Vue d’ensemble des tendances et des technologies émergentes en contexte de colite ulcéreuse

Détails

Fichiers
État du projet:
Terminé
Gamme de produits:
Analyse prospective
Sous-type de projet :
Rapport sur une technologie de la santé émergente
Numéro de projet :
EH0117-000
Expected finish date:

Messages clés

  • Ce rapport propose une vue d’ensemble de l’évolution du domaine des traitements contre la colite ulcéreuse (CU) modérée ou grave, y compris les changements récents apportés aux lignes directrices sur la pratique clinique, les principales tendances en matière de stratégies thérapeutiques et les options thérapeutiques nouvelles ou émergentes, en accordant une attention particulière aux produits biologiques et aux traitements à petites molécules.
  • Les lignes directrices récentes sur la prise en charge médicale de la CU comprennent celles de l’American Gastroenterological Association (AGA), de l’American College of Gastroenterology (ACG) et de l’European Crohn and Colitis Organisation (ECCO), publiées respectivement en 2019, en 2020 et en 2022. Ces lignes directrices reflètent bien la façon dont la pratique clinique a changé pour intégrer les nouveaux traitements entrés sur le marché et les nouvelles données probantes publiées depuis la publication des lignes directrices canadiennes en 2015. Les lignes directrices de l’ACG, de l’AGA et de l’ECCO recommandent toutes l’utilisation d’un antagoniste du facteur de nécrose tumorale (TNF, de l’anglais, tumor necrosis factor), du védolizumab ou du tofacitinib pour induire une rémission chez les patients atteints de CU modérée ou grave. Les lignes directrices de l’AGA et de l’ECCO recommandent également d’envisager l’ustékinumab et de préconiser le védolizumab plutôt que l’adalimumab. Enfin, les lignes directrices de l’AGA recommandent l’utilisation précoce de médicaments biologiques selon une approche progressive après échec des 5-aminosalicylates.
  • On constate deux tendances importantes dans les stratégies de traitement de la CU : des changements dans l’utilisation et la définition des cibles thérapeutiques et des recommandations concernant le suivi thérapeutique pharmacologique.
    • Les lignes directrices STRIDE-II (de l’anglais Selecting Therapeutic Target in Inflammatory Bowel Disease) publiées en 2021 formulent des recommandations consensuelles actuelles sur l’utilisation de cibles thérapeutiques nouvelles et mises à jour selon un calendrier de traitement individualisé chez les patients atteints de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Bien que la rémission histologique ne soit pas considérée comme un objectif explicite du traitement de la CU dans STRIDE-II, elle est reconnue comme une mesure complémentaire à la rémission endoscopique pour représenter un niveau de guérison plus profond et fait actuellement l’objet de nombreuses études.
    • L’utilisation du suivi thérapeutique pharmacologique est née des difficultés relatives à l’utilisation de produits biologiques plus anciens (principalement des antagonistes du TNF), qui posaient des problèmes sur le plan de l’immunogénicité et de la posologie. Les spécialistes débattent actuellement de la pertinence de ce type de suivi pour les nouveaux produits biologiques ayant des mécanismes d’action différents, une immunogénicité réduite et des posologies fixes (p. ex., le védolizumab et l’ustékinumab). Bien que les lignes directrices de l’AGA sur le suivi thérapeutique pharmacologique en contexte de MICI et les déclarations consensuelles d’experts soutiennent l’utilisation de ce type de suivi de façon réactive chez les patients atteints de CU qui cessent de répondre à un antagoniste du TNF, des lacunes subsistent en ce qui concerne l’utilisation appropriée du suivi thérapeutique pharmacologique de façon proactive, l’utilité de ce type de suivi pour les petites molécules et les produits biologiques autres que les antagonistes du TNF, et les seuils de concentration cible cohérents pour guider les changements de dose.
  • Il existe de nombreux médicaments nouveaux et émergents en voie d’élaboration en vue du traitement des adultes atteints de CU modérée ou grave, dont plusieurs en phase IIb ou III du développement clinique. On note plusieurs tendances dans les pharmacothérapies émergentes, y compris un nombre croissant d’inhibiteurs de Janus kinase, plusieurs traitements dont les cibles biologiques sont nouvelles en contexte de CU (p. ex., anticorps de l’interleukine-23, inhibiteurs du ligand 1A de type TNF), un nombre croissant de traitements oraux et la première combinaison de deux produits biologiques dans cette indication.
  • Le système de soins de santé canadien doit être prêt à s’adapter à l’évolution rapide du paysage thérapeutique et aux éventuels changements à la pratique clinique en contexte de CU modérée ou grave. Les médicaments dotés de nouveaux mécanismes d’action dans ce domaine thérapeutique et le nouveau paradigme de traitement combiné comprenant plusieurs produits biologiques de différentes classes pourraient améliorer les résultats pour les patients, mais pourraient également compliquer davantage la prise de décisions sur le traitement. Par conséquent, il est important que les fournisseurs de soins de santé se tiennent au courant des nouvelles options de traitement et des options à venir, ce qui pourrait nécessiter l’offre de formations et d’informations pour les fournisseurs et les patients ainsi que la mise à jour des lignes directrices canadiennes sur le traitement. Dans l’ensemble, les changements qui s’annoncent pourraient avoir des répercussions importantes sur le système de santé, compte tenu de la prévalence de la CU au Canada, des couts des traitements avancés et du nombre croissant d’options de traitement disponibles.