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Présentations par affiche

Acquérir, remplacer, déclasser ou maintenir? Comment s’y prend le Manitoba dans la prise de décisions sur les technologies de la santé

  • Présentatrice : Kimi Guilbert, Programme des médicaments anticancéreux du Manitoba ; Donna Champagne, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)
  • Coauteures : Teresa Mrozek, Santé et Vie saine Manitoba

La liste des possibilités que recèlent les technologies de la santé s’allongeant sans cesse, la prise de décisions quant au remplacement ou à l’acquisition technologique peut s’avérer très complexe. De judicieux outils de planification facilitent cette prise de décisions. Le Manitoba se caractérise par la diversité de sa population et sa distribution dans un vaste territoire découpé en régions, où la régie régionale de la santé a pour mandat de veiller à la prestation des services de santé, financés par le ministère de la Santé et de la Vie saine dont le siège est à Winnipeg, d’où proviennent bon nombre des services de santé complexes offerts dans la province, une ville qui regroupe la moitié de la population de plus d’un million d’habitants de la province.

Au Manitoba, des comités d’experts ont la tâche d’établir l’ordre de priorité des demandes d’acquisition ou de remplacement technologique. La prise de décisions à cet égard est complexe et délicate en ce qu’elle repose sur l’équilibre fragile entre le financement des technologies hautement prioritaires pour la province dans l’ensemble, notamment en zones urbaines, et l’offre de services sûrs et intégrés dans toute la province afin que la population ait accès aux services appropriés à proximité de son lieu de résidence dans la mesure du possible.

Planifier la mise en œuvre et le déclassement technologiques peut s’avérer avantageux dans la planification financière et permettre de prévoir l’évaluation technologique appropriée préalable à la prise de décisions. Connaître les technologies qui ont produit les avantages escomptés et qui devraient être offertes encore facilite la navigation parmi les solutions de la nouveauté, du remplacement, du maintien ou du déclassement. La présentation décrit la mécanique décisionnelle du Manitoba dans l’investissement technologique, examine les lacunes et les moyens de les combler, et se conclut par une discussion libre à ce propos.

Analyse coût-utilité des immunoglobulines intraveineuses dans le traitement de la polyneuropathie démyélinisante inflammatoire chronique

  • Présentateur : Gord Blackhouse, Programs for Assessment of Technology in Health (PATH)
  • Coauteurs : Kathryn Gaebel, Programs for Assessment of Technology in Health (PATH), Université McMaster et St. Joseph's Healthcare ; DFeng Xie, Kaitryn Campbell, Diana Robertson, Ron Goeree et DNazilla Assasi, Programs for Assessment of Technology in Health (PATH), Université McMaster ;
  • DColin Chalk, Hôpital général de Montréal ; Dr Mitchell Levine, St Joseph’s Healthcare

Objectif : Des essais cliniques comparatifs contre placebo démontrent que les immunoglobulines intraveineuses (IgIV) améliorent l’état de santé des personnes atteintes de polyneuropathie démyélinisante inflammatoire chronique (PDIC). Mais les IgIV sont beaucoup plus coûteuses que d’autres traitements, dont la corticothérapie. L’objectif de l’étude consiste à évaluer le rapport coût-utilité des IgIV comparativement à la corticothérapie dans le traitement de la PDIC au Canada.

Méthode : Par une modélisation Markov, les chercheurs évaluent les coûts et les années de vie pondérées par la qualité (QALY) reliés aux IgIV et à la corticothérapie dans le traitement de la PDIC durant cinq ans. Le patient qui manifeste d’abord une réponse aux IgIV peut continuer d’y répondre ou rechuter au cours du cycle de 12 semaines. Les non-répondants aux IgIV sont soumis à une corticothérapie. Ils courent alors le risque de subir certains incidents indésirables (fracture, diabète, glaucome, cataracte, infection grave). Les taux de probabilité de réponse initiale aux IgIV (0,47), de rechute au cours du traitement par les IgIV (0,065 tous les trois mois) et les types d’incidents indésirables produits par la corticothérapie ont été puisés dans la documentation. La posologie des IgIV à l’instauration du traitement et dans la phase d’entretien est conforme à la posologie recommandée dans la monographie.

Résultats : Dans la période quinquennale à l’étude, le coût supplémentaire du traitement par les IgIV et les QALY gagnées, par rapport à la corticothérapie, sont respectivement de 105 356 $ et de 0,188 selon la modélisation. Celle-ci estime à 551 031 $ le coût supplémentaire de la QALY gagnée grâce aux IgIV. Ce coût est sensible à la posologie et la fréquence des cures d’IgIV d’entretien.

Conclusion : Compte tenu des seuils de rentabilité généralement admis (qui illustrent la disposition à payer), les IgIV ne sont pas considérées comme un traitement rentable de la PDIC.

Analyse de coûts des psychotropes dans les établissements de soins de longue durée de l’Ontario : effet de la mémantine

  • Présentatrice : Kelly Smart, Medical Outcomes and Research in Economics (MORE) Research Group
  • Coauteurs : Dre Krista Lanctôt et DNathan Herrmann, Sunnybrook Health Sciences Centre ; DDavid Conn, Baycrest ; DGoran Eryavec, Hôpital général de North York

Objectifs : Déterminer le nombre de résidents prenant un psychotrope et évaluer l’incidence financière pour le payeur du traitement hypothétique par la mémantine de la population des établissements de soins de longue durée en Ontario.

Méthode : Examen rétrospectif des dossiers des patients de trois établissements de soins de longue durée de Toronto. La revue d’utilisation des médicaments, notamment des psychotropes prescrits selon un horaire fixe ou au besoin, y compris les doses et la fréquence d’administration, s’en tient aux patients atteints de démence, de maladie d’Alzheimer (MA) ou de démence mixte (MA et démence vasculaire). Le coût des psychotropes, en dollars de 2009, provient de la 41e liste des médicaments assurés du Programme de médicaments de l’Ontario. Vidal et ses collègues ont démontré en 2008 que la mémantine produit une baisse de la consommation d’antipsychotiques. La variation du coût après l’instauration du traitement par la mémantine est calculée en supposant que le médicament exerce bel et bien cet effet. 

Résultats : Des 1 082 patients dont le dossier a été examiné, 417 (177 hommes et 240 femmes ; âge moyen de 87,6 ± 5,8 ans) satisfont les critères d’admissibilité. Dans ce groupe, 263 patients (63,1 %) font usage des médicaments à l’étude (antidépresseurs [44,8 %], antipsychotiques [29,5 %], benzodiazépines ou anxiolytiques [12,7 %]). De nombreux patients (47,0 %) sont également traités par un inhibiteur de la cholinestérase, pris en compte dans les coûts. Initialement, le coût moyen des médicaments est de 2,65 $ par jour pour tous les patients, et il devrait s’élever à 4,21 $ par jour au bout de deux ans dans le scénario sans mémantine, selon les prévisions. Dans le scénario comportant la mémantine (dose moyenne de 17,0 ± 4,7 mg au coût de 4,11 $ par jour), le coût initial passe à 5,45 $ par jour, puis il diminue pour s’établir à 4,03 $ par jour après deux ans. Les économies de coût découlant de la baisse de la consommation de psychotropes compensent le coût de la mémantine dans une proportion de 106,5 %, ce qui se traduit par des économies nettes.

Conclusion : La diminution de la consommation de psychotropes dans les établissements de soins de longue durée peut atténuer l’augmentation de coût produite par l’ajout de la mémantine.

Analyse de minimisation des coûts de la biopsie du ganglion sentinelle et du curage ganglionnaire axillaire en Ontario

  • Présentateur : DBryan Wells, Département de chirurgie, Université de Toronto
  • Coauteurs : DPeter Coyte, Université de Toronto ; Dre May Lynn Quan, Université de Calgary

La biopsie du ganglion sentinelle est devenue l’intervention de référence dans la détermination de l’envahissement axillaire du cancer du sein de stade précoce. L’intervention a moins de conséquences morbides que le curage ganglionnaire axillaire tout en étant aussi efficace. Cependant, les hôpitaux ontariens sont lents à adopter la biopsie du ganglion sentinelle en raison notamment du coût initial et du coût global de la mise en œuvre qui leur semble élevé. L’étude entend donc comparer les coûts hospitaliers de la biopsie et du curage dans l’évaluation du cancer du sein de stade précoce en Ontario dans le but d’éclairer l’élaboration des politiques. Pour ce faire, les chercheurs effectuent une analyse de minimisation des coûts dans le cadre d’une modélisation analytique décisionnelle d’états Markov structurés selon un arbre décisionnel. L’analyse documentaire a permis de produire des cheminements cliniques réalistes dans la biopsie comme dans le curage et d’estimer le risque de complications postopératoires. Les données sur les coûts proviennent de la base de données publique de l’Ontario Case Costing Initiative. La biopsie du ganglion sentinelle s’avère l’option de minimisation des coûts. L’analyse de sensibilité probabiliste révèle que son coût moyen est de 3 321,18 $ (IC à 95 % de 2 266,27 $ à 4 723,59 $), alors que celui du curage ganglionnaire axillaire est de 3 837,86 $ (2 491,62 $ à 5 739,36 $). Le coût des complications ne change rien, tandis que l’écart de durée de séjour hospitalier entre les interventions fait broncher les résultats. Il s’ensuit que le coût ne devrait pas être vu comme un obstacle infranchissable à l’adoption de la biopsie du ganglion sentinelle en Ontario. La présente analyse de minimisation des coûts a ceci de particulier qu’elle se fonde sur des données ontariennes quant aux coûts et que l’analyse décisionnelle tient compte des complications de la biopsie et du curage. Les résultats pourraient être pris en compte dans une modélisation générale de l’affectation des ressources afin d’éclairer l’élaboration de programmes destinés à favoriser la diffusion de la biopsie du ganglion sentinelle en Ontario.

L’analyse génétique couplée au traitement préventif à l’aide de donépézil dans le trouble cognitif amnésique léger est-elle rentable au Canada?

  • Présentateur : DSandjar Djalalov, Centre for Research on Inner City Health (CRICH), St. Michael's Hospital
  • Coauteurs : Jean Yong et DGustavo Saposnik, Centre for Research on Inner City Health (CRICH) ; Zahra Musa, Action Cancer Ontario ; Michael Mendelson, Caledon Institute of Social Policy

L’allèle e4 de l’apolipoprotéine E (apoE) accélère la progression du trouble cognitif amnésique léger vers la maladie d’Alzheimer. Offrir l’analyse génétique pour détecter cet allèle, puis le traitement préventif le cas échéant, peut ralentir la progression de la maladie. Cette stratégie ne correspond pas aux soins usuels au Canada ; il est sans doute avisé d’en connaître le rapport coût-efficacité avant de l’adopter dans la pratique clinique courante.

L’objectif de l’étude consiste à comparer la détection de l’allèle e4 de l’apoE jumelée au traitement préventif par le donépézil et les soins usuels sous l’angle de la rentabilité dans le trouble cognitif amnésique léger au Canada.

À l’aide d’un arbre décisionnel, nous avons projeté la progression du trouble cognitif amnésique léger vers la maladie d’Alzheimer en trois ans en nous inspirant des données sur l’efficacité clinique d’un essai clinique comparatif et randomisé sur le donépézil dans le trouble cognitif amnésique léger. L’information sur l’utilisation des ressources découle des modes de traitement au Canada, tandis que les coefficients d’utilité rattachés aux états de santé sont tirés d’études publiées sur la qualité de vie.

L’analyse génétique combinée avec le traitement préventif par le donépézil produit un gain de 0,003 année de vie pondérée par la qualité (QALY) au coût supplémentaire de 700 $, par rapport aux soins usuels. Le rapport coût-efficacité supplémentaire du scénario de référence est de 230 061 $ la QALY. Les résultats sont sensibles à la variation des coefficients d’utilité, du taux de progression vers la maladie d’Alzheimer, de l’efficacité clinique et du coût du traitement par le donépézil.

L’analyse génétique couplée au traitement préventif par le donépézil dans le trouble cognitif amnésique léger n’est pas une stratégie rentable à l’heure actuelle. Dans l’éventualité où un traitement préventif plus efficace et moins coûteux fait son apparition, le dépistage par l’analyse génétique s’avérera plus rentable.

Analyse hiérarchique des écarts de prix de certains médicaments

  • Présentateur : Zhe (Jerry) Ren, Université Dalhousie

Objectif : La présentation étudie de manière empirique la dynamique entre les écarts de prix de médicaments et l’évolution structurelle du marché des médicaments dans le contexte de la législation et de la politique de la santé au Canada. Elle se concentre sur une classe d’hypolipémiants, les statines, une classe d’antifongiques, les triazoles, et une classe d’antimigraineux, les triptans.

Méthode : L’information sur les médicaments, dont la classification anatomique thérapeutique chimique, la teneur, la forme, le prix courant, provient du Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits (SNIUMP). L’ensemble de données couvre 149 médicaments (selon le numéro d’identification de médicament) qui représentent 14 molécules médicamenteuses distinctes réparties dans les trois classes de médicaments à l’étude. L’étude porte sur la période d’avril 2000 à juin 2008. Les données longitudinales renferment 2 955 observations formant un ensemble désordonné. Par une modélisation hiérarchique (trois niveaux) de régression stochastique, nous examinons la relation statistique entre la dynamique des prix des médicaments et l’évolution structurelle du marché.

Résultats : Les résultats de la modélisation mettent en relief une variation aléatoire considérable du prix des marques de la molécule médicamenteuse. La présentation illustre également la concurrence paradoxale des marques génériques : tendance à la hausse des prix quand les marques génériques concurrentes de la même molécule se font plus nombreuses, même après avoir tenu compte de l’inflation.

Conclusion : L’absence de réglementation sur l’établissement du prix des médicaments de marque déposée hors de la période du brevet par le gouvernement fédéral et les directives restreintes des régimes d’assurance-médicaments publics à l’égard de ces médicaments ont des conséquences importantes sur la limitation des coûts des médicaments à l’échelle du pays. Les résultats de l’étude sont pertinents pour les décideurs dans leur entreprise de limitation de l’inflation du coût des médicaments tout en veillant à l’offre de médicaments sûrs et efficaces.

L’analyse prospective : le tour du jardin pour éclairer la prise de décisions stratégiques

  • Présentatrice : Andrea Morrison, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)

Contexte : Le Service d’analyse prospective informe les provinces et les territoires canadiens des derniers faits nouveaux ayant des répercussions sur les services de santé. Il offre aux décideurs de l’information sur les technologies de la santé nouvelles ou émergentes ainsi qu’un aperçu des questions ayant trait à la politique ou à la pratique dans le domaine de la santé qui pointent à l’horizon.

Depuis sa création en 1997, le Service d’analyse prospective a évolué constamment. Il propose désormais le Précis d’analyse prospective, qui vient s’ajouter à ses produits d’information. Le précis est une source d’information destinée à faciliter la prévision, la planification et la gestion de l’adoption et de la diffusion de nouvelles technologies et lignes directrices.

