidisciplinaire a élaboré des lignes directrices particulières à l’Alberta. On a repéré sept ensembles de lignes directrices de moyenne à bonne qualité, mais la collaboration AGREE n’a pu attester la validité des recommandations ni des données probantes sous-jacentes ni faire concorder les différences entre les échelles d’évaluation des données probantes. Dans de nombreux cas, d’autres données probantes étaient nécessaires, surtout lorsque les recommandations se recoupaient ou étaient contradictoires ou inexistantes. Des sous-groupes du comité ont interprété l’information supplémentaire et un processus a été élaboré pour transformer systématiquement ce processus subjectif en des recommandations valables et toujours formulées de la même façon. L’absence d’analyse poussée des données propres à l’adaptation de lignes directrices peut être compensée par des lignes directrices de départ crédibles, une méthodologie uniforme et transparente et une documentation claire du processus de contextualisation, qui est souvent subjectif. [Séance 7, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h, Ann Scott, Christa Harstall, Carmen Moga et Paul Taenzer]

Séance 8, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h

Application du savoir fondé sur des données probantes : la collaboration entre les prestataires de formation continue sur la pharmacothérapie et les pharmaciens des milieux de soins primaires

  • L’Initiative d’intégration des pharmaciens du Réseau de soins primaires en régions rurales de Calgary (CRPCN-PII) a collaboré avec le service de formation continue sur la pharmacothérapie de la région sanitaire de Calgary (AD-CHR) à : (a) la promotion de la prise de décision clinique appuyée par des données probantes scientifiques ; (b) la facilitation des changements dans la pratique des médecins exerçant dans la communauté ; (c) la promotion de la concertation entre les médecins et les pharmaciens locaux.
  • Le projet est axé sur l’amélioration de l’état de santé de malades traités par des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) en vue d’éliminer l’acidité gastrique. Il étudie également la faisabilité de cette collaboration professionnelle compte tenu des ressources limitées.
  • Le service de formation continue (AD-CHR) a compilé la documentation que l’Initiative d’intégration (CRPCN-PII) a examinée en prévision des sessions de formation continue sur la pharmacothérapie. Tous les intervenants ont assisté à l’atelier, et un projet subséquent a été mis sur pied afin d’appliquer les connaissances acquises pour susciter des changements sur le plan de la prescription des IPP (en vue de réduire le nombre de patients à qui les médecins prescrivent inutilement une double dose d’IPP).
  • Les pharmaciens de l’Initiative d’intégration (CRPCN-PII) ont consacré 9 % de leur temps à ce projet de formation continue sur la pharmacothérapie ; 18 médecins de famille (24 %) du Réseau de soins primaires CRPCN ont bénéficié de la formation continue offerte par AD-CHR, comparativement à un médecin (1 %) sur un autre sujet auparavant. La participation des médecins a augmenté de 20 % en général. En outre, X % des patients sont passés sans problèmes de la double dose à la dose standard de l’IPP.
  • Ensemble, le groupe CRPCN-PII a proposé un service de formation précise, fondée sur des données probantes, aux médecins, et le groupe AD-CHR a étendu la portée de son programme. En fait, le rayonnement des deux programmes s’est étendu grâce à un projet d’application des connaissances destiné à améliorer les soins dispensés aux patients conformément aux données probantes scientifiques. [Séance 8, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h Kaye Andrews, Debbie Bunka]

Vers une « science citoyenne » : l’alliance des scientifiques, des consommateurs et des décideurs

  • Lorsqu’une personne devient un patient, elle devient également une source d’information clé, dans laquelle les professionnels de la santé et les décideurs devraient puiser. Le patient devrait participer concrètement à son traitement et aux décisions d’ordre thérapeutique, y compris la prescription des médicaments. Les décideurs affrontent la difficile tâche de décider du sort de médicaments et de produits de santé pour lesquels les données probantes sont encore insuffisantes. Y a-t-il vraiment jamais des données probantes rigoureuses et concluantes sur l’innocuité, l’efficacité clinique et la rentabilité du médicament ou du produit de santé, disponibles avant qu’il soit prescrit ou utilisé ? Le patient pourrait-il être mieux mis à contribution pour cerner les données probantes manquantes sur des médicaments, notamment en signalant proactivement les réactions et les effets indésirables ? Nous n’avons rien à perdre vraiment et beaucoup à gagner de cet échange de connaissances entre les décideurs et les patients. Les premiers en retireraient des données probantes exclusives, les derniers auraient la satisfaction de participer activement à leur propre traitement et d’en savoir davantage sur l’utilisation optimale et sûre des médicaments ou des produits de santé. Cet échange de connaissances et cette source de données probantes sont à la base du concept de la « science citoyenne ». Le bien-fondé du concept est étayé par des données probantes, et le concept accorde une place importante au patient dans l’échange de connaissances, la prise de décision et la réforme des soins de santé. Si les patients ou les consommateurs participent au processus, ils participent également à la solution !
  • [Séance 8, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h, Katharina Kovacs Burns]

La base de données Rx for Change sur les interventions

  • Introduction : L’exposé présente le fichier d’interventions Rx for Change, développé par le Service canadien de prescription et d’utilisation optimales des médicaments à l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé. Première base de données de ce genre, le fichier d’interventions consultable renferme des données probantes, issues de la recherche, sur l’efficacité de stratégies et de programmes d’amélioration de la prescription et de l’utilisation des médicaments. Cet outil Internet est d’intérêt particulier pour les décideurs et les intervenants désireux de modifier le comportement de prescription et d’utilisation des médicaments des professionnels de la santé de premier recours.
  • Méthode : Les études méthodiques de stratégies professionnelles, financières, structurales ou organisationnelles sont regroupées en vertu du système de classification des interventions du Groupe Cochrane sur les pratiques efficaces et l’organisation des soins (connu sous le sigle anglais EPOC). Les études méthodiques qui ont trait aux consommateurs sont classées selon un système unique conçu par le Groupe Cochrane Consommateurs et communication.
  • Résultats : La base de données offre l’accès à des stratégies et des programmes d’amélioration de la prescription et de l’utilisation des médicaments dont l’efficacité est démontrée par des données probantes.
  • Conclusion : La base de données Rx for Change est une source d’information fiable, actuelle et fondée sur des données probantes, sur le comportement de prescription et d’utilisation des médicaments, destinée à appuyer la prise de décision des professionnels de la santé et des décideurs. Cette ressource a pour but de faciliter le choix d’interventions comportementales en vue de promouvoir l’utilisation optimale des médicaments.
  • [Séance 8, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h, Bill Leslie]

Séance 9, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h

Le programme de synthèse contextuelle de la recherche dans le domaine de la santé de Terre-Neuve-et-Labrador : une initiative de concertation novatrice en matière de synthèse d’ETS à l’intention des décideurs

  • L’objectif du programme de synthèse contextuelle de la recherche dans le domaine de la santé consiste à favoriser la prise de décision éclairée par des données probantes sur les technologies de la santé en offrant des synthèses rigoureuses d’évaluations de technologies de la santé (ETS) portant sur des sujets d’importance pour le système de santé de la province tout en présentant les résultats dans le contexte pertinent, à savoir les caractéristiques et les capacités du système de santé et de la population de l’endroit. La démarche commence par la détermination et la priorisation des sujets d’importance pour le système de santé en collaboration avec des décideurs clés dans le domaine de la santé. Pour les besoins de l’étude de chacun des sujets, une équipe de recherche est mise sur pied, formée d’un scientifique principal possédant de l’expertise sur la nouvelle technologie en question, d’un représentant haut placé du système de santé, de scientifiques experts locaux ou d’ailleurs, notamment un économiste de la santé, et d’experts en études méthodiques et en ETS. Le sujet à l’étude est énoncé sous forme de question de recherche se prêtant à une ETS. L’équipe répertorie les ETS récentes sur la question, synthétise les données probantes et replace les résultats dans le contexte approprié des besoins et des ressources de la province. Un examinateur externe valide le rapport qui est par la suite distribué aux décideurs du domaine de la santé sous une forme adaptée afin d’optimiser l’adoption des constatations. Les intervenants s’entendent déjà pour dire que ce programme de synthèse contextuelle novateur offre de l’information probante utile et utilisable aux décideurs du système de santé placés devant des choix technologiques difficiles. [Séance 9, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h, Stephen Bornstein, Janice Butler]
  • Evidence and Value: Impact on DEcisionMaking (EVIDEM) — un cadre de référence pratique de prise de décision dans le domaine de la santé par l’application de l’analyse décisionnelle multicritères
  • Objectif : Concevoir une méthode pratique et quantitative de structuration et de facilitation de la prise de décision dans le domaine de la santé.
  • Méthode : Conception d’un cadre de référence qui départage les éléments de la prise de décision selon trois aspects : 1) la qualité des données probantes disponibles ; 2) la valeur intrinsèque de l’interventions sanitaire ; 3) la valeur extrinsèque ou pour le système. Le cadre de référence a guidé l’élaboration d’outils pratiques d’évaluation des interventions sanitaires, en s’inspirant, de façon générale, du processus décisionnel actuel au coeur du remboursement des frais de médicaments et en effectuant une analyse documentaire exhaustive.
  • Résultats : Une grille d’évaluation de la qualité a été conçue pour quantifier la qualité des données probantes disponibles sur les interventions ; cinq éléments déterminant la qualité ont été regroupés en trois critères et 12 composants recoupant la gamme des données probantes nécessaires à la prise de décision. La cotation a été établie selon des normes internationales dans chacune des disciplines. Pour quantifier la valeur intrinsèque de l’intervention, nous avons élaboré un schéma d’analyse décisionnelle multicritères, comportant 15 éléments de valeur fondamentaux. La cotation tient compte du point de vue et des préférences pondérées des divers représentants du domaine de la santé. Un mécanisme d’application globale des schémas a été établi, et la mise à l’essai vient de commencer avec des intervenants du pays.
  • Conclusion : La méthode EVIDEM constitue un cadre de collaboration pratique facilitant l’évaluation de la qualité des données probantes, la détermination des besoins explicites en matière de données et la prise de décision en santé. [Séance 9, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h, Mireille Goetghebeur]

Application de la méthode GRADE dans la formulation de recommandations concernant les analogues de l’insuline dans la prise en charge du diabète

  • Introduction : L’exposé illustre la mise en œuvre par le Service canadien de prescription et d’utilisation optimales des médicaments, à l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé, de la méthode de classement GRADE dans la formulation de recommandations sur les analogues de l’insuline dans la prise en charge du diabète.
  • Méthode : Les paramètres cliniques d’importance dans la décision de prescrire dans le cadre du traitement du diabète ont été relevés et classés par un groupe d’experts. Un profil de gradation des données probantes selon le système GRADE a été établi pour chacune des comparaisons thérapeutiques et des groupes de patients. Le profil présente une estimation méta-analytique de l’ampleur de l’effet au regard des paramètres cliniques en question et, si les données sont disponibles, les résultats des analyses pharmacoéconomiques. La qualité et la validité, interne et externe, des données probantes ont été évaluées. Des recommandations ont été formulées, et la solidité de chacune a été déterminée.
  • Résultats : Les paramètres qui revêtent de l’importance dans la décision de prescrire sont au nombre de 32. L’estimation de l’ampleur de l’effet au regard de ces paramètres, dans chacune des comparaisons thérapeutiques, provient de l’examen de 94 méta-analyses. Les profils établis sont au nombre de 33, et ils ont donné lieu à 27 recommandations.
  • Conclusion : Des défis particuliers se sont posés dans l’application de cette méthode, notamment la prise en compte de données probantes issues d’études isolées et l’incorporation des données sur l’utilisation des ressources. La méthode de classification GRADE constitue une démarche systématique de recension, d’analyse et de présentation d’un grand volume de données probantes, et une méthode transparente de formulation de recommandations fondées sur des données probantes quant à la pharmacothérapie optimale.
  • [Séance 9, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h, Heather Bennett]

Séance 10, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h

Les recommandations du CCCEM : la rentabilité est-elle importante ?

