Le point sur la tomographie TEP
Patient qui subit une TEP du cerveau.
Photo fournie par Dr E. Tanaka.
La tomographie par émission de positons (TEP) est une technologie d'imagerie en médecine nucléaire qui permet d'évaluer l'état des processus physiologiques et biochimiques. Cette technologie sert à détecter et à évaluer différents types de cancer ou à examiner la fonction cérébrale, le débit sanguin ou la cardiopathie.
Fonctionnement
Pendant une tomographie TEP, une petite dose d'un produit radiopharmaceutique émetteur de positons est injectée par intraveineuse avant que le patient ne se retire à l'intérieur d'une grande machine de la forme d'un beigne.
Lorsque le traceur radioactif se promène dans le corps, des particules radioactives se désintègrent et émettent des positons qui se joignent alors aux électrons et émettent ultérieurement des photons.
Traceurs radiopharmaceutiques émetteurs de positons
Un des traceurs les plus répandus est le 18F-FDG, un analogue radioactif du glucose. Après son injection dans le réseau sanguin du patient, le FDG est absorbé en plus grande quantité par les cellules cancéreuses que par les cellules normales. Ce processus permet de voir les cancers comme des zones plus sensibles sur la tomographie TEP.
Les traceurs radiopharmaceutiques émetteurs de positons sont produits en laboratoire à partir de radio-isotopes générés par un accélérateur de particules (le cyclotron). Comme la majorité des traceurs radiopharmaceutiques émetteurs de positons ont une durée de conservation très courte, de quelques minutes à quelques heures, les radio-isotopes doivent être produits tout près des centres de tomographie TEP. Cette obligation limite l'accès à la technologie pour les patients dans certaines parties du Canada.
Réglementation des produits radiopharmaceutiques émetteurs de positons
L'utilisation des traceurs radiopharmaceutiques émetteurs de positons n'est toujours pas approuvée au Canada. Santé Canada exige de chaque laboratoire qui produit des produits radiopharmaceutiques émetteurs de positions de remplir une demande d'essai clinique. De plus, les données recueillies doivent être présentées pour tous les patients qui reçoivent des traceurs.
Emplacement des tomographes TEP
Le tableau 1 donne un aperçu de la distribution des tomographes TEP dans les cinq provinces qui ont adopté la technologie, y compris les installations prévues pour 2005.
Tableau 1: Emplacement des tomographes TEP publics et des cyclotrons au Canada*
| Province | Cyclotrons | Tomographes TEP actuellement en utilisation† | Tomographes supplémentaires prévus pour 2005 |
|---|---|---|---|
| Québec | 2 | 5 | 1 |
| Ontario | 3 | 8 | — |
| Manitoba | — | — | 1 |
| Alberta | 1 | 3 | 2 |
| Colombie-Britannique | 1 | 3 | 1 |
* Données offertes par Henri Vienneau, directeur exécutif de l'Alliance de médecine nucléaire.
† Comprend les tomographes TEP utilisés pour les soins de patients (par l'intermédiaire d'essais cliniques) et les tomographes utilisés pour fins de recherche seulement.
Données probantes sur l'efficacité clinique
Un grand nombre d'études de renseignements de source directe et d'examens systématiques ont examiné les avantages possibles des TEP dans la gestion de divers cancers.
Dans un examen rapide effectué dans le cadre du Programme de technologies de la santé du National Health Service du R. U. en 2004, on a déterminé des données probantes en faveur de l'utilisation de la tomographie TEP dans la classification par stades du cancer broncho-pulmonaire « non à petites cellules », dans l'évaluation d'un cancer colorectal récurant et dans la reclassification par stades d'un lymphome hodgkinien après la thérapie par induction. Il y a également eu suffisamment de données probantes en appui à l'utilisation de la tomographie TEP pour diagnostiquer les nodules pulmonaires solitaires et les tumeurs occultes à la tête et au cou, ainsi que pour détecter les métastases dans le cancer du sein et la récurrence du cancer de la glande thyroïde. Le rapport conclut que l'utilisation du tomographe TEP dans les décisions de gestion du cancer nécessite d'autres recherches [1]. Une autre évaluation et une mise à jour de cet examen sont en cours d'élaboration.
Une étude norvégienne a rapporté des conclusions semblables en 2003 [2] (sommaire publié en anglais par le International Network of Agency of Health Technology Assessment).
Utilisation dans les autres pays
L'utilisation clinique du tomographe TEP est devenue routinière aux États-Unis, dans de nombreux pays européens et au Japon. Aux États-Unis, Medicare défraie les coûts de la tomographie TEP pour le diagnostic de la plupart des cancers, à condition que les données soient ajoutées à un Registre de données national TEP[3].
Les tomographes TEP sont-ils rentables?
Les tomographes TEP sont économiques à court terme puisqu'ils éliminent d'autres procédures de diagnostic et de traitement, comme la chirurgie inutile. Cependant, les analyses de rentabilité à court terme sont insuffisantes pour tirer des conclusions et il n'existe aucune étude des résultats à long terme pour les patients.