Méthode : Le précis d’analyse prospective a été conçu pour satisfaire les besoins en information opportune sur l’accès aux services et aux technologies de la santé, sur les modalités de financement ou l’utilisation des services ou sur des aspects de la pratique, au pays ou sur la scène internationale.

En surveillant de manière proactive les faits nouveaux dans le secteur des services de santé et en entretenant des rapports étroits avec des intervenants (cliniciens experts, décideurs, organismes de santé, industrie) en nombre croissant, le Service diffuse en temps opportun de l’information sur les sujets d’intérêt en émergence dans le secteur de la santé.

Résultats : Le Service a déjà publié quatre rapports à la fine pointe et il en prépare d’autres. Les rapports qui paraissent sur le site Web portent notamment sur la tomographie par émission de positons au Canada (emplacement et nombre de cyclotrons), sur les solutions de rechange au molybdène-99 dans l’imagerie médicale, sur la vaccination antigrippale saisonnière et contre la grippe H1N1 et sur l’hadrontérapie aux ions carbone.

Mentionnons que le Service d’analyse prospective publie également le bulletin d’information Le point sur les technologies de la santé ainsi que Notes sur les technologies de la santé en émergence.

La suite des choses : Nous perfectionnons sans cesse nos méthodes d’analyse prospective, comme nous nous efforçons de consolider et d’étendre notre réseau d’intervenants clés du secteur de la santé, et ce, dans le but d’éclairer au mieux la prise de décisions en offrant de l’information à valeur ajoutée sur les enjeux d’actualité dans le domaine des services de santé au Canada.

Les antipsychotiques et les personnes âgées : analyse de l’utilisation d’après les demandes de remboursement de 2001 à 2007

  • Présentateur : Jordan Hunt, Institut canadien d’information sur la santé
  • Coauteur : Mike Gaucher, Institut canadien d’information sur la santé

Depuis les années 1970, les antipsychotiques sont prescrits dans le traitement de la schizophrénie et de la psychose maniacodépressive. Pour la majorité, les antipsychotiques prescrits à des personnes âgées le sont pour traiter des symptômes comportementaux ou psychologiques de la démence. Dans la période allant de 2000 à 2005, de nouveaux renseignements sur l’innocuité des médicaments de cette classe dans la population âgée ont paru, donnant lieu à des mises en garde des instances réglementaires et à des modifications de la monographie des produits et des lignes directrices de pratique clinique. 

L’étude se fonde sur l’analyse des données du Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits (SNIUMP) ayant trait aux demandes de remboursement relatives aux personnes âgées inscrites aux régimes d’assurance-médicaments publics de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard dans les périodes de 2001 à 2002 et de 2006 à 2007. L’analyse prévoit le calcul du nombre de personnes âgées à qui l’on a prescrit des antipsychotiques, y compris les antipsychotiques atypiques, et établit une comparaison entre le milieu communautaire et le milieu des maisons de soins infirmiers.

Le taux d’utilisation des antipsychotiques dans la population âgée de ces provinces est passé de 4,3 % en 2001-2002 à 5,0 % en 2006-2007. Le taux de croissance de l’usage des antipsychotiques a ralenti dans la période à l’étude, chutant de 5,2 % par an en moyenne en 2001-2002 à 1,0 % en 2003-2004 et en 2006-2007. Durant toute la période à l’étude, les antipsychotiques classiques cèdent progressivement leur place aux antipsychotiques atypiques. En 2006-2007, 37,7 % des personnes âgées résidant en maison de soins infirmiers dans trois provinces faisaient usage d’antipsychotiques atypiques selon les demandes de remboursement, comparativement à seulement 2,6 % des personnes âgées à domicile.

Avantages cliniques et incidence économique de la présence de pharmaciens en chirurgie à Capital Health : résultats préliminaires

  • Présentatrice : Heather Lummis, Capital Health
  • Coauteurs : Bernadette Chevalier, Dre Kathryn Slayter, DChristopher Daley et Lisa Nodwell, Capital Health

La présence du pharmacien clinicien améliore la qualité des soins en diminuant le nombre d’effets indésirables des médicaments, la durée du séjour hospitalier et la mortalité. Cependant, dans des domaines spécialisés comme la chirurgie, cet impact n’a pas été évalué dans toute son ampleur. Le Service de chirurgie générale a créé deux postes de pharmacien clinicien en septembre 2008. L’étude observationnelle prospective de six mois au service de chirurgie comptant 50 lits a pour objectif d’évaluer l’incidence de la présence de ces deux pharmaciens sur les processus de soins ainsi que sur les résultats cliniques et économiques. Elle prévoit la documentation de toutes les activités cliniques, dont les interventions auprès des patients et la résolution des problèmes ayant trait aux médicaments. Les interventions ont été notées en fonction de leur intensité, de leur utilité et de la probabilité de prévenir un effet indésirable. Les chercheurs estiment les économies de coûts (coûts directs) et les coûts évités (coûts indirects). Pour ces derniers, ils appliquent deux méthodes recensées dans la documentation, soit l’évitement des 4,6 jours supplémentaires du séjour hospitalier (3 593 $ l’effet indésirable), soit l’évitement des coûts hospitaliers supplémentaires (8 187 $ l’effet indésirable). Chacun de leur côté, deux chercheurs ont réparti les interventions dans des catégories selon leur nature ; ils ont réglé les désaccords par le consensus. Dans les quatre premiers mois, les pharmaciens sont intervenus à 790 reprises (moyenne de 5,1 interventions chaque jour) ; 64 % des interventions sont d’importance moyenne ou élevée. Selon les estimations, 54 % des interventions préviennent un effet indésirable selon un taux de probabilité allant de 40 % à 60 %. En outre, les pharmaciens ont procédé à 232 évaluations de la pharmacothérapie globale d’un patient, ont fait 252 appels téléphoniques à des pharmacies d’officine, ont conseillé 207 patients à propos de 847 médicaments et ont participé à 133 visites de malades. Les économies s’élèvent à 15 425 $ (3 856 $ par mois en moyenne). Le coût moyen évité par intervention varie de 654 $ à 1 490 $. Ces résultats préliminaires indiquent que les pharmaciens ont eu un retentissement clinique notable au service de chirurgie dans les quatre premiers mois.

Baisse à brève échéance des demandes de règlement adressées aux assureurs privés en raison de l’inscription de certains biomédicaments sur la liste des médicaments assurés des régimes publics

  • Présentatrice : Lindy Forte, Valore Research
  • Coauteurs : Thomas Holloway, Equitus Consulting ; Robert Kulik, EMD Serono Canada Inc.

Introduction : Nous supposons que l’inscription d’un médicament sur la liste des médicaments assurés se traduit par une baisse des demandes de règlement chez l’assureur de l’employeur et par une hausse correspondante des demandes de règlement adressées aux régimes d’assurance-médicaments publics qui couvrent désormais le médicament. L’étude a pour objectif de déterminer l’ampleur de ce déplacement des coûts.

Méthode : Nous avons relevé les demandes de règlement des frais liés aux anti-TNF alpha adressées aux assureurs des secteurs public et privé dans les quatre provinces les plus populeuses. Les demandes de règlement pour chacun des biomédicaments sont illustrées dans un schéma par des points reliés par des lignes qui expriment les tendances afin de faire ressortir les donnes probantes confirmant le passage des coûts du secteur privé au secteur public ; nous avons calculé la proportion du nombre de demandes total prise en charge par les régimes d’assurance-médicaments publics. De plus, nous avons interrogé cinq grands assureurs du secteur privé pour savoir s’ils étaient au courant de ce déplacement de coûts.

Résultats : La proportion respective des demandes de règlement assumée par les secteurs privé et public varie selon la province : la Colombie-Britannique, l’Alberta, l’Ontario et le Québec ont réglé respectivement 60 %, 45 %, 37 % et 44 % des demandes de remboursement. Les tendances linéaires indiquent une légère baisse à brève échéance des demandes de règlement concernant l’infliximab et l’adalimumab, qui coïncide avec leur inscription sur la liste des médicaments assurés dans les quatre provinces ; ce n’est pas le cas en ce qui a trait à l’étanercept. Là où une baisse durant une brève période a été observée, la proportion des demandes de règlement prise en charge par le secteur privé a rebondi jusqu’au niveau escompté selon la croissance initiale prévue à l’apparition du produit sur le marché, ou a dépassé ce niveau. Les payeurs du secteur privé interrogés n’ont pas détecté de déplacement des coûts, ni de tendances émergentes.

Conclusion : Bien que l’on semble privilégier le remboursement des frais liés aux biomédicaments par les régimes d’assurance-médicaments publics, le déplacement des coûts des assureurs privés aux assureurs publics à long terme après l’inscription des médicaments sur la liste des médicaments assurés semble peu probable.

Capacité, moyens et confusion au Canada : lignes de faille des politiques et des campagnes d’immunisation en prévision de la pandémie de grippe H1N1 en 2009

  • Présentatrice : Dre Janice Graham, Université Dalhousie
  • Coauteures : Farah Huzair et Amrita Mishra, Université Dalhousie

Les nouveaux vaccins du XXIsiècle posent des défis techniques, sociaux et éthiques inédits. Aujourd’hui, les instances réglementaires œuvrent dans un contexte bien différent de celui qui a vu l’entrée en vigueur de la réglementation qui a encore cours, car elles doivent se prononcer sur des produits, des technologies et des techniques biothérapeutiques émergents, en tenant compte de l’opinion des citoyens. La science évolutive de la découverte d’un vaccin, la bioéthique mondiale et les répercussions individuelles et sociétales sont des facteurs qui entrent en jeu dans la politique sur la santé publique et son application. La pandémie de grippe H1N1 en 2009 nécessitait une réponse systématique et une politique globale devant cette crise attendue qui ferait grimper le nombre de victimes durant les saisons grippales automnale et hivernale. La présentation offre une évaluation préliminaire de l’efficacité des politiques déjà établies et des politiques transitoires durant la période en question, et de leur effet en 2009. Plus particulièrement, cet examen se concentre sur la capacité (ressources matérielles) et sur la faisabilité (ressources humaines) dans les systèmes de santé canadiens et sur leur aptitude à soutenir l’infrastructure et la mise en application des politiques dans l’adaptation et la réaction (capacité dynamique) à la pandémie. Si l’on suppose qu’il est possible d’améliorer la capacité et la faisabilité, d’une part en augmentant les ressources disponibles grâce à la prévention (p. ex., vaccination), d’autre part en gérant efficacement les ressources durant une situation de pandémie, quelle note accorderions-nous au Canada ? La présente évaluation qualitative de la mise en œuvre, de la formation et de l’adaptation stratégiques se termine par des recommandations exprimant les enseignements tirés de l’expérience, utiles dans la préparation à une pandémie future.

La capsule « Faits saillants » du bulletin e-Therapeutics+ transmise par courriel : sa pertinence selon le lecteur, son impact cognitif, sa mise en application et ses avantages sur le plan des soins de santé

  • Présentatrice : Barbara Jovaisas, Association des pharmaciens du Canada
  • Coauteurs : Carol Repchinsky, Association des pharmaciens du Canada ; DPierre Pluye, DRoland Grad et Janique Johnson-Lafleur, Université McGill

L’Association des pharmaciens du Canada (APhC) publie e-Therapeutics+, source d’information électronique mise à jour régulièrement sur des recommandations thérapeutiques fondées sur des données probantes qui s’inspirent d’un ouvrage de référence (Therapeutic Choices).

L’objectif de l’étude consiste à évaluer l’information provenant de e-Therapeutics+ transmise par courriel selon la méthode d’évaluation de l’information (MEI). Le courriel consiste en une brève capsule d’information intitulée « Faits saillants », rassemblant des éléments d’information tirés de e-Therapeutics+.

L’étude prend la forme d’un sondage dans le Web à participation volontaire. Le sondage s’adresse aux abonnés de e-Therapeutics+ et aux membres de l’APhC. D’août à décembre 2008, 36 courriels renfermant un lien reliant un fait saillant au chapitre correspondant dans e-Therapeutics+ ont été envoyés. Les participants devaient coter les faits saillants selon la méthode d’évaluation de l’information, méthode validée dans l’évaluation de quatre dimensions : la pertinence, l’impact cognitif, l’utilisation et les avantages escomptés de l’information sur le plan de la santé. Les critères de jugement sont les notes accordées en vertu de la MEI et les observations.

En 20 semaines, les chercheurs ont rassemblé 3 198 questionnaires remplis, dont 1 938 provenant de pharmaciens d’officine (60,6 %), 438 de pharmaciens d’hôpital (13,7 %), 393 d’étudiants en pharmacie (12,3 %) et 429 d’autres professionnels de la santé (13,4 %). Dans l’évaluation, les faits saillants sont pertinents pour un patient dans une proportion de 74,4 %, ils ont été mis en application en pratique clinique pour 61 % et ils pourraient se révéler avantageux sur le plan de la santé dans une proportion de 51,1 %. Les cotes de la pertinence, de l’impact cognitif, de l’utilisation et des avantages sur le plan de la santé varient énormément d’un fait saillant à un autre. Aucun des faits saillants n'a obtenu la plus haute cote dans les quatre dimensions. Les faits saillants les moins bien cotés ne sont pas forcément les mêmes dans les quatre dimensions, sauf un pour lequel les cotes des quatre dimensions sont basses. L’APhC a passé en revue les observations. Par suite de cet examen, l’Association a modifié le contenu dans 15 cas. Ces modifications consistent en l’ajout d’une source de référence (N = 4), l’enrichissement du contenu (N = 6) et l’amélioration de la formulation (N = 5). L’évaluation de l’information de nature thérapeutique transmise par courriel a permis de distinguer les faits saillants les mieux cotés des faits saillants les moins bien cotés et d’améliorer le contenu. Le bulletin e-Therapeutics+ est pertinent et mis en application dans la prestation des services de santé. Les lecteurs estiment que l’information peut s’avérer avantageuse sur le plan de la santé.

CARESS : registre canadien d’administration de Synagis

  • Présentatrice : Abby Li, Medical Outcomes and Research in Economics (MORE) Research Group
  • Coauteurs : Dre Krista Lanctôt, Medical Outcomes and Research in Economics (MORE) Research Group ; DBosco Paes, Université McMaster ; DIan Mitchell, Université de Calgary

Contexte : Relever les modalités d’utilisation du palivizumab dans la prophylaxie de l’infection par le virus respiratoire syncytial (VRS) chez des enfants à risque élevé.

Méthode : Tenue d’un registre observationnel prospectif du suivi de bébés à qui l’on a administré au moins une dose de palivizumab dans 26 établissements au cours des saisons du VRS de 2006 à 2009. Les chercheurs ont collecté les données sur l’utilisation du palivizumab, et sur la fidélité au traitement, ainsi que sur les paramètres ayant trait à une infection respiratoire, tous les mois jusqu’à la fin de la cure de palivizumab.

