Orientation stratégique quant au protecteur de hanche en milieu de soins de longue durée
Sujet
|
La prévention de la fracture de la hanche dans l’établissement de soins de longue durée dans une optique de promotion de la santé et du bien-être des résidants et de réduction des répercussions de cette blessure sur le système de santé |
Contexte
Les établissements de soins de longue durée au Canada comptent plus de 300 000 résidants. Dans ces établissements, les blessures à la hanche représentent déjà un problème de santé qui prendra vraisemblablement de l’ampleur au fil du vieillissement de la population. Chaque année, près de 50 % des résidants chutent à au moins une reprise tandis que 40 % tombent à au moins deux reprises. Dans une proportion allant de 10 % à 25 %, ces chutes entraînent des blessures graves nécessitant un traitement médical, alors que de 5 % à 10 % des chutes provoquent une fracture, le plus fréquemment de la hanche, du poignet ou d’une vertèbre. Près de 1 % des personnes âgées qui chutent subissent une fracture de la hanche.
Aperçu des fractures de la hanche au Canada
|
La fracture de la hanche...
La prévention passe par...
|
Technologie
|
Qu’est-ce au juste que le protecteur de hanche ?
|
Principales constatations de l’examen rapide de l’ACMTS
L’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) a effectué un examen rapide de l’efficacité clinique et de la rentabilité du protecteur de hanche dans la prévention de la fracture de la hanche dans l’établissement de soins de longue durée. L’examen aboutit aux constatations suivantes :
- Selon toute apparence, le protecteur de hanche est efficace s’agissant de diminuer le risque de fracture de la hanche en établissement de soins de longue durée. Chez les résidantes de plus de 70 ans qui se plient à cette mesure selon le taux de fidélité habituel, il pourrait abaisser le risque de fracture de la hanche de 23 %.
- Des huit évaluations économiques examinées, les trois effectuées au Canada s’entendent pour dire que le protecteur de hanche permettrait une économie de coûts pour les résidants en établissements de soins de longue durée, compte tenu du coût du protecteur de la hanche et des frais médicaux directs associés à la fracture de hanche.
- L’évaluation économique primaire indique que, par rapport à l’abstention, le protecteur de hanche constituerait une solution rentable, pourvu que l'on soit prêt à payer le seuil habituel de 50 000 $ l’année de vie pondérée par la qualité par rapport à l’absence d’intervention, chez la femme de plus de 70 ans hébergée dans un établissement de soins de longue durée.
Pratique actuelle
- La prescription du protecteur de hanche dans les établissements de soins de longue durée au pays est très répandue, et des données non scientifiques révèlent que cette mesure est adoptée à grande échelle; toutefois, le taux de fidélité au port du protecteur, qui s’exprime par la période de port conformément à l’usage recommandé, varie de 24 % à 92 %, la médiane étant d’environ 56 %.
- Les régimes d’assurance publics provinciaux ou territoriaux ne couvrent pas le protecteur de hanche ; à noter, cependant, que le ministère des Anciens Combattants rembourse les frais d’acquisition de deux ensembles protecteurs par personne tous les deux ans.
- L’ACMTS a répertorié six ensembles de lignes directrices de pratique clinique portant notamment sur le protecteur de hanche, publiés par les organismes suivants : le Falls Assessment Working Group de la Nouvelle-Écosse (2006), l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (2005), le National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE, 2004), le Centre de recherche sur les interventions infirmières gérontologiques de l’Université de l’Iowa (2004), le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique (2004) et le Guidelines Group de la Nouvelle-Zélande (2003).
ORIENTATION STRATÉGIQUE
|
Se fondant sur l’opinion d’un groupe d’experts du Canada, l’ACMTS a formulé les énoncés ci-dessous qui constituent l’essentiel de l’orientation stratégique préconisée quant au protecteur de hanche en milieu de soins de longue durée. SACHANT QUE :
L’ACMTS PRÉCONISE :
|
Considérations importantes quant à la mise en œuvre
Dans la promotion ou le financement du protecteur de hanche en milieu de soins de longue durée, des facteurs doivent être pris en considération.
D’abord et avant tout, le protecteur de hanche n’est efficace que s’il est porté conformément à l’usage recommandé, et l’observance du port approprié varie beaucoup. Au chapitre des facteurs qui entravent la fidélité au port du protecteur, mentionnons l’inconfort, l’apparence et la distorsion de l’image de soi, le coût, l’irritation cutanée, la difficulté de se vêtir et faire sa toilette et l’insuffisance de la formation du patient à cet égard. En outre, comme ces résidants peuvent avoir besoin de l’aide du personnel pour se vêtir ou accomplir d’autres activités de la vie quotidienne, l’orientation du personnel à propos du protecteur de hanche et les directives offertes sur ce sujet influencent également l’observance de cette mesure. Le fait d’avoir à sa disposition un nombre suffisant de protecteurs de hanche a lui aussi un effet sur la fidélité au port. Le résidant doit se voir offrir plus d’une paire de protecteurs pour tenir compte de la nécessité de les laver ou de les remplacer en cas d’usure ou de bris.
En deuxième lieu, le protecteur de hanche peut ne pas être indiqué pour tous les résidants de l’établissement de soins de longue durée qui présentent un risque de chuter. En effet, il peut trop entraver l’exécution des activités de la vie quotidienne dans certains cas.
Enfin, notons l’absence de normes canadiennes ou étrangères quant au protecteur de hanche. Certains protecteurs semblent plus efficaces que d’autres.
|
Intervenants
clés
|
À propos de ce document :
L’analyse présentée ici se fonde principalement sur les données probantes issues de l'examen rapide du Service d’information sur les technologies de la santé (SITS) de l’ACMTS. Dans le cadre d’un projet pilote, un groupe d’experts a fourni ses commentaires en tenant compte de l’opinion d’intervenants de diverses disciplines, notamment l’ergothérapie, la physiothérapie, les sciences infirmières, la gériatrie, l’administration des soins de longue durée et la gestion de programmes.