  • Objectif : Le Comité consultatif canadien d’expertise sur les médicaments (CCCEM) a le mandat précis de prendre en considération notamment la rentabilité. Des motifs de recommandations sont passés en revue pour déterminer la façon dont le Comité a tenu compte de l’information sur la rentabilité.
  • Méthode : Les motifs des recommandations ont été relevés, du début du programme (septembre 2003) à octobre 2007. Les recommandations ont été classées en fonction des aspects suivants : mention de la rentabilité à la section des motifs, caractère attrayant du rapport coût-efficacité supplémentaire (RCES) et nature de la recommandation quant à l’inscription sur la liste des médicaments assurés. Le RCES est désigné comme étant attrayant d’après les observations directes à ce sujet à la section des motifs ou, de façon indirecte, par le caractère restrictif des critères d’utilisation recommandés.
  • Résultats : Sur les 78 recommandations répertoriées, la rentabilité est mentionnée dans 45 % des cas (N=34). Le RCES a été considéré comme attrayant pour 15 % des médicaments (N=5) ; le Comité a recommandé de les inscrire sur la liste des médicaments assurés. Les médicaments non attrayants du point de vue économique, que le Comité a recommandé d’inscrire sur la liste des médicaments assurés, ont un RCES variant de 50 000 $ à 80 0000 $ la QALY. Les médicaments non attrayants du point de vue économique, que le Comité a recommandé de ne pas inscrire sur la liste des médicaments assurés, ont un RCES variant de 18 000 $ à 189 0000 $ la QALY.
  • Conclusion : Souvent, la rentabilité n’est pas mentionnée dans la recommandation du CCCEM. Le seuil de rentabilité serait celui de 50 000 $ la QALY, alors que l’écart entre ce seuil et celui de 80 000 $ la QALY constitue une zone grise. Cela étant, de nombreux médicaments dont le RCES est en deçà de ces seuils ont fait l’objet d’une recommandation de non-inscription. En général, l’information économique a un poids restreint s’agissant d’éclairer les recommandations de financement public des médicaments au Canada.
  • [Séance 10, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h, Angela Rocchi]

Les initiatives de transparence du Programme commun d’évaluation des médicaments (PCEM)

  • Le Programme commun d’évaluation des médicaments (PCEM) de l’ACMTS examine l’efficacité clinique et la rentabilité des médicaments. Son Comité consultatif canadien d’expertise sur les médicaments (CCCEM) fait des recommandations aux divers régimes publics d'assurance-médicaments à propos de l'établissement de la liste des médicaments sur leurs formulaires. L’ACMTS publie un sommaire d’un ou deux pages sur chacune des recommandations du CCCEM ainsi que les motifs de la recommandation. Bien que ces sommaires permettent une certaine connaissance des principaux éléments pris en compte dans la recommandation, ils ne contiennent pas toute l’information étudiée par le CCCEM. À la demande des intervenants souhaitant plus de renseignements, l’ACMTS prend des mesures pour augmenter la transparence du PCEM en vue d’améliorer la compréhension des motifs des recommandations du PCEM.

Pour toute présentation de médicament à partir de la réunion du CCCEM en avril 2008, l’ACMTS publiera :

    • un survol de 20 à 25 pages des rapports cliniques et pharmacoéconomiques du PCEM
    • · un sommaire des délibérations du CCCEM concernant le médicament
    • une version en langage clair de la recommandation finale et de ses motifs.
  • À ce jour, il y a eu une transparence limitée dans l’examen des médicaments en vue de leur homologation et remboursement au Canada. Une plus grande transparence, qui nécessitera la collaboration des chercheurs, des fabricants et des gouvernements, devrait susciter la confiance dans ce processus de prise de décision.
  • [Séance 10, le 28 avril, 15 h 30 - 17 h , Braden Manns]

Études de cas du Programme commun d’évaluation des médicaments qui bousculent la réputation de l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé

  • L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé a fait sienne le principe du choix des technologies de la santé fondé sur des données probantes. Elle a mis sur pied trois programmes qui veillent à l’application de ce principe: le programme d’évaluation technologique (ETS), le programme commun d’évaluation des médicaments (PCEM) et le service canadien de prescription et d’utilisation optimales des médicaments (SCPUOM). Dans le cadre du PCEM, les observations des examinateurs et les présentations de fabricants sont évaluées par le Comité consultatif canadien d’expertise sur les médicaments (CCCEM). Le présent exposé porte sur quatre rapports récents du CCCEM, publiés dans la période d’octobre à décembre 2007 et disponibles dans Internet, examinés à la lumière de recommandations passées. Dans chaque cas, le contexte, l’analyse de l’efficacité clinique, l’analyse de coût, la recommandation et les motifs du réexamen sont présentés. Les problèmes cernés sont énumérés à la fin de chaque cas. Enfin, l’exposé se termine par des recommandations. Ces quatre cas illustrent à quel point la crédibilité de l’évaluation perd du terrain quand la transparence, la participation des intervenants et la cohérence ne sont pas au rendez-vous. [Séance 10, le 28 avril, 15 h 30 – 17 h David Rumel]

Séance 11, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h

Des données probantes à la modification de comportement, en passant par les politiques et la mise en application

  • Cette présentation de spécialistes donnera les grandes lignes d’un modèle de produits et services élaboré par une agence pancanadienne et utilisé par des décideurs provinciaux et des éducateurs pour encourager la prescription fondée sur des données probantes. L’objectif est d’entamer la discussion sur l’élaboration d’autres modèles. Le Service canadien de prescription et d’utilisation optimales des médicaments (SCPUOM) de l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) a élaboré des messages clés fondés sur des données probantes sur l’utilisation des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) en effectuant une analyse approfondie des lignes directrices, des études systématiques et des publications primaires. Le SCPUOM a travaillé avec la Canadian Academic Detailing Collaboration pour créer des moyens d’intervention faisant valoir la prescription optimale des IPP. Le Programme des agents de liaison de l’ACMTS et le SCPUOM ont fait valoir et appuyé l’adoption des messages clés et des outils sur les IPP. Les données probantes sur les IPP ont abouti à des changements des politiques en Nouvelle-Écosse. La Drug Evaluation Alliance de la Nouvelle-Écosse, qui finance et coordonne les activités concernant les meilleures pratiques pour le programme Pharmacare de la Nouvelle-Écosse, travaille en collaboration avec le programme des agents de liaison de l’ACMTS, le SCPUOM et l’Academic Detailing Service de la Nouvelle-Écosse. Ensemble, ces organismes élaborent et mettent en application plusieurs interventions éducatives, y compris la formation continue en pharmacothérapie et l’éducation des pharmaciens et du personnel infirmier, pour encourager une prescription et une utilisation des IPP qui reflètent les récents changements des politiques. Les experts résumeront leur rôle au sein de cette collaboration et l’animateur dirigera la discussion sur les leçons apprises et les possibilités de mettre les nouvelles connaissances en pratique dans d’autres situations et régions. [Séance 11, le 28 avril, 10 h 30 – 12 h, Denis Bélanger, Michael Allen, Lisa Farrell, Dawn Frail, Bill Leslie et Sandra Rees]

Séance 12, le 28 avril, 10 h 30 – 12 h (Certaines présentations se feront en langue française. L’interprétation simultanée sera proposée.)

Le modèle d’organisation de l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé du Centre hospitalier universitaire de Québec : une approche novatrice à la prise de décision partagée et fondée sur les données probantes

  • Afin de promouvoir l’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé, en conformité avec les orientations stratégiques du CHUQ et en lien avec les missions des hôpitaux universitaires, le CHUQ a décidé en 2006 de créer une Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS). Afin d’aider les gestionnaires, les cliniciens et les professionnels dans leur prise de décision concernant l’introduction d’une nouvelle technologie ou pratique clinique, l’UETMIS du CHUQ applique une démarche d’évaluation structurée qui favorise l’implication soutenue des principales personnes concernées et ce, à chacune des étapes du processus. Notre objectif est de présenter la démarche retenue au CHUQ pour la prise de décision partagée en UETMIS entre les gestionnaires et les cliniciens à l’aide d’un exemple concret portant sur l’administration des substances de contraste en Imagerie médicale. Dans un contexte d’opinions partagés quant aux risques liés la pratique actuelle et aux modifications à y apporter, l’échange d’informations issues des donnes probantes a rallié les équipes cliniques quant à la meilleure décision à prendre pour la sécurité des patients. De plus, ces informations ont été intégrées dans la nouvelle politique concernant l’utilisation du matériel médical à usage unique émise par la direction générale. [Séance 12, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Chantale Simard, Marc Rhainds]

Révision du programme local d’évaluation des technologies de la santé par les services cliniques de la régie régionale des services de santé de Calgary

  • Dans les régions, ils sont nombreux les décideurs qui ne disposent pas d’un mécanisme uniforme et transparent qui encadre la collecte, l’analyse et la synthèse des données cliniques, administratives et financières se rapportant à l’adoption locale d’une nouvelle technologie de la santé. Pour combler cette lacune, nous avons d’abord conçu un programme local d’évaluation des technologies de la santé (ETS) en collaboration avec le service de chirurgie de la régie régionale des services de santé de Calgary. Le projet subséquent, celui de revoir et de mettre à l’essai le programme local d’ETS, fait appel à d’autres services de la régie régionale. En voici les paramètres : 1) participation de 10 services à la mise à l’essai et à la rétroaction ; 2) révision du programme local d’ETS dans le but de créer deux grandes voies d’évaluation des nouvelles technologies : la voie rapide réservée aux demandes d’évaluation de changements de pratique mineurs et la voie approfondie destinée aux demandes d’évaluation de l’impact de la technologie sur les résultats cliniques, les ressources ou les aspects financiers ; 3) relevé des sujets que le programme local d’ETS n’a pu aborder de façon approprié, telle la définition précise du changement de pratique « mineur » par rapport au changement de pratique « important », la détermination du mode de traitement de la demande pressante, de la demande pour des raisons humanitaires et de la demande unique ; le mécanisme de remplacement de la technologie vieillissante. Pour les administrateurs locaux, le programme révisé constitue un outil essentiel qui facilite l’évaluation des technologies.
  • [Séance 12, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Paule Poulin]

Mise en place d’une unité d’évaluation de technologie par la démonstration

  • L’Institut de cardiologie de Montréal a entrepris l’implantation d’une unité d’évaluation des technologies afin de répondre à sa mission universitaire. Nous avons adopté une démarche progressive du bas vers le haut, émanant du génie biomédical, afin de sensibiliser l’équipe de direction à cette nouvelle culture, présentée non pas comme un mécanisme de contrôle mais plutôt comme un mécanisme de support à la prise de décision et de soutien à l’innovation. Suite à un accord de principe avec la direction, nous avons débuté en effectuant des analyses ciblées en équipements médicaux. Nous avons constaté l’importance et la difficulté de produire une collecte rigoureuse de donnes probantes. D’une part, les technologies à évaluer sont récentes et, d’autre part, elles ont un impact moins significatif sur la pratique médicale que les innovations du passé. Nous avons constaté que nous sommes à la frontière entre la recherche clinique et la pratique médicale courante et que nos organisations défraient potentiellement des coûts attribuables des activités de recherche. L’évaluation des technologies nous apparaît donc tout autant stratégique que scientifique. Nous sommes conscients que notre unité d’évaluation des technologies doit être améliorée notamment notre méthodologie. Mais, bien qu’elle soit encore à l’état embryonnaire, elle a déjà permis d’influencer la prise de décision de la direction.
  • [Séance 12, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Yves Amyot, Sophie LeBail]

Séance 13, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h

Une question d’équilibre : l’ETS contre l’innovation

  • La diffusion des technologies de la santé est pour beaucoup modulée par les spécialistes du marketing, pour qui l’évaluation des technologies de la santé (ETS) s’assimile à un mouvement de contention de la dissémination de technologies inefficaces. Les décisions ayant trait à l’adoption et à l’utilisation des technologies médicales revêtent une importance cruciale dans l’optique de préserver la qualité, l’abordabilité et la durabilité du système de santé. À l’opposé du courant de l’ETS, l’innovation passe par la mise en œuvre de technologies qui n’ont pas encore fait leurs preuves. Même si la question de la « durabilité » est souvent le prétexte au contrôle des coûts et, par là, à la limitation de la diffusion de technologies non éprouvées, il convient néanmoins de maintenir la viabilité de la voie des percées technologies.
  • Nous n’en savons pas beaucoup sur la nature des lignes directrices et des pratiques qui favoriseraient l’équilibre optimal des forces contraires de la restriction et de l’innovation dans la diffusion des technologies de la santé dans le cadre d’un système de santé public. L’exposé examinera diverses stratégies mises en œuvre dans des contextes différents (p. ex., fédéral, provincial ou régional) dans l’espoir de trouver le juste milieu entre l’influence freinante de l’ETS classique et l’élan d’expansion du développement technologique. L’exposé abordera également le thème sous-jacent de la nécessité pour les milieux de l’ETS, même si cette démarche évaluative est essentielle pour savoir choisir au mieux entre des options, de stimuler les systèmes qui proposent ces options.
  • [Séance 13 le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Janet Joy, Melanie Leung]