Résultats : Les bébés inscrits au registre sont au nombre de 4 926 ; leur âge varie de deux jours à 47 mois (moyenne de 5,4 mois). Ce sont des garçons dans une proportion de 57,1 %, les enfants sont de race blanche pour 71,5 % d’entre eux, et l’âge gestationnel moyen est de 32,2 ± 5,4 semaines. La prématurité (soit, moins de 35 semaines d’âge gestationnel) est le seul motif d’administration du palivizumab pour 3 480 bébés (70,6 %), tandis que la prophylaxie est indiquée pour cause d’administration d’oxygène dans 397 cas (8,1 %), de cardiopathie congénitale pour 468 d’entre eux (9,5 %) et en raison de la présence d’autres facteurs de risque, dont un trouble du système nerveux central, une anomalie respiratoire ou la mucoviscidose, dans 572 cas (11,6 %). Le nombre d’injections moyen s’établit à 3,7 ± 1,5, et 17 909 doses du médicament ont été administrées en tout et pour tout. Seulement 6,2 % des bébés ont cessé le traitement avant terme. Des effets indésirables graves, aucun n’a été imputé de près ou de loin au palivizumab. Les enfants hospitalisés sont au nombre de 296 ; ensemble, ils sont à l’origine de 351 hospitalisations pour cause d’infection respiratoire (taux d’hospitalisation de 6,0 %), et il y a des différences significatives entre les indications (khi carré = 32,7; P < 0,005). Le taux d’hospitalisation motivée par une infection au VRS n’est que de 1,1 %.

Conclusion : Le taux d’hospitalisation pour cause d’infection par le VRS dans les saisons 2006 à 2009 est inférieur à celui mentionné dans plusieurs rapports publiés (gamme de 1,3 % à 5,3 %). La baisse du taux d’hospitalisation tiendrait à divers facteurs, notamment la fidélité à la prophylaxie par le palivizumab, la variabilité des caractéristiques épidémiologiques du VRS, les critères d’hospitalisation et sensibilisation sur la prévention.

La chirurgie assisté par robot da Vinci en gynécologie oncologique

  • Présentateur : Dr Luigi Lapanto, Centre hospitalier de l'Université de Montréal
  • Coauteurs : Dr Mouhcine Nassef, Centre hospitalier de l'Université de Montréal

Contexte : Les robots da Vinci sont de plus en plus utilisés par les chirurgiens dans différentes spécialités, notamment en gynécologie.

Objectifs : Évaluer l’efficacité clinique, l’innocuité et l’efficience de l’utilisation du robot da Vinci en gynécologie oncologique en comparaison à la laparoscopie et à la laparotomie.

Méthodologie : L’information sur l’efficacité clinique et les coûts rattachés à l’utilisation du robot da Vincien gynécologie oncologique provient d’une série d’études publiées à ce sujet.

Résultats : En l’absence d’études randomisées et d’évaluation économique, les résultats de la présente étude sont basés sur des séries de cas. Les études recensées montrent une supériorité indéniable des chirurgies robotiques par rapport à l’approche laparotomique en termes d’efficacité clinique dans des indications telles que le cancer de l’endomètre et le cancer du col utérin. L’utilisation du robot da Vinci permet de réduire la durée moyenne d’hospitalisation de 5 jours à 1 journée, le volume moyen des pertes sanguines de 300 ml à 100 ml ainsi que le nombre de transfusion qui a diminué de la moitié.

Cependant, on ne note pas de différence significative entre la chirurgie robotique et laparoscopique. Enfin, le coût d’une chirurgie robotique est supérieur à celui d’une laparotomie. En moyenne, une myomectomie robotique coûte 18.000 USD de plus que celle effectuée par laparotomie.

Conclusion : Le robot da Vinci offre des avantages pour le clinicien (de visualisation du champ opératoire et  ergonomie). Les patientes bénéficient d’une durée d’hospitalisation plus courte et une réduction des complications per- et postopératoires. Toutefois, les coûts élevés du robot constituent un obstacle important à son acquisition surtout dans un contexte d’absence de données probantes quant à l’efficacité, l’innocuité et l’efficience de cette technologie.

Comment repérer des données probantes à l’appui de la prise de décisions en deux heures tout au plus!

  • Présentatrice : Hayley Fitzsimmons, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)
  • Coauteurs : Emmanuel Nkansah, Carolyn Spry, Jessie Cunningham et Ray Banks, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)

L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) s’est dotée d’un programme d’examen rapide, le Service d’information sur les technologies de la santé (SITS), qui repère et transmet des données probantes aux fournisseurs de services de santé au Canada afin d’éclairer la prise de décisions. Les produits d’information du Service vont de la liste de références à l’évaluation approfondie des données probantes les plus concluantes sur le sujet en question. La liste de références (bibliographie ordonnée selon la qualité des données probantes) représente le produit d’information livré le plus rapidement, soit en quelques jours. De plus en plus, le Service reçoit des demandes d’information extrêmement pressantes pour lesquelles le délai de réponse est bien souvent une question d’heures. Pour être en mesure de satisfaire ces demandes, les spécialistes de l’information ont examiné leur liste des 50 sites Web de référence pour en déterminer les 12 meilleurs.

Objectif : Dans les près de 50 sites Web consultés par l’ACMTS pour répondre rapidement aux demandes de renseignements, relever les sites Web les plus susceptibles de renfermer une vaste gamme de données probantes de bonne qualité, qui se révéleraient ainsi les meilleures sources d’information apportant des réponses aux demandes d’information pressantes devant être traitées la journée même.

Méthode : Examen d’un échantillon aléatoire de 20 rapports du SITS dans la période de 2008 à 2009 pour recenser les sites Web d’où proviennent les rapports ou articles mentionnés dans le rapport final du SITS. Puis, recension des sites Web les plus fréquemment consultés, classés selon la fréquence de consultation. Les spécialistes de l’information devaient faire ressortir de la liste les 12 sites les plus utiles dans une recherche d’information rapide. Ces 12 sites ont eu préséance les autres sites de la liste.

Résultats : C’est PubMed qui a repéré les articles qui paraissent dans 90 % des rapports du SITS formant l’échantillon examiné ; c’est également le site jugé le plus utile par les spécialistes de l’information. Les 12 sites les plus utiles selon les spécialistes sont les bases de données PubMed, Centre for Reviews and Dissemination, The Cochrane Library et TRIP, les organismes d’évaluation des technologies de la santé AHRQ, ANZHSN, NICE et ICSI, et les référentiels de lignes directrices NGC, Infobase de l’ACM, Aetna et SIGN.

Conclusion : La demande pressante de données probantes à l’appui de la prise de décisions sur des technologies de la santé ne laisse pas le temps suffisant pour effectuer des recherches documentaires exhaustives. Les spécialistes de l’information ont recensé les 12 sites Web les plus utiles dans une recherche d’information rapide en vue de répondre le jour même à une demande d’information pressante

La comparaison de traitements mixtes dans la formulation de recommandations sur l’utilisation optimale des médicaments

  • Présentateur : Sumeet Singh, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)

La méta-analyse de comparaisons de traitements mixtes (CTM) constitue un outil méthodologique puissant dans la synthèse de données probantes à l’appui de la décision stratégique ou thérapeutique reposant sur la prise en considération de plusieurs solutions thérapeutiques. Malgré cela, les recommandations ou les décisions d’ordre stratégique ne s’appuient que rarement sur les résultats de CTM. La présentation aborde l’expérience de l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) dans le recours à la méta-analyse de CTM en vue de formuler des recommandations sur l’utilisation optimale des antidiabétiques de deuxième intention dans le traitement du diabète de type 2 non maîtrisé par la metformine et souligne les principaux aspects de l’application des résultats de CTM dans la prise de décisions. La présentation s’adresse aux personnes qui formulent des recommandations, définissent des principes directeurs ou établissent des programmes ayant trait aux thérapeutiques pour lesquelles plusieurs solutions sont offertes. Elle est structurée comme suit : une brève introduction sur le Service canadien de prescription et d’utilisation optimales des médicaments (SCPUOM) et sur le projet d’évaluation des antidiabétiques de deuxième intention, un aperçu de la méthode de la méta-analyse de CTM, certaines idées courantes sur cette méthode et sur les obstacles entravant son adoption, les défis à surmonter par un comité d’experts dans la promotion de cette méthode, l’intégration des résultats de CTM à la méthode GRADE de formulation de recommandations, la démarche de formulation de recommandations fondées sur les résultats de CTM et les principaux éléments d’un cadre d’application des résultats de CTM à la formulation de recommandations.

La connaissance de vos antécédents familiaux pourrait vous sauver la vie grâce à la technologie de l’information qui relie l’information familiale et le génotype afin de prévenir la mort cardiaque subite

  • Présentatrices : Catherine Street et Astrid Perrot-Daley, Memorial University of Newfoundland
  • Coauteurs : Dre Kathy Hodgkinson, Dre Terry-Lynn Young, DRoy West, DProton Rahman et Dr

Daryl Pullman, Memorial University of Newfoundland

La mort cardiaque subite (MCS) a d’énormes répercussions sur les structures sociales et sur la santé et le bien-être de nombreuses familles et collectivités. La mutation à l’origine d’un groupe génétique de MCS (cardiomyopathie ventriculaire droite arythmogène de type 5) est connue, et il est désormais possible de la repérer par analyse génétique. Un défibrillateur converteur est implanté chez les porteurs de la mutation. Cette intervention prophylactique a sauvé plusieurs vies.

Les généticiens et les cardiologues savent bien qu’il y a encore beaucoup de familles où cette mutation se transmet qui ne savent pas qu’elles sont à risque. Par le passé, retracer la généalogie et les antécédents familiaux a toujours été une entreprise fastidieuse s’étendant sur des mois, voire des années. Beaucoup de personnes à risque peuvent mourir dans l’intervalle. Le Population Therapeutics Research Group (PTRG), de concert avec l’Agence de la statistique de Terre-Neuve-et-Labrador, a tiré parti de l’Infrastructure de recherche sur le Canada au XXsiècle pour développer une plateforme de technologie de l’information à la fine pointe sur la transmissibilité héréditaire qui établit des généalogies familiales en puisant l’information dans le recensement et d’autres fichiers historiques de Terre-Neuve-et-Labrador. Grâce au logiciel connexe breveté, KINNECT, le groupe PTRG peut mettre sur pied des arbres généalogiques en quelques heures. Il peut ainsi identifier les personnes à risque qui ne sont pas connues des organismes de services de santé. Cette identification soulève des questions éthiques importantes.

La présentation, qui s’adresse aux cliniciens, aux chercheurs et aux spécialistes de la technologie de l’information, souligne l’utilité de la plateforme de technologie de l’information sur la transmissibilité héréditaire dans le recensement de personnes et de familles à risque de MCS ainsi que les considérations éthiques qui en découlent.

Les coûts de la chute causant des blessures chez les personnes âgées

  • Présentateur : John Woolcott, Faculté des sciences pharmaceutiques, Université de la Colombie-Britannique
  • Coauteurs : DKarim Khan, Département de médecine familiale, Université de la Colombie-Britannique ; DAslalm Anis, École de la santé des populations et de la santé publique, Université de la Colombie-Britannique ; DCarlo Marra, Faculté des sciences pharmaceutiques, Université de la Colombie-Britannique

Objectif : La chute représente la principale cause d’hospitalisation pour motif de blessure dans la population âgée ; plus du tiers de cette population est victime d’une chute chaque année. Par le passé, les études ont déterminé le coût de ces chutes en examinant des données administratives, qui ont la réputation de sous-estimer l’incidence des chutes. Notre étude prévoit la collecte d’information prospective sur les personnes âgées victimes d’une chute qui se présentent aux urgences dans le but d’évaluer les coûts des chutes causant des blessures du point de vue du fournisseur de services de santé.

Méthode : L’analyse est précédée d’une collecte prospective de données sur des personnes âgées de 70 ans ou plus se présentant aux urgences de l’Hôpital général de Vancouver en raison d’une chute. Nous n’avons pas pris en considération les personnes dont la fonction cognitive décline, ni celles incapables de lire ou d’écrire l’anglais. Les données ont trait aux soins prodigués, y compris les consultations et les évaluations médicales ou spécialisées, à la durée du séjour aux urgences ou à l’hôpital, aux interventions hospitalières, aux examens de radiologie et aux analyses de laboratoire. Les coûts unitaires proviennent d’un modèle de répartition intégrale des coûts hospitaliers.

Résultats : Les données collectées portent sur 100 visites aux urgences en raison d’une chute. Le diagnostic le plus fréquent est celui de fracture de la hanche (n = 16), puis viennent les diagnostics de fracture au haut du corps (n = 12) et de lacération (n = 11). Des victimes d’une chute, 38 ont subi des blessures qui ont nécessité l’hospitalisation ; la durée de séjour moyenne est de 40 jours (médiane de 29 jours, écart de 2 à 143 jours). Pour ce qui est des personnes retournant dans la collectivité au départ du service des urgences (n = 62), le coût moyen s’élève à 648 $ (médiane de 780 $, écart de 51 $ à 1 670 $). Quant aux personnes hospitalisées pour cause de blessures, le coût moyen est de 27 414 $ (médiane de 25 755 $, écart de 2 198 $ à 87 220 $).

Conclusion : Dans la population croissante des personnes âgées au Canada, les chutes entraînent des coûts considérables. Le coût de l’hospitalisation pour cause de chute dépasse les 27 000 $, d’où la nécessité de se concentrer sur la prévention des chutes et la réduction des facteurs de risque.

Coûts liés aux soins de santé au fil de l’histoire naturelle de l’infection par le VPH : estimation par une étude populationnelle

  • Présentateurs : Orges Ormanidhi et Ba’ Pham, Toronto Health Economics and Technology Assessment (THETA) Collaborative
  • Coauteurs : DLawrence Paszat, Institut de recherche en services de santé ; Dr Chris Bauch, Université de Guelph ; DMurray Krahn, Toronto Health Economics and Technology Assessment (THETA) Collaborative

Contexte : Les coûts estimatifs, déterminés par des études populationnelles, qui sont pris en considération dans les modèles de l’histoire naturelle de l’infection par le papillomavirus humain (VPH) reflètent l’étendue réelle du dépistage et de l’utilisation des services thérapeutiques. Ces estimations peuvent rehausser la fidélité des modèles mathématiques.

Objectifs : Estimer les coûts totaux liés aux soins de santé et les coûts de l’infection par le VPH, de la dysplasie cervicale et du cancer du col de l’utérus, et préciser les éléments de coût au long de l’évolution de la maladie.

Méthode : Estimation des coûts médicaux directs du cancer du col invasif (CCI), du traitement de la dysplasie cervicale de stade 2 ou 3 et de l’infection par le VPH (dysplasie cervicale de haut grade, mais sans traitement) en Ontario dans la période allant de 2000 à 2008 par l’examen de données administratives. Les coûts imputables à la maladie sont estimés en comparant les coûts de cas de la maladie et les coûts de témoins appariés (en fonction de l’âge, du statut socioéconomique et du score Charlson). La période en observation est répartie en trois phases : avant le diagnostic (les six mois précédents), deux consultations annuelles de suivi et la phase terminale (les six mois précédant le décès). Des estimations de coût précises ont été établies dans ces trois phases.