L'AÉTMIS, l'Agence d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé du Québec, a élaboré un modèle économique dans le but d'évaluer la rentabilité des tomographes TEP pour le cancer broncho-pulmonaire « non à petites cellules ». Le coût a été jugé acceptable par rapport aux années de vie gagnées, mais le rapport de l'AÉTMIS a conclu que les principaux avantages des tomographies TEP sont l'amélioration de la qualité de vie, la réduction des interventions débilitantes inutiles et un accès plus rapide à une thérapie efficace[4].
L'IRSS, un institut de recherche en santé de l'Ontario, a effectué un examen systématique de la rentabilité des TEP en 2001 et a entrepris des mises à jour subséquentes en 2004. Quelques études étrangères ont servi à l'examen de l'IRSS, pour la plupart de piètre qualité. Le rapport a conclu que la TEP est probablement rentable pour les patients présentant certaines formes de cancer et pour les crises épileptiques réfractaires[5].
Financement provincial des examens par tomographes TEP
Le QUÉBEC finance 1 500 tomographies par année dans chacun de ses quatre hôpitaux possédant des appareils de TEP. Le Québec est la seule province qui a un code de facturation pour l'interprétation de la tomographie par un médecin.
Source : Henri Vienneau, directeur exécutif de l'Alliance de la médecine nucléaire, à Montréal.
L'ONTARIO finance environ 1 500 tomographies TEP par année (pour une période de deux ans) pour les patients qui participent à cinq essais cliniques et un registre des quatre emplacements géographiques. Les indications couvertes sont le cancer broncho-pulmonaire « non à petites cellules », les tumeurs à la tête et au cou, les cancers du sein et colorectal, en plus des nodules pulmonaires solitaires et les cellules germinales récurrentes des cancers de la glande thyroïde et colorectal.
Source : Shirley Lee, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario, secrétariat des consultations médicales, Toronto.
La NOUVELLE-ÉCOSSE prévoit acquérir un appareil de tomographie TEP en 2005 et prévoit en débuter l'opération en 2007. Le financement opérationnel particulier n'a toujours pas été annoncé. Bien qu'à l'origine les produits radiopharmaceutiques émetteurs de positons devaient être expédiés, un cyclotron sera construit en appui au programme. Source : Valérie Bellefontaine, ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse, à Halifax..
Le MANITOBA finance jusqu'à 1 000 tomographies TEP pour l'exercice 2005-2006 avec le nouveau tomodensitomètre situé au Health Sciences Centre de Winnipeg (le premier patient a été traité le 7 juillet 2005). Le financement pourra augmenter afin de permettre l'examen de plus de 2 000 patients par année selon la demande du milieu. On prévoit la fabrication de traceurs radioactifs à Edmonton et l'envoi par fret aérien à Winnipeg.
Source : Dr Sandor Demeter, Département de radiologie, Health Sciences Centre, à Winnipeg.
Le NOUVEAU-BRUNSWICK allouera 1,3 million de dollars pour couvrir les coûts opérationnels de deux tomodensitomètres TEP dont l'exploitation est prévue pour septembre 2006. Les produits radiopharmaceutiques émetteurs de positons seront expédiés chaque jour.
Source : Johanne Le Blanc, Santé et Mieux-être, à Fredericton.
L'ALBERTA finance les examens cliniques par TEP au Cross Cancer Institute à Edmonton, à partir du budget régional global pour la santé.
Source : Dr Sandy McEwin, Cross Cancer Institute, à Edmonton.
La COLOMBIE-BRITANNIQUE financera 1 500 examens par TEP à la clinique de Vancouver du BC Cancer Agency pendant l'exercice 2005-2006. Le nouveau tomodensitomètre TEP sera utilisé en juin 2005.
Source : Dr. Don Wilson, BC Cancer Agency, Vancouver.
Références
[1] Facey K, et al. Positron emission tomography (PET) imaging in cancer management [Ultra Rapid Review]. Southampton (UK):2004.
[2] Morland B. Positron emission tomography (PET) - diagnostic and clinical use [INAHTA brief issue 2004/80]. Oslo: Norwegian Centre for Health Technology Assessment; 2004. Available: http://www.inahta.org/Reports.asp?name=Content11%2Fpublikationer%2F8%2F0480%5FSMM%5FPositron%5FEmission%5FTomography%5FDiagnostic%5FClinical%5FUse%2Epdf.
[3] Medicare launches efforts to improve care for cancer patients [news release]. Baltimore (MD): Centers for Medicare & Medicaid Services; 2005 Jan 28. Available: http://www.cms.hhs.gov/media/press/release.asp?Counter=1337
[4] Dussault FP, et al. Positron emission tomography in Quebec. Montreal (QC): Agence d'Evaluation des Technologies et des Modes d'Intervention en Sante; 2002. Available: http://www.aetmis.gouv.qc.ca/fr/publications/scientifiques/imagerie_medicale/2001_03_en.pdf.
[5] Institute for Clinical Evaluative Sciences. Health technology assessment of positron emission tomography (PET) in oncology - a systematic review. Toronto (ON): Institute for Clinical Evaluative Sciences; 2004. Available: http://www.ices.on.ca/webbuild/site/ices-internet-upload/file_collection/Pet%5Freport%5FApr%5F2004%5B1%5D%2Epdf