Rapprocher la génomique et la thérapeutique – le paradigme théranostique

  • Malgré les énormes efforts déployés et les milliards de dollars investis dans le développement de traitements anticancéreux, les bienfaits de ces traitements sont réservés à un petit nombre de patients atteints de cancer. Malheureusement, les méthodes actuelles ne permettent pas de cerner avec fiabilité les groupes de patients qui se prêteraient le mieux à ces traitements. La sélection des candidats potentiels à des modalités thérapeutiques particulières repose pour beaucoup sur des critères approximatifs. Ainsi, un grand nombre de femmes souffrant du cancer du sein au stade I de faible risque sont soumises inutilement à la chimiothérapie ou à la radiothérapie, qui ne seront bénéfiques que pour quelques-unes d’entre elles. L’impact global des traitements inutiles dans le cancer du sein seulement se chiffrera à 30 milliards de dollars dans 10 ans. Si nous voulons améliorer la prise en charge du cancer, nous devons concevoir un système de classification de portée prévisionnelle, précis sur les plans biologique et clinique. Dans les cinq grands cancers en importance (le cancer du poumon, le cancer du sein, le cancer colorectal, le cancer de la prostate et le lymphome), la nécessité d’un mode de sélection, rationnel et personnalisé, des candidats au traitement, selon le principe de la théranostique, se fait pressante, non seulement au vu de l’impact économique, mais également parce que les résultats pourraient être bien mieux. Des exemples illustrant ce nouveau paradigme seront présentés. [Séance 13, le 29 avril, 15 h 30 – 17 h Diponkar Banerjee]
  • L’Observateur des médicaments émergents : nouveauté du Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits (SNIUMP)
  • L’Observateur des médicaments émergents, produit par le Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits (SNIUMP), est une publication novatrice axée essentiellement sur les médicaments en développement. Le bulletin d’information synthétise des données provenant de plusieurs sources, dont la base de données BioPharm Insight, des prévisions de l’industrie pharmaceutique, des publications gouvernementales et des articles scientifiques. La publication se veut une source d’information utile aux responsables de politiques des administrations publiques dans la prise de décision sur les dépenses en médicaments. Le numéro inaugural de l’Observateur (été 2007) a suscité l’intérêt général en tant que nouvelle source d’information sur les pharmacothérapies émergentes susceptibles d’influer sur la prise en charge de maladies et sur les dépenses publiques au chapitre des médicaments dans trois à cinq ans. Le deuxième numéro, prévu au printemps 2008, a une portée plus vaste en ce qu’il fait le point sur la liste des médicaments assurés et met l’accent sur une classe précise de médicaments émergents destinés au traitement d’une maladie répandue comme le cancer. L’Observateur proposera bientôt un outil Internet qui permettra aux lecteurs d’obtenir l’information la plus actuelle et de télécharger certains fichiers. L’exposé présente une vue d’ensemble de la publication et un aperçu du contenu du deuxième numéro qui paraîtra au printemps. Au fil de son évolution, l’Observateur saura remplir sa mission d’offrir de l’information pertinente et utile aux décideurs et aux responsables de politiques de tous les échelons du gouvernement.
  • [Séance 13, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Rebecca Szilagyi]

Séance 14, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h

Quand les données probantes ne suffisent pas : la participation du public à l’établissement des priorités d’une initiative de gestion des délais d’attente dans un souci de légitimité et d’équité

  • Les analyses scientifiques ne peuvent pas toujours être le seul moyen d’établir les priorités. L’établissement des priorités n’est pas qu’un exercice technique, c’est également une échelle de valeurs. Le public représente les valeurs sociétales, et il sait très bien cerner et départager les valeurs subjectives inhérentes au processus d’établissement des priorités. Le but du projet de recherche consiste à déterminer le mode de participation du public à l’établissement des priorités dans le cadre d’une stratégie de gestion des délais d’attente. Nous décrivons et évaluons le mode d’établissement des priorités de la stratégie de gestion des temps d’attente de l’Ontario (SGTA), dont le point de vue de la SGTA sur les raisons, les façons et les moments où le public peut participer. Deux études ont été menées : 1) une étude de cas qualitative aux fins de description et d’évaluation de l’établissement des priorités dans la SGTA ; l’évaluation repose sur un cadre conceptuel directeur d’établissement équitable des priorités ; 2) des entrevues téléphoniques avec des Ontariens pour connaître leur opinion sur la participation du public à l’établissement des priorités dans la SGTA. Les entrevues avec des fonctionnaires de la SGTA ont révélé que le public ne participe pas tant que ça à l’établissement des priorités. Les intervenants eux sont d’avis qu’il y a beaucoup de possibilités de participation du public à ce processus. Enfin, les citoyens proposent de soutenir la participation du public à la SGTA. Le public pourrait participer à : 1) la prise de décision ; 2) l’extension sélective des services ; 3) la rétroaction et aux recours. La participation accrue du public à la SGTA aura pour effet de rehausser la légitimité et l’équité de la stratégie tout en favorisant sa viabilité.
  • [Séance 14, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Rebecca Bruni]

Évaluer l’efficacité de l’établissement des priorités

  • À l’heure actuelle, les décideurs disposent de peu ou pas d’information ou de lignes directrices sur le processus d’établissement des priorités ; le projet de recherche a pour objectif de combler cette lacune.
  • But : Répondre à la question suivante : Comment évaluer l’efficacité de l’établissement des priorités ? D’abord, définir l’efficacité du point de vue des intervenants, puis concevoir et mettre à l’épreuve une méthode d’évaluation.
  • Méthode :
  • (1) Trois méthodes qualitatives : des entrevues avec des décideurs canadiens ; des groupes de discussion comptant des patients, des dispensateurs de soins et des décideurs de tout le pays ; une analyse Delphi faisant appel à des scientifiques et des décideurs de la scène internationale.
  • (2) Étude pilote de mise à l’épreuve de la méthode d’évaluation
  • Résultats : En premier lieu, nous rendons compte de l’opinion des intervenants sur l’établissement de priorités efficace par un cadre de référence conceptuel comportant 10 éléments. Ensuite, nous décrivons la conception et la mise à l’épreuve de la méthode d’évaluation. Les décideurs peuvent recourir au cadre de référence et à la méthode pour évaluer les activités d’établissement des priorités (budgétisation, planification stratégique) en cernant les aspects efficaces et les possibilités d’amélioration.
  • Conclusion : Le cadre de référence conceptuel et la méthode d’évaluation peuvent guider les décideurs dans l’établissement des priorités. Les deux outils précisent les buts pratiques et substantifs de l’établissement des priorités et en exposent les dimensions quantitatives et qualitatives. Pour autant que nous sachions, ce cadre de référence est le premier à baliser un mécanisme d’établissement des priorités efficace. En évaluant l’efficacité de l’établissement des priorités, nous préparons le terrain à l’amélioration.
  • [Séance 14, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Shannon Sibbald]

Les données probantes pour éclairer les décisions d’affectation des ressources : études empiriques des instances sanitaires de la Colombie-Britannique

  • L’exposé décrira plusieurs projets de même nature qui, ensemble, font avancer la recherche générale sur l’établissement des priorités en santé éclairé par des données probantes. Les constatations sont tirées de notre expérience de collaboration avec les instances sanitaires de la Colombie-Britannique, qui remonte à 2004, dans une vaste gamme de services de santé, et d’une analyse documentaire exhaustive de la documentation publiée et de la littérature grise sur la participation du public à l’établissement des priorités.
  • Par des ateliers, des groupes de discussion, des entrevues qualitatives et des interventions avec des décideurs des six régies régionales de services de santé de la province, nous avons cerné les points de vue sur les données probantes : la façon dont elles ont été utilisées par le passé, le sont à l’heure actuelle, ou pourraient l’être afin d’améliorer l’établissement des priorités et l’affectation des ressources. Nous avons examiné les obstacles et les facteurs favorisant dans l’utilisation des données probantes par les dirigeants du secteur de la santé, particulièrement en ce qui a trait à l’abandon de services ou de technologies. Nous nous penchons sur la question des moyens de prendre en compte l’opinion et les valeurs du public par d’autres formes de données probantes et sources d’information. Nous décrivons et évaluons des interventions (critères et processus structurés) destinées à améliorer l’établissement des priorités (dans le cadre de la gestion globale de systèmes de santé) dans l’affectation des ressources.
  • Cette étude relève de l’ETS dans sa définition large, en ce qu’elle porte à la fois sur des produits matériels et des structures organisationnelle et de services, comme le préconise l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) ; c’est pourquoi, nous estimons qu’elle a sa place au symposium.
  • [Séance 14, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Neale Smith]

Séance 15, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h

Application de la dose quotidienne définie par l’Organisation mondiale de la santé dans les analyses de coût et d’utilisation des médicaments

  • Contexte : La recherche axée sur l’utilisation des médicaments est essentielle pour éclairer et soutenir les décisions de fond dans l’objectif d’améliorer l’utilisation des produits pharmaceutiques en maintenant l’abordabilité et la durabilité du système de santé du Canada. La dose quotidienne définie (DQD) de l’Organisation mondiale de la santé constitue un point de repère établi dans la quantification de l’utilisation des médicaments.
  • Objectif : Faire connaître l’utilité du principe de la DQD dans l’analyse pragmatique du coût et de l’utilisation des médicaments à partir de l’information des bases de données administratives des demandes de remboursement de frais de médicaments. En outre, l’étude propose une méthode novatrice, et fait mieux connaître une autre mesure de la quantité, connue mais sous-utilisée, la provision quotidienne indiquée.
  • Pertinence des résultats : Les constatations de l’étude revêtent de l’intérêt pour les responsables de politiques et les dirigeants dans le domaine de la santé qui ont recours au concept de la DQD pour analyser les coûts et les schémas d’utilisation des médicaments.
  • Conclusion : L’analyse de coût en fonction de la DQD n’est pertinente que dans des cas particuliers qui, comme le démontre l’étude, ne se produisent pas vraiment en situation réelle. L’examen des données concernant plusieurs grandes classes thérapeutiques fait ressortir que la provision quotidienne, telle qu’elle est consignée par les régimes d’assurance médicaments au Canada, constitue une mesure directe fiable de l’utilisation réelle des médicaments.
  • [Séance 15, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Elena Lungu]

Méthodes d’individualisation des bienfaits et des méfaits intégrés de la warfarine

  • Contexte : Les évaluations actuelles des bienfaits et des méfaits d’un médicament sont effectuées indépendamment les unes des autres. Si on associait l’évaluation des bienfaits et celle des méfaits, la prise de décision pourrait être plus simple, surtout pour les médicaments pour lesquels les deux sont importants sur le plan clinique.
  • Objectif : Cerner les indicateurs des quatre groupes présentant des bienfaits et des méfaits intégrés liés à la warfarine : i) pas d’accident vasculaire cérébral (AVC)/pas de saignement ii) pas d’AVC/saignement iii) AVC/saignement, iv) pas d’AVC/pas de saignement.
  • Méthode : Nous avons analysé comme cohortes selon le mode d’installation, les données des patients de la base de données de l’essai contrôlé randomisé (ECR) du groupe Atrial Fibrillation Investigators (n = 9 155) et d’une base de données observationnelles de patients ayant présenté une fibrillation auriculaire gérée par Kaiser Permanente Colorado (n = 5 475). Nous avons classé les patients dans un des quatre groupes et avons utilisé un modèle de régression logistique multinominal (RLM) pour cerner les facteurs prédictifs de chaque groupe (alpha = 0,05).
  • Résultats : Selon le modèle de RLM, le vieillissement et l’usage de la warfarine étaient des facteurs prédictifs dans les quatre groupes. En outre, l’analyse a cerné des indicateurs d’AVC/pas de saignement et des indicateurs de pas d’AVC/saignement qui n’étaient pas compris séparément dans les modèles de classement des risques d’AVC (CHADS2) et de saignement (HEMORR2HAGES). La probabilité pour chaque patient de chacun des groupes bienfaits/méfaits, d’après les données de chacun, peut être calculée à partir des coefficients prédictifs.
  • Conclusion : L’analyse des données de chaque patient au moyen du modèle de RLM est un progrès utile pour la prise de décisions individualisées et fondées sur des données probantes. Elle devra être perfectionnée et validée pour l’usage clinique, mais pourrait devenir très précieuse pour prédire la réponse au traitement des nouveaux patients

[Séance 15, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Jennifer Pereira]

Revoir le seuil de 50 000 $ la QALY : rétrospective sur la théorie de Klarman avec un regard dirigé vers l’avenir

  • Voilà 40 ans (1968), Herbert Klarman et ses collègues publiaient dans Medical Care leur analyse établissant que la dialyse rénale à un rapport coût efficacité supplémentaire (RCES) de 50 000 $ la QALY était rentable. Cette constatation est devenue le fondement de la décision du programme américain Medicare d’offrir la couverture universelle du traitement de la maladie rénale terminale et, par la suite, la norme de comparaison de toutes les nouvelles technologies de la santé. Cette norme demeure inchangée, même après des années d’inflation et de changements structurels du système de santé.
  • L’exposé réexamine l’analyse de Klarman pour illustrer que sa pondération par la qualité des années de vie ne s’oriente pas dans la bonne direction — produisant des équivalents d’année de vie malade plutôt que d’année de vie en santé ; c’est ainsi qu’il a complètement sous-estimé le rapport coût-efficacité de la dialyse rénale. Il s’ensuit que le seuil de 50 000 $ la QALY est trop bas si l’intention était de comparer les nouvelles technologies par rapport au RCES de la dialyse rénale. Le contexte actuel exige de revoir les normes afin de tenir compte des changements provoqués par l’inflation et de permettre d’ajuster le seuil en fonction de facteurs atténuants. L’exposé rappelle des décisions récentes du Comité consultatif canadien d’expertise sur les médicaments (CCCEM) et du Comité ontarien d’évaluation des médicaments (CED/DQTC) pour démontrer la pertinence de nouveaux seuils modulables, ajustés en fonction d’au moins trois facteurs : l’impact budgétaire, l’âge de la classe thérapeutique et le caractère curatif du médicament. [Séance 15, le 29 avril, 10 h 30 – 12 h, Eric Nauenberg]

PRÉSENTATIONS PAR AFFICHE : [le 27 avril, 17 h – 19 h]

Adapter l’évaluation des technologies de la santé au contexte

Craig Larsen, Kirsten Gartenburg, Hussein Noorani, Nancy Robertson

  • La prise en compte du contexte est essentielle si l’on veut que les données probantes éclairent de façon pertinente les décisions de fond et les décisions pragmatiques. La communication affichée présente les grandes théories sur l’adaptation du processus de production de données probantes au contexte du système de santé. Les participants sauront de quelle façon s’y prend l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) pour tenir compte du contexte dans son processus d’évaluation technologique. La communication décrit des exemples réels de prise en compte du contexte pour prioriser et peaufiner les sujets d’évaluation technologique afin de mieux répondre aux besoins en information des décideurs et soutenir la planification de la transmission des connaissances.