Résultats : Les résultats préliminaires indiquent que le cancer du col de l’utérus est fréquent chez les femmes lorsque le dépistage est rare ou inexistant, et les coûts augmentent au fil de l’histoire naturelle de la maladie et ils sont les plus élevés à deux moments : au diagnostic de cancer et au décès par cancer.

Conclusion : L’estimation par étude populationnelle des coûts liés aux soins de santé rehausse la validité de notre modèle de réseau sexuel qui peut ainsi estimer avec fiabilité le gain d’efficience que procure un programme de dépistage par rapport à un autre en cette ère de la vaccination. Une telle méthode d’estimation illustre mieux les conséquences de l’infidélité au dépistage et représente une solution de rechange avantageuse aux méthodes usuelles d’estimation des coûts reposant sur le calcul des coûts individuels des interventions, des services et de l’utilisation des ressources selon les lignes directrices de pratique clinique.

Les critères de substitution dans la prise de décisions en ETS

  • Présentateur : Michael Marentette, Merck
  • Coauteurs : DRakhee Modha, Maria Sedelnikova, Kevin Lock et Paul Howard, Heron Health

Objectifs : Les données sur l’efficacité établie en fonction de critères de substitution peuvent indiquer des effets thérapeutiques bénéfiques des années avant que ne paraissent des données probantes sur les critères cliniques véritables. Nous présentons ici les principales constatations d’une étude examinant l’utilisation et l’impact de critères de substitution dans la prise de décisions par des organismes d’évaluation des technologies de la santé (ETS).

Méthode : Nous avons passé en revue les rapports d’évaluation publiés par sept organismes d’ETS (AHRQ, ACMTS, HAS, IQWiG, NICE, SMC et PBAC) dans la période de 2004 à 2009. Pour que l’étude ne soit pas d’une ampleur démesurée, nous nous concentrons sur les maladies dont les répercussions sont considérables (maladie cardiovasculaire [MCV], diabète, VIH, cancer et ostéoporose). Pour être certains de disposer de données approfondies aux fins de comparaison, nous n’avons retenu que les sources offrant de l’information suffisante tant sur le plan du nombre de rapports que sur la richesse du contenu.

Résultats : Nous avons examiné environ 10 % des évaluations retenues. Dans l’ensemble, 52 % des évaluations dans la MCV, 70 % des évaluations dans le diabète, 81 % des évaluations dans le VIH, 40 % des évaluations en oncologie et 67 % des évaluations dans l’ostéoporose s’en remettent à des critères de substitution comme il est indiqué à la partie des recommandations du rapport. En règle générale, l’analyse coût-efficacité s’appuyant sur des données d’efficacité établie en fonction de critères de substitution est admise dans le VIH et le diabète, et dans la MCV et l’oncologie sous certaines réserves. Le degré de détail justifiant les recommandations varie d’un organisme à un autre. NICE au Royaume-Uni est l’organisme qui offre l’information la plus précise, tandis que SMC est celui qui offre l’information la moins précise.

Conclusion : Parmi les organismes d’ETS dont il est question ici, HAS juge acceptable l’utilisation de critères de substitution, tandis que SMC, PBAC et l’ACMTS font preuve de circonspection à ce sujet dans certaines maladies.

Écart de prévalence de l’hypertension entre des secteurs résidentiels de niveau de revenu différent : étude populationnelle

  • Présentateur : DMingfu Liu, Services de santé Alberta
  • Coauteurs : DStafford Dean et Ceris Bird, Services de santé Alberta ; DHude Quan et Dre Nathalie Jetté, Université de Calgary

L’hypertension est un trouble cardiovasculaire qui peut entraîner la coronaropathie, l’insuffisance cardiaque globale et l’accident vasculaire cérébral (AVC) ; la maladie a de ce fait des répercussions sur l’utilisation des services de santé. L’objectif de l’étude consiste à examiner la disparité de la prévalence de l’hypertension dans des secteurs résidentiels de niveau de revenu différent d’une grande région.

La population à l’étude se compose des résidents de la région sanitaire de Calgary, âgés de 35 ans ou plus. La période à l’étude englobe les exercices 1996 et 1997 et les exercices 2002 et 2003. Le recensement des personnes atteintes d’hypertension dans les bases de données des demandes de règlement de services médicaux et des congés hospitaliers se fonde sur les codes 401.x, 402.x, 403x, 404.x et 405.x de la CIM9-MC et les codes I10.x, I11.x, I12.x, I13.x et I15.x de la CIM-10CA. Une étude de plus grande envergure fait appel à plusieurs définitions de cas. Pour les besoins de notre étude sur la disparité, nous avons appliqué la règle d’un code de demande de règlement dans l’année à l’exercice 2002.

Il y a manifestement une disparité de la prévalence brute de l’hypertension dans les secteurs résidentiels ; le quotient de valeurs extrêmes est de 1,65 (33,49 % ÷ 20,29 %). Une fois standardisé en fonction de l’âge et du sexe, le quotient est toujours de 1,38 (30,82 % ÷ 22,22 %). Des cartes SIG mettent en évidence une tendance à la baisse de l’hypertension d’est en ouest dans les secteurs résidentiels. L’écart de revenu familial médian, établi d’après le recensement de 2001, est également remarquable, comme l’illustre le quotient des valeurs extrêmes de 2,35 (109 236 $ ÷ 46 518 $). À l’échelle communautaire, plus le revenu familial augmente, plus l’hypertension diminue, et la corrélation s’approche du seuil de la signification statistique (P = 0,0774).

L’étude révèle que la prévalence de l’hypertension est plus élevée dans les collectivités défavorisées sur le plan économique qu’ailleurs. Cette constatation s’avérera utile dans la planification et l’offre de services de santé dans une optique d’optimisation économique des services de santé.

L’échange des connaissances, nous savons ce que c’est, mais qu’en est-il de son impact?

Présentatrice : Nancy Robertson, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)

La présentation comporte trois objectifs :

  • démontrer que l’échange des connaissances exerce un impact (positif) ;
  • illustrer que la planification de l’échange des connaissances favorise la production d’un impact ;
  • souligner l’effet du plan d’activités d’échange des connaissances prédéterminées sur la surveillance, l’analyse et le compte rendu de l’impact.

La présentation s’adresse aux intervenants qui se voient de plus en plus dans l’obligation de rendre compte de l’impact de leurs initiatives. Ce sont par exemple des chercheurs, des professionnels de l’échange des connaissances ou des gestionnaires du système de santé chargés d’illustrer l’adoption ou l’impact de leurs activités ou programmes.

En examinant le plan d’échange des connaissances relatif au rapport de l’ACMTS : Étude méthodique et analyse coût-efficacité de la cytologie en phase liquide dans le dépistage du cancer du col de l’utérus, la présentation décrit un processus qui gagne en profondeur et en portée avec le temps. Sur l’impulsion de la première initiative d’échange des connaissances prévue, d’autres ont suivi. Cette chaîne d’initiatives a exercé un impact (positif) à bien des égards comme en témoigne le fait que :

  • les décideurs ont manifesté de l’intérêt envers le sujet ;
  • les décideurs ont participé activement à la discussion sur les constatations du rapport ;

les décideurs étaient enthousiastes à l’idée d’appuyer leurs décisions sur les données probantes.

L’échographie exécutée par l’urgentologue

  • Présentatrice : Gord Blackhouse, Programs for Assessment of Technology in Health (PATH), Université McMaster
  • Coauteurs : Kathryn Gaebel, Programs for Assessment of Technology in Health (PATH), Université McMaster et St. Joseph's Healthcare; Kellee Kaulback, Diana Robertson et Dr Feng Xie, Programs for Assessment of Technology in Health (PATH), Université McMaster

Dans son énoncé de politique de 2001, l’American College of Emergency Physicians estime qu’un grand nombre de troubles ou d’affections constituent des indications primaires de l’échographie aux urgences. Les premiers essais cliniques américains sur le sujet n’ont pas eu lieu dans un service des urgences et l’Américain qui en a tiré des conclusions n’est pas un urgentologue.

Objectif : L’objectif consiste à rechercher des données probantes permettant de déterminer si l’échographie exécutée par un médecin non radiologiste dans un petit service des urgences se révèle un outil diagnostique efficace.

Méthode : Étude méthodique dans le but de recenser les évaluations de la technologie de la santé, les études systématiques, les méta-analyses, les essais cliniques comparatifs et randomisés et les essais cliniques comparatifs publiés dans les cinq dernières années.

Résultats : La recherche documentaire s’est soldée par la recension de neuf essais cliniques et de deux études systématiques. Les indications primaires dans ces publications sont le traumatisme, la thrombose veineuse profonde, la douleur, l’hypotension indifférenciée et l’intervention sous guidage échographique. Les essais concernant les interventions sous guidage échographique ont eu lieu dans de petits services des urgences, et le taux de réussite de la canulation sous guidage échographique est bien plus grand que celui des techniques usuelles. La sensibilité et la spécificité de l’échographie exécutée par un urgentologue dans le diagnostic du traumatisme et de la thrombose veineuse profonde sont élevées, du même ordre que lorsqu’un radiologiste interprète l’examen. La possibilité d’effectuer une échographie dans le cas de la douleur pelvienne afin d’établir le diagnostic a donné de l’assurance au médecin, et la technique s’est révélée particulièrement utile quand la personne aux prises avec cette douleur est obèse.

Conclusion : Les diagnostics établis sur la foi de l’échographie exécutée par un urgentologue sont comparables à ceux posés sur la foi d’une échographie exécutée par un radiologiste. L’échographie se révèle un outil efficace dans les mains des urgentologues, que le service des urgences soit de petite ou de grande envergure.

L’effet des examens provinciaux sur le délai de remboursement

Présentateur : George Wyatt, Wyatt Health Management

Le Programme commun d’évaluation des médicaments (PCEM) a vu le jour dans l’espoir de diminuer le chevauchement des efforts et d’offrir un accès égal à des données probantes de haute qualité et à de l’expertise sur les médicaments, pour ainsi contribuer à améliorer la qualité et la viabilité des régimes d’assurance-médicaments au pays. » Pourtant, plusieurs provinces procèdent encore à leurs propres évaluations même si elles participent au PCEM. La présentation décrira les examens provinciaux et illustrera leur effet sur le délai de remboursement.

L’enveloppe budgétaire et le taux révélé de préférence collective pour le présent en ce qui a trait à la santé

  • Présentateur : Mike Paulden, Toronto Health Economics and Technology Assessment (THETA) Collaborative
  • Coauteur : Karl Claxton, Centre for Health Economics, University of York

La prise de décisions appropriées fondées sur l’évaluation de la rentabilité des technologies de la santé est fonction du seuil de rentabilité et de son taux d’augmentation ainsi que du taux de préférence collective pour le présent en ce qui a trait à la santé. La méthode décisionnelle sociale conçue pour les besoins de l’étude démontre que le taux de préférence collective pour le présent en matière de santé est révélé par les crédits budgétaires accordés par la plus haute instance légitime de la société en question. Les auteurs examinent la relation entre les préférences collectives pour le présent en matière de santé, le taux d’augmentation du seuil de rentabilité et le taux d’emprunt ou d’investissement de l’instance suprême.

Nous faisons valoir que le taux de préférence collective pour le présent en matière de santé est sous-entendu dans l’enveloppe budgétaire et dans la fonction de production de services de santé dans chaque période. Ainsi, le taux de préférence collective pour le présent en santé ne dépend pas du taux de préférence collective pour le présent dans la consommation, ni de la croissance de l’indice de la consommation en santé, mais bien de l’augmentation du seuil de rentabilité et du taux d’intérêt à l’épargne ou à l’emprunt de l’instance suprême entre les périodes. Nous examinons ensuite le retentissement sur l’actualisation et les politiques d’organismes comme le National Institute for Health and Clinical Excellence.

Évaluation de l’exérèse transanale par microchirurgie endoscopique (TEM)

  • Présentateur : DAlain Lapointe, Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM)
  • Coauteurs : Maurice McGregor, Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ; DLuigi Lepanto, Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM)

Près de 40 % de la population occidentale présenteront des polypes ou des adénomes bénins, qui se prêteront pour 90 % d’entre eux à la polypectomie coloscopique. Dans la mesure du possible, l’exérèse circonscrite est préférable à l’exérèse totale pour préserver le sphincter et éviter la colostomie permanente.

Objectif : Évaluer l’efficacité clinique, l’innocuité et le coût de l’exérèse transanale par microchirurgie endoscopique (TEM) dans l’ablation des tumeurs rectales.

Méthode : L’évaluation de la morbidité, de la mortalité et de la récurrence par suite de cette intervention repose sur une analyse documentaire. L’analyse de coût se fonde sur des données hospitalières.

Résultats : En l’absence d’essais cliniques comparatifs et randomisés, il est impossible de tirer une conclusion définitive sur la récurrence tumorale après exérèse par microchirurgie endoscopique sur la foi des données actuelles. Toutefois, le consensus veut que le taux de récurrence des tumeurs T1 soit comparable à celui de l’exérèse totale et que les taux de morbidité et de mortalité associés à la microchirurgie endoscopique soient inférieurs à ceux de l’exérèse totale. D’après les coûts en vigueur au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), l’intervention TEM coûte 7 538 $ de moins que l’intervention usuelle. Il faut savoir cependant que l’adoption de la TEM au détriment de l’ablation chirurgicale totale ne produira pas d’économies budgétaires pour l’hôpital, mais qu’elle accroîtra l’efficience.

Conclusion : L’analyse documentaire indique que la récurrence tumorale (tumeurs T1) par suite de l’exérèse transanale par microchirurgie endoscopique est la même que dans l’exérèse totale, alors que la morbidité et la mortalité sont moindres. Du point de vue de l’hôpital, la prise en charge par cette intervention (TEM) coûterait moins cher que la pratique actuelle.

Évaluation d’outils novateurs d’application des connaissances issues de la recherche sur l’exercice de la pharmacie

  • Présentatrice : Dre Marie-Anik Gagné, Association des pharmaciens du Canada (APhC)
  • Coauteure : Kelly Hogan, Association des pharmaciens du Canada (APhC)

Contexte : Il est possible d’améliorer la santé et la sécurité de populations en optimisant l’utilisation des médicaments et les fonctions exercées par les professionnels de la santé. Pour y parvenir, il est essentiel de combler l’écart entre la recherche, les politiques et la pratique.

But : Les pharmaciens forment le troisième groupe de professionnels de la santé le plus nombreux au Canada. Des pharmaciens chefs de file consacrent leur carrière à la recherche sur l’exercice de la profession afin de circonscrire les fonctions du pharmacien les plus susceptibles d’améliorer l’état de santé de la population. La documentation sur l’application des connaissances confirme que la prise de décisions de nature économique ou sur les ressources humaines, les technologies de la santé ou la pharmacothérapie repose sur des données probantes claires et concises, issues de la recherche, qui appuient l’élaboration des politiques.

