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La mammographie par émission de positons (TEP) : nouvel outil diagnostique


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L’appareil Naviscan PEM FlexMC Solo II produit des images moléculaires du sein.
Avec la permission.

La mammographie par émission de positons (TEP) allie la technologie TEP à celle de la mammographie afin de déceler des lésions de taille aussi petite que 2 mm, soit des lésions de deux à trois fois plus petites que les lésions détectables par la TEP du corps entier[1].

Fonctionnement
La TEP est une technologie de médecine nucléaire qui doit sa réputation à son rôle dans l’imagerie du cancer. Une petite quantité d’un glucose radioactif, le 18 fluoro-2-désoxyglucose (FDG), est injectée dans le sang, et son parcours est suivi à la trace par le tomodensitomètre qui générera des images des zones qui captent le plus le FDG. Dans nombre de cancers, les cellules cancéreuses ont des besoins énergétiques plus grands que ceux des cellules normales, et le traceur FDG a tendance à s’accumuler dans ces cellules. C’est ainsi que les « zones d’hyperfixation » révèlent la présence du cancer à l’imagerie TEP. Cette technique encadre également le traitement en évaluant la réponse thérapeutique.

Sa place dans la pratique actuelle
La mammographie TEP porte également l’appellation de mammographie par émissions de positons ou MEP. À l’instar de l’imagerie TEP, il s’agit d’une technique d’appoint dans l’imagerie du cancer du sein classique, utile à des fins de stadification ou de restadification, de planification chirurgicale et d’évaluation thérapeutique. La technique n’est pas destinée au dépistage du cancer du sein, ni à l’évaluation de l’extension lymphatique. La mammographie TEP est proposée dans les cas de caractérisation difficile des lésions mammaires, particulièrement en présence de tissu mammaire dense ou de risque élevé de cancer multifocal ou fulgurant[1].

État actuel
L’appareil PEM FlexMC Solo II (Naviscan PET Systems, Inc.) a obtenu l’autorisation de la Food and Drug Administration aux États-Unis en 2003 dans l’imagerie générale. Contrairement à l’appareil de TEP du corps entier, l’appareil destiné précisément à la mammographie TEP n’a pas encore été homologué au Canada. L’entreprise torontoise IMAGIN Diagnostic Centres, Inc. détient les droits de distribution de PEM Flex au Canada.

Données probantes
Les données probantes publiées sont limitées actuellement. Il est vrai cependant que la mammographie TEP-FDG est plus sensible que la TEP-FDG du corps entier pour détecter les petites lésions[1]. Un essai clinique prospectif, non randomisé, auprès de 77 femmes, constate que l’exactitude générale de la mammographie TEP va de 88 % à 92 %, tandis que celle de l’imagerie classique est de 71 % (p<0,001)[2]. L’écart est attribuable pour beaucoup au fait que la mammographie TEP est plus efficace dans la détection des lésions du cancer du sein très précoce, encore confiné au foyer d’origine.

Coût
Le coût de l’appareil PEM Flex Solo II est inconnu. Le coût de l’examen de mammographie TEP sera sans doute du même ordre que celui de l’examen TEP du corps entier puisque les coûts liés à l’infrastructure et ceux des produits radiopharmaceutiques seront les mêmes.

Au Canada, le coût total de l’examen TEP-FGD du corps entier varie de 1 231 $ à 7 869 $ selon le nombre de patients examinés, le coût de la dose de FDG, les honoraires de médecin, le coût en capital de l’infrastructure, les coûts de fonctionnement et les coûts de la demande réglementaire d’essai clinique des produits FDG qui n’ont pas encore fait l’objet d’un avis de conformité de Santé Canada[3]. La personne qui ne réside pas dans la province devra débourser 1 250 $ pour un examen TEP-FDG en Alberta et au Manitoba, et 1 500 $ en Colombie-Britannique. Dans les établissements privés qui offrent l’examen au pays, le coût de l’examen est près du double. Les honoraires du médecin vont de 200 $ à 300 $ le cas.

References

[1] Tafra L. Ann Surg Oncol 2007;14(1):3-13.
[2] Berg WA, et al. Breast J 2006;12(4):309-23.
[3] Chuck A, et al. Int J Technol Assess Health Care 2005;21(4):442-51.