Analyse coût-efficacité du dépistage de l’hépatite C chez les immigrants au Canada

Wendong Chen

  • Objectif : Évaluer le coût et les avantages du dépistage de l’hépatite C chez les immigrants, étant donné que 20 % des cas d’hépatite C se retrouvent dans la population d’immigrants.
  • Méthode : C’est dans le cadre d’une modélisation analytique décisionnelle que le dépistage de l’hépatite C chez les immigrants a été évalué. Les caractéristiques épidémiologiques de l’infection chez les immigrants, l’efficacité clinique du traitement antiviral courant (interféron pégylé et ribavirine) et les taux de probabilité de transition entre les divers stades de la maladie ont été puisés dans la documentation publiée. L’incidence de l’hépatite C chez les immigrants a été estimée en fonction des données sur la surveillance de l’infection de l’étude Pediatric HIV/AIDS Cohort Study (PHACSS). Les coûts du test de dépistage, du traitement antiviral et des soins de santé ont été estimés d’après des études économiques publiées. L’analyse coût-efficacité a été stratifiée également selon des lieux de provenance dans le monde.
  • Résultats : Le dépistage de l’hépatite C dans la population d’immigrants se traduit par une augmentation des années de vie (0,0013) et de coût (40,60 $) par rapport à l’absence de dépistage (30 552 $ l’année de vie supplémentaire). Le dépistage chez les immigrants natifs d’Asie du Sud produit le plus d’années de vie (0,0108) au coût le moindre (- 50,60 $). Le dépistage de l’infection chez les immigrants natifs d’Afrique coûte 8 635 $ pour obtenir une année de vie supplémentaire. Le dépistage de l’hépatite C n’est pas avantageux selon toute apparence chez les immigrants provenant d’ailleurs.
  • Conclusion : Les résultats préliminaires indiquent que le dépistage de l’hépatite chez les immigrants provenant d’Asie du Sud et d’Afrique pourrait être rentable.

La collaboration en action : le SCPUOM et le CADC

Michael Allen, Tupper Bean, Shawn Bugden, Debbie Bunka, Anne Nguyen, Lorne Regier, Richard Morrow, Sandra Rees

  • Le groupe canadien de collaboration en matière de formation continue en pharmacothérapie (CADC pour Canadian Academic Detailing Collaboration) rassemble des représentants de programmes de formation continue en pharmacothérapie du pays (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Nouvelle-Écosse). Depuis longtemps, le groupe a unit ses efforts à ceux du Service canadien de prescription et d’utilisation optimales des médicaments (SCPUOM) afin de promouvoir la formation continue en pharmacothérapie et la diffusion de messages fondés sur des données probantes. Dans l’une de leurs dernières initiatives communes, le CADC et le SCPUOM ont formulé et diffusé des recommandations fondées sur des données probantes à propos de la prescription optimale des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP).
  • Le SCPUOM a produit des synthèses fondées sur des données probantes sur les IPP à la suite d’une analyse documentaire exhaustive de lignes directrices, d’études méthodiques et d’études primaires. Les membres du CADC, de concert avec ceux du SCPUOM, ont créé des messages éducatifs clés et des outils de transmission des connaissances, dont des études de cas interactives, un bulletin d’information, un aide-mémoire de prescription afin de promouvoir des modifications du style de vie, un tableau de comparaison des coûts, un document de mise à niveau des compétences, une vue d’ensemble des données probantes en la matière, un cadre d’évaluation et une analyse de la pratique actuelle. L’initiative s’est poursuivie par l’harmonisation des programmes des membres du CADC qui proposent désormais les mêmes messages éducatifs fondés sur des données probantes à propos de la prescription des IPP par les médecins communautaires partout au pays. Le partenariat entre le SCPUOM et le CADC est un modèle de collaboration et de concertation pancanadiennes en vue de promouvoir la prescription optimale des médicaments.

Comparaison des différentes stratégies d’imagerie pour le diagnostic et l’évaluation de la dissection aiguë de l’aorte thoracique : étude méthodique et méta-analyse

Nicola Pace

  • Objectif : L’évaluation de la stratégie d’imagerie la plus efficace pour le diagnostic et l’évaluation de la dissection aiguë de l’aorte thoracique.
  • Matériels et méthodes : On a entrepris une étude méthodique de la documentation publiée en vue de repérer des travaux comparant la sensibilité et la spécificité de l’échocardiographie transoesophagienne (ETO), la tomodensitométrie et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) dans le diagnostic et l’analyse de la dissection de l’aorte. Les données extraites ont été traitées selon un modèle linéaire mixte, la sensibilité commune prévue et la spécificité de chaque technique. Par la suite, on a mis au point un modèle arborescent décisionnel pour pouvoir prévoir le taux de survie global à 30 jours grâce à la mise en application de chacune des stratégies diagnostiques. On a comparé des techniques différentes, des types de dissection, des résultats d’épreuve et des probabilités préliminaires.
  • Résultats : La méta-analyse a compris 21 études. Il n’y a pas eu de différence significative entre les différentes techniques au niveau de la sensibilité et de la spécificité (p<0,05). Pour une faible probabilité préliminaire, l’usage d’un seul tomodensitogramme donne les meilleurs taux de survie, tandis que pour une forte probabilité préliminaire, la meilleure stratégie est de faire un tomodensitogramme suivi d’une ETO.
  • Conclusions : Avec des intervalles de confiance dans les 95 %, la tomodensitométrie, l’ETO et l’IRM ne soulèvent pas de différences significatives en termes de sensibilité ou de spécificité. La stratégie diagnostique à suivre dépend de la probabilité préliminaire.

Conception et mise en œuvre d’une plateforme de veille économique pour favoriser la pharmacovigilance

Alison Supina, Donatus Mutasingwa, Joseph Amuah

  • L’évaluation des sources de données administratives sur les médicaments est un volet essentiel de la gestion des programmes, et elle a des applications importantes dans la surveillance de la santé. Dans un système optimal, les applications mettent cette information à la disposition d’une vaste gamme d’utilisateurs et offrent la possibilité d’analyses ponctuelles et un mécanisme de compte rendu automatisé. Dans cette optique, le groupe de la santé des Premières nations et des Inuits de la région de l’Alberta a conçu et mis en œuvre une plateforme de veille économique. Le développement, la mise en œuvre et la maintenance du système sont l’affaire d’une équipe multidisciplinaire formée d’épidémiologistes, de statisticiens et de spécialistes de la technologie de l’information. La plateforme nécessite également des applications informatisées qui permettent d’intégrer, de gérer et d’analyser de l’information complexe sur la santé. Les disciplines analytiques, technologiques et de gestion sont unies dans un mode de fonctionnement reposant sur l’évaluation des données itérative et une démarche analytique, ce qui facilite l’optimisation de l’uniformité, de la précision et de la souplesse du système de pharmacovigilance du groupe des Premières nations et des Inuit. Pendant la conception de la plateforme, le groupe a pris soin de tenir compte de la législation et des lignes directrices relatives à la protection de la vie privée, et des ententes entre les communautés des Premières nations et des Inuits et les organismes du gouvernement fédéral sur la propriété intellectuelle et le contrôle des données. La diffusion de l’information passe par des systèmes de compte rendu automatisés; les utilisateurs des applications de première ligne bénéficient d’une formation structurée à cet égard. En outre, tous les utilisateurs doivent avoir accès en temps opportun au soutien approprié en matière de technologie de l’information et de savoir-faire analytique. Le groupe de la santé des Premières nations et des Inuits étudie la possibilité d’étendre ce système à d’autres sources d’information sur la santé.

Conception et validation d’un sondage destiné à mesure la perception du public des interactions entre les médecins et l’industrie pharmaceutique

Janine Arkinson

  • Contexte : Les rapports entre les médecins et l’industrie pharmaceutique ont soulevé des préoccupations à propos des conflits d’intérêts. Des organismes de réglementation et des ordres de médecins ont adopté un code de conduite délimitant la nature des rapports acceptables entre les médecins et l’industrie. Nous avons examiné les points de vue du public sur les interactions entre les médecins et l’industrie pharmaceutique, et constaté l’absence de documentation sur le sujet.
  • Objectif : Concevoir un sondage afin d’obtenir l’opinion du public canadien sur les interactions potentielles entre les médecins et l’industrie pharmaceutique.
  • Méthode : Par une analyse de la documentation pertinente sur les méthodes d’enquête, nous avons déterminé la méthode appropriée pour les besoins du sondage. En tenant compte de la documentation et des lignes directrices réglementaires, nous avons formulé un questionnaire que nous avons soumis à une évaluation psychométrique et avons étayé par une entrevue cognitive.
  • Résultats : L’étude a pris la forme d’un sondage téléphonique à partir d’un questionnaire composé de 15 questions situationnelles. Les mises en situation incorporent des facteurs prévisionnels de l’opinion. La vérification de la validité et de la fiabilité a été diverse et rigoureuse afin de garantir la légitimité de la conclusion. En outre, des entrevues cognitives ont été menées pour cerner les facteurs déterminant l’acceptabilité publique des interactions.
  • Conclusion : La conception du sondage s’appuie sur des mécanismes de vérification de la validité et de la fiabilité du questionnaire. Bien que la question des rapports entre les médecins et l’industrie pharmaceutique soit complexe, l’évaluation initiale confirme l’utilité du sondage dans la mesure de l’acceptabilité publique des interactions entre ces deux groupes.

La conférence de consensus

Rhonda Lothammer

  • L’Institut d’économie de la santé de l’Alberta a eu recours avec succès à la conférence de consensus; il a appliqué cette formule à l’examen des dernières données scientifiques dans divers domaines d’intérêt. Le programme de la conférence de consensus de l’Institut est structuré selon le modèle du programme d’établissement de consensus des National Institutes of Health aux États-Unis. La conférence de consensus a pour but de synthétiser l’information scientifique sur un sujet et d’en arriver à un exposé de position consensuel destiné à faire connaître tous les aspects du sujet en question afin d’éclairer au mieux la prise de décision politique. Un groupe d’experts ayant une connaissance approfondie du sujet rédige l’exposé. Le groupe d’experts et les participants de la conférence assistent à des exposés présentés par des scientifiques jouissant d’une renommée mondiale dans le domaine à l’étude. Le groupe d’experts synthétise l’information présentée sous forme de réponses claires et précises à un ensemble de questions formulées au préalable. En théorie, les réponses s’assimilent à des lignes directrices en proposant des options stratégiques précises dans le domaine examiné. Grâce à sa structure rigoureuse, la conférence de consensus aboutit à la production d’une trousse succincte de transmission des connaissances utilisable par les décideurs et d’autres intervenants pour susciter des changements de certains aspects problématiques du sujet étudié.