Méthode : L’Association des pharmaciens du Canada (APhC) publie deux bulletins d’information, the Translator et Live Links, pour favoriser l’application des connaissances issues de la recherche sur l’exercice de la pharmacie dans le domaine des politiques de santé. Chacun des numéros trimestriels de Translator résume quatre comptes rendus de recherche sur l’exercice de la pharmacie et en souligne l’incidence stratégique. Cyberbulletin trimestriel, Live Links résume la recherche actuelle sur l’exercice de la profession à l’échelle internationale. Cette publication diffuse de la recherche et de la littérature grise pertinentes ayant fait l’objet d’un examen par des pairs.

Résultats : L’évaluation de l’utilisation de Live Links et de the Translator indique que, bien que l’accueil réservé à ces outils d’application des connaissances soit enthousiaste, leur degré d’utilisation aurait intérêt à augmenter.

Discussion : Afin de mieux savoir comment améliorer l’utilisation de ces outils de diffusion des connaissances, nous effectuerons des entrevues sélectives afin de déterminer les besoins des utilisateurs ainsi que d’autres analyses des pratiques exemplaires de diffusion dans notre auditoire cible.

Évaluation économique du rituximab dans le traitement de première intention de la leucémie lymphoïde chronique au Canada

  • Présentatrices : Donna Lawrence, I3 Innovus
  • Coauteurs : Fakher Aissa, Hoffmann La-Roche, Canada ; Rick Aultman et DrEmma Carr, Hoffmann La-Roche, Suisse ; Dr Douglas Stewart, Université de Calgary; Margaret Hux, I3 Innovus

Objectif : La leucémie lymphoïde chronique (LLC) est la forme de leucémie de l’adulte la plus fréquente. L’évaluation économique compare, sous l’angle du rapport coût-efficacité, trois régimes thérapeutiques dans le traitement de première intention de la LLC : le rituximab associé à la fludarabine et à la cyclophosphamide (R-FC), la fludarabine et la cyclophosphamide (FC) et le chlorambucil.

Méthode : Par une modélisation Markov structurée selon les données de l’essai clinique CLL8, nous établissons le rapport coût-efficacité pour un système de santé canadien du régime R-FC administré à des personnes atteintes de LLC n’ayant pas encore subi de traitement, par rapport au régime FC. Selon l’essai CLL8, le régime R-FC procure 10,6 mois de plus de survie libre de progression de la maladie (P < 0,001). Les données de cet essai ont fait l’objet d’analyses modélisées examinant l’utilisation des médicaments anticancéreux, la survie et la survie libre de progression, les effets indésirables, l’utilisation des ressources dans le traitement de la maladie évoluée, la greffe de moelle osseuse et la transfusion sanguine. Les probabilités de transition d’un état à un autre sont issues de l’application du modèle Weibull aux courbes de survie libre de progression, et nous avons supposé que les décès dans la phase évolutive sont en nombre égal dans les deux groupes. Les coefficients d’utilité des états de santé et les prix unitaires des ressources sont tirés de la documentation publiée ou de sources canadiennes réputées. L’évaluation du régime R-FC comparativement au chlorambucil repose sur une comparaison indirecte établie en se fondant sur les données de l’essai clinique CLL4 qui constate que l’association FC améliore de beaucoup la survie libre de progression en cinq ans par rapport au chlorambucil.

Résultats : Durant l’horizon viager limité à 15 ans, le régime R-FC se traduit par 8,6 mois pondérés par la qualité supplémentaires au coût de 20 234 $ en moyenne, à savoir 28 315 $ l’année de vie pondérée par la qualité (QALY) gagnée. La comparaison indirecte avec le chlorambucil aboutit à la constatation voulant que le régime R-FC produise un gain moyen de 17,9 mois pondérés par la qualité au coût de 22 754 $ la QALY gagnée.

Conclusion : Le régime R-FC est rentable selon la gamme de coûts de la QALY généralement admise au Canada comparativement au régime FC et au chlorambucil.

Évaluation qualitative de l’étude de l’Initiative canadienne de recherche sur la maladie de Fabry

  • Conférencier : Mark Embrett, IWK Health Centre
  • Coauteurs : Neil MacKinnon et Tom Rathwell, Université Dalhousie ; Daryl Pullman, Memorial University

Contexte : L’étude de l’Initiative canadienne de recherche sur la maladie de Fabry (ICRMF), d’envergure pancanadienne, a pour objectif d’évaluer l’efficacité clinique de deux solutions thérapeutiques dans la rare maladie de Fabry.

Objectifs : Évaluer l’étude de l’ICRMF d’après l’opinion d’intervenants clés, déterminer le bien-fondé et l’utilité de l’étude et offrir de la rétroaction sur ce sujet aux intervenants en quête de cette information.

Structure de l’étude et méthode : L’étude fait appel à une méthode qualitative théorique appliquée à la transcription d’entrevues en vertu d’une structure holistique inductive, et à une analyse de contenu. De mai à juin 2009, nous avons interrogé des intervenants clés, à savoir des patients, des chercheurs de l’ICRMF, des représentants des administrations publiques provinciales et de sociétés pharmaceutiques, à  propos de leur expérience dans le cadre de l’ICRMF. Par l’analyse de contenu, nous avons fait ressortir les éléments de sens et les points communs fondamentaux.

Résultats : Nous avons interrogé 18 personnes. L’analyse des sous-groupes constate que les patients sont préoccupés par les restrictions en matière d’accès au traitement inhérentes à l’essai clinique, que les chercheurs de l’ICRMF estiment que la base de données et la surveillance sont essentielles dans le traitement des maladies rares, mais que l’ICRMF ne constitue pas le modèle optimal à cet égard, que les représentants provinciaux jugent que la recherche ne devrait pas être le fondement de l’accès aux médicaments et que les représentants pharmaceutiques sont d’avis que l’ICRMF représente une solution mal adaptée à un problème de financement de médicaments. L’analyse comparative des groupes révèle que l’ICRMF représente une initiative importante au Canada. Toutefois, elle n’est pas la solution aux problèmes posés par le financement des médicaments coûteux destinés au traitement des maladies rares.

Conclusion : L’ICRMF est une solution temporaire à un problème de financement ; aucun des groupes ne se dit totalement satisfait à propos de l’ICRMF ; l’Initiative devrait être remaniée de façon à mieux correspondre aux besoins de chacun des groupes.

La fibrillation auriculaire : étude observationnelle en situation réelle au Québec

  • Présentateur : Jason Guertin, Université de Montréal
  • Coauteurs : Marc Dorais, DAlexis Matteau et DJacques LeLorier, Université de Montréal ; Luc Sauriol, Sanofi-Aventis

Contexte : Les 15 dernières années n’ont pas vu de percées pharmacologiques dans le traitement médical de la fibrillation auriculaire. Voilà peu, l’arsenal pharmaceutique s’est enrichi d’une nouvelle venue, la dronédarone. L’étude populationnelle descriptive en situation réelle est donc d’intérêt pour les cliniciens et les gestionnaires des régimes d’assurance-médicaments qui pourront ainsi déterminer la place de ce médicament.

Méthode : L’étude porte sur un échantillon aléatoire représentant 38 % des 66 540 personnes atteintes de fibrillation auriculaire en vertu d’un diagnostic posé dans la période de janvier 1998 à avril 2009 selon les dossiers de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

Résultats : Les caractéristiques des patients au moment du diagnostic et dans l’année précédente sont les suivantes : médiane (Q1; Q3) : âge 77,5 ans ; score de maladie chronique : 5 (3; 8) ; nombre de jours à l’hôpital : 1 (0; 4) ; visites aux urgences : 2 (1; 3) ; nombre de consultations externes : 9 (5; 15). Les principales affections concomitantes sont l’angine (15 %), l’insuffisance cardiaque (16 %), la valvulopathie (6,5 %) et l’insuffisance rénale (4 %). La mortalité en un an et en cinq ans est respectivement de 14 % et de 36 %. Au cours de l’année suivant le diagnostic, 14 % des personnes de l’échantillon ont subi une cardioversion électrique et 25 % ont été traitées à l’aide d’un antiarythmique, soit l’amiodarone (11,2 %), le sotalol (9,8 %), la propafénone (4,6 %) et la flécaïnide (1,2 %). Seule la flécaïnide a obtenu l’autorisation de commercialisation dans l’indication de la fibrillation auriculaire de Santé Canada.

Conclusion : Au moment du diagnostic de fibrillation auriculaire, la plupart des personnes sont déjà vieilles et malades, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux effets indésirables néfastes des médicaments offerts à l’heure actuelle.

La formule du Café scientifique dans l’échange des connaissances : tirer parti de la culture de la rencontre sans cérémonie pour diffuser les données probantes et faire participer l’auditoire

  • Présentatrice : Kristen Chelak, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)
  • Coauteurs : Bill Leslie, Heidi Staples, Janet Crain et Lisa Farrell, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)

Introduction : La présentation illustre les possibilités et les défis que recèle la formule du Café scientifique en tant que tribune d’échange des connaissances, ainsi que les résultats obtenus, en décrivant l’expérience de l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS). Le Café scientifique est une rencontre intime où le public participe à une conversation à bâtons rompus sur des questions de santé et de science.

Méthode : De concert avec des organismes partenaires et un animateur professionnel, l’ACMTS a tenu deux Cafés scientifiques sur l’importance de l’autosurveillance de la glycémie dans la prise en charge personnelle du diabète, l’un à l’intention des professionnels de la santé et l’autre, du public. La rencontre s’ouvre par un débat d’experts (un médecin de famille, un endocrinologue et un expert en modification comportementale) portant sur la pratique d’autosurveillance de la glycémie à l’heure actuelle et les données probantes à l’appui de cette pratique. Puis, les questions de l’auditoire suscitent une discussion interactive sur le sujet. La rencontre se conclut par l’évaluation, à l’aide d’un questionnaire, des résultats, dont l’intention des participants de modifier leur pratique ou leur comportement.

Résultats : Le Café scientifique s’est révélé une méthode efficace d’échange concret des connaissances. Le débat était ouvert à des personnes d’horizons divers, et la discussion a été fructueuse. Cet évènement a également été l’occasion de préciser que les données probantes ne se limitent pas aux résultats scientifiques, qu’elles englobent de l’information de nature sociétale et économique ayant trait à la gestion des ressources restreintes.

Conclusion : La présentation examine l’application de cette formule d’échange des connaissances afin de diffuser les données probantes et de susciter la discussion dans des groupes clés, dont des praticiens et des patients.

Hausse des coûts des médicaments : comparaison entre le Canada et d’autres pays quant aux dépenses et au financement de la R-D pharmaceutique

  • Présentateur : Tenneille Loo, Université de Toronto
  • Coauteur : DPaul Grootendorst, Université de Toronto

Introduction : En opposant l’augmentation fulgurante des dépenses en recherche et développement (R-D) pharmaceutiques et le nombre stagnant de nouveaux composés chimiques soumis à la Food and Drug Administration (FDA), des études font ressortir une tendance alarmante qui met en péril l’avenir des soins de santé et de l’industrie pharmaceutique.

Objectifs : Évaluer les principaux paramètres modulant les dépenses et le financement par l’élaboration d’une méthode inédite en déterminant les sources de financement (gouvernement et industrie) et les secteurs de dépenses (recherche clinique et recherche fondamentale) dans le domaine de la R-D pharmaceutique. Examiner d’autres sujets exerçant une influence sur la R-D au Canada : la nature des partenariats scientifiques publics ou privés, la législation américaine sur la propriété intellectuelle et le concept d’« innovation ».

Méthode de modélisation : La base de sondage provient d’une base de données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui établit la parité des pouvoirs d’achat et uniformise la valeur en dollars pour les pays pris en considération (Canada, États-Unis, Europe et Japon) dans les périodes de 1991 à 1996 et de 2001 à 2006.

Résultats : À l’échelle mondiale, les États-Unis dépassent l’Europe quant aux dépenses totales ; dans ce pays, le financement de la R-D est plus l’affaire de l’industrie que du gouvernement (alors que c’est l’inverse en Europe). Dans l’ensemble, tous les pays dépensent plus en recherche clinique qu’en recherche fondamentale. Comparativement aux autres pays, le Canada accuse du retard sous tous les aspects ; la disparité entre le financement public et le financement privé est moins accentuée ici qu’ailleurs, et la croissance de la R-D est faible.

Conclusion : Au Canada, les initiatives de transfert de technologie, la promotion de l’innovation et les partenariats privés et publics créent peu à peu un environnement propice à la croissance industrielle. Toutefois, étant donné que le Canada s’apparente aux États-Unis en matière de réglementation et de pratiques de commercialisation, il doit mettre en place des politiques claires sur la propriété intellectuelle et les droits. En outre, comme l’illustre la réussite de l’Europe, l’on postule que l’augmentation du financement public viendrait grossir l’investissement de l’industrie. En s’attaquant aux défis qu’affrontent les décideurs canadiens, la présente analyse pharmacoéconomique distinctive sur l’état de la R-D pharmaceutique au pays souligne les stratégies que le Canada doit adopter pour devenir plus efficient et concurrentiel.

Jumelage de l’évaluation des technologies de la santé et de l’analyse décisionnelle multivariable : mise à l’épreuve de la formule EVIDEM dans la prise de décisions sur la couverture de tramadol par un régime d’assurance-médicaments public au Canada

  • Présentatrices : Donna Rindress, BioMedCom Consultants Inc.
  • Coauteurs : Dre Mireille Goetghebeur, Michele Tony, Dre Monika Wagner et Dre Hanane Khoury, BioMedCom Consultants Inc. ;

DPaul Oh, Institut de réadaptation de Toronto

Objectif : Mettre à l’épreuve la formule EVIDEM d’analyse décisionnelle multivariable dans la prise de décisions par un payeur public du secteur de la santé au Canada.

Méthode : Le tramadol dans l’indication de la douleur chronique non cancéreuse devient l’objet de l’étude de cas pertinente pour un payeur public du secteur de la santé au Canada. Le schéma décisionnel comporte 15 éléments décisionnels quantifiables répartis en six domaines ainsi qu’un volet qualitatif composé de six éléments décisionnels non quantifiables. Les auteurs ont procédé à une analyse documentaire approfondie afin de rédiger un compte rendu qui examine chacun des éléments décisionnels. Ils ont collecté et analysé des données du domaine public et du payeur en question, puis ils ont synthétisé les résultats de leur analyse.

