Médicaments
Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont des médicaments employés dans le traitement de troubles digestifs courants.
Sujet
Les IPP sont d’usage très répandu au Canada, comme en témoignent les 12,4 millions d’ordonnances d’IPP en 2004. Toutefois, leur prescription et leur utilisation soulèvent des questions. Des cas d’utilisation inappropriée, que ce soit trop ou pas assez, ont été rapportés, et cette utilisation inappropriée entraîne des coûts considérables. Afin d’optimiser la prescription et l’utilisation des IPP au Canada, il est nécessaire d’examiner les données probantes sur ce sujet et de communiquer les résultats de cet examen aux décideurs, aux prescripteurs et aux consommateurs.
Affection
Le SCPUOM a examiné l’utilisation des IPP dans la prise en charge du reflux gastro esophagien pathologique, de la dyspepsie et de l'ulcère gastroduodénal(UGD) induit par H. pylori ou par un anti-inflammatoire non stéroïdien.
Méthode
Les administrations publiques fédérale, provinciales et territoriales ont demandé au SCPUOM de déterminer l’utilisation optimale des IPP au Canada. Pource faire, le SCPUOM a :
- cerné et évalué les données probantes cliniques et les a synthétisées sous formed’énoncés factuels ;
- produitdes données probantes économiques fiables ;
- brossé le tableau de la pratique actuelle au pays concernant la prescription et l’utilisation des IPP ;
- relevé les lacunes de la pratique en soulignant les écarts entre la pratique et les données probantes ;
- formulé des messages principaux d’après les énoncés factuels, destinés à combler les lacunes de la pratique ;
- déterminé les interventions d’application des messages principaux qui modifieront la prescription et l’utilisation des IPP ;
- conçu des outils d’intervention pour faciliter la mise en œuvre ;
- élaboré un cadre d’évaluation de référence.
Résultats
Le projet du SCPUOM sur les IPP a débouché sur :
- 56 énoncés factuels
- 28 sur le RGOP
- 6 sur la dyspepsie
- 18 sur l’UGD
- Le relevé de trois grandes lacunes dans la prescription et l’utilisation actuelles des IPP par rapport aux données probantes.
- La formulation de onze messages, dont trois principaux, destinés aux décideurs et aux prescripteurs.
- La conception de douze outils d’intervention qui favoriseront le changement de la prescription et de l’utilisation des IPP et d’un cadre de référence pour faciliter l’évaluation de l’intervention.
- La publication de neuf rapports sur la thérapie optimale par les IPP.
Principaux messages
- Les IPP sont tous de même efficacité dans le traitement initial du RGOP, de la dyspepsie et d’autres troubles digestifs courants.
- Doubler la dose quotidienne habituelle de l’IPP dans le traitement initial n’est pas plus efficace que cette dose quotidienne habituelle.
- Les IPP ne sont pas efficaces dans le soulagement de la toux, de l’asthme ou des symptômes laryngés observés dans le RGOP.
Conclusion
L’adoption des principales constatations sur les IPP du SCPUOM se traduira par:
- l’amélioration de l’état de santé des patients ;
- l’affectation judicieuse des ressources sanitaires limitées.