La considération des aspects pharmacoéconomiques et sociétaux dans l’évaluation des médicaments par le Conseil du médicament du Québec : l’exemple des médicaments anticancéreux

Dan Cooper, Lucie Robitaille

  • Introduction: L’efficacité des nouveaux médicaments anticancéreux est généralement caractérisée par des bénéfices cliniques parfois modestes, parfois importants, associés à un coût souvent très élevé. Dans un contexte de ressources limitées, l’efficience de ces médicaments est une préoccupation pour les décideurs.
  • Objectifs: En accord avec la Politique du médicament, le Conseil du médicament a mis en place un comité d’experts afin d’élaborer un cadre de référence visant à faciliter la prise de décision concernant les aspects pharmacoéconomiques et sociétaux des anticancéreux.
  • Résultats: Le Conseil a transmis un rapport au ministre présentant plusieurs recommandations dont certaines ont été intégrées au processus interne. Entre autres, il a été convenu de systématiser le regroupement de l’information pharmacoéconomique pertinente de façon uniforme en mettant en place un tableau sommaire incluant tous les nouveaux médicaments anticancéreux. Aussi, un schéma illustrant le processus d’évaluation et les valeurs éthiques concernées a été élaboré. Le contenu du tableau ainsi que le schéma seront présentés.
  • Conclusion: Le cadre de référence pour l’évaluation pharmacoéconomique des médicaments anticancéreux facilite les comparaisons tout en assurant une certaine cohérence dans les recommandations formulées. Le schéma du processus d’évaluation illustre les dimensions scientifiques, éthiques et contextuelles et permet d’encadrer et d’enrichir

Dépasser le surpeuplement des urgences : un forum de l’Ouest canadien sur l’innovation et la prise de décision fondée sur des données probantes dans les soins d’urgence

Brendalynn Ens, Donna Champagne, Jill Friedt, Ann Vosilla

  • On a identifié le surpeuplement des urgences comme étant un défi commun pour les prestataires de soins de santé dans plusieurs régions et provinces au Canada. Une évaluation des technologies de la santé (ETS) portant sur ce thème et un rapport du Service d’information sur les technologies de la santé (SITS) intitulé Portable Ultrasound in Emergency Departments (achevé en 2006) ont été surlignés lors de ce forum dans l’Ouest canadien et ont fini par être l’élément moteur de cette occasion pédagogique, dynamique et collaborative.
  • Brendalynn Ens, agente de liaison pour la Saskatchewan, a collaboré avec la région sanitaire de Regina Qu’Appelle en tant que coprésidente de cet événement, avec la participation des autres agentes de liaison de l’Ouest canadien. Cette conférence a rassemblé des groupes locaux et provinciaux de l’Ouest canadien, mettant en contact les décideurs cherchant à améliorer la procédure relative aux soins d’urgence. Des exposés et des ateliers interactifs ont eu lieu sur le thème de l’utilisation optimale des rapports fondés sur des données probantes relatifs aux sujets les plus pertinents.
  • Cette conférence a été l’occasion de relier les prestataires de soins de santé faisant face aux problèmes de services d’urgence aux ETS en vue d’accroître la connaissance de la mise en application des données probantes. Elle a également permis une collaboration plus étroite et de plus amples possibilités de réseautage et de partage d’idées.
  • Les participants ont demandé que cette conférence ait lieu chaque année.

Déterminer le risque de biais dans l’essai clinique comparatif et randomisé : étude de cas sur l’outil Cochrane d’évaluation du risque de biais

Donna Dryden

  • Contexte : Le groupe Cochrane Collaboration propose depuis peu un outil de détermination du risque de biais dans le but d’évaluer la validité interne de l’essai clinique comparatif et randomisé. L’outil encadre l’évaluation critique de six aspects — la génération séquentielle, la dissimulation de l’affectation des ressources, le mécanisme d’insu, la nature incomplète des données, la présentation des résultats en fonction des paramètres d’intérêt et d’autres sources de biais.
  • Objectifs : Évaluer la faisabilité de l’outil et la concordance entre les examinateurs dans son application, et évaluer la validité concourante de l’outil par rapport à l’échelle Jadad, instrument d’évaluation de la qualité d’usage courant.
  • Méthode : Deux examinateurs ont appliqué, en toute indépendance l’un de l’autre, l’outil à 80 essais cliniques, déjà évalués en fonction de l’échelle Jadad. Nous avons chronométré l’évaluation et déterminé la concordance entre les examinateurs par le test Kappa pondéré. Nous avons établi le degré de corrélation entre les scores Jadad et le score global à l’aide de l’outil de détermination du risque de biais en vertu du coefficient de corrélation des rangs de Kendall (k).
  • Résultats : Les résultats préliminaires indiquent que l’évaluation à l’aide de l’outil du groupe Cochrane dure, en moyenne, de 9 à 13 minutes. La concordance sur les aspects évalués va de médiocre (k=0,07 concernant les données incomplètes) à bonne (k=0,75 pour ce qui est de la génération séquentielle); la concordance quant au risque de biais en général est faible (k=0,28). Enfin, la corrélation entre les scores Jadad et l’évaluation globale à l’aide de l’outil de détermination du risque de biais est positive (k=0,512; p=0,006).
  • Conclusion : La concordance varie beaucoup selon l’aspect évalué à l’aide de l’outil de détermination du risque du groupe Cochrane. Nous préconisons une formation approfondie sur l’utilisation de l’outil et des règles de décision dans la prise en compte des résultats.

Les 2 % manquant : PubMed par rapport à MEDLINE

David Kaunelis

  • Toutes les mentions sur PubMed sauf environ 2 % se trouvent chez MEDLINE. Notre objectif était d’établir un filtre de recherche pour trouver les mentions du PubMed absentes de la version MEDLINE d’OVID. On a contacté des représentants d’OVID et du National Library of Medicine (NLM) aux États-Unis afin de nous fournir de l’information générale sur le contenu trouvé chez MEDLINE et PubMed. De plus amples renseignements ont été obtenus des sources sur le Web. Deux filtres de recherche ont été mis au point. Le premier était fondé sur les champs de statut du PubMed et MEDLINE tandis que le deuxième était basé sur la date de saisie du PubMed. Ces deux filtres ont été mis à l’épreuve par un groupe de spécialistes de l’information en comparant des résultats de recherches identiques chez les deux bases de données. Une recherche sous le terme « publisher » dans le champ de statut du PubMed a permis d’identifier la plupart des mentions PubMed absentes chez MEDLINE. Un filtre de recherche supplémentaire limité aux entrées de PubMed ajoutées récemment avec des champs de statut « in process » ou « medline », s’est également avérée efficace. Tout compte fait, il n’y a aucune méthode fiable de restreindre les recherches sur PubMed aux mentions qui sont absentes de MEDLINE. Il y a une circulation importante d’information entre ces deux bases de données avant la fin de traitement d’une mention. Le champ de statut d’une mention particulière est alors mis à jour régulièrement, ce qui rend les recherches précises difficiles. Néanmoins, les filtres ci-dessus se sont montrés efficaces dans l’identification des mentions PubMed uniques.

Les données probantes et les politiques à la lumière de l’analyse comparative entre les sexes

Madeline Boscoe

  • De plus en plus, des données probantes démontrent que la question du genre importe dans les politiques et les soins de santé. Il s’avère donc nécessaire d’accroître la capacité de synthétiser et d’appliquer les résultats de la recherche. La communication affichée décrit un projet en cours de mise à l’épreuve d’un outil d’analyse comparative entre les sexes, conçu pour les besoins de l’étude méthodique. L’atelier présentera l’outil, qui sera décrit, de même que sa conception, et les résultats de la mise à l’essai. Il se terminera par une discussion sur la mise en application de l’outil dans l’évaluation technologique.

L’effet des médicaments indésirables sur la fonction cognitive des personnes âgées résidant dans la communauté

Scott Oddie

  • Il s’agit de l’examen de l’effet des médicaments indésirables sur l’état de santé, l’exécution des activités de la vie quotidienne (AVQ) ou des activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ) et la fonction cognitive des personnes âgées résidant dans la communauté à qui ces médicaments ont été prescrits. Le médicament « indésirable » s’entend du médicament prescrit selon les critères suivants : durée du traitement ou posologie inappropriée ou interactions indésirables connues, ou d’un médicament qui figure sur la liste Beers. Les participants consomment cinq médicaments en moyenne, dont un indésirable selon les critères précités. Plus le nombre de médicaments augmente, plus la probabilité qu’un médicament indésirable soit prescrit augmente également. Au fil de la hausse du nombre de médicaments indésirables prescrits, l’attention, la mémoire immédiate, la mémoire lointaine, la capacité visuomotrice, la fluidité verbale et la capacité d’exécution des participants diminuent toutes remarquablement à la vérification de l’état de santé. Le nombre de médicaments indésirables et la détérioration de l’état de santé sont à l’origine d’un besoin notablement accru d’aide dans l’exécution des AVQ et des IAVQ. Les résultats font ressortir la nécessité de cerner et d’éviter de prescrire les médicaments indésirables afin de prévenir le déclin cognitif.

Effet du principe de remboursement selon l’enveloppe budgétaire sur le partage des frais avec le patient des bandelettes réactives dans l’autosurveillance de la glycémie (ASG) dans le régime Pharmacare des aînés (NSSPP) de la Nouvelle-Écosse

Chiranjeev Sanyal

  • Objectif : Déterminer l’effet du remboursement selon l’enveloppe budgétaire sur le partage des frais avec le patient des bandelettes réactives d’ASG dans le cadre du programme NSSPP.
  • Méthode : Les données administratives sur les demandes de remboursement, présentées pour le compte des bénéficiaires âgés de 65 ans ou plus le 1er octobre 2004 au programme NSSPP en 2005-2006, concernant des bandelettes réactives d’ASG dans les 110 jours avant le 1er avril 2005, ont été analysées. Le remboursement accordé pour une bandelette réactive est de 0,74 $. Le coût des bandelettes réactives, pour le programme NSSPP et pour le bénéficiaire, a été déterminé dans les catégories de traitement suivantes : (1) insuline seulement; (2) hypoglycémiants seulement; (3) insuline et hypoglycémiants; (4) pas d’antidiabétiques remboursés.
  • Résultats : C’est dans la catégorie de traitements de l’insuline seulement que le coût annuel moyen (écart-type, ÉT) par bénéficiaire est le plus élevé, à 52,30 $ (43,60 $), tandis que le coût le plus bas par bénéficiaire, soit 36,70 $ (34,80 $), se retrouve dans la catégorie « pas d’antidiabétiques remboursés ». La proportion du coût total acquittée par les bénéficiaires varie beaucoup selon la catégorie de traitements (7,8 % dans la catégorie de l’insuline combinée à des hypoglycémiants contre 16,8 % dans la catégorie de pas de médicaments remboursés p<0,001).
  • Conclusion : Le programme NSSPP couvre la plus grande partie des frais relatifs aux bandelettes réactives qui ont fait l’objet d’une demande de remboursement, alors que la quote-part des bénéficiaires varie grandement selon le type d’antidiabétiques visé par la demande de remboursement. Les régimes d’assurance médicaments et les professionnels de la santé devraient se concerter pour favoriser l’usage optimal des bandelettes réactives.

Étude de cas sur l’application des connaissances : élaboration d’un modèle conceptuel d’évaluation de l’utilité de la technologie de l’information et de la communication dans le maillage et l’échange d’information entre des groupes éloignés de décideurs sur la pharmacothérapie

Mowafa Househ

  • Contexte : Comme la tendance des groupes de professionnels de la santé, éloignés les uns des autres, qui communiquent entre eux et collaborent ensemble à des activités d’application des connaissances est là pour rester, la technologie de l’information et de la communication (TIC) sera de plus en plus présente afin de faciliter ces interactions. Toutefois, jusqu’à maintenant la documentation sur l’application des connaissances n’aborde pas le sujet de la place de la TIC, et celle sur la TIC est tout aussi muette sur l’application des connaissances.
  • Méthode : L’étude de cas se concentre sur l’élaboration d’un modèle conceptuel global de l’étude du maillage et de l’échange d’information entre des groupes de décideurs sur la pharmacothérapie appuyés par la technologie. Le modèle conceptuel initial a été construit en puisant dans la documentation de recherche sur la technologie de l’information et de la communication et de la recherche sur l’application des connaissances.
  • Résultats : Trois mécanismes de maillage et d’échange d’information dans l’application des connaissances ont été étudiés : le modèle d’interaction sociale, la facilitation et l’échange d’information. Les constatations révèlent que la technologie influence les interactions sociales, la facilitation et le courtage de connaissances collectifs et le mode de partage des données probantes.
  • Conclusion : La technologie de l’information et de la communication influence grandement les activités d’application des connaissances.
  • La communication affichée aborde l’incidence de l’étude sur la théorie du maillage et de l’échange et sur le développement technologique pratique à l’appui de ces processus

Étude de cas sur la méthodologie appropriée de la prise de décision fondée sur des données probantes ou la nécessaires adaptation des comparaisons indirectes dans la méta-analyse

Pierre-Alexandre Landry

  • Contexte : Pour pallier l’absence d’essais cliniques comparatifs directs, le chercheur peut établir des comparaisons indirectes d’études non comparatives dans le cadre de la méta-analyse. La méthode classique est notoirement lacunaire, puisqu’elle passe outre le groupe témoin et biaise ainsi probablement les comparaisons. L’étude met en opposition des comparaisons indirectes rajustées et des comparaisons indirectes non rajustées entre des médicaments employés dans la prise en charge de la douleur neuropathique, plus précisément des anticonvulsivants (AC : gabapentine et prégabaline) et des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine et de la noradrénaline (ISRSN : venlafaxine et duloxétine).
  • Méthode : Les essais cliniques comparatifs et randomisés ont été recensés par une recherche documentaire dans MedLine, EMBASE et la Bibliothèque Cochrane. Les critères de jugement de l’efficacité pour les besoins de la comparaison sont la réponse partielle (réduction du score de la douleur de ≥30 %) ou la réponse complète (réduction de la douleur de ≥50 %). Les méta-analyses ont été exécutées par le logiciel CMA, version 2.0.
  • Résultats : En vertu du rapport de réponse relatif (RR), la méta-analyse sans rajustement indique que les ISRSN amène une meilleure réponse que les AC (RR non rajusté AC-ISRSN=0,77). Par contre, quand la comparaison est rajustée en tenant compte de la réponse au placebo, les résultats sont à l’opposé [RR rajusté AC-ISRSN=1,55 (1,27 à 1,90)], à savoir que les AC produisent un soulagement de la douleur beaucoup plus grand que les ISRSN. Les résultats sont semblables concernant la réponse partielle, le RR non rajusté AC-ISRSN étant de 0,83, alors que le RR rajusté AC-ISRSN est de 1,36 (1,13 à 1,64).
  • Conclusion : L’étude de cas souligne l’importance d’une technique statistique robuste et valide dans la méta-analyse de comparaisons indirectes pour obtenir des données probantes fiables qui éclaireront les décisions difficiles.

