Les anti-inflammatoires non stéroïdiens dans le soulagement de la douleur causée par une fracture
Dans l’impasse concernant un protocole médicamenteux, le Centre hospitalier régional Southlake de Newmarket (Ontario) a fait appel à l’ACMTS pour obtenir une opinion fiable, fondée sur des données probantes.
Le comité médical consultatif du centre hospitalier élaborait de nouvelles lignes directrices de pratique médicale sur la prise en charge de la douleur au service des urgences, quand il s’est buté à la question de la douleur causée par une fracture. Tandis que certains médecins sont d’avis que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) devraient faire partie du protocole thérapeutique, d’autres s’opposent à cette idée en faisant valoir que les AINS entravent la consolidation osseuse après une fracture.
Pour éclairer le comité, le Dr Stephen Cluff, directeur médical des urgences du centre hospitalier, a demandé au Service d’information sur les technologies de la santé (SITS) de l’ACMTS de produire un rapport fondé sur des données probantes quant au lien entre les AINS et la consolidation osseuse.
L’analyse de l’ACMTS de la documentation sur le sujet publiée depuis 2000 met au jour le caractère ténu des données probantes indiquant que les AINS compromettent la fusion osseuse. Les études sur le sujet sont peu nombreuses, et elles comportent des lacunes méthodologiques. L’analyse documentaire révèle également que cette préoccupation à propos de l’influence défavorable des AINS sur la consolidation osseuse aurait été soulevée par des études chez l’animal, mais ne serait pas appuyée vraiment par des données issues d’études chez l’humain.
Selon le résumé des lignes directrices sur la prise en charge de la douleur, rédigé par l’ACMTS, l’AINS est recommandé en tant qu’option thérapeutique initiale dans le soulagement de la douleur légère ou modérée. En usage concomitant avec un opiacé dans le traitement de la douleur modérée ou intense, l’AINS peut permettre d’abaisser la dose de l’opiacé, diminuant ainsi le risque d’effets indésirables de l’opiacé, tels les nausées et vomissements, l’étourdissement et la constipation.
Le Dr Cluff précise que le comité médical consultatif a été en mesure de prendre une décision éclairée à la lumière du rapport de l’ACMTS. La majorité des membres du comité se sont prononcés en faveur de la présence des AINS dans leurs nouvelles lignes directrices médicales sur la prise en charge de la douleur aux urgences.
En 2006, près de 73 000 personnes se sont rendues aux urgences de l’Ontario pour cause de fracture ou de luxation.
Le rapport est mis à la disposition des décideurs du secteur de la santé du gouvernement fédéral et des ministères de la santé, des réseaux locaux d’intégration des services de santé, des régies régionales de la santé, des hôpitaux et des programmes de soins de santé des provinces et territoires membres de l’ACMTS :http://cadth.ca/index.php/en/hta/programs/htis