L’ACMTS évaluera une gamme complexe de traitements du myélome multiple


L’examen thérapeutique portant sur les traitements du myélome multiple chez les patients non admissibles à une greffe constitue une première à plusieurs égards pour l’ACMTS. Il s’agit de son premier examen thérapeutique en oncologie, d’un premier examen en collaboration internationale, et le processus fait appel à de nombreux éléments évolutifs.

Le myélome multiple est un cancer des plasmocytes, les cellules qui aident le système immunitaire à combattre les infections. Il touche surtout les personnes âgées de 65 ans et plus. Si ce cancer demeure incurable, les personnes atteintes peuvent tout de même vivre longtemps et recevoir au fil des ans divers types de traitements.

Le portrait du traitement du myélome multiple est complexe et sans cesse en évolution, particulièrement chez les nombreux patients qui ne sont pas admissibles à l’option privilégiée de traitement de première intention, soit une chimiothérapie à forte dose suivie d’une greffe autologue de cellules souches. Chez ces patients, il existe plus d’une vingtaine de combinaisons de traitements qui améliorent la survie et la qualité de vie. Souvent, le choix du traitement dépend des caractéristiques du patient, de ses préférences, de son expérience de traitements antérieurs et, surtout, des traitements remboursés dans les centres régionaux de cancérologie.

Bien que l’on trouve une multitude d’articles scientifiques au sujet des traitements offerts, les comparaisons directes des traitements de première intention et des traitements ultérieurs se font rares chez les patients non admissibles à une greffe. Par conséquent, les responsables des politiques se trouvent confrontés à l’incertitude quant à l’efficacité relative et à l’ordre optimal – aussi appelé séquence optimale – des traitements.

L’examen thérapeutique de l’ACMTS comparera l’efficacité clinique et le rapport cout/efficacité des traitements du myélome multiple chez les patients non admissibles à une greffe qui viennent de recevoir un diagnostic et chez ceux ayant reçu un diagnostic de myélome multiple récidivant ou réfractaire (c’est-à-dire qu’il n’y a pas de régression de la maladie malgré le traitement ou que la réponse au traitement cesse).

Une méthode collaborative

Soulignons qu’il s’agit ici du premier examen thérapeutique de l’ACMTS qui compte une collaboration internationale. Les travaux de recherche clinique et économique de l’ACMTS se font avec l’École Erasmus de politique et de gestion de la santé (ESHPM) aux Pays-Bas. L’équipe de l’ESHPM met à jour deux de ses métaanalyses en réseau à ce sujet et, avec le personnel de l’ACMTS et d’autres cliniciens experts du Canada, elle intègrera les données du monde réel d’une base de données canadienne afin d’établir un modèle économique dynamique du rapport cout/efficacité des séquences de traitement.

Cette décision de créer un modèle économique dynamique comporte d’importants avantages. Ainsi, il est possible d’ajouter rapidement de nouveaux traitements au modèle dès qu’ils sont offerts au pays. De plus, ce modèle économique dynamique aidera les payeurs publics à adapter leurs listes des médicaments et à déterminer la séquence optimale des traitements.

À l’échelle canadienne, la collaboration passe aussi par l’apport du groupe national de défense des intérêts des patients. Myélome Canada a interrogé des patients, en complément aux observations des groupes de patients présentées à l’ACMTS dans le cadre de précédents examens en vue du remboursement de traitements du myélome multiple.

L’examen thérapeutique en bref

L’examen thérapeutique de l’ACMTS consiste en une évaluation fondée sur des données probantes du domaine public portant sur une catégorie de médicaments (ou classe pharmacothérapeutique). Il comprend :

  • un examen des données cliniques et des données sur le rapport cout/efficacité;
  • une analyse des observations des patients, notamment au sujet de leurs expériences de vie atteints du myélome multiple, de leurs préférences et de leurs attentes quant aux traitements;
  • une analyse des observations des cliniciens et des avis d’experts cliniques;
  • la prise en compte des facteurs de mise en œuvre par les autorités sanitaires;
  • des recommandations ou des avis destinés aux responsables des politiques.

S’il y a lieu, l’examen thérapeutique apporte des modifications aux recommandations en vue du remboursement de l’ACMTS préexistantes, en fonction de résultats probants. Au long du processus, les commentaires des parties prenantes seront sollicités par des appels publics. Pour en savoir plus, consultez : Cadre et processus des examens thérapeutiques (en anglais).

Le myélome multiple symptomatique

Le myélome multiple symptomatique est un cancer incurable des plasmocytes. Au Canada, l’on dénombre environ 3 400 nouveaux cas chaque année, surtout chez les hommes, et le taux de survie à 5 ans est de 44 %.

L’option privilégiée de traitement de première intention du myélome multiple chez les patients qui viennent de recevoir un diagnostic est une chimiothérapie à forte dose suivie d’une greffe autologue de cellules souches. Toutefois, la plupart des patients ne sont pas admissibles à cette séquence de traitements en raison de risques sous-jacents pour leur santé. Ces patients pourraient recevoir l’un des régimes de polypharmacie en traitement de première intention ou en traitement ultérieur. Plusieurs de ces traitements ont fait l’objet d’un examen du Comité d’experts en examen du Programme pancanadien d’évaluation des anticancéreux.