Les médicaments de cette nouvelle classe thérapeutique sont-ils efficaces dans le traitement du diabète ?
le 13 novembre 2002
OTTAWA - Même s'ils sont dotés d'un mécanisme d'action original, les deux médicaments de la plus récente classe d'hypoglycémiants oraux, les thiazolidinediones, produisent un effet de réduction de la glycémie du même ordre que celui des autres hypoglycémiants oraux chez les diabétiques de type 2, selon le rapport rendu public aujourd'hui par l'Office canadien de coordination de l'évaluation des technologies de la santé (OCCETS). Ces médicaments, si leur usage se répandait, auraient un impact de taille sur les régimes d'assurance-médicaments financés par l'État, parce qu'ils sont plus dispendieux que les autres antidiabétiques.
Deux thiazolidinediones sont disponibles au Canada présentement, soit la rosiglitazone et la pioglitazone. Ces médicaments abaissent le niveau de glucose dans le sang par un mécanisme d'action inédit se traduisant par une diminution de l'insulinorésistance, l'un des principaux problèmes posés par le diabète de type 2. Ce type de diabète est le plus fréquent et concerne 90 % des personnes atteintes de la maladie. Celle-ci provoque de graves complications à longue échéance, qui viendront perturber la vue, le système rénal, les nerfs et les vaisseaux sanguins.
L'OCCETS a examiné plusieurs études qui comparent la rosiglitazone et la pioglitazone à d'autres antidiabétiques sur les plans de l'efficacité et de l'innocuité. Utilisés seuls, ces médicaments produisent le même effet hypoglycémiant que celui d'autres antidiabétiques oraux. Lorsque la rosiglitazone ou la pioglitazone est combinée à un autre hypoglycémiant, la diminution de la glycémie est plus marquée que celle provoquée par la monothérapie. Cette constatation s'inscrit dans la foulée des résultats obtenus par d'autres chercheurs, selon lesquels le pouvoir hypoglycémiant de la combinaison de deux antidiabétiques est supérieur à celui de la monothérapie. Malgré que les études examinées par l'OCCETS indiquent que les thiazolidinediones sont bien tolérées en règle générale, leur utilisation en présence de troubles hépatiques ou cardiaques soulève des préoccupations. Quant à l'effet de ces médicaments sur l'apparition des complications diabétiques tardives et à leur innocuité au long cours, seuls d'autres projets de recherche pourront les préciser.
Dans l'analyse budgétaire, l'OCCETS estime que, si les thiazolidinediones étaient inscrites sur la liste des médicaments assurés de tous les régimes d'assurance-médicaments publics du Canada d'ici 2004, l'augmentation nette des dépenses varierait de 11,8 à 88,5 millions de dollar par an. La hausse réelle serait établie en fonction de la dose utilisée, du nombre de patients traités par ces médicaments et de leur catégorie d'appartenance dans la liste des médicaments assurés.
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