Traitement de la douleur causée par les métastases osseuses à l’aide du système ExAblate® (énergie ultrasonore focalisée par un imageur à résonance magnétique)
La douleur causée par les métastases osseuses est souvent intense et peut grandement diminuer la qualité de vie.

L’appareil d’IRM offre une image en trois dimensions de la zone ciblée, puis le transducteur ExAblate® dirige les ultrasons d’intensité élevée vers la zone en question.
Avec l’aimable autorisation de InSightec Ltd.
ExAblate® 2000 est un système qui transmet des ultrasons focalisés de haute intensité pour tuer par ablation thermique les cellules d’un site précis sans causer d’effets néfastes sur le tissu sain avoisinant. Indiquée à l’heure actuelle dans le traitement du léiomyome utérin, cette forme de traitement non invasif est à l’étude dans la palliation de la douleur provoquée par les métastases osseuses, réfractaire aux autres modalités thérapeutiques.
Fonctionnement
ExAblate est une technologie qui fait appel à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour cerner et visualiser la région des lésions osseuses douloureuses. Une fois la zone localisée, ExAblate dirige le faisceau d’ultrasons de haute intensité vers la cible en haussant la température au point d’entraîner la destruction tissulaire. Son mécanisme d’action analgésique précis est inconnu; le soulagement immédiat pourrait découler de la destruction du tissu nerveux, tandis que l’effet analgésique soutenu proviendrait de la diminution de la masse tumorale et, par là, du relâchement de la compression osseuse[1].
La séance de traitement dure environ 80 minutes, et le traitement est administré aux consultations externes[1]. Le traitement commence par l’administration d’un sédatif et d’un analgésique par la voie intraveineuse afin d’empêcher les mouvements durant l’intervention. Les complications potentielles du traitement par ExAblate sont les brûlures cutanées superficielles et les lésions thermiques aux organes adjacents sensibles à la chaleur[2].
Patients susceptibles d’en bénéficier
Les métastases osseuses surviennent dans nombre de cancers. Pour la grande majorité, voire la totalité, les patients souffrant du cancer de la prostate métastatique verront le cancer envahir leurs os[3]. Dans le cancer du sein, les os représentent le deuxième site le plus touché par les métastases, qui prolifèrent dans 90 % des cas de cancer du sein évolutif[1].
Premières données probantes
La première étude de faisabilité a été menée auprès de 13 personnes. Dix d’entre elles ont bénéficié d’un soulagement comme en témoignent la baisse d’intensité de la douleur (mesurée à l’échelle visuelle analogique) et la diminution de la prise d’analgésiques durant le suivi moyen de deux mois. Dans la plupart des cas, le soulagement s’est manifesté dès les trois premiers jours suivant le traitement ExAblate. Dans certains cas, la douleur s’est légèrement intensifiée dans la période immédiate de l’intervention, avant de diminuer peu après. Un patient a été incapable de supporter la douleur causée par les ultrasons, et le traitement a été cessé. Deux patients sont décédés (des suites du cancer), dans le premier mois suivant le traitement.
Une deuxième étude de faisabilité du système ExAblate dans la palliation de la douleur est en cours à l’Hôpital Mount Sinai de Toronto.
Perspectives
La capacité de destruction des cellules cancéreuses de l’énergie ultrasonore de haute intensité focalisée par IRM est mise à l’épreuve dans les cancers du sein, des os, du foie, du rein, du pancréas, de l’utérus et de la prostate [4].
État actuel
En 2007, Santé Canada a autorisé l’usage du système ExAblate 2000 (InSightec Ltd., Israël) dans le traitement du léiomyome utérin.
Coût
Selon InSightec, le système ExAblate 2000 coûte environ un million de dollars américains. Cela ne comprend le coût de l’appareil d’IRM essentiel à l’intervention.
Références
[1] Catane R, et al. Ann Oncol 2007;18(1):163-7.
[2] Catane R, et al. ExAblate 2000 Clin Rep 2006;5(1):1-8. Available: http://www.insightec.com/SIP_STORAGE/files/1/261.pdf
[3] Goh P, et al. Curr Oncol 2007;14(1):9-12.
[4] ter Harr HG, et al. Int J Hyperthermia 2007;23(2):89-104.