Étude méthodique des programmes de vaccination contre la grippe

Beate Sander

  • Contexte : Des épidémies annuelles de grippe continuent d’entraîner de la morbidité, de la mortalité et de la perturbation sociale à l’échelle mondiale. Les provinces font appel à un certain nombre de stratégies de mise en œuvre contre la grippe en vue d’atteindre les populations cibles en matière de vaccination, avec des taux de réussie variables.
  • Objectif : Cette étude méthodique a examiné les programmes de vaccination contre la grippe et d’autres milieux à l’international afin d’identifier et de mettre en valeur les programmes réussis.
  • Méthodes : Nous avons effectué des recherches sur les bases de données MEDLINE et EMBASE en vue d’identifier les documents détaillant les méthodes de prestation du vaccin contre la grippe à la population générale. Quelques 1 844 documents ont été visionnés au départ, dont 98 qui ont été sélectionnés en raison de leur pertinence potentielle et obtenus en version intégrale. Des informations détaillées ont été extraites par le biais d’un formulaire d’extraction de données prédéfini de 20 points.
  • Résultats : La plupart des programmes de vaccination contre la grippe ont visé une population à haut risque de complications liées à une infection grippale ainsi que leurs relations dans des milieux conventionnels tels que les cabinets de médecin. Néanmoins, un nombre croissant de personnes sont vaccinées dans des milieux peu conventionnels tels que les pharmacies, les écoles et les lieux de travail. Les programmes d’immunisation dans des milieux peu conventionnels sont souvent plus faciles d’accès et pratiques, surtout chez les populations économiquement défavorisées, en grande ville et minoritaires.
  • Conclusion : L’administration des vaccins contre la grippe doit continuer au sein des bureaux des prestataires de santé, des hôpitaux et des unités de santé publique afin de fournir des vaccins contre la grippe à la population générale de manière efficace.

Évaluation économique des analogues de l’insuline à action prolongée dans le traitement du diabète de type 1 et du diabète de type 2 au Canada

Chris Cameron

  • Contexte : En 2005, les dépenses relatives aux produits insuliniques se sont élevées à 181 millions de dollars, une augmentation de 17,5 % par rapport à 2004. Le passage des produits non analogues aux analogues de l’insuline a accru les dépenses. Les décideurs doivent disposer de données probantes cliniques et économiques pour orienter leurs décisions quant au financement des médicaments.
  • Méthode : Il s’agit d’une analyse coût-utilité, dans la perspective d’un tiers provincial payeur, reposant sur la modélisation du diabète CORE. Les paramètres cliniques proviennent de méta-analyses récentes. Les coûts et les coefficients d’utilité, actualisés au taux de 5 %, sont issus de sources d’information publiées. Des analyses de sensibilité mettent à l’épreuve la robustesse des résultats.
  • Résultats : Diabète de type 1 (DT1) — le rapport coût-utilité supplémentaire (RCUS) de l’insuline glargine, par rapport à l’insuline NPH, est de 87 932 $ l’année de vie pondérée par la qualité (QALY) gagnée [différence (∆) de coût de 3 423 $; ∆ de QALY de 0,039]. Le RCUS de l’insuline detemir, par opposition à l’insuline NPH, est de 387 729 $ la QALY gagnée (∆ de coût de 4 344 $; ∆ de QALY de 0,011). Diabète de type 2 (DT2) — le RCUS de l’insuline glargine, par rapport à l’insuline NPH, est de 642 994 $ la QALY gagnée (∆ de coût de 4 945 $; ∆ de QALY de 0,008). L’insuline detemir est plus coûteuse (6 521 $ par patient) et moins efficace (-0,034 QALY) que l’insuline NPH. Les résultats sont sensibles aux variations des paramètres examinés dans les analyses de sensibilité.
  • Conclusion : Comparativement à l’insuline NPH, les analogues de l’insuline à action prolongée dans le traitement du diabète produisent des rapports coût-utilité supplémentaires assez élevés.

Évaluation de l’emploi du palivizumab durant la période de l’infection par le virus respiratoire syncytial (VRS) en 2005-2006 dans quatre hôpitaux universitaires au Québec

Sylvie Desgagnés, Marie-Claude Michel

  • Contexte : Le palivizumab est prescrit afin de prévenir les infections graves par le virus respiratoire syncytial (VRS). Chez l’enfant à risque élevé d’une infection par le VRS, il est administré par injection intramusculaire à raison de 15 mg/kg une fois par mois durant la saison du VRS, jusqu’au maximum de cinq injections. Pour être admissible à ce traitement, le patient doit satisfaire les six critères établis par le Conseil du médicament.
  • Objectif : Déterminer les caractéristiques de la population traitée par le palivizumab, le schéma d’utilisation du médicament dans quatre hôpitaux universitaires et la conformité de l’emploi du médicament aux critères du Conseil du médicament.
  • Méthode : Nous avons passé en revue 468 dossiers de patients ayant reçu au moins une dose de palivizumab dans la période du 1er septembre 2005 au 30 mai 2006 dans les quatre hôpitaux universitaires en question.
  • Résultats : L’âge moyen des patients est de 13,5 ans ± 7,3 mois, et la plupart sont nés avant la 33e semaine de grossesse. La dose moyenne est de 14,9 ± 0,6 mg/kg, l’intervalle moyen entre les doses est de 29 jours, et 33 % des patients ont reçu moins de quatre doses. Chez les patients hospitalisés, seulement 27 sur 468 (6 %) ont eu un résultat positif au test de détection du VRS. Dans l’ensemble, la conformité aux critères du Conseil du médicament est de 100 %. Pour ce qui est de l’administration du médicament hors des quatre hôpitaux universitaires, les données sont incomplètes et la surveillance des patients est lacunaire.
  • Conclusion : Le formulaire d’emploi préimprimé accroît la conformité avec les critères d’utilisation du palivizumab. Des lignes directrices sur la documentation de l’administration du palivizumab pourraient être utiles en ce qu’elles amélioreraient la surveillance des patients.

Évaluer l’efficacité de l’établissement des priorités

Shannon Sibbald

  • Contexte : L’établissement des priorités (EP) a été défini comme étant la distribution des ressources entre intérêts opposés. L’EP est un processus social délicat, complexe et inévitable. Comment le décideur peut-il savoir s’il est sur le bon chemin ? À l’heure actuelle, il y a peu d’informations et de méthodes relatives à l’évaluation de l’EP.
  • Objectifs : Fournir des conseils en matière d’EP aux décideurs et de répondre à la question suivante : comment peut-on évaluer l’efficacité de l’EP ? La démarche est double : 1) définir l’efficacité du point de point de l’intervenant (le décideur, le responsable des politiques, l’universitaire, le patient et le public); et 2) créer et contrôler par essai pilote un outil destiné à évaluer l’efficacité de l’EP. Méthodes : (1) Créer un cadre conceptuel en consultant la documentation et trois études empiriques (entretiens avec des décideurs canadiens, groupes de discussion avec une représentation nationale de patients et de responsables des politiques, étude Delphi); (2) Mettre au point un outil d’évaluation par un processus d’itération et par les tests psychométriques; (3) Tester l’outil avec un essai pilote afin de déterminer l’aptitude à l’usage.
  • Résultats : Nous avons défini l’efficacité par le biais de 10 éléments dans le cadre conceptuel. Nous allons décrire la mise au point de l’outil d’évaluation ainsi que les résultats de l’essai pilote. Le cadre et l’outil peuvent servir à évaluer les activités d’EP en identifiant les réussites et les possibilités d’amélioration.
  • Incidences politiques : Les décideurs recevront des conseils concernant l’EP. Le cadre et l’outil contiennent des objectifs procéduraux et significatifs de l’EP et spécifient les aspects quantitatifs et qualitatifs. À notre connaissance, il s’agit du premier cadre compréhensif détaillant un EP réussi et le premier outil à évaluer l’efficacité. En évaluant l’efficacité de l’EP, nous pouvons alors tourner notre regard vers l’amélioration.
Évolution à long terme de l’hépatite C dans le groupe de Canadiens infectés à la suite d’une transfusion sanguine ayant intenté un recours collectif Hla Hla Thein
  • Contexte : En 1998, le gouvernement a créé un fonds d’indemnisation de 1,1 milliard de dollars à l’intention des Canadiens infectés par le virus de l’hépatite C (VHC) à la suite d’une transfusion sanguine dans la période de 1986 à 1990. L’entente d’indemnisation prévoit que l’indemnité sera déterminée en fonction du stade de la maladie hépatique. Il a fallu estimer avec précision le pronostic pour que le fonds soit suffisamment pourvu. La communication rend compte de l’application particulière du modèle Markov et de méthodes épidémiologiques exhaustives dans le but d’estimer le pronostic de la maladie dans le groupe des demandeurs du recours collectif infectés à la suite d’une transfusion sanguine.
  • Méthode : La distribution initiale a été établie selon les caractéristiques cliniques des demandeurs (n=5 004). Les taux de probabilité de transition ont été calculés d’après les dossiers médicaux du groupe et la documentation, en vertu de la méthode Markov d’estimation de la probabilité maximale. Les données sur l’efficacité du traitement de l’infection proviennent de la documentation et le mode de pratique dans ce domaine a été déterminé par un sondage canadien. Résultats : 20 ans après la transfusion au cours de laquelle le virus a été transmis, environ 9,8 % des demandeurs survivants (n=3 773) étaient atteints de cirrhose et 0,5 % d’un carcinome hépatocellulaire. Le modèle a estimé que le risque sur 20 ans de cirrhose imputable à l’hépatite C serait de 25,5 %, et que les risques de carcinome hépatocellulaire et de décès des suites de l’hépatopathie seraient respectivement de 6,4 % et de 7,8 %. Durant la vie entière (60 ans), ces risques seraient respectivement de 39,3 %, de 10,9 % et de 23,5 %.
  • Conclusion : Le recours collectif intenté par les Canadiens infectés par le VHC à la suite d’une transfusion sanguine offre de l’information pertinente et inédite sur le pronostic de l’hépatite C contractée à la suite d’une transfusion sanguine au Canada. Ce groupe de demandeurs constitue une ressource précieuse dans l’étude de l’histoire naturelle de l’infection par le VHC et de l’utilisation des ressources dans la prise en charge des personnes infectées.