Résultats : La structure décisionnelle incorpore des données agrégatives sur l’intensité de la douleur chronique non cancéreuse et le nombre de personnes touchées, les lignes directrices de pratique clinique et les limites des interventions actuelles, l’amélioration que procure le tramadol sur les plans de l’efficacité, de l’innocuité et des paramètres évalués par le patient, ainsi que sur la nature des bienfaits du médicament. Les données probantes d’ordre clinique étaient pertinentes et valides dans une proportion moyenne. L’information économique sur les répercussions du tramadol sur les dépenses de médicaments et d’autres dépenses et sur son rapport coût-efficacité est limitée. La structure décisionnelle tient compte également de considérations éthiques (utilité, efficience et équité), de la capacité du système et du risque d’utilisation inappropriée, des pressions que pourraient exercer des intervenants et des contextes politique et historique. La présentation examine la comparaison entre cette formule et le processus décisionnel actuel du payeur public selon le test bêta.

Conclusion : Le schéma d’analyse décisionnelle multivariable permet la prise en compte transparente de tous les éléments décisionnels et des données probantes fondamentales. Il est nécessaire cependant de poursuivre la mise à l’épreuve et de valider davantage cette formule avant de l’appliquer dans la prise de décisions dans le secteur de la santé.

Le lien entre la gravité de la maladie et le coût de la prestation des soins aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer au Canada

  • Présentateur : Derrick Tam, Université de Toronto
  • Coauteurs : DNathan Herrmann, Sunnybrook Health Sciences Centre ; Dre Krista Lanctôt, Medical Outcomes and Research in Economic (MORE) ; Nadia Lesnikova, Robert Sambrook et Robert Balshaw, Syreon Corporation

Contexte : L’objectif de l’étude consiste à déterminer le lien entre le coût de la prise en charge de la personne atteinte de maladie d’Alzheimer (MA) dans la collectivité et la gravité de la maladie.

Méthode : L’étude d’observation naturaliste triennale Canadian Outcomes Study in Dementia (COSID) a recruté des personnes atteintes de MA légère ou modérée résidant dans la collectivité. Elle évalue l’état des participants en fonction des paramètres suivants : la gravité globale [Global Deterioration Scale [GDS]), la cognition (mini-examen de l’état mental) et l’exécution des activités de la vie quotidienne (AVQ) (système de mesure de l’autonomie fonctionnelle). Par un questionnaire sur l’utilisation des ressources, elle établit les coûts directs (médicaux et autres) et les coûts indirects. Les coûts au moment de référence sont comparés avec les coûts au moment du suivi, puis l’étude détermine la corrélation entre les coûts et la gravité de la maladie.

Résultats : Le coût mensuel total du traitement de la MA augmente pour la peine avec l’aggravation de la maladie. Le coût total moyen de la prise en charge de la personne atteinte de MA très légère (score GDS = 2) est de 367 $ par mois et il grimpe à 4 063 $ par mois pour ce qui est de la prise en charge de la personne atteinte de MA grave ou très grave (score GDS ≥ 6). De même, les plus grandes variations du coût sont observées dans le groupe de patients les plus gravement atteints sur la foi de la variation du score des trois échelles du moment de référence au moment du suivi. Les coûts indirects de la prise en charge quand la maladie n’est plus d’intensité légère (score GDS ≥ 3) constituent l’élément inducteur de coût le plus important. Les variables indépendantes qui participent de façon notable au coût sont le sexe féminin, le nombre d’AVQ d’exécution compromise et le nombre de symptômes neuropsychiatriques.

Conclusion : Le coût de la prise en charge de la personne atteinte de MA est fortement corrélé avec la gravité de la maladie, même si le malade ne réside pas dans un établissement de soins de santé. Ralentir la progression de la MA peut réduire les coûts indirects et alléger la tâche des aidants naturels ou dispensateurs de soins.

Modélisation clinique de la prévention de l’escarre de décubitus à des fins stratégiques en Ontario : étude de cas

  • Présentateurs : Ba’ Pham et Dr Murray Krahn, Toronto Health Economics and Technology Assessment (THETA) Collaborative
  • Coauteures : Nancy Sikich, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario ; Anita Stern, Toronto Health Economics and Technology Assessment (THETA) Collaborative

But : Concevoir un modèle clinique de prévention de l’escarre de décubitus en Ontario pour éclairer l’élaboration des politiques.

Méthode : Par des entrevues téléphoniques, nous avons interrogé des directeurs d’établissement de soins de longue durée et des spécialistes des plaies œuvrant en hôpital de soins de courte durée à propos des pratiques de prévention actuelles. Pour sa part, le Secrétariat consultatif médical du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario a effectué des études systématiques des interventions préventives et a classé les données probantes selon leur degré de certitude. Nous avons structuré un modèle de l’histoire de l’escarre de décubitus en nous inspirant de l’opinion d’un groupe d’experts réunis à la demande du Comité consultatif ontarien sur les technologies de la santé (OHTAC). Les sources d’information sont le Resident-Assessment Instrument – Minimum Data Sets destiné aux soins de longue durée et aux soins à domicile et des enquêtes annuelles déterminant la prévalence et l’incidence de l’escarre de décubitus dans les hôpitaux de soins de courte durée. Les données sur les coûts et les coefficients d’utilité s’appliquent à la province. Nous avons adapté le modèle chronologique de l’escarre de décubitus de sorte qu’il tienne compte des caractéristiques épidémiologiques de l’escarre dans les établissements de soins de courte durée, les établissements de soins de longue durée et les soins à domicile. La modélisation avait pour but d’examiner les préoccupations d’ordre politique soulevées par le Comité consultatif ontarien sur les technologies de la santé. Nous avons estimé les rapports coût-efficacité, étudié les sources d’incertitude et évalué les coûts globaux, les années de vie pondérées par la qualité et les coûts de mise en œuvre pour le système de santé ontarien.

Résultats : La modélisation a débouché sur trois ensembles de prévisions au sujet des conséquences cliniques, du rapport coût-efficacité et de l’incidence sur le système de santé de stratégies de prévention à l’intention des établissements de soins de courte ou de longue durée et des soins à domicile. L’OHTAC a entériné les stratégies de prévention fondées sur des données probantes en vue de formuler des recommandations précises. Il a commandé d’autres études cliniques qui devront examiner les aspects fondamentaux teintés d’incertitude relevés dans les prévisions.

Conclusion : Les études coût-efficacité publiées menées dans des milieux étrangers à la réalité complexe d’un système de santé sont de peu d’utilité dans l’élaboration des politiques. En revanche, des analyses robustes applicables dans le système de santé à qui elles sont destinées inspirent des recommandations stratégiques.

La modélisation pour abréger les temps d’attente aux urgences : analyse documentaire méthodique

  • Présentatrice : Morgan Lim, Université McMaster
  • Coauteurs : James Bowen, Ron Goeree et DJean-Eric Tarride, Programs for Assessment of Technology in Health (PATH) Research Institute

Objectif : En raison de la complexité des activités du service des urgences et de la nature multiple de la question de l’attente, le sujet de l’attente démesurée aux urgences se prête bien à l’analyse systémique. L’objectif consiste à relever les techniques de modélisation mathématique appliquées dans l’évaluation des temps d’attente aux urgences d’un hôpital, et à les comparer entre elles, dans le cadre d’une analyse documentaire. Nous examinons également les principales constatations de l’étude.

Méthode : Nous avons défini une stratégie de recherche dans les bases de données électroniques suivantes : Medline, Embase, Compendex, Inspec et Business Source Complete. Nous avons préparé une fiche d’extraction des données en vue de relever l’information sur la technique de modélisation mathématique, l’étude (pays, objectifs, principal critère de jugement du rendement, constatations ou conclusion) et la conception du modèle.

Résultats : Nous avons retenu 19 études conformes aux critères d’inclusion ; quatre techniques de modélisation mathématique y sont examinées : le modèle de la file d’attente (n = 2), la simulation d’événements discrets (n = 14), la simulation d’événements discrets couplée à l’optimisation (n = 1) et la dynamique des systèmes (n = 2). Par rapport aux autres techniques, la simulation d’événements discrets peut être avantageuse en raison de sa capacité de modéliser des systèmes complexes, le roulement de personnel, les antécédents des patients et le hasard, de sa transparence pour les décideurs et du grand nombre de logiciels offerts.

Les études évaluent trois grandes stratégies : la réorganisation des horaires de travail, la voie expresse destinée aux cas de faible gravité et la modification de l’afflux pour accélérer le débit. En conclusion, le nombre de chambres ne change en rien le délai d’attente si le personnel est en nombre insuffisant, et la voie expresse se traduit par un compromis entre le délai d’attente des cas de faible gravité et le délai d’attente des cas de gravité élevée.

Conclusion : L’étude démontre que la modélisation mathématique peut être hautement utile dans l’évaluation des temps d’attente aux urgences.

OPRM — Oncology Pharmaceutical Review Model (modèle d’examen des médicaments anticancéreux) : un processus d’examen du financement des médicaments anticancéreux

  • Présentateur : Colin Vicente, PIVINA Consulting Inc.Coauteurs : DWalid Homsy, Novartis Pharmaceuticals Canada ; Gerry Jeffcott, IOWG; Tony Kim, Celgene ; Angela Thompson, Eli Lilly Canada

Le groupe IOWG se compose de 14 fabricants de médicaments novateurs dans le domaine de l’oncologie. Dans les dernières années, le gouvernement subit des pressions pour concevoir un processus optimal d’examen des médicaments anticancéreux à l’échelle pancanadienne pour éclairer la prise de décisions sur le financement. Conscient de la place des fabricants dans le processus, le groupe IOWG s’est attelé à la tâche d’établir un modèle d’examen général adapté à plusieurs intervenants. Des membres du groupe ont commencé par tracer les grandes lignes d’une première version d’une « méthode à base zéro ». Tout le groupe, notamment des conseillers possédant de l’expérience avec de multiples intervenants, s’est penché sur ce modèle préliminaire avant de le soumettre à divers intervenants de l’extérieur, dont la direction de JODR et ses évaluateurs. Par la suite, le groupe a tenu compte de leurs observations pour modifier le modèle. Il conclut que, pour satisfaire les besoins des intervenants, le processus doit reposer sur les huit principes fondamentaux suivants : l’orientation patient, le respect de la responsabilité des payeurs, le caractère opportun, l’intention d’évaluer les médicaments, le caractère global, la transparence, l’amélioration continue de la qualité et la conformité à l’éthique. Le groupe espère que le processus d’examen proposé tient compte des considérations particulières au domaine de l’oncologie ; cependant, il doit également tenir compte d’autres facteurs, notamment des critères propres aux régimes publics.

Orpheus : modèle d’optimisation de la chimiothérapie dans un contexte de ressources financières et de ressources humaines restreintes

  • Présentateurs : DHugh Walker, Walker Economics Inc.
  • Coauteurs : Erin Hansen, Mark Anderson, Jamie Thornhill, Dre Farah Farahati et Raphaelle Deraspe, Walker Economics Inc.

But : Simuler et optimiser l’affectation des ressources dans une cohorte de nouveaux cas de cancer dans l’année. En prenant en considération les solutions de chimiothérapie pertinentes sur le plan clinique, la modélisation débouche sur le gain d’années de vie global maximal selon le type et le stade du cancer.

Méthode : Orpheus est un logiciel qui fait appel à des techniques de recherche opérationnelle (programmation linéaire et simulation) pour optimiser la sélection des ressources sanitaires en fonction d’un gain d’années de vie total maximal, destinées à une cohorte de nouveaux cas de cancer se prêtant à la chimiothérapie. Les données proviennent du programme de traitement fondé sur les données probantes d’Action Cancer Ontario. Le modèle tient compte du nombre de nouveaux cas pour chaque type de cancers (p. ex., côlon, poumon et sein), de la survie globale que procure chacun des régimes de chimiothérapie pertinents, du coût des médicaments, des exigences en matière de ressources humaines de chacun des régimes thérapeutiques ainsi que du coût par patient par an. Ce sont des données tirées d’essais cliniques qui indiquent la survie escomptée et le gain de survie particulier à chacun des régimes chimiothérapeutiques au regard de chacun des types et des stades de cancer.

Résultats : La cohorte est formée des cas de cancer suivants : 7 800 cas de cancer du côlon, 7 000 cas de cancer du poumon et 8 100 cas de cancer du sein en Ontario selon l’information sur l’incidence en 2007. Elle comprend également les cas de cancer métastatique. L’augmentation des coûts tenant à l’utilisation de médicaments nouveaux et coûteux est plus rapide que l’augmentation des bienfaits (gain de survie). La variation de l’offre des ressources humaines, dont les oncologues, les infirmières et les pharmaciens, et de la capacité journalière d’administration du traitement influence le choix des médicaments et les résultats cliniques.

Conclusion : Les résultats revêtent beaucoup d’importance pour les décideurs en quête d’optimisation des ressources dans la prestation des services de santé. 

La problématique de l’évaluation de la rentabilité de solutions thérapeutiques destinées au dialysé : étude de cas sur le sevelamer dans le traitement de l’hyperphosphatémie

  • Présentateur : Daniel Grima, Cornerstone Research Group Inc.
  • Coauteurs : DDavid Mendelssohn, Hôpital régional Humber River ; Dres Parisa Airia et Lisa Barnard, Cornerstone Research Group Inc.; Elizabeth Dunn, Genzyme Corporation

Objectif : Les solutions thérapeutiques qui prolongent l’espérance de vie du dialysé ne peuvent être rentables si l’on tient compte du coût de la dialyse. L’étude examine la rentabilité du sevelamer dans le traitement de l’hyperphosphatémie et la pertinence de tenir compte du coût de la dialyse dans ce contexte.

Méthode : Dans le cadre d’une modélisation Markov, les chercheurs estiment les années de vie gagnées, le coût supplémentaire de l’année de vie gagnée et les années de vie pondérées par la qualité (QALY) gagnées. La survie découlant du traitement provient de l’étude Dialysis Clinical Outcomes Revisited (DCOR) ; elle est projetée dans l’avenir selon le modèle de régression Weibull. L’analyse de référence incorpore l’utilisation des ressources et la survie des patients de moins de 65 ans de l’étude DCOR, jumelées aux coûts unitaires canadiens et aux coefficients d’utilité tirés de la documentation publiée. Le scénario de référence fait abstraction du coût de la dialyse étant donné que celle-ci n’influence en rien le choix du chélateur de phosphate. L’horizon temporel est de 10 ans sous l’angle du système de santé de l’Alberta ; les coûts et les résultats sont actualisés au taux de 5 % l’an.

Résultats : Comparativement aux chélateurs renfermant du calcium, le sevelamer se traduit par un gain de 1,02 année de vie et de 0,62 QALY le patient (avec actualisation), au coût de 20 847 $ l’année de vie gagnée et de 34 175 $ la QALY gagnée. Dans l’horizon temporel de l’étude, le coût de l’année de vie gagnée et celui de la QALY gagnée sont respectivement de 23 804 $ et de 39 022 $. La prise en compte du coût de la dialyse porte le coût de l’année de vie gagnée à 90 000 $ et celui de la QALY gagnée à 150 000 $.

Conclusion : L’étude fait ressortir la problématique de l’évaluation du financement des traitements qui prolongent l’espérance de vie du dialysé et examine l’applicabilité du coût de la dialyse dans ces situations. Elle constate que le sevelamer représente un bon rapport qualité-prix, comparativement aux chélateurs renfermant du calcium, dans la prise en charge de l’hyperphosphatémie chez la personne de moins de 65 ans en insuffisance rénale terminale.

