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Une technologie enzymatique réduit le risque de transmission des prions par les instruments chirurgicaux

En Europe, un produit enzymatique commercial a été lancé afin d’éliminer les prions qui peuvent contaminer les instruments chirurgicaux. Le prion, anagramme anglo-saxon abrégé de «particule protéique infectieuse», serait l’agent responsable de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ou la « maladie de la vache folle », et de sa forme humaine, la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ)[1].

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Instrument chirurgical.

Photo : avec la permission de Jupiter images.


La vMCJ est une maladie neurodégénérative fatale avec une longue période d’incubation (peut être une décennie ou plus). On ne dispose pas encore de test de diagnostic pouvant détecter de manière fiable la présence de cette malade avant l’apparition des symptômes.

Incidence

La plupart des cas de vMCJ (environ 180 cas dans le monde entier) ont eu lieu au Royaume-Uni ou ailleurs en Europe. Selon le Système de surveillance de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, un seul cas de vMCJ a été répertorié au Canada[2]. Beaucoup d’attention a été portée au lien entre la consommation de viande bovine contaminée et la transmission de la vMCJ. Cependant, la contamination interhumaine de la vMCJ par le biais d’instruments chirurgicaux a également suscité des préoccupations étant donné la capacité des prions à se fixer à l’acier inoxydable et à échapper à la plupart des méthodes de désinfection et de stérilisation[3]. Source d’inquiétude particulière sont les interventions chirurgicales impliquant les tissus du cerveau, de la moelle épinière, des yeux, de l’appendice vermiforme et des amygdales, zones de l’organisme où les prions s’accumulent. Certains hôpitaux ont introduit des politiques d’instruments à usage unique (jetables) dans la mesure du possible[4].

Fonctionnement

Au cours d’un procédé complémentaire de prétrempage lors de la stérilisation des instruments chirurgicaux, le PrionzymeMC (Genencor International) est utilisé en association avec certaines conditions de température et de pH spécifiques en vue de détruire les liaisons chimiques dans les protéines du prion. Contrairement à d’autres désinfectants ou procédés de stérilisation, les produits enzymatiques ne provoquent pas la corrosion des instruments chirurgicaux et ne présentent aucun danger aux professionnels de la santé[5].

État actuel

Prionzyme n’est pas encore commercialisé au Canada. Le premier produit Prionzyme permettant de désinfecter les instruments chirurgicaux est désormais disponible en Europe[1]. Des produits similaires sont actuellement en cours de développement pour la décontamination des instruments dentaires et des équipements pour l’industrie de traitement de la viande.

Données probantes

L’étude des souris a fourni des données à l’appui à la commercialisation du Prionzyme en l’Union européenne. Selon Genencor, ces études ont montré une réduction par dix millions de l’infectiosité des prions[1].

Coût

Le prix de Prionzyme n’a pas été publié, mais on peut l’obtenir du Genencor International sur demande.

Orientations futures

On ne connaît toujours pas l’ampleur du risque potentiel de transmission de la vMCJ par les instruments chirurgicaux. Néanmoins, les coûts associés à l’utilisation des instruments chirurgicaux jetables sont importants. Tout produit pouvant améliorer la décontamination de ces instruments pourrait offrir une solution de rechange plus rentable et écologique, mais la réalisation d’études d’évaluation sur cette solution est nécessaire.

References

[1] Prionzyme: a general backgrounder. Palo Alto (CA): Genencor International; 2006. Available: http://www.genencor.com/pdf/Prionzyme%20Backgrounder%20(final).pdf

[2] CJD deaths reported to CJD-SS, 1994-2005. In: Creutzfeldt-Jakob Disease Surveillance System (CJD-SS). Ottawa: Public Health Agency of Canada; 2006. Available: http://www.phac-aspc.gc.ca/hcai-iamss/cjd-mcj/cjdss-ssmcj/stats_e.html

[3] Dunstan RA, et al. Aust N Z J Public Health 2005;29(4):308-12.

[4] Frosh A, et al. BMJ 2001;322(7302):1558-9. Available: http://bmj.bmjjournals.com/cgi/reprint/322/7302/1558

[5] Jackson GS, et al. J Gen Virol 2005;86(Pt 3):869-78.