L’impact de la structure du programme d’avantages sociaux sur les coûts et l’état de santé des personnes assurées

Warren Chin

  • Objectif : Quand des assureurs du secteur privé modifient leur programme d’avantages sociaux afin de contrôler les coûts, ils ne prennent pas forcément en considération les conséquences à longue échéance. L’objectif de l’étude consiste à examiner des études scientifiques qui se penchent sur la question de l’impact des modifications de la structure de la liste des médicaments assurés de régimes privés sur la santé des bénéficiaires du programme.
  • Méthode : La recherche documentaire médicale fait appel au moteur de recherche de PubMed. Cette recherche est axée sur les termes (seuls ou combinés) : reimbursement (remboursement), formulary (liste des médicaments assurés), plan (régime), payer (payeur), restriction (restrictions), cost (coût) et adherence (observance thérapeutique).
  • Résultats : Nous n’avons pas relevé de documentation sur des régimes d’assurance médicaments offerts par des employeurs canadiens, mais 15 études de l’Amérique du Nord examinant l’effet de modifications structurelles d’un régime d’assurance médicaments. La recherche débouche sur trois constatations principales. Les mesures énergiques de contrôle des coûts se traduisent par une baisse de l’utilisation des médicaments prescrits, qui elle entraîne l’utilisation de services de santé plus coûteux. Plus l’observance thérapeutique est stricte, plus les coûts de médicaments augmentent et plus les coûts de santé en général diminuent. La satisfaction des employés diminue lorsque des modifications importantes des modalités de partage des frais sont apportées, quand l’accès est plus restreint et quand les remboursements demandés sont refusés.
  • Conclusion : Des mesures de contrôle des coûts à courte vue auront probablement des répercussions défavorables sur la santé, la productivité et la satisfaction des membres du régime. Nous préconisons d’accorder une grande importance à la structure du régime d’assurance médicaments et aux modalités de partage des frais afin de favoriser l’amélioration de l’observance thérapeutique, de l’état de santé et de la satisfaction des employés, et la limitation des coûts.

L’impact des médicaments biologiques sur le marché du psoriasis : fidéliser le patient

Tania Redina, Jamie Foley

  • Contexte : Selon les estimations, plus de 600 000 Canadiens souffrent de psoriasis. Les tendances dans ce marché ont grandement évolué depuis l’arrivée des médicaments biologiques. Depuis lors, le coût total moyen du traitement du psoriasis a grimpé en flèche, donnant lieu à de nouvelles études sur la rentabilité, l’efficacité clinique et l’innocuité de ces nouveaux produits.
  • Objectif : Mesurer la fidélité des patients à leur traitement par des produits biologiques indiqués depuis peu dans le psoriasis, en tant qu’indicateur substitutif de la réussite thérapeutique.
  • Méthode : Les bases de données de Brogan Inc. sur des régimes d’assurance médicaments, certains publics, d’autres privés, ont été les sources d’information consultées pour recenser les patients soumis à un traitement du psoriasis. Les données globales sur ce groupe ont été par la suite examinées pour déterminer les taux de fidélité. Les médicaments biologiques dont il est question dans l’étude sont Amevive, Raptiva, Enbrel, Humira et Remicade.
  • Résultats : Les premiers résultats indiquent que les taux de fidélité varient grandement selon le produit biologique. La communication affichée présente les résultats en détail.
  • Conclusion : Les analystes qui quantifient la fidélité des patients à l’égard des produits biologiques employés dans le traitement du psoriasis ont intérêt à redresser leurs mesures en fonction des écarts atypiques entre les traitements. L’estimation précise des taux de fidélité donnera aux décideurs une certaine idée de l’efficacité des médicaments biologiques. Il convient de poursuivre l’étude dans ce domaine afin savoir pourquoi la fidélité à l’égard de certains de ces produits est si faible.

Incidence pratique de l’application de lignes directrices sur la surveillance du traitement antidépresseur des enfants et des adolescents dans un milieu communautaire

Eva Kwan, Beverley Stich

  • Contexte : Les recommandations de la Food and Drug Administration (FDA) publiées en 2005 sur la surveillance de l’emploi des antidépresseurs chez les enfants vont sans nul doute dans le sens de l’amélioration de la sécurité des patients, mais elles ont d’importantes répercussions sur le plan des ressources humaines, particulièrement en milieu de soins ambulatoires.
  • Objectif : Concevoir un mécanisme de surveillance du traitement antidépresseur d’un organisme de santé mentale communautaire et déterminer la faisabilité et les répercussions de la mise en œuvre de la surveillance normalisée de tous les enfants à qui un antidépresseur a été prescrit.
  • Méthode : Nous avons conçu un mécanisme de surveillance globale et normalisée du traitement antidépresseur et l’avons mis à l’essai auprès d’un groupe de 36 patients. De l’information de rétroaction sur le mécanisme de surveillance a été collectée auprès des patients, de leur famille, du psychiatre et de l’infirmière chargée de la surveillance, au début et à la fin de la période de surveillance.
  • Résultats : Les familles qui ont participé à la surveillance étaient désireuses de le faire et ont apprécié la plus grande attention qui leur a été accordée. Même si le mécanisme de surveillance ne correspond qu’à certaines des recommandations en matière de surveillance de la FDA, les médecins et les infirmières y ont consacré une bonne partie de leur temps de travail. L’étude a débouché sur la formulation de plusieurs recommandations sur la surveillance de l’emploi des antidépresseurs dans un milieu communautaire.
  • Conclusion : L’incorporation de lignes directrices sur la surveillance du traitement antidépresseur dans la pratique courante nécessite d’y affecter des ressources et un changement du mode de pratique communautaire.

Modélisation prévisionnelle des répercussions économiques du diabète – Simulation d’études coût-efficacité dans la population albertaine

Arto Ohinmaa

  • Objectif : La prévalence du diabète a grimpé en flèche au Canada. Pour éclairer la prise de décision politique sur la prévention et le traitement du diabète, nous avons conçu un modèle de prévision économique qui simule les résultats cliniques et économiques de nouvelles technologies de la santé.
  • Méthode : Le modèle prévisionnel incorpore les taux d’incidence, de prévalence et de mortalité provenant du Système de surveillance du diabète de l’Alberta (SSDA) et de projections démographiques. La table de vie du modèle prévoit la progression annuelle proportionnelle des hommes et des femmes vers les divers stades de diabète par tranche de cinq ans d’âge. Les prévisions quant à la prévalence de la maladie et aux coûts des soins de santé de 2006 à 2035 reposent sur les tendances quant à l’incidence du diabète et à la mortalité des suites de la maladie observées en Alberta dans la période de 1995 à 2005. Les schémas de fluctuation de l’incidence et de la mortalité, obtenus par régression, ont été extraits des données du SSDA.
  • Résultats : Si les tendances actuelles se maintiennent dans les 10 prochaines années, la prévalence générale doublera en 2035 pour s’élever à environ 10 %, et les coûts globaux bondiront de 300 %, les coûts des traitements cardiovasculaires et des traitements ophtalmiques étant ceux qui accusent la plus grande augmentation. Les résultats en matière de prévalence et de coûts de simulations d’interventions d’ETS hypothétiques sont présentés.
  • Conclusion : Notre modèle permet d’estimer la prévalence et les coûts du diabète dans la population à partir des résultats d’études d’ETS. Une telle modélisations est utile aux décideurs, surtout en ce qui a trait aux maladies chroniques prévalentes comme le diabète.

Prévalence des facteurs de risque de maladie cardiovasculaire chez les Autochtones

Tony Frial, Christine Folia

  • Contexte : La maladie cardiovasculaire prend de plus en plus d’ampleur dans la population autochtone du Canada. La fréquence de la cardiopathie chez les Premières nations et les Inuits est plus élevée d’un facteur de 1,5 que dans la population canadienne en général, et les maladies circulatoires représentent la deuxième cause de décès en importance chez les Premières nations. Plusieurs facteurs de risque de la maladie cardiovasculaire peuvent contribuer à accroître la prévalence de cette maladie dans la population autochtone. L’étude a pour but de comparer la population autochtone et la population canadienne en général du point de vue de la prévalence de ces facteurs
  • Méthode : La recherche documentaire, faisant appel aux moteurs de recherche MedLine et Google, a été conçue en fonction des termes suivants : North American Indians/Aboriginal (autochtones et amérindiens de l’Amérique du Nord), Canada, smoking (tabagisme), hypertension, obesity (obésité), metabolic syndrome (syndrome métabolique). Les données d’intérêt ont été extraites d’études examinant la prévalence des facteurs de risque
  • Résultats : La prévalence de chacun des facteurs de risque, telle qu’elle est mentionnée, est plus élevée dans la population autochtone que dans la population canadienne en général, à l’exception de l’hypertension : tabagisme — 40 % à 74 % contre 16 % à 25 %; obésité — 36 % à 58 % contre 18 % à 36 %; syndrome métabolique — 28 % à 52 % contre 21 % à 26 %; diabète — 13 % à 23 % contre 2,5 % à 5,6 %; hypertension (mesure vérifiée / sous traitement) — 27 % à 42 % contre 21 % à 54 %; hypertension (compte rendu personnel) — 13 % à 20 % contre 9 % à 24 %.
  • Conclusion : La maladie cardiovasculaire est un problème de santé qui prend de l’ampleur dans la population autochtone, et la hausse relative de la prévalence des facteurs de risque de cardiopathie vient souligner cette tendance. La recherche devra creuser la question de la réduction du risque cardiovasculaire et de la mise en œuvre de programmes thérapeutiques.

Publication évaluée par des pairs sur un nouveau médicament paraissant après sa présentation initiale à un grande conférence sur l’hématologie : incidence sur les patients, les cliniciens, les chercheurs et les décideurs

Michelle Kho

  • Contexte : Les résumés de conférence, souvent la première parution publique du compte rendu d’une étude, stimulent les changements, d’ordre clinique ou politique. En règle générale, 45 % des résumés de conférence paraissent par la suite dans une publication évaluée par des pairs; nous ne savons pas, toutefois, si cette constatation s’applique aux études sur une seule intervention dans une population en particulier.
  • Objectif : Déterminer le taux de publication en version intégrale d’un groupe de résumés, le délai de publication moyen et les indicateurs prévisionnels de ces paramètres.
  • Méthode : Nous avons examiné les cinq premières années de parution de résumés cliniques sur le rituximab dans le lymphome non hodgkinien des conférences, de 1997 à 2001, de l’American Society of Hematology, pour relever les études distinctes, et en avons recherché la publication de la version intégrale dans des bases de données électroniques. Nous avons établi le taux de publication en version intégrale, le délai de publication moyen et les indicateurs prévisionnels de ces paramètres.
  • Résultats : Dans le groupe des 109 résumés portant sur 86 études distinctes, le taux de publication est de 52,3 % [45; IC de 95 % (41,3 à 63,2)], et le délai de publication moyen est de 1,4 an, dans le cadre d’un suivi médian de 6,8 ans. L’affiliation de l’auteur avec l’industrie [ratio d’incidence approché (RIA)=4,60 (IC de 95 % : 1,32 à 6,08)] et le type de présentations [orale : RIA=5,94 (1,31 à 26,88); communication affichée : RIA=3,39 (1,24 à 9,25)] sont des indicateurs prévisionnels indépendants de la publication en version intégrale dans l’analyse rajustée. Nous n’avons pas cerné d’indicateurs prévisionnels du délai de publication.
  • Conclusion : Nous préconisons la circonspection dans la prise en considération des données issues d’actes de conférences aux fins de la prise de décision, clinique ou politique, sur des nouveaux médicaments. La recherche devra se poursuivre pour déterminer si nos résultats s’appliquent à d’autres maladies ou technologies.

Rapport coût-efficacité de la capsule endoscopique dans le diagnostic des saignements gastro-intestinaux obscurs causés par des lésions angiodysplasiques chez les patients âgés souffrant de diabète et de troubles cardiaques

Florin Costea

  • Généralités : La capsule endoscopique (CE) est une technique d’imagerie novatrice non envahissante qui permet la visualisation de la muqueuse de tout l’intestin grêle. Certaines études ont démontré que les lésions angiodysplasiques (LA) des voies digestives étaient responsables d’environ 45 % des saignements gastro-intestinaux obscurs (SGIO).
  • Objectif : Comparer les coûts d’un algorithme de diagnostic fondé sur l’administration de la CE en première intention à l’algorithme de diagnostic actuel des SGIO chez un groupe particulier de patients (patients âgés souffrant de diabète et de troubles cardiaques).
  • Méthodes : Au cours d’un essai de cinq ans (2002 à 2007) mené auprès de 270 patients présentant des SGIO et ayant chacun subi une moyenne de quatre examens par imagerie non diagnostiques, la CE a révélé des LA chez 114 patients (43 %). Parmi ces patients, 47 (41 %) (âge moyen de 69 ± 6 ans) souffraient d’un trouble médical sous-jacent pertinent. Les données des essais cliniques sur la CE et les commentaires d’experts cliniques ont servi de sources pour le calcul des coûts du diagnostic des SGIO. Résultats : Les LA sont une importante cause de SGIO chez les patients âgés souffrant de diabète et de troubles cardiaques. Les coûts totaux des examens classiques pour le diagnostic des SGIO sont comparables à ceux liés à l’usage de la CE en première intention pour le diagnostic des SGIO causés par des LA chez les patients âgés souffrant de diabète et de troubles cardiaques (1 170 $ en comparaison à 1 500 $).
  • Conclusion : La CE a un meilleur rendement diagnostique que tous les autres examens par imagerie en présence de SGIO; la répétition des examens classiques, qui ont un moins bon rendement diagnostique, et le besoin subséquent d’autres examens augmentent considérablement les coûts (1 500 $ en comparaison à 2 230 $ pour quatre autres examens par patient).

La région de l’Atlantique s’unit pour soutenir les décideurs du secteur de la santé

Lisa Farrell, Michael Allen, Cindy Mosher, Stephanie Smith, Joyce Thompson

  • « Les données probantes, l’économie de la santé et l’éthique à l’appui de la prise de décision difficile » était le thème d’une conférence tenue dernièrement dans la région de l’Atlantique au Canada. La communication affichée présente cette initiative de mobilisation destinée à promouvoir la prise de décision éclairée sur les technologies de la santé par les dirigeants du secteur de la santé. Nous désirons ainsi faire connaître l’expérience de la région de l’Atlantique et stimuler la discussion sur la sensibilisation et la mobilisation de ces décideurs influents.
  • Le 4 mai 2007, plus de 60 cadres supérieurs provenant de ministères de la Santé et de régies régionales de services de santé des provinces de l’Atlantique ont assisté à une conférence sur invitation parrainée par l’ACMTS et le Service d’éducation médicale permanente de l’Université Dalhousie. Le comité de planification composé de cadres supérieurs des quatre provinces a grandement participé à la planification, à la promotion et à la tenue de la conférence.
  • La conférence avait pour objectif d’amener les cadres supérieurs du secteur de la santé à connaître, à examiner et à étudier les facteurs déterminants de la prise de décision sur les technologies de la santé. En fait, le contenu du programme et les discussions à la conférence ont été axés sur :
    • les ressources fondées sur des données probantes;
    • les lignes directrices et les modèles décisionnels conçus précisément en fonction des données probantes, des principes éthiques et des aspects économiques pertinents pour les hôpitaux, les provinces ou la région de l’Atlantique;
    • les possibilités d’agir en collaboration.
  • En petits groupes de discussion ou dans d’autres activités de réseautage, les participants ont échangé des idées et des solutions à des problèmes communs. La conférence — la première de ce genre dans les provinces de l’Atlantique — a donné le coup d’envoi d’une démarche structurée de concertation et de collaboration dans la prise de décision sur les technologies de la santé dans la région.

La rentabilité de l’immunisation universelle contre l’herpès zoster

Mehdi Najafzadeh

  • Contexte : L’infection par l’herpès zoster entraîne une morbidité et une mortalité importantes chez les personnes âgées, notamment de la névralgie post-zostérienne (NPZ). L’objectif de l’étude consiste à comparer la vaccination contre l’herpès zoster et la situation actuelle sous les angles du coût et des bienfaits sanitaires supplémentaires, dans la perspective du système de santé public.
  • Méthode : Dans le cadre d’un modèle de simulation des événements discrets, nous comparons les coûts et les années de vie pondérées par la qualité (QALY) supplémentaires dans la population soumise à la vaccination contre l’herpès zoster par rapport à la population non vaccinée. La modélisation simule l’effet du vaccin sur 1) l’incidence de l’infection par l’herpès zoster, grave ou légère à modérée; 2) la gravité et la durée du zona; 3) l’incidence de la NPZ chez les personnes infectées par l’herpès zoster; 4) la durée de la NPZ; 5) les coûts du traitement de l’infection par l’herpès zoster et du traitement de la NPZ.
  • Résultats : En général, la vaccination abaisse les coûts médicaux directs moyens (à l’exception du coût du vaccin) de 47 $ par personne vaccinée. Le coût et les QALY supplémentaires par personne vaccinée, comparativement aux personnes soumises à la stratégie actuelle, sont respectivement de 103 $ et de 0,0024, ce qui produit un RCES de 42 300 $ CA la QALY gagnée. Si l’immunisation est réservée aux personnes de la tranche d’âge de 60 à 64 ans, le RCES devient plus attrayant à 30 800 $ la QALY gagnée. Dans les analyses de sensibilité, probabilistes et déterministes, les résultats ne bronchent pas.

Rentabilité du dépistage du cancer du sein au Canada

Ngoc-Thy Vu Dinh

  • Problématique : Quel est l’impact de certaines modalités de dépistage sur la rentabilité du dépistage du cancer du sein dans la population?
  • Objectif : Estimer l’impact du raccourcissement et de l’allongement de l’intervalle de dépistage et de l’expansion de la tranche d’âge des femmes soumises au dépistage sur la rentabilité du dépistage du cancer du sein au Canada.
  • Méthode : Partie I : Analyse documentaire de programmes de dépistage du cancer du sein dans la population, d’exercices de modélisation destinés à estimer le retentissement sanitaire de programmes de dépistage, d’évaluations économiques de programmes de dépistage et de méthodes de calcul des coefficients d’utilité d’états de santé en prévision de l’analyse coût-utilité et de groupes à risque élevé de cancer du sein en prévision de l’analyse de l’hétérogénéité.
  • Partie II : Modélisation des effets de divers programmes de dépistage sur les années de vie épargnées et les années de vie pondérées par la qualité. L’examen préliminaire de différentes modélisations nous a amené à privilégier la microsimulation.
  • Partie III : Un sondage pour déterminer les coefficients d’utilité des états de santé.
  • Partie IV : Analyse coût-utilité de divers programmes de dépistage du cancer du sein en vertu du modèle sélectionné à la partie II, le coût de l’année de vie pondérée par la qualité de chaque modalité de dépistage étant examiné.
  • Partie V : Analyse de l’incertitude — détermination des variables influentes du modèle (paramètres) et de leur impact sur les résultats généraux. Analyse de l’hétérogénéité — analyse stratifiée en fonction des sous-groupes à risque élevé (définis au préalable à la suite de l’analyse documentaire).

Rentabilité d’un programme de désaccoutumance au tabac fondé sur le pharmacien communautaire : données probantes de la Thaïlande

Kednapa Thavorn

  • Objectif : Évaluer la rentabilité d’un programme de désaccoutumance au tabac fondé sur le pharmacien communautaire en Thaïlande par rapport aux soins habituels, du point de vue du système de soins de santé.
  • Méthode : On s’est servi d’un modèle Markov pour simuler les effets de la cessation chez des cohortes de 10 000 fumeurs et fumeuses âgés de 40, 50 et 60 ans qui fumaient entre 10 à 20 cigarettes par jour. Les probabilités de transition ont été obtenues d’une analyse documentaire, tandis que les coûts liés aux soins médicaux et les tendances d’utilisation provenaient d’une base de données d’un hôpital de soins tertiaires thaïlandais et de différents documents. Les coûts relatifs au programme de désaccoutumance au tabac ont été extraits d’une étude des prix de revient sur 40 pharmacies communautaires en Thaïlande. On a calculé le différentiel de coût par année de vie gagnée (AVG). Le taux d’actualisation utilisé était de 3 %. On a mené une série d’analyses de sensibilité, y compris des analyses probabilistiques de la sensibilité.
  • Résultats : Le programme de désaccoutumance au tabac fondé sur le pharmacien communautaire a permis une économie de 17 503,53 baht (500 $US) au système de soins de santé et une année de vie gagnée de 0,181 chez les hommes, et une économie de 21 499,75 baht (614US$) et une année de vie gagnée de 0,244 chez les femmes. Une série d’analyses de sensibilité démontre que les économies de coûts et les AVG étaient sensibles aux variations du taux d’actualisation et du taux de cessation du tabagisme à long terme associé à l’intervention.
  • Conclusion : Du point de vue du système de soins de santé, le programme structuré de désaccoutumance au tabac fondé sur le pharmacien communautaire permet des économies de coûts et gagnent des années de vie. Ce résultat offre de l’information importante aux décideurs en matière de politique de santé lorsqu’ils déterminent le montant des ressources à allouer aux services de désaccoutumance au tabac au sein des pharmacies communautaires.

Utilisation d’anti-arthritiques par les consommateurs de glucosamine dans les Forces canadiennes

Janice Ma

  • Contexte : La glucosamine a été inscrite sur la liste des médicaments couverts par les Forces canadiennes en 2002, même si les données probantes à son sujet sont ambiguës. Sa présence dans la liste tient à l’espoir qu’elle amène une diminution de la consommation de médicaments anti-arthritiques.
  • Objectifs : Décrire le profil d’utilisation de la glucosamine dans les Forces canadiennes et déterminer si l’emploi des anti-arthritiques a diminué depuis son arrivée.
  • Méthode : En consultant une base de données, nous avons recensé les consommateurs de glucosamine. Pour évaluer la probabilité d’utilisation d’un médicament anti-arthritique chez le consommateur de glucosamine, nous avons calculé les ratios d’incidence approchés, et le nombre de jours moyen de provision d’anti-arthritiques a été déterminé avant le traitement par la glucosamine et après.
  • Résultats : Nous avons exclus 6 338 personnes des 7 577 à qui l’on a prescrit de la glucosamine; plus de 90 % des exclusions ont pour motif la brève durée du traitement ou l’inobservance thérapeutique (n=5 954). Dans le groupe de personnes soumis à une cure thérapeutique (n=1 218), l’utilisation de médicaments anti-arthritiques a augmenté, de 55,6 % au moment de référence à 64,08 % après le début de la consommation de glucosamine (RIA=1,43; IC de 95 % : 1,24 à 1,64). Le nombre de jours moyen de provision d’anti-arthritiques par personne s’est accru également après l’instauration du traitement par la glucosamine, d’une quantité suffisante pendant 37 jours à une quantité suffisante pour 60 jours (p<0,0005).
  • Conclusion : L’emploi de la glucosamine dans les Forces canadiennes n’est pas conforme aux prévisions. Les résultats de l’étude et ceux d’essais cliniques récents viendront éclairer la révision des critères d’utilisation de ce médicament.

Valoriser la rareté : étude de cas

Zahava Rosenberg-Yunger

  • Objectif : Décrire et évaluer l’établissement des priorités concernant deux médicaments orphelins coûteux – Cerezyme et Fabrazyme – dans trois pays.
  • Méthode : Nous avons mené une étude de cas qualitative auprès de trois comités consultatifs indépendants sur les médicaments. L’établissement des priorités a été évalué en vertu d’un cadre conceptuel directeur de la légitimité et de l’équité dans l’établissement des priorités. Nous avons interrogé 23 intervenants clés, soit des membres des comités, des groupes de patients et des représentants de l’industrie.
  • Résultats : 1) Description : Les recommandations des groupes d’experts quant au remboursement des médicaments orphelins sont fondées sur des données probantes cliniques, les coûts et l’analyse coût-efficacité. 2) Évaluation : Les membres des comités préfèrent le processus actuel, tout en étant préoccupés par l’équité du processus s’agissant des médicaments orphelins. D’autres personnes interrogées ont proposé de prendre en compte d’autres valeurs pertinentes (p. ex., le potentiel de sauver des vies du médicament) afin d’améliorer le mécanisme d’établissement des priorités.
  • Conclusion : L’établissement des priorités dans l’utilisation des médicaments n’est pas qu’un exercice technique (d’examen d’analyses coût-efficacité dans le cadre de l’exercice de la médecine fondée sur des données probantes). L’établissement des priorités dans l’utilisation des médicaments orphelins illustre que la prise en compte d’une vaste gamme de valeurs pertinentes dans la décision de remboursement rehaussera l’équité du processus d’établissement des priorités.

Vers une stratégie d’utilisation des médicaments au Manitoba

Sylvia Alessi-Severini

  • L’efficacité et la pertinence des politiques publiques relèvent de la concertation et de la collaboration entre les intervenants dans l’adoption et la mise en œuvre des programmes. L’une des questions émergentes au chapitre des programmes publics est celle de la gestion des médicaments en usage de longue durée. Un atelier de prise de conscience communautaire à l’intention des décideurs, des professionnels de la santé et des patients cernera les besoins et proposera des solutions de mise en œuvre d’un tel programme. Les activités préparatoires déboucheront sur la rédaction d’un précis d’information qui examine la nécessité d’un programme de gestion des médicaments en usage de longue durée et de la place des intervenants dans ce programme. L’atelier créera un climat propice à la détermination et à l’acceptation des changements comportementaux nécessaires pour améliorer la gestion de l’utilisation de ces médicaments. Grâce à un sondage d’évaluation qualitative, les participants connaîtront les pratiques exemplaires actuelles dans la gestion des médicaments utilisés de façon prolongée. C’est ainsi que nous saurons ce qui fonctionne bien, ce que nous devons faire de plus ou ce qui fonctionnerait mieux après certaines modifications et ce que nous n’avons pas exploré encore. L’objectif final de l’atelier consiste non seulement à inciter les intervenants à trouver des solutions, mais également à définir une stratégie planifiée de partenariat provincial centré sur la gestion de ces médicaments. Les résultats seront diffusés dans le cadre de diverses initiatives de transposition des connaissances.
  • Remerciements : Le projet doit son financement à une subvention de l’Institut des services et des politiques de la santé des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et du gouvernement du Manitoba.