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Les triptans dans la crise aiguë de migraine : comparaison de l’efficacité clinique et du rapport coût efficacité

Technologie et trouble

Agonistes des récepteurs sérotoninergiques (5-HT1) (triptans) : almotriptan, élétriptan, naratriptan, sumatriptan (sous forme de succinate et d’hémisulfate), rizatriptan et zolmitriptan dans le traitement de la crise aiguë de migraine chez l’adulte et l’adolescent.

Sujet

La crise aiguë de migraine représente des frais considérables pour les régimes publics et pour la société. L’utilisation des triptans pourrait améliorer la qualité de vie des patients et réduire les frais de traitement, notamment en raison des économies pouvant être réalisées grâce à une diminution des frais de services de soins de santé et à une amélioration de la productivité. Les politiques de financement des régimes publics à cet égard ne sont pas toutes les mêmes au Canada.

Méthode et résultats

Une étude méthodique a été résumée et évaluée en vue de comparer les triptans chez l’adulte. Une étude méthodique de la documentation clinique a été effectué afin de comparer les triptans chez l’adolescent. Un étude méthodique des évaluations économiques a été réalisé dans le but de déterminer les principaux facteurs qui influencent le rapport coût-efficacité du traitement, ainsi que d’obtenir des données probantes sur le rapport coût-efficacité au sein de la population canadienne.

Incidences sur la prise de décisions

  • Les différences existant entre les triptans n’ont pas encore été démontrées chez l’adulte. Aucun essai n’a encore permis de comparer directement entre eux les différents triptans. En effet, la plupart des données laissant croire qu’il existerait différents degrés d’efficacité proviennent d’essais où l’on comparait un triptan au sumatriptan. Rien ne permettait de croire qu’un certain type de triptan pouvait s’avérer plus efficace qu’un autre chez un patient. Il est donc nécessaire d’effectuer de plus amples comparaisons entre les triptans afin de bien saisir les caractéristiques de chacun des triptans.

  • La généralisabilité des données cliniques aux pratiques actuelles demande réflexion. Aucun des ECR répertoriés ne portait sur l’étude de l’utilisation des triptans dans le traitement précoce de la migraine, ni dans le traitement des migraines légères, bien que cela soit d’usage dans la pratique actuelle. Cette pratique pourrait avoir des répercussions sur les résultats observés lors des essais cliniques. Dans la pratique actuelle, il est recommandé de changer de triptan plutôt que d’avoir toujours recours au même, ce qui pourrait changer le taux de réponse obtenu lors des essais cliniques.
  • L’utilisation du naratriptan chez l’adulte pourrait être réévaluée. Il y a lieu de croire que le rizatriptan à 10 mg serait plus efficace que le naratriptan à 2,5 mg pour le soulagement de la céphalée, de la photophobie et de la phonophobie deux heures après l’administration, de même que pour un soulagement prolongé 24 heures après l’administration. Il y également lieu de croire que le sumatriptan à 100 mg serait plus efficace que le naratriptan à 2,5 mg pour le soulagement de la céphalée dans les quatre heures suivant l’administration. Comme ces différences ont chacune été démontrées par un essai, il faudrait réévaluer l’utilisation du naratriptan à la lumière des nouveaux éléments d’information qui seront éventuellement disponibles.
  • L’administration du sumatriptan par voie nasale devrait être réévaluée chez l’adolescent. Huit ECR ont permis de démontrer l’efficacité de cinq triptans chez l’adolescent en les comparant à des placebos identiques. Selon les résultats combinés de deux essais cliniques dont le nombre de patients à traiter était de 10 (IC à 95 % : 6, 36), seul le sumatriptan à 20 mg administré par voie nasale n’a augmenté de façon significative les chances de soulagement en moins de deux heures. Le taux de réponse chez les patients ayant reçu le sumatriptan pour ces deux essais était de 38 % deux heures après l’administration chez un nombre de patients à traiter de 10 (IC à 95 % : 6, 30).
  • Aucun facteur économique ne permet de favoriser un triptan plutôt qu’un autre. Parmi les 12 évaluations économiques étudiées, seulement deux tenaient compte de l’aspect utilitaire dans leurs analyses. Aucune étude ne comparait l’ensemble des triptans offerts, et aucune n’en évaluait l’efficacité de façon crédible. La plupart des évaluations du rapport coût-efficacité présentaient des lacunes (p. ex. en n’identifiant pas les principaux coûts et avantages ni les ressources utilisées). Compte tenu de ces lacunes, l’applicabilité de ces études pour les décideurs canadiens est remise en question.

Le présent résumé reprend l’essentiel d’un examen d’évaluation rapide disponible sur le site de l’ACMTS (www.acmts.ca) : Membe S, McGahan L, Cimon K, Gawel M, Giammarco R, Mierzwinski-Urban M. Les triptans dans la crise aiguë de migraine : comparaison de l’efficacité clinique et du rapport coût-efficacité.