Le programme d’examen rapide de l’ACMTS à la rescousse de la prise de décisions sur la couverture des médicaments : adaptation des produits de l’ACMTS afin de répondre aux besoins des intervenants

  • Présentatrice : Dre Michelle Mujoomdar, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)
  • Coauteurs : Carolyn Spry, Michelle Clark et Jeannette Smith, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) ; Aaron Sehn, Santé Canada (Programme des services de santé non assurés)

Objectif : Illustrer la collaboration entre les programmes de liaison et d’examen rapide de l’ACMTS et un demandeur dans le but de faciliter la formulation d’une recommandation du Comité fédéral de pharmacologie et de thérapeutique quant à la couverture d’un médicament par les régimes d’assurance-médicaments du gouvernement fédéral.

Contexte : En 2008, le Comité consultatif canadien d’expertise sur les médicaments a recommandé que l’acamprosate soit couvert par les régimes d’assurance-médicaments publics du Canada lorsque la naltrexone est contre-indiquée. À ce moment, les régimes d’assurance-médicaments du gouvernement fédéral ne couvraient pas la naltrexone. Un représentant du gouvernement a alors demandé à l’ACMTS d’examiner l’efficacité clinique de la naltrexone dans le traitement de la dépendance à l’alcool.

Méthode : L’ACMTS et le demandeur ont précisé ensemble la nature de la décision de couverture envisagée. Il a été convenu que l’ACMTS produirait deux rapports, et que le second rapport serait présenté au comité.

Résultats : Le premier rapport renferme une bibliographie permettant d’évaluer l’ampleur de la documentation sur le sujet. Après avoir examiné ce rapport, les chercheurs ont précisé davantage les questions de recherche, rédigé un résumé d’évaluation critique et préparé un exposé à l’intention du comité. Après la présentation, le comité a délibéré et a formulé une recommandation de couverture de la naltrexone.

Conclusion : L'ACMTS a travaillé de concert avec le demandeur et a adapté sa méthode habituelle afin de satisfaire les besoins en information du demandeur. En quatre mois environ, deux rapports ont été produits, une présentation a été préparée, une recommandation de couverture a été formulée et les lacunes en matière de connaissances ont été cernées. Depuis la demande d’information initiale, le programme d’examen rapide de l’ACMTS a produit quatre autres rapports sur des sujets ayant trait à la naltrexone à l’intention du demandeur.

Relevé et mise à l’épreuve d’outils de classification des structures d’essai clinique dans l’étude méthodique d’interventions ou d’expositions

  • Présentateur : Kenneth Bond, Alberta Research Centre for Health Evidence
  • Coauteurs : Lisa Hartling, Alberta Research Centre for Health Evidence ; Dre Meera Viswanathan, UNC-RTI Evidence-Based Practice Center ; Dre Lina Santaguida, Evidence-Based Practice Center de l’Université McMaster ; Dre Donna Dryden, Evidence-Based Practice Center de l’Université de l’Alberta

Contexte : Il est essentiel déterminer la structure des essais cliniques dans le cadre d’une étude méthodique afin d’encadrer les décisions à propos de l’inclusion, du risque de biais, du regroupement d’essais cliniques et de l’interprétation des données probantes.

Objectifs : Relever les outils de classification des structures d’essai clinique, en choisir un à des fins d’évaluation, élaborer des lignes directrices sur l’application de l’outil et mettre celui-ci à l’épreuve afin de déterminer sa validité concourante et la fidélité interjuges.

Méthode : Un comité directeur a choisi un outil de classification, en fonction de critères définis par lui, parmi l’ensemble d’outils recensés par des intervenants. Il a modifié l’outil et a élaboré un glossaire et des lignes directrices. Trois membres du comité ont classé 30 essais cliniques représentant la gamme des structures prises en considération (norme de référence). Six examinateurs de formation et d’expérience diverses ont mis en application l’outil dans la classification des mêmes 30 essais cliniques. Le comité a déterminé la fidélité interjuges et l’exactitude par rapport à la norme de référence.

Résultats : La fiabilité initiale dans le groupe d’examinateurs (κ = 0,26) et dans le groupe de membres du comité ayant établi la norme de référence (κ = 0,33) est passable. La mise à l’épreuve à la suite des modifications révèle que la fiabilité s’est améliorée (κ = 0,45), ainsi que l’exactitude, qui demeure faible tout de même. Le sujet de divergence le plus fréquent est celui de déterminer si l’essai clinique est de structure expérimentale (cinq essais sur 15) et s’il y a une comparaison, quelle qu’elle soit (quatre essais sur 15). Le degré d’accord chez les examinateurs titulaires d’un diplôme universitaire est plus élevé que celui entre des examinateurs dépourvus d’un tel diplôme.

Conclusion : La fiabilité moyenne et la faible exactitude de l’outil peuvent tenir au fait que l’outil n’est ni précis, ni global, au compte rendu lacunaire des caractéristiques des essais cliniques et à la disparité des caractéristiques personnelles des utilisateurs. L’application d’un tel outil devrait faire l’objet d’une formation et d’une mise à l’épreuve, et s’accompagner de règles décisionnelles particulières au contexte.

La rentabilité du bévacizumab en tant que traitement de première ou de deuxième intention du cancer colorectal évolué : étude postcommercialisation d’ères thérapeutiques

  • Présentatrice : Lindsay Hedden, Recherche sur le traitement du cancer, Agence de cancérologie (C.-B.)
  • Coauteurs : DStuart Peacock, DDiego Villa et DHagen Kennecke, Agence de cancérologie (C.-B.)

Objectif : Estimer le rapport coût-efficacité supplémentaire du bévacizumab dans le traitement du cancer colorectal évolué dans le cadre d’un programme de recherche examinant des méthodes de prise en compte des données probantes sur la rentabilité dans la prise de décisions sur l’affectation des ressources à l’Agence de cancérologie de la Colombie-Britannique.

Méthode : Nous avons structuré une modélisation Markov clinique du cancer colorectal évolué incorporant les données sur la survie d’un groupe de patients traités avant et après l’arrivée du bévacizumab, le coût du traitement provenant des services de pharmacie et de radiothérapie de l’Agence et de l’Ontario Case Costing Initiative, et les valeurs de qualité de vie issues de la documentation. Nous avons mis à l’épreuve la robustesse du modèle par des analyses de sensibilité probabilistes et univariées. Nous avons évalué l’impact de la décision de l’Agence de couvrir le bévacizumab d’après les résultats de la modélisation quant au rapport coût-efficacité.

Résultats : La survie médiane se prolonge, passant de 15,56 mois avant l’arrivée du bévacizumab à 19,45 mois après son apparition dans le traitement de la maladie (valeur P = 0,03) au coût de 3 791 $ par patient. Le rapport coût-efficacité de l’ère thérapeutique du bévacizumab, comparativement à l’ère précédente, est de 62 468 $ l’année de vie pondérée par la qualité (QALY) gagnée. Les analyses de sensibilité probabilistes débouchent sur un intervalle interquartile de 38 900 $ à 85 800 $ la QALY. La modélisation se montre sensible au coût du traitement systémique.

Conclusion : Des études avant la commercialisation ont révélé la possibilité que le bévacizumab ne soit pas rentable. Toutefois, la présente étude démontre que lorsque le bévacizumab est pris en considération dans le cadre d’une polythérapie systémique séquentielle, il est tout aussi rentable que d’autres traitements du cancer métastatique.

Rentabilité de l’intervention chirurgicale comparativement à l’abstention thérapeutique dans l’obésité morbide

  • Présentateur : Anjori Pasricha, Programs for Assessment of Technology in Health (PATH) Research Institute, Université McMaster
  • Coauteurs : Dre Daria O’Reilly, Ron Goeree, Dr Jean-Éric Tarride et Gord Blackhouse, Université McMaster

Contexte : L’obésité est une épidémie mondiale et la comorbidité connexe pose des risques pour la santé sans compter les répercussions financières sur le système de soins de santé. La chirurgie de l’obésité massive fait diminuer le poids, améliore la qualité de vie et réduit la morbidité.

Objectif : Évaluer les rapports coût-efficacité et coût-utilité de la chirurgie de l’obésité (pontage gastrique [PG] et cerclage gastrique adaptable par laparoscopie [CGAL]) comparativement à l’abstention thérapeutique dans l’obésité massive dite morbide (indice de masse corporelle ≥ 40 kg/m2).

Méthode : Dans le cadre d’une modélisation mixte (arbre décisionnel et modèle Markov), les chercheurs comparent la chirurgie à l’abstention thérapeutique, sous l’angle des coûts et de l’évolution de l’état de santé, dans l’obésité morbide en vertu d’un horizon temporel de 15 ans. L’évaluation adopte la perspective du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario. Les données sur la baisse de l’indice de masse corporelle, les complications et la mortalité postopératoires, les coûts de la prise en charge de la maladie et la qualité de vie associée à la santé sont issues de l’analyse de sources d’information canadiennes et étrangères. Les chercheurs procèdent à des analyses de sensibilité, univariée ou probabiliste.

Résultats : Dans l’analyse de référence, le pontage gastrique domine le cerclage gastrique et l’abstention thérapeutique (moins coûteux et plus efficace quant aux années de vie gagnées et aux années de vie pondérées par la qualité (QALY) gagnées). Les analyses de sensibilité univariées et probabilistes étudiant l’effet de la variation de paramètres importants de la modélisation, dont le coût du traitement, la probabilité de complications et les coefficients d’utilité, ne changent en rien la conclusion, illustrant la robustesse des résultats de la modélisation économique.

Conclusion : L’évaluation démontre que le pontage gastrique représente la stratégie la plus abordable et la plus efficace dans l’obésité morbide des points de vue du coût de l’année de vie gagnée et du coût de la QALY gagnée.

Rentabilité du dépistage de l’hépatite B chez les personnes qui immigrent au Canada

Présentateur : DWilliam Wong, Toronto Health Economics and Technology Assessment (THETA) Collaborative et University Health Network (UHN)

  • Coauteurs : DMurray Krahn, Département de médecine et Faculté de pharmacie, Université de Toronto ; Dre Jenny Heathcote, Faculté de médecine, Université de Toronto

Contexte : La prévalence de l’hépatite B chronique parmi les immigrants va de 2 % à 15 %. Dans près de 40 % des cas d’hépatite B chronique, l’infection se transforme en hépatopathie évoluée comportant le risque de mortalité des complications de la cirrhose en l’absence de traitement. Les répercussions sanitaires et économiques de l’hépatite B chronique sont donc considérables au Canada. À l’heure actuelle, le dépistage sérologique de l’infection n’est pas une mesure appliquée systématiquement aux immigrants.

Méthode : Dans le cadre d’une modélisation Markov, nous simulons l’hépatite B chronique afin d’évaluer l’incidence économique et clinique du dépistage du virus de l’hépatite B dans la population d’immigrants. Les états de santé dont tient compte la modélisation sont la présence de l’antigène HBs et celle de l’antigène HBe, l’inflammation (glutamate pyruvate transaminase [GPT]), la charge virale et les états cliniques (cirrhose, carcinome hépatocellulaire, etc.). Les coûts des soins de santé proviennent de la documentation applicable au Canada. Nos propres coefficients d’utilité (n = 433) des divers états de santé dans l’hépatite B chronique constituent l’information sur l’utilité incorporée à la modélisation. Nous avons procédé à une analyse de sensibilité probabiliste.

Résultats : La prévalence globale estimative de l’hépatite B chronique dans la population d’immigrants est de 4,8 %. Le taux de couverture vaccinale estimatif dans cette population est de 3,04 %. Le dépistage du virus de l’hépatite B se traduit par un gain de 0,3658 année de vie et une hausse des coûts de 40,37 $ par rapport à l’absence de dépistage. Malgré que les résultats définitifs sur le rapport coût-efficacité ne soient pas encore connus, les constatations préliminaires indiquent que le dépistage chez les immigrants est rentable, particulièrement chez les personnes provenant de pays où l’hépatite B est endémique; de plus, le dépistage pourrait diminuer considérablement les complications tardives de l’hépatite B chronique et allonger la survie des porteurs de l’infection chronique.

Retentissement sur le patient de la substitution des statines motivée par des considérations stratégiques

  • Présentatrices : Anna Liovas, AstraZeneca Canada Inc. ; Christine Folia, Agro Health Associates

Objectif : Les statines ont fait leurs preuves dans la prévention de la maladie cardiovasculaire qui demeure tout de même la principale cause de mortalité et de morbidité. La nécessité d’accroître l’efficience dans les soins de santé a donné lieu à l’application de plus en plus étendue de directives de substitution thérapeutique de nature stratégique ; leur effet sur le patient est méconnu cependant.

Méthode : Recherche documentaire dans Medline sur la substitution des statines. Les syntagmes de recherche sont : hydroxymethylglutaryl-CoA reductase inhibitors (MeSH), statin, switch, interchange, substitute, substitution (tous les champs). Nous avons limité la recherche aux documents en anglais publiés dans la période de 1989 à 2009. Nous avons également passé en revue la bibliographie de certains documents.

Résultats : Nous avons relevé 23 études : 17 qui évaluent l’impact de la « substitution vers le bas » pour une statine d’efficacité égale ou inférieure ; six qui évaluent l’impact de la « substitution vers le haut » pour une statine plus puissante. Pour ce qui est de la « substitution vers le bas », de 23 % à 47 % des patients n’y étaient pas admissibles ou s’opposaient à la substitution (sept études) ; la nouvelle statine a été prescrite à une dose non équivalente (inférieure) dans 17 % à 38 % des cas (trois études) ; de 4 % à 11 % des patients sont revenus à leur statine initiale (cinq études) ; les patients pour qui on a substitué la statine d’origine par une autre ont été moins enclins à être fidèles au traitement dans une proportion allant de 19 % à 33 %. La persistance diminue également (deux études). Nous ne décelons pas de tendance remarquable dans le taux de lipides (12 études). De 7 % à 20 % des patients n’ont pas maintenu le taux de lipides souhaitable (deux études), et trois études font état d’une hausse des incidents vasculaires ou des décès après la substitution. En revanche, les directives de « substitution vers le haut » se traduisent par une baisse du taux des lipides (six études) et l’augmentation du nombre de patients atteignant l’objectif du taux de lipoprotéines de basse densité (cinq études).

Conclusion : La substitution de statines répondant à un objectif stratégique peut avoir des répercussions sur la prestation des services de santé et sur les résultats thérapeutiques.

Le savoir en action pour le pharmacien : l’utilité de lignes directrices de pratique clinique sur les soins respiratoires destinées précisément au pharmacien

  • Présentatrice : Rosemary Killeen, Revue des pharmaciens du Canada
  • Coauteurs : Dre Elaine Chong, ministère des Services de santé de la Colombie-Britannique ; DRoss Tsuyuki, Université de l’Alberta ; DBarry Power, Équipe santé familiale Rideau ; Trevor Elton, Services de santé Alberta

But : Évaluer l’utilité de lignes directrices sur les soins respiratoires destinées aux pharmaciens, publiées dans le supplément d’une revue professionnelle.

Méthode : Une fois le supplément publié en décembre 2007, nous avons sondé les pharmaciens à deux reprises. Le questionnaire comporte 22 questions portant sur les interactions avec les personnes aux prises avec un trouble respiratoire, la connaissance et la mise en application des lignes directrices fondées sur des données probantes, la maîtrise de la maladie, l’utilité des plans d’action, l’information sur l’exercice de la profession et le supplément comme tel. Le premier sondage diffusé en anglais et en français, en version électronique et sur papier, s’est déroulé de janvier à août 2008. Le sondage de suivi sous forme électronique a été adressé à 56 répondants ayant consenti à y participer.

Résultats : Les répondants au premier sondage sont au nombre de 160, soit 155 pharmaciens anglais et 5 pharmaciens français. Au 3 novembre 2009, 24 pharmaciens, tous anglais, ont répondu au sondage de suivi. La plupart des répondants sont des pharmaciens d’officine (pratique communautaire) ; ils sont d’avis que leurs patients atteints d’asthme ou de maladie pulmonaire obstructive chronique sont dans un état « pas très bien maîtrisé » ou « quelque peu maîtrisé ». Le taux d’utilisation des plans d’action est bas ; près du tiers des répondants disent ne pas avoir accès à l’information sur les plans d’action des patients. Près de la moitié ont lu le supplément, et 36,7 % d’entre eux (premier sondage) et 72,8 % des répondants du sondage de suivi sont d’accord ou absolument d’accord sur le fait que le supplément leur a fait mieux connaître les lignes directrices sur les troubles respiratoires fondées sur les données probantes les plus actuelles.

Conclusion : L’évaluation révèle que des lignes directrices de pratique clinique sur les troubles respiratoires destinées précisément aux pharmaciens peuvent être utiles. Elle fait ressortir également que des activités de suivi devraient être prévues à la publication d’autres lignes directrices, étant donné que les données probantes préliminaires semblent étayer le bien-fondé d’initiatives axées sur le savoir en action à l’intention des pharmaciens.

Sous-utilisation des antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM) dans la polyarthrite rhumatoïde de stade précoce : étude populationnelle de l’Ontario Biologics Research Initiative comparant le traitement en rhumatologie au traitement en services de santé de première ligne

  • Présentateur : Michael Paterson, Institut de recherche en services de santé (IRSS)
  • Coauteurs : DSasha Bernatsky, Université McGill ; Dre Claire Bombardier et Jessica Widdifield, Université de Toronto ; DCarter Thorne, Centre hospitalier régional de Southlake ; Dre Janet Pope, University of Western Ontario ; DAlfred Cividino, Université McMaster

But : Plus le délai d’instauration du traitement de la polyarthrite rhumatoïde de stade précoce est long, plus les répercussions de la maladie sont dévastatrices. Le médecin de premier recours, qui représente la porte d’entrée vers la médecine spécialisée, exerce un rôle primordial dans le traitement optimal de la polyarthrite rhumatoïde de stade précoce. L’Ontario Biolobics Research Initiative regroupe des experts en rhumatologie qui évaluent l’efficacité et l’innocuité réelles des traitements antirhumatismaux et qui balisent la pratique dans ce domaine. Nous avons estimé le nombre de personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde de stade précoce en Ontario à qui l’on a prescrit un antirhumatismal modificateur de la maladie (ARMM) dans l’année suivant le diagnostic.

Méthode : Nous avons formé une cohorte de nouveaux cas de polyarthrite rhumatoïde d’après les données de facturation médicale de la période de 1997 à 2006. À l’aide d’un algorithme standard, nous avons recensé 24 326 cas, dont l’âge est de 65 ans ou plus, en recherchant au moins deux codes de facturation de la polyarthrite rhumatoïde, à 60 jours d’intervalle ou plus, mais à moins de cinq ans. La prescription des médicaments a été retracée dans les demandes de règlement provenant des pharmacies. Nous suivons les patients pendant un an et relevons les médicaments prescrits dans l’année suivant le diagnostic. Nous évaluons également la tendance et la variation à long terme dans le groupe de patients traités en rhumatologie (au moins une consultation en rhumatologie) par rapport au groupe de patients non soumis aux soins spécialisés.

Résultats : En moyenne, 40 % des personnes âgées atteintes de polyarthrite rhumatoïde de stade précoce, recensées dans la période de 1997 à 2006, se sont vues prescrire un ARMM dans l’année suivant le diagnostic de la maladie. Cette proportion, qui est de 30 % en 1997, passe à 55 % en 2006. Seulement 55 % des patients ont consulté un rhumatologue. En 2006, 70 % des patients ayant consulté un rhumatologue se sont vus prescrire un ARMM comparativement à 20 % des patients n’ayant pas consulté un rhumatologue.

Conclusion : Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde s’est amélioré, mais l’on ne doit pas en rester là, particulièrement en ce qui a trait aux personnes qui ne sont pas dirigées vers la rhumatologie, car seulement 20 % d’entre elles se voient prescrire un ARMM la première année. Cette constatation met en évidence le rôle clé du rhumatologue dans le traitement de la maladie.

Tendances d’utilisation des statines chez les personnes âgées selon le programme Pharmacare de la Nouvelle-Écosse

  • Présentateurs : Michael Joyce et Dre Jane Gillis, ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse

Objectifs : L’étude examine l’évolution des tendances d’utilisation des statines dans le programme Pharmacare de la Nouvelle-Écosse destiné aux personnes âgées. Elle relève également l’évolution des coûts et les facteurs causant cette variation des coûts.

Méthode : L’étude examine les données sur les demandes de règlement dans la période du 1er janvier 2005 au 30 novembre 2008, archivées dans le système d’aide à la décision (SAD) du programme Pharmacare. L’évolution de l’utilisation se mesure par le dénombrement mensuel ponctuel des bénéficiaires et par le coût annuel des médicaments. Pour comparer les médicaments sous l’angle du coût, nous avons établi leur dose quotidienne moyenne. Les médicaments sont regroupés selon la nature de leur molécule. Les facteurs de variation du coût sont des caractéristiques démographiques (vieillissement de la population, croissance), le prix et la quantité (variation du nombre de comprimés, de la concentration et du mélange de molécules).

Résultats : Nous observons une augmentation de l’utilisation individuelle de l’atorvastatine et de la rosuvastatine. Pour ce qui est des autres molécules, leur utilisation est soit stable, soit en déclin. C’est l’atorvastatine qui est utilisée par le plus grand nombre de bénéficiaires ; toutefois, la hausse de l’utilisation de la rosuvastatine est plus rapide que celle de l’atorvastatine. Le nombre de bénéficiaires en observation augmente au fil de la période à l’étude ; cependant, le taux de croissance des coûts diminue chaque année, de 10,4 % en 2006 à 7,3 % en 2008. C’est la variation de la quantité qui exerce la plus grande influence sur la croissance des coûts en ce qu’elle constitue l’élément le plus important de la variation du prix globale. En décortiquant la variable de la quantité, nous constatons que le plus important facteur dans le ralentissement de la croissance des coûts a trait à l’impact de la modification du mélange des molécules, en déclin de 3,5 % en 2008.

Conclusion : En fonction de la dose quotidienne définie, la rosuvastatine est la molécule la moins chère de ce groupe chimique dans cette classe thérapeutique. Bien qu’il soit impossible d’établir une corrélation certaine, il se peut que la variation du mélange des molécules et la baisse connexe du taux de croissance des coûts aient trait à l’augmentation de l’utilisation de la rosuvastatine.

Utilité d’une méthode d’établissement de priorités en matière de sujets d’ETS reposant sur des critères : l’expérience canadienne

  • Présentateur : Michel Boucher, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)
  • Coauteurs : Don Husereau et Hussein Noorani, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS)

Les technologies de la santé augmentent en nombre et en complexité. La recherche sous la forme de l’évaluation des technologies de la santé (ETS) offre de l’information précieuse dans la prise de décisions sur le financement des technologies. Dans un marché riche en technologies de toute sorte, le choix des sujets d’ETS les plus pertinents s’avère critique. L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) applique une méthode d’établissement de priorités reposant sur des critères depuis 2006. Elle prépare ainsi une note documentaire sur chacun des sujets proposés en fonction de six critères fondamentaux en matière d’établissement de priorités : les répercussions de la maladie, le retentissement clinique, l’incidence budgétaire, l’incidence économique, les interventions de rechange et les données probantes. Deux chercheurs, chacun de son côté, cotent l’information portant sur chacun des critères. Les cotes sont transformées en un score et un rang. L’Agence rassemble également de l’information contextuelle sur les provinces et les territoires du Canada en décrivant la pertinence pancanadienne du sujet proposé afin d’éclairer la discussion des membres du comité consultatif. Depuis l’adoption de cette méthode, le comité consultatif a étudié 116 propositions lors de 15 rencontres semestrielles en personne. Il en a sélectionné 26 aux fins d’ETS. Les rangs occupés par les sujets choisis vont de 1 à 9, selon le domaine. Des sujets sélectionnées, 65 % (n = 17) sont classés aux trois premiers rangs (cinq sujets [19 %] au premier rang, cinq autres [19 %] au deuxième rang et sept [27 %] au troisième rang). Les membres du comité consultatif estiment que le choix des sujets par cette méthode s’est traduit par une augmentation de l’impact des rapports d’ETS. Comme l’ACMTS se dirige vers l’application générale de la méthode d’établissement de priorités des sujets dans ses trois directions scientifiques, elle aura peut-être à envisager l’ajout de critères, dont les tendances d’utilisation de la technologie, afin d’éclairer la sélection des sujets les plus pertinents et d’affecter ses ressources avec efficience à la recherche de données probantes.

Vers des lignes directrices éclairées par des données probantes sur les services médicaux d’urgence au Canada : orientation future

  • Présentateur : Thomas Dobson, Université Dalhousie et Services de santé d’urgence
  • Coauteurs : Jan Jensen, Université Dalhousie et Services de santé d’urgence

Introduction : Dans le domaine des services médicaux d’urgence, comme dans d’autres domaines du secteur des services de santé, il y un écart notable de savoir en action entre la production des résultats de la recherche et leur mise en application à grande échelle dans la pratique clinique. Au Canada, la prise de décisions cliniques par les professionnels paramédicaux est en grande partie balisée par des protocoles ou des directives médicales, établis en fonction de l’opinion experte de directeurs médicaux, de tendances dans la pratique et d’autres facteurs. La qualité des services médicaux d’urgence est évaluée par des données opérationnelles qui, souvent, ne sont pas comparables d’un service à un autre, ni fondées sur l’évolution de l’état de santé des patients ou sur des données probantes issues de la recherche clinique.

Méthode : Tenue d’un atelier de remue-méninges sur la création de lignes directrices canadiennes sur les services médicaux d’urgence, éclairées par des données probantes. Douze experts en amélioration continue de la qualité provenant de tout le Canada se sont réunis en octobre 2009. Ils ont rédigé une première version de trois lignes directrices, accompagnées d’indicateurs de la qualité, et ils ont évalué le processus.

Résultats : Le groupe a établi qu’un ensemble de lignes directrices canadiennes éclairées par des données probantes serait une ressource utile dans le domaine des services médicaux d’urgence. Il a convenu de la nécessité d’une méthode d’évaluation approfondie et efficiente des données probantes. Les recommandations en matière d’intervention dans les lignes directrices de pratique clinique publiées ne sont pas applicables comme telles dans le domaine des services médicaux d’urgence. Le groupe a donc déterminé la suite des choses, dont la collaboration avec des intervenants clés, y compris des directeurs médicaux, l’obtention de fonds et la désignation d’un coordonnateur attitré, la précision des services cliniques qui constitueraient la priorité et l’élaboration de plans d’application des connaissances de concert avec des organismes canadiens de services médicaux d’urgence.

Conclusion : il est nécessaire d’établir des lignes directrices canadiennes, éclairées par des données probantes, sur les services médicaux d’urgence. Cette somme de connaissances sera la conclusion d’une importante activité d’application du savoir qui contribuera à combler l’écart entre le savoir et l’action.

Vers la prise de décisions fondées sur des données probantes par les médecins canadiens

  • Présentateur : DSamuel Shortt, Association médicale canadienne (AMC)
  • Coauteurs : Nan Bai et Jean-Marc Guillemette, Association médicale canadienne (AMC)

Contexte et but : Les lignes directrices de pratique clinique sont des « recommandations rigoureuses destinées à éclairer la prise de décisions par le praticien et le patient sur les soins de santé appropriés dans des circonstances cliniques particulières ». En 1994, l’Association médicale canadienne (AMC) a mis sur pied son Infobase, qui regroupe des lignes directrices, pour favoriser l’adoption de pratiques exemplaires fondées sur des données probantes par les médecins. Au fil des ans, Infobase a pris de l’expansion pour devenir la source de lignes directrices canadiennes en ligne la plus exhaustive ; elle renferme 1 300 ensembles de lignes directrices. L’objectif de l’étude consiste à évaluer les besoins en information des médecins et à cerner les nouvelles fonctionnalités qui amélioreraient l’utilisation d’Infobase dans la prise de décisions médicales.

Méthode : À l’aide d’un questionnaire en ligne, nous avons sondé les utilisateurs dans la période du 1er au 30 avril 2009. Le sondage comporte 11 questions sur leurs caractéristiques démographiques, sur le but et la fréquence des consultations, sur leur satisfaction, sur les fonctionnalités souhaitables et sur leur expérience dans l’élaboration et la mise en œuvre de lignes directrices.

Résultats : Les répondants sont au nombre de 512. En général, les médecins se disent très satisfaits (83 %). Les deux principaux motifs de consultation sont la formation continue (80 %) et la recherche d’information sur la prise en charge d’un cas clinique (63 %). Les capsules cliniques (90 %) – brefs résumés de lignes directrices de nature concrète —, les activités de formation médicale continue agréées (81 %) et le courriel sur la parution de nouvelles lignes directrices (81 %) sont les caractéristiques les plus prisées des sondés. Vient ensuite l’examen de lignes directrices par des pairs (66 %).

Discussion : L’enthousiasme des médecins à l’égard des capsules cliniques corrobore la recherche qui indique que la présentation des lignes directrices si elle est rébarbative peut constituer un obstacle à leur diffusion. Les résumés de lignes directrices comportant des recommandations précises, concises et concrètes pourraient favoriser la prise de décisions fondées sur des données probantes dans le traitement des patients. Du matériel éducatif perfectionné, dont les modules d’apprentissage en ligne, serait utile dans l’assimilation des données probantes issues de la recherche. Devant le nombre croissant de lignes directrices de qualité diverse, les médecins manifestent de l’intérêt à l’égard de l’évaluation de la qualité des lignes directrices dans le cadre d’une